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Antipop : L’assassinat de Lucky Luke par le lâche Jul

C’était l’évènement de décembre 2020, un nouvel album de Lucky Luke pour un Noël certifié politiquement correct, par les bons soins du scénariste Jul et du dessinateur Achdé, qui venaient de prostituer le cowboy solitaire aux obsessions du temps. En effet, dans Un Cow-boy dans le coton, Luke allait se confronter à la question raciale aux États-Unis, la mémoire de l’esclavage et la représentation des minorités, en somme, l’une des figures majeures de la bande-dessinée franco-belge et de notre imaginaire enfantin allait se retrouver aussi blindé de catéchisme progressiste qu’une série Netflix. En arrière-plan, le péché originel du genre, Tintin au Congo et ses clichés coloniaux, qu’il était urgent de racheter par une mise à jour retentissante. Ainsi le cowboy à mèche eut-il pour mission de corriger les dérapages du reporter à la houpette.

Les nouveaux chevaliers errants

L’argumentaire qui sous-tend cet album est typique du néo-progressisme américain : on nous apprend qu’en fait, un quart des cowboys ayant été noirs, il serait urgent de corriger l’image ethno-centrée que les westerns nous ont donnée de cette figure. Sauf qu’une œuvre de fiction n’a pas pour vocation de refléter les apparences de la réalité, un tel objectif constituerait en outre une terrible régression dans le processus de représentation lui-même. C’est tout prendre au pied de la lettre pour tout raccrocher ensuite au train d’une idéologie délirante. [...]

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Charlotte Prunier-Duparge : « Avec Hollywood qui s’effondre, le cinéma français a une vraie carte à jouer »

Comment avez-vous accueilli l’annonce de ne pas rouvrir les salles de cinéma le 15 décembre ?

Très mal. L’apprendre quatre jours avant a provoqué bien plus qu’une incompréhension, une grande colère. L’annonce nous est tombée dessus comme un couperet, alors que nous travaillions sur cette réouverture depuis près de trois semaines. Tout était prêt pour accueillir le public selon un protocole sanitaire bien plus strict que dans la plupart des commerces qui ont pu rouvrir. Apprendre cette nouvelle en même temps que le grand public révèle un grand manque de considération des professionnels du cinéma, et une profonde méconnaissance du fonctionnement de notre industrie.

Comment définiriez-vous un « cinéma indépendant » ?

On parle de « cinéma indépendant » par opposition aux salles de circuits, ces structures qui détiennent un grand nombre d’établissements – souvent des multiplexes – et occupent ainsi une place prépondérante sur le marché. La notion d’indépendance se retrouve également dans les choix de programmation, dont nous sommes les seuls décisionnaires. Une caractéristique importante des cinémas indépendants réside par ailleurs dans le fait que la plupart d’entre eux sont classés « Art et Essai », un classement que l’on obtient à condition de consacrer une part importante de sa programmation à des films « recommandés art et essai ». Cette recommandation est décernée par un collège composé de cinquante professionnels représentatifs des différentes branches du secteur (auteurs, réalisateurs, producteurs, distributeurs, exploitants, etc.) Ce classement est assorti d’une subvention qui nous aide à poursuivre ce travail exigeant. [...]

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Sélectron : les top et flop séries 2020

Les tops :

Les nouvelles saisons réussies !

Attendues, ces cinq nouvelles saisons n’ont pas déçu.

Engrenages (huitième saison, disponible sur Canal +)

On commence par la huitième saison du chef d’œuvre. Si vous ne l’avez pas encore vu, la prolongation du couvre-feu vous donnera cette chance ? Chef d’œuvre de réalisme ayant abordé des sujets aussi variés que la traite des femmes, le grand banditisme des banlieues, les tueurs en série, le terrorisme d’extrême gauche, la corruption politique ou l’inceste, Engrenages est une série culte qui montre le fonctionnement de la machine judiciaire en s’attardant sur un groupe d’enquêteurs de la DPJ, des avocats à la limite de la légalité et un juge d’instruction aussi brillant que convaincu. Portée par la sublime Audrey Fleurot, dans le rôle ambigu de maître Karlsson, l’arrêt d’Engrenages en septembre laisse un vide qui sera difficile à combler dans la production télévisuelle française. La huitième saison s’achève en drame shakespearien.

