
Réssusciter le Théâtre antique: c’est l’ambition que relève Saint-Saëns pour inaugurer les arènes de Béziers, en 1898. Il écrit la musique pour Déjanire, une tragédie de son ami et complice Louis Gallet, consacrée à la mort d’Hercule et inspirée des Trachiniennes de Sophocle. En dehors des chœurs, le texte est déclamé. Ce n’est qu’une décennie plus tard que le compositeur, comme pour affirmer haut et fort son penchant classiciste à une époque d’expérimentations, se remet à l’œuvre et en fait un drame entièrement chanté, où l’hommage à un autre modèle du passé, la tragédie lyrique de Gluck, est à peine dissimulé. Épris d’Iole, fille d’un roi qu’il a tué au combat, Hercule force la jeune femme à céder.
Lire aussi : [Opéra] Parsifal, le Graal retrouvé
La jalousie de son épouse, Déjanire, qui cherche à rallumer la flamme par un sortilège, sera fatale au héros. On n’ose imaginer ce qu’en ferait un metteur en scène contemporain.…








