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[Cinéma] Earwig : les morsures du froid
Dans une ville européenne brumeuse et à canal, un homme sans qualité s’occupe d’une enfant atteinte d’un handicap dentaire  pour le compte d’un  tiers. Mais un soir d’ivresse, il commet un geste irréparable…Tirant son baroque millimétré vers le frigidaire, Earwig donne d’abord l’impression du Spider de Cronenberg en résidence surveillée chez Caro et Jeunet. Une photo saumâtre à la Darius Khondji en rajoute dans le « formolisme », tout comme l’anglais parlé par des acteurs qui semblent tous avoir fait roumain première langue. [...]
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[Cinéma] De humani corporis fabrica : ces corps vils
Ils sont rares, les films à pouvoir devenir un probable invariant de tout bizutage de médecine qui se respecte. De humani corporis fabrica est de ceux-là, avec son odyssée endoscopique de l’homme-machine renvoyant à une exploration plus large de l’hôpital, ce grand corps malade. « Je n’ai pas encore eu d’érection aujourd’hui », s’inquiète un chirurgien masqué. Le matérialisme absolu de Verana Paravel et Lucien Castaing-Taylor se lit dès l’entame avec les graffitis d’un souterrain : « Je baise, il suce ». [...]
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Quand Hollywood fait ses courses en France

C'est un naufrage artistique : Diane de Poitiers, téléfilm estampillé France Télévisions consacré à la pourtant passionnante histoire de l’intrigante en chef d’Henri II, a unanimement provoqué l’hilarité. Le téléfilm de Josée Dayan a soulevé les cœurs, boursouflé, stupide, révisionniste et culminant de bêtise lors d’une interprétation lunaire de Joey Starr, passé en quelques années de « racaille utile du système » à « cabot tragiquement inutile ».

On s’interroge encore aujourd’hui: comment et pourquoi peut-on échouer à ce point? Lorsqu’elle évoque l’histoire de France, la production cinématographique hexagonale semble brutalement frappée d’apoplexie. Doit-on se tourner vers Ridley Scott pour trouver un cinéma à la hauteur de nos héros? Le très francophile réalisateur britannique est en train de peaufiner un Napoléon qu’on annonce forcément grandiose – même si un Napoléon réalisé sous la houlette de la Perfide Albion ne manquera pas de faire grincer quelques dents. Projet qui sonne comme une Arlésienne depuis le script abandonné par Kubrick... On ne doute pas que Scott, bon faiseur, saura aligner quelques chromos spectaculaires. Mais que restera-t-il de l’esprit français, une fois qu’il sera mâchonné par l’accent amerloque de Joaquim « Jaws » Phoenix ? Assurément, pas grand-chose. [...]

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Les critiques musicales de janvier

HORS TEMPS

ESTAMPES, GUILAUME BARRAUD et MATHIEU BÉLIS, B&B Productions, 19 €

Dix années de complicité assurent l’aspect enchanteur d’Estampes, le nouveau projet du duo de compositeurs Mathieu Bélis (piano) et Guillaume Barraud (flûte traversière). Conçu sans objectif précis pendant la pandémie, cet album à l’esprit ouvert multiplie les morceaux pensés hors temps à des tempos d’une lenteur savoureuse (In and Out, Marche lunaire... Quelle délectation !) Avoir osé ce moment uniquement façonné de « trifouillage » furtif à mains nues comme avec Dans les cordes, nous offre des émotions parfaitement inédites. Avec Parade of Stars, Douce ivresse, on mesure la qualité de la prise de son qui restitue si bien la sensualité du rapport aux instruments. Ce jazz contemporain empreint de musique classique et traditionnelle se parfois un brin pop, comme dans Perfect Blue, Balade de Duke où le duo invite le guitariste percussionniste Kevin Seddiki à poser des lignes de guitare inspirées. Un disque très intimiste mais à livrer aux foules ! Alexandra do Nascimento

Lire aussi : Les critiques musicales de décembre

UNE GLORIEUSE RÉSURRECTION

HOW TO REPLACE IT, dEUS, PIAS, 14,99 €

Pour son premier album depuis Following Sea, sorti en 2012, dEUS revient et frappe fort ! Le groupe emmené par Tom Barman et Klaas Janzoons entame How To Replace It par la piste titre, et, tout de suite, on est plongé dans l’ambiance : batteries hallucinées évoquant parfois Boyd Rice, explosions de chœurs survitaminés ; en deux mots : beauté et élégance. dEUS livre une pop qui se perd dans les giclées de guitare électrique fuzzées qui transpercent l’apparence parfois sage des morceaux, tel que sur « Must Have Been New ». How To Replace It dégage un parfum de cinéma, on pense aussi à Sqürl, le projet de Jim Jarmusch, ou encore Blue Bob, l’album de David Lynch, voire à Nick Cave. Parfum de cinéma, mais encore : mélancolie solaire, comme des larmes qui coulent lors d’une journée de printemps fraîche et lumineuse. « Love Breaks Down », chante Tom Barman. « Plus de cris de guerre, tout à sa place, mais pas loin ». L’album s’achève dans « Le Blues Polaire », expérimentation noise slammée en français qui évoque l’amour tel « un polaroid paresseux qui a dévoilé ses vraies couleurs ». « Ça provoque et ça sent les cendres ». Un bon résumé du disque. Alain Blanville [...]