The Boys Saison 2 (entièrement disponible sur Amazon Prime)

De retour dans une deuxième saison, les affreux héros de The Boys sont toujours aussi transgressifs, méchants et fous. Série adaptée d’un comic-book britannique de Garth Ennis et Derrick Robertson, The Boys met à mal le mythe du super-héros. À la fameuse doctrine écrite par Stan Lee pour Spiderman voulant que « de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités », les créateurs de The Boys répondent que l’être humain est si vicié qu’il ne pourrait faire qu’un mauvais usage de pouvoirs dépassant les limites physiques humaines. Mentions spéciales à Antony Starr (Le Protecteur) et Tomer Kapon (Serge le Français). [...]

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Greenland, le dernier refuge : notre critique

Une comète est sur le point de s’écraser sur la terre et de provoquer un cataclysme sans précédent. John Garrity décide de se lancer dans un périlleux voyage avec son ex-épouse Allison et leur fils Nathan pour rejoindre le dernier refuge à l’abri du désastre. Greenland appartient à cette catégorie de films contraints d’être inventifs pour masquer leur petit budget (c’est en tout cas le genre dans lequel il ambitionne de s’inscrire).

Lire aussi : The Singing club : notre critique[...]

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Éditorial culture #38 : L’apocalypse est décevante

En 2000, il n’y eut pas de « big bug » qui eût fait dérailler la machine au vertige d’un triple zéro. En 2001, nulle odyssée de l’espace, d'autant que la guerre des étoiles, ce transfert sublimé de la Guerre froide, s’était malheureusement attiédie depuis longtemps et que l’homme était revenu se cogner aux limites de son berceau. Il ferait bientôt de cette limite une obsession. En décembre 2012, on nous avait parlé d’apocalypse telle que prédite par les Mayas, comme si des gens qui n'avaient pas vu venir la destruction de leur monde auraient été en mesure de prophétiser celle de la planète entière. Cet a priori bienveillant sur les calendriers des primitifs est l'une des curiosités de cette époque, et qui produit d’ailleurs toujours les mêmes écueils, mais on continue de s’extasier par principe devant le premier égorgeur exotique, sans doute parce que nous sommes fatigués d’une civilisation qui a perdu son cœur et s’est vrillé les nerfs.

Blade Runner déployait sa dystopie en 2019, pourtant aucun répliquant authentique, à cette date, n'était dissimulé dans la foule, même si la robotisation des êtres progresse, quoique d’une manière infiniment plus ambiguë. La perspective anthropophage de Soleil Vert, dans un monde ayant totalement sacrifié son habitat naturel et qui en est réduit à recycler les cadavres pour nourrir sa population, n’a pas encore à nous inquiéter pour 2022, même si l’angoisse écologique est en effet devenue centrale. [...]

Partout, les saints : Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi

Force de regarder des superproductions de merde scriptées par des frustrés en surpoids, on en vient à croire que l’amour entre un homme et une femme, c’est chiant. Au mieux. Au pire ça produit des terroristes en puissance, des enfants toqués, des futurs rejetons de la turbo-giga-ultra-droite. L’amour en 2020, c’est minimum trois personnes, avec le panachage le plus éclectique possible.

Mais Luigi et Maria se marrent bien en voyant ça, depuis le paradis où ils veillent sur des couples hétéros cisgenres (c’est comme ça qu’on dit « dans la norme » aujourd’hui). Luigi et Maria se sont rencontrés en Italie, à Rome (histoire d’être bien sûrs que c’est Dieu qui les a rassemblés) en 1902. Il a 22 ans, elle 18. Ils se fiancent rapidement, et resteront fiancés durant trois ans. Trois longues années pendant lesquelles les tourtereaux s’échangeront des courriers passionnés et flamboyants, débordant d’un amour infini, écrits dans le plus beau des Italiens. [...]

