
D’où vient votre appétence pour les marges culturelles ?
À six ans, je découvre Fernandel, mon premier monstre, acteur extravagant dont il m’a fallu tout connaître. Je le vois dans un film de Mocky, qui me fascine, au point, plus tard, de venir à Paris travailler à ses côtés. J’ai vu aussi les films de Tod Browning, Freaks, vers douze ans, et L’Inconnu, conte masochiste bouleversant, avec Lon Chaney se mutilant par amour fou. J’ai besoin de personnages hors-normes. Puis ce fut la littérature érotique dite de second rayon, surtout fétichiste, dans la lignée de Sacher-Masoch, avec ses Vénus à la fourrure et ses attelages humains.
Quel est le point commun entre ces œuvres ?
Les déclassés, les excentriques, les femmes fatales, des outrances et de l’irrévérence, de la folie. Les sans-grade et les monstres se rejoignent, porteurs d’un romanesque aux antipodes du quotidien. C’est plus une poésie du bizarre et de l’excès qu’un amour inconditionnel pour les marges.…








