
Pourquoi avoir attendu autant, chez Raskar Kapac, pour rendre hommage au maître tutélaire ?
Il nous a fallu vingt numéros et cinq hors-sériepour faire monter Hergé et sa cohorte de personnages célestes sur notre bûcher artistique. Le temps n’était pas encore venu. Notre contre-panthéon s’était d’abord inspiré de la comète « Jean-René Huguenin », cet écrivain mort à 26 ans qui nous a laissé en héritage un journal mémorable. Après lui, se sont succédés des dossiers emplis de souffre et de vitalité. Nous nous sommes intéressés aux marginaux, aux inadaptés, aux cœurs aventureux non-officiels. Parmi eux, le pirate de la mer Rouge Henry de Monfreid, puis, le préhistorique antimoderne François Augiéras ou encore le vitaliste zorbaïen Nikos Kazantzakis… Autant d’écrivains de sang et d’or qui appelaient à la révolte existentielle. Je savais qu’un jour, Hergé, Tintin, Haddock et Tournesol graviraient à leur tour notre échelle sainte artistique. Les 40 ans de la mort du maître ont été l’occasion de constituer un hommage digne de ce nom avec une bande de tintinophiles passionnés : Pierre Arditi, Hubert Védrine, François Rivière, Olivier Delcroix, Benoît Grimonpont, Charles Gonzalès, Archibald Ney, le Père Jérôme Prigent, Stéphane Barsacq, Christiane Rancé, Simon Bernard et votre serviteur. Fort d’une équipée solide, le dessinateur Hubert van Rie a conçu une maquette de toute beauté aux couleurs rouge et blanche de la fusée lunaire. Un très beau « 64 pages » qu’Hergé, depuis le paradis des grands artistes, ne renierait pas. [...]