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Traité de la vie élégante : Le Vous fait de la résistance

– Mais vous avez bu, ma parole ! Vous êtes tombé sur la tête, mon pauvre E. ? Je n’ai jamais tutoyé personne à part mes femmes de ménage, et je n’ai jamais laissé personne me tutoyer à l’exception de ma grand-mère Trompier-Gravier, alors ce n’est pas maintenant que je vais m’y mettre !

– En fait, c’était une citation de Proust, dont vous me disiez que vous l’aviez relu pendant le confinement… En l’occurrence, le narrateur pose la question à son ami Robert, qui lui répond un peu différemment, heu, je cite :

« Comment m’ennuyer, mais voyons ! joie ! pleurs de joie ! félicité inconnue ! »

– C’est justement ça qui m’énerve chez Proust, je m’en suis aperçue en le relisant, le côté grand tralala de ses formules : « joie, pleurs de joie, félicité inconnue ! » Il n’y a vraiment que lui pour inventer des formules aussi tarabiscotées ! Vous imaginez un auteur ou une autrice d’aujourd’hui qui mettrait ça dans son bouquin ? La volée de bois vert qu’il ou elle se prendrait de la part de Télérama ? Et ces phrases qui n’en finissent plus, ces madeleines trempées dans le thé tiède, ces jeunes filles en fleurs qui sont en fait de robustes gaillards et je ne sais quoi d’autre ! Pour tout vous dire, je l’ai relu par devoir, pas par plaisir, et j’aurais mieux fait de m’en passer – comme je me passerais de votre tutoiement ! gronda Chantal en saisissant fermement un nouveau macaron destiné à une fin atroce.

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Littérature : sommets et fossés 2020

LES SOMMETS

  1. COMÉDIES FRANÇAISES, Éric Reinhardt

Gallimard 480 p. – 22€

Le mystère des rencontres amoureuses, le fonctionnement des lobbies, la passation symbolique du relais de l’avant-garde artistique de Paris à New-York en 1942 et, surtout, l’invention d’Internet en France au début des années 70 par le visionnaire Louis Pouzin et comment celle-ci sera sabotée par le patron des télécoms et Giscard d’Estaing, président soi-disant « moderne », constituent les thèmes principaux du dernier roman d’Éric Reinhardt. Comédies françaises multiplie aussi les genres pour offrir un ensemble aussi riche, complexe que parfaitement orchestré et qui réserve encore une série de coups d’éclats. Magistral.

2. LES DÉMONS, Simon Liberati

Stock 334 p. – 20€90

Les romans de Simon Liberati sont des objets bizarres, foutraques, scintillants, comme des bijoux monstrueux. Celui-ci replonge en 1967 et la mythologie des sixties se bouscule dans cette comédie extravagante où l’on croise Warhol, Capote, Aragon. Les héros portent des prénoms de conte gothique, des noms de roman russe et roulent en Maserati 3500 GT Sebring, « une des plus jolies berlinettes des années 1960 ». L’intrigue est désinvolte à souhait, sans importance ; on traverse le livre en état de légère ébriété, on le referme avec l’impression d’avoir joué dans un film de Losey. Expérience improbable et chic, avec un petit côté Morand – la vitesse et les fêtes –, rehaussé d’accents pop.

3. KREE, Manuela Draeger

L’Olivier, 320 p. – 19€

Manuela Draeger est l’un des écrivains imaginaires que fait écrire l’immense Antoine Volodine pour aggraver encore le degré de démence de la littérature « post-exotique », ce monument de beauté étrange et noire. Voici donc les errances de Kree Toronto, une femme qui, comme tant de rescapés de divers génocides, trouve refuge dans un village soumis au règne des Mendiants terribles. Draeger-Volodine explore encore plus loin l’esthétique de la déliquescence (même le langage des personnages est désormais en charpie), enrichit de quelques saynètes remarquables le répertoire de l’humour du désastre et élabore une temporalité flottante, paradoxale, circulaire, alternant entre amnésies, ellipses et extrême lenteur. Toujours aussi fascinant.