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Hollywood : la fabrique du héros 

Quand on parle cinéma américain, on entend déjà le bruit des chevaux au galop et des flèches de Sioux qui sifflent. « Le western est vraiment une création américaine. Il conjugue le rêve américain et la notion de la conquête, englobe des thèmes mythologiques comme la loi, l’ordre, l’idée de frontière... C’est un genre quasiment inépuisable qui peut à la fois être réaliste et métaphorique, à la fois parler du passé et d’une certaine manière du présent. Ce sont des films historiques qui ne sont pourtant pas perçus comme tels », expliquait le regretté Bertrand Tavernier, grand amateur du genre. Le « genre » est justement une notion très forte aux États-Unis, où tout se retrouve catégorisé (comédie musicale, polar, mélodrame...) pour créer une complicité contractuelle entre le film et le spectateur. Mais encore faut-il tenir sa promesse.

Lire aussi : Cinéma français : le surhomme ne s’est pas fait en un jour

Si le western est à la fois une spécificité américaine, malgré quelques tentatives d’exportation souvent désastreuses, et un cinéma universel, c’est parce que les plus grands cinéastes y ont su développer leur grammaire au sein d’une codification très rigoureuse tout en reprenant à leur compte les valeurs chevaleresques de l’Ancien Monde. Le passage d’un nuage lors d’un enterrement dans La Rivière rouge (1948, Howard Hawks), le bouleversant « Let’s go home Debbie » dans La Prisonnière du désert (1956, John Ford), ou le mouvement de grue à l’arrivée de Claudia Cardinale dans Il était une fois dans l’Ouest (1968, Sergio Leone), simples plans fixes ou plans en mouvements ont marqué l’histoire cinématographique de l’empreinte des géants tout en participant à la fabrique mythologique d’une jeune nation. [...]

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Hirokazu Kore-Eda : recompositions à l’image

Dans Les Bonnes Étoiles, un contexte d’intrigue policière sert à amener le sujet principal du film : l’adoption. Pourquoi ce choix ? Peut-on y voir une influence du cinéma coréen, qui adore mélanger les genres ?

Ce n’est pas vraiment l’influence du cinéma coréen, non, ou alors elle n’est pas consciente. En réalité, il s’agit plutôt d’une pure nécessité narrative. Dans la mesure où j’évoque un sujet très pénible, l’abandon d’un enfant, il me fallait un regard extérieur, auquel le spectateur puisse s’identifier, un regard très critique, voire sévère, qui soit le point de départ du film, pour mieux m’en écarter ensuite. J’avais envie que le spectateur puisse adopter au départ ce même regard critique, un regard de policier, pour évoluer de concert avec les personnages et les points de vue. Dans un second temps, j’avais envie que ce personnage de policière soit une femme, et en particulier une femme qui a fait le choix de ne pas faire d’enfant, ce qui lui donnait une double raison de juger sévèrement cet acte. C’était important pour moi de partir de là, afin de prouver que tout le monde peut jouer le rôle de passeur, même avec les pires préjugés. Ce personnage d’enquêtrice est donc essentiel, car c’est par elle que se fait cette « passation de regard », je dirai. Tout le film a été construit là-dessus.

Lire aussi : Cinéma français : et notre honneur bordel ?

Tous vos films mettent en scène des héros du quotidien, qui outrepassent souvent la loi pour faire ce qu’ils estiment être juste.

Je n’ai pas forcément l’intention de donner une cohérence à mon œuvre avec ce genre de héros récurrent, mais si vous le dites ! Vous avez raison sur un point : lorsque j’écris des personnages, je tente d’abord de montrer ce qu’on dit d’eux, la façon dont ils sont perçus collectivement, par les médias, par les autres, puis j’explore leurs intentions réelles et leurs motivations profondes qui sont en effet plus importantes que le fait de respecter la loi. Est-ce que cela fait d’eux des héros ? Je ne sais pas. La notion de « héros » est pour moi assez incertaine. [...]

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[Cinéma] Interdit aux chiens et aux Italiens : animation stérile 
Sur le papier, le sujet est plutôt séduisant : Alain Ughetto, cinéaste venu tardivement à l’animation en volumes (comprendre, des figurines en pâte à modeler filmées image par image), décide de rendre hommage à sa famille et notamment à ses grands-parents, italiens de la région alpine d’Ughettera qui ont émigré en France au début du XXe siècle. Ici, l’animation est utilisée comme une sorte d’outil introspectif et elle est constamment ramenée à sa position de « technique », puisque la main du créateur y fait des incursions notables, un peu comme dans L’Alinéa. [...]
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[Cinéma] Tár : effet retard

Portrait très commenté de l’annulation d’une cheffe d’orchestre qui donne son titre au film, Tár impressionne autant qu’il laisse perplexe. Rançon de sa maestria, le spectateur est rapidement pris dans un labyrinthe qui n’oublie jamais son Minotaure. Le film précédent du rare Todd Field, Little children – seize ans entre les deux – dénotait une hystérie puritaine occultée jusqu’à un final qui ne laissait guère de doute : tout désir non socialement admis mérite la punition. Celle-ci viendra également dans Tár, de façon programmatique mais maquillée par une structure éclatée qui brouille la réception des informations.

Lire aussi : [Cinéma] Babylon : foisonnant

Très documenté, le film fourmille de références pointues sur la direction d’orchestre qui passeront allégrement au-dessus de la tête des non-mélomanes, choix surprenant pour un film hollywoodien, même d’auteur. Chez Field, la réelle sophistication de l’écriture sert un but univoque mais déguisé : clouer au pilori qui outrepasse les limites. Tár est comme écartelé entre un couple de films qui nécessitent tous deux une revoyure pour en bien discerner les enjeux : Mulholland Drive et Caché. Du premier, il retient le saphisme et les relations de pouvoir dans un milieu artistique – beaucoup moins réfrigérés chez Lynch – une vision non-linéaire de l’espace et du temps, avec d’étranges chausse-trappes, ainsi qu’une atmosphère de culpabilité latente qui s’attache au personnage principal. [...]

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