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NON. IL Y A AUSSI DES TRUCS SUBTILS
Difficile de nier que la représentation de l’apocalypse au cinéma a surtout donné lieu à des blockbusters hollywoodiens très chers et très bourrins. Citons par exemple Je suis une légende avec Will Smith en 2007, World War Z en 2013 (qui imagine une invasion zombie), ou encore les éternels rallumages de Terminator et de La Planète des Singes. Pour autant, Hollywood a aussi produit des grosses productions bien plus subtiles qu’elles n’y paraissent, à l’image du très beau Oblivion de Joseph Kosinski en 2013 (avec Tom Cruise), de Les Fils de l’homme d’Alfonso Cuarón en 2006 ou encore de La Route de John Hillcoat (2009), adaptation réussie du roman de Cormac McCarthy. Et si l’on regarde au-delà des frontières américaines, et notamment du côté du cinéma asiatique : Bong Joon-Ho (primé à Cannes pour Parasite l’année dernière) avec The Host en 2006 et Snowpiercer en 2013 ; Sang-Ho Yeon avec le très prenant Dernier train pour Busan en 2016 ; et bien sûr Hayao Miyazaki avec ce qui est peut-être l’un des plus beaux films d’animation tous genres confondus, Nausicaä de la Vallée du Vent, sorti en 1984. Comme on le voit, le cinéma d’apocalypse n’est pas que le lieu des explosions dans tous les sens, mais aussi l’occasion d’imaginer l’après-destruction avec des visions sublimes de beauté crépusculaire. [...]
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Il était parmi nous depuis plus d’un demi-siècle, discret, malgré son corps vouté et imposant, l’œil toujours vif et sa voix si particulière était souple comme une danseuse du Bolchoï. On le retrouvait sur scène, à l’écran, dans une église ou dans un livre audio, aussi fascinant qu’insaisissable, sautant d’un costume à l’autre, avec l’humilité et le génie des grands.
Michael Edward Lonsdale-Crouch est né le 24 mai 1931 dans le 16ème arrondissement de Paris. Enfant illégitime d’une mère française et d’un officier de l’armée britannique, ses parents durent s’exiler à Jersey puis à Londres avant d’atterrir au Maroc. En 1940, son père est accusé de traitrise et emprisonné par les autorités vichystes. Il ne sera libéré que deux ans plus tard lors du débarquement des alliés en Afrique du Nord. C’est à Casablanca que le jeune Michael découvre le cinéma lors des séances projetés pour les militaires américains. Il fait connaissance avec John Ford et Howard Hawks et commence à se dessiner une passion qui ne le quittera plus jamais « Chaque fois que j'allais au cinéma, pour moi c'était un événement. C'étaient des grandes émotions », expliqua t’il.
Blin, Arland et Dieu
Il revient en France seul avec sa mère en 1946 et rencontre Roger Blin à Cannes qui lui fait découvrir le théâtre. « C'était un maître à penser pour moi, une référence absolue », dira-t-il plus tard. En 1949, il s’installe à Paris dans l’appartement du grand-père maternel, face aux Invalides, qu’il ne quittera plus. Michael Lonsdale s’initie à la littérature, dévorant Guitry, Marc Twain et Flaubert, encouragé par son oncle écrivain, Marcel Arland, lauréat du Goncourt en 1929. [...]
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Philippe de Poulpiquet photographie depuis longtemps les théâtres de guerre, y compris les théâtres les plus secrets, ceux que les combattants blessés transportent avec eux, la guerre désormais incorporée à leur chair et à leur âme, au sens le plus étroit, qu’il s’agisse d’une jambe arrachée ou d’une mémoire encombrée du bruit des batailles. Dans « Mémoires de guerres », on croise blessés, infirmiers et vieillards, et au moins un cercueil.
Les vieillards sont dans leurs chambres ou au réfectoire, dans la cathédrale Saint-Louis ou dans les salles XVIIe qui, depuis 350 ans, accueillent « ceux qui ont exposé librement leur vie et prodigué leur sang pour la défense et le soutien » de la France, puisque tel était le projet de Louis XIV
Les vieillards sont dans leurs chambres ou au réfectoire, dans la cathédrale Saint-Louis ou dans les salles XVIIe qui, depuis 350 ans, accueillent « ceux qui ont exposé librement leur vie et prodigué leur sang pour la défense et le soutien » de la France, puisque tel était le projet de Louis XIV. De photo en photo on les retrouve, tel observant on ne sait quoi hors cadre, là debout dans l’ancienne apothicairerie ; ou tel autre jovial et familier dans sa chambre puis solennel – dans l’apothicairerie – veste surchargée de médailles enflée sur un chandail bleu. Peut-être l’un de ces visages est-il aussi dans ce cercueil, qu’on voit entrer et sortir de l’église aux soldats. [...]
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Le père de ce samouraï prie Bouddha avec ferveur et lit des traités de philosophie. Aussi, lorsque les missionnaires jésuites se pointent, il ne les fait pas chasser tels des clochards à la porte du Aldi, mais leur propose un duel au sommet. Pour la team Bouddha, Takayama-dono, et pour la team Jésus, un ménestrel aveugle converti par saint François-Xavier lui-même. Si vous avez déjà lu un bouquin dans votre vie, vous savez que le ménestrel l’emporte. Takayama-dono se fait baptiser ainsi que sa famille et son fils aîné, Ukon, qui devient Justo, notre futur samouraï du Christ.
Par suite d’un conflit de territoire, Takayama-dono est blessé ; son héritier, le jeune Ukon désormais Justo-kun, prend le relais pour repeindre la baraque et replanter leur bouffe locale. Il se démerde tellement bien que son père lui cède le pouvoir. Justo, sage et très pieux, se trouve alors au top du bottin mondain : il est ami avec Nobunaga, premier conseiller de l’Empereur, ainsi qu’avec Haraki, son puissant voisin, chez qui il apprend à faire du thé correctement auprès du grand-maître sad? Sen no Riky?.
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Cependant, ses deux amis, Nobunaga le conseiller et Haraki le seigneur de guerre, trépignent de se mettre mutuellement sur la tronche. Mais le lopin de terre de Justo se trouve pile au milieu des deux, et chacun le veut de son côté. Il a 25 ans à ce moment, et sa foi chrétienne compte plus que jamais. À l’âge où de nos jours, on glande en TD de droit, Justo va devoir arbitrer un dilemme terrible. Il confie à Haraki sa sœur et son neveu en otage, en le suppliant de renoncer à ce confit.[...]
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