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[Idées] Langues d’Oc, mistral perdant

Dès sa naissance, l’idéologie jacobine a combattu les particularités locales, au nom d’un impérialisme culturel revendiqué. Peu s’en fallut que les trésors littéraires de nos provinces disparaissent bel et bien. Stéphane Giocanti a entrepris en regard de retracer l’épopée des littératures d’Oc qui du Moyen-âge à nos jours ont enchanté des générations de lecteurs et de locuteurs. Il a bien raison d’utiliser un pluriel : plus qu’une langue occitane unifiée, ce sont bien des parlers d’Oc qui se sont épanouis : on distinguera a minima le provençal, le languedocien, le gascon, l’auvergnat, le vivaro-alpin et le limousin. À tout seigneur, tout honneur, c’est bien ce dernier parler qui fut, au XIIe siècle, celui des troubadours, de Bertrand de Born et Giraut de Bornelh.

Le leg de Mistral

Mais le grand sujet de Stéphane Giocanti, et on ne peut que l’accompagner dans sa démarche, c’est le Félibrige, c’est-à-dire le mouvement culturel lancé en 1854 par Frédéric Mistral (1830-1914) et ses amis provençaux, par-delà la droite et la gauche, par-delà les frontières internes aux langues d’Oc pour faire revivre les heures les plus glorieuses de nos régions méridionales. Entre 1840 et 1914, plus de 90 journaux et revues vont contribuer à cette salutaire renaissance. Leurs animateurs n’allèrent pas sans rencontrer d’importantes diffcultés car, comme le fait remarquer Giocanti, « Mistral et le Félibrige s’affrontent non seulement à la centralisation de l’État mais aussi à des remparts de préjugés ». Le progressisme ambiant les renvoyait à un passé soi-disant définitivement révolu. La lutte pour l’enseignement des langues régionales face à une IIIe République centralisatrice, sourde et rétive aux revendications provinciales tournera en défaveur des félibres, poussant certains fédéralistes, comme Charles Maurras et Frédéric Amouretti à combattre le régime républicain et souhaiter ardemment une restauration monarchique. [...]

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[Idées] Sacrifice de masse
La fin du sacré qui est l’évènement majeur de notre post-histoire n’est pas tant un déclin du spirituel qu’un retour à l’indifférencié matriarcal du monde païen. C’est cette thèse puissante et assez incontestable que Sylvain Durain défend dans ce livre aux grandes vertus pédagogiques, qui retrace avec concision et clarté les grandes lignes de ce nécessaire accident cosmique que fut le Christ, et comment il mit fin au règne du sacrifice humain – c’est-à-dire aux sociétés primitives organisées uniquement autour de la rétribution. [...]
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[Idées] Hitler est en nous
Allia continue de publier en rafales de petites bombes antimodernes d’où qu’elles proviennent : René Guénon avant l’été, mais le sociologue membre de l’École de Francfort (classée à gauche) Leo Löwenthal, en cette rentrée, avec ce texte fulgurant écrit en 1946. Löwenthal y pense la déflagration totalitaire au-delà de sa manifestation frontale au milieu du siècle dernier. [...]
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[Idées] Purgatoire terrestre avec John Stuart Mill

Docteur en science politique et agrégée de philosophie, Camille Dejardin est dans son John Stuart Mill, libéral utopique d’une grande clarté conceptuelle qui permet de redécouvrir un grand penseur que sa vie hors norme, son intelligence exceptionnelle et sa grande capacité d’échange avec ses pairs ont conduit à aborder à peu près tous les sujets : liberté, religion, démocratie, limites à l’action humaine, ou encore émancipation des femmes. Comme le dit l’auteur, « son génie est d’avoir su allier la modernité d’une conception globalement matérialiste, agnostique et pragmatique, s’émancipant des traditions tout en demeurant ouverte à une pluralité de métaphysiques, avec une exigence de transcendance ».

Ce qui frappe, c’est que Mill garde toujours à l’esprit la vue d’ensemble sans jamais perdre ni le goût des détails, ni le sens de la nuance. Un vrai penseur du réel. Ses réflexions sur la place de l’éducation et de l’excellence dans le perfectionnement constant de l’humanité mènent au concept d’aristo-démocratie. Mill avait également conceptualisé une « religion de l’humanité », sans perspective surnaturelle de vie future (ce qui au passage montre à quel point il n’est pas utilitariste), mais soudant les humains vers un même idéal. [...]