Lire aussi : Le Top/flop littérature 2018

4. ULTRA-GRAAL, Bertrand Lacarelle

Pierre-Guillaume de Roux 192 p. – 18€

Un texte poétique, politique et frondeur que notre camarade Bertrand Lacarelle a rédigé à partir de son exploration de la grande cathédrale de mots du Livre du Graal pour un résultat puissant et fiévreux. Si le socialisme, comme disait Lénine, c’est « les soviets plus l’électricité », Lacarelle prône le XIIIe siècle et le « terroirisme », un programme fondé sur « la sécession plus le Graal ». Après ses évocations de Cravan ou Rodanski, une traversée envoûtante du premier sommet littéraire français avec perspective mystico-sécessionniste à la clé.

5. LA GRÂCE, Thibault de Montaigu

Plon, 320 p. – 20€

Après une dépression, Thibault de Montaigu, écrivain des dérives de la jeunesse dorée parisienne, se voit touché par la grâce, se convertit au catholicisme et nous offre un récit d’une profondeur, d’une justesse et d’une beauté remarquables. Suivant les traces de Xavier Dupont de Ligonnès et visitant un monastère où ce tueur présumé de sa famille se serait dissimulé après ses meurtres, le quadragénaire en déroute est soudain bouleversé par Dieu porté par le chant des moines. La quête de l’assassin va se renverser en découverte du divin et récits télescopés d’autres destins : celle d’un oncle franciscain à la jeunesse trouble, puis de saint François d’Assise... Éblouissant.

6. LE BON SENS, Michel Bernard

La Table Ronde, 195 p. – 20€

« Jusqu’au bout, il fut un petit homme dans un grand roi », écrit Michel Bernard de Charles VII, dans Le Bon Sens, qui fait suite au Bon Cœur, deux romans historiques qui se lisent d’affilée et d’une traite, servis par une langue impeccable. Le premier retrace l’épopée de Jeanne d’Arc, le deuxième prend la suite et mène l’enquête sur la révision de son procès, arrachée de haute lutte à Charles VII par quelques conseillers et ecclésiastiques soucieux de briser le jugement inique prononcé par l’Église sous la pression de l’évêque Cauchon vendu aux Anglais. La beauté de l’histoire de France, c’est le miracle de son relèvement, chaque fois que la partie semble perdue. Pour peu que quelques-uns aient la foi. Un livre qui contribue à la rendre.

7. LA NUIT DU 5-7, Jean-Pierre Montal

Séguier, 256 p. – 20€

À partir d’un fait divers tragique de la Toussaint 70, que Montal interprète en pivot invisible de l’époque, le romancier tisse une trame de destins qui s’entrecroisent et s’éloignent selon une chorégraphie admirable, en donnant tout son relief à la musique du temps qui passe, surprenante et amère. Une belle réussite.

8. PAR-DELÀ LA FORÊT, Francesco Forlani

Léo Scheer, 154 p. – 16€

Récit de l’expérience de l’auteur en tant que professeur d’italien à Dreux et Anet, deux petites villes incarnant des aspects opposés de la sociologie française, tandis qu’une forêt, entre ces deux espaces, permet aux critères sociaux de s’estomper sous la parabole universelle, Par-delà la forêt est une suite d’aperçus, de saynètes, de digressions, qui offre au lecteur de nombreux détails lumineux et quelques saltos philosophiques qui viennent éclairer un peu mieux l’étrangeté de notre existence. C’est fin, exquis, piquant.

9. DON CREUX EST MORT, Jonathan Baranger

Champ Vallon, 344 p. – 21 €

Dans une littérature locale qui manque souvent d'imagination, ce roman en forme de quête initiatique décalée et de raid picaresque montre une certaine indocilité, voire une franche insoumission. Au-delà du décor, on pourra dire que ce Don Creux est mort est le plus américain des romans français parus ces derniers temps. À grands traits, l'auteur nous fait voyager de la Floride au désert des Mojaves avec l'urne funéraire d'une figure du mouvement psycho-batave – avant-garde hermétique et barrée des sixties dont les derniers représentants accomplissent l'ultime mission. C'est grand, c'est beau, c'est frais et, derrière la comédie, c'est également une réflexion sur la jeunesse qui s'en va et l'histoire d'un culte au cœur d'un monde en déclin.

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