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[Idées] Le Droit au sexe, ou des droits pour les tas
Si vous êtes intéressé par la pointe des débats féministes, ce livre est fait pour vous. Rassemblant plusieurs essais traitant des agressions, de la pornographie, du « droit au sexe » ou de la prostitution, Amia Srinivasan applique et radicalise la logique woke sur toutes les thématiques sexuelles. C’est que le sexe est politique, qu’il faut donc ôter les masques légaux-rationnels (choix, consentement, présomption d’innocence) pour inspecter ce qui se joue réellement dans nos draps, à savoir – pour elle – l’hétéronormativité, le racisme, le classisme, le validisme, patati patata. Sa thèse : la désirabilité est un pur construit politique, actuellement néfaste car d’essence patriarcale et blanche. Dans les débats féministes qui opposent libérales et moralistes (pro-porno vs anti-porno, etc), elle prône donc le dépassement : l’émancipation réelle ne sera atteinte qu’après l’« empouvoirement » des femmes et la « transfiguration des désirs », c’est-à-dire la mise à bas de la nature et de ses fondamentaux, de la culture et de ses préjugés. En clair, quoiqu’elle ne s’en rende pas compte, la voilà plus libérale que les libéraux, car c’est bien un choix véritablement éclairé qu’elle revendique – à condition qu’il soit possible d’être libre en étant nu et mû par ses sens, ce dont on doute fort. [...]
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Sébastien Lapaque : devenir et rester français avec Bernanos

On ne lit plus Charles Maurras, mais on lit Georges Bernanos. 75 ans après sa mort, comment expliquer ce retour en force de l’auteur du Chemin de la Croix des âmes ? Pourquoi séduit-il une partie significative de la jeunesse intellectuelle ?

Il y a la puissance de ses visions, la souveraineté de son allure, le style en poinçon de son combat, la variété de son inspiration : romans, essais, nouvelles, articles, conférences, portraits de saint (Jeanne d’Arc et Dominique de Guzmán) et pour finir un dialogue pour le cinéma devenu une pièce de théâtre et un livret d’opéra… En trois décennies d’écriture (1919-1948), voilà une bibliographie bien remplie. Les exégètes se régaleront également de textes rédigés avant la Première Guerre mondiale et de 1 500 lettres publiées en trois volumes, une correspondance trop souvent négligée. Selon une habitude en usage dans la collection, les éditeurs de la Bibliothèque de la Pléiade ont séparé son œuvre romanesque et ses essais et écrits de combat.

Lire aussi : Bernanos et les imbéciles

Une longue fréquentation des livres de Bernanos depuis mes années lycéennes me laisse aujourd’hui penser qu’il est regrettable de distinguer ainsi son œuvre non-fictionnelle en lui appliquant les catégories historiques de la littérature pamphlétaire et engagée. C’est négliger les longues prosopopées qui la rythment. Dans ses essais, l’écrivain adore faire parler la France, la Justice, la Technique et il le fait toujours en romancier. Dans Vivre et mourir avec Georges Bernanos, j’ai essayé d’interpréter sa vocation à l’aune de la klesis (l’appel), par là de rapprocher son engagement de l’apostolat paulinien. Cela nous permet sans doute de comprendre ce que l’auteur de L’Imposture entend par la Technique. Pierre Boutang disait que le Christ était l’autre de la marchandise. Eh bien, il me semble que pour Georges Bernanos, la Technique, c’est l’autre de l’appel logé au creux de l’appel. [...]

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[Idées] Paul Yonnet : populicide en direct
Sociologue et journaliste, notamment au Figaro Magazine, le regretté Paul Yonnet connaît une vie nouvelle et amplement méritée, avec la réédition de ce voyage au centre de l’enfer, c’est-à-dire de la France immigrée et antiraciste, cœur du mensonge mitterrandien dont nous payons, et combien, toujours les conséquences. Dire qu’en 1991, quand parut ce livre, il avait déjà tout vu est un euphémisme terrible : rien n’a changé du point de vue de l’idéologie ; tout a changé du point de vue démographique. [...]
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Slava Ukraini : la crucifixion de l’Ukraine

L’essai brillant et riche de Jean-François Colosimo, théologien orthodoxe et directeur des éditions du Cerf, s’intéresse moins à la géopolitique qu’aux fractures religieuses qui la motivent ; et c’est dans le repli des querelles entre catholiques romains et catholiques orthodoxes, entre orthodoxes entre eux, entre les deux patriarcats, Moscou et Constantinople, qu’il faut comprendre la crise identitaire qui amène aujourd’hui Poutine à vouloir envahir l’Ukraine afin de l’anéantir en l’assimilant à sa puissance impériale, désormais mal en point.

Soutenu par l’ancien guébiste Vladimir Goundiaïev, alias Cyrille de Moscou, Patriarche sans foi ni loi, Vladimir Poutine dans la pseudo croisade qu’il mène contre l’Ukraine, illustre la tentation d’une puissance purement politique qui asservit le spirituel à ses propres fins, la conquête territoriale étant aussi une conquête métaphysique placée sous l’égide du néant. [...]

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