
Parmi les sources d’étonnement que l’épidémie de Covid n’a cessé de fournir, l’idée d’un retour impossible au monde d’avant est probablement celle qui ne laisse de surprendre puisqu’elle argue d’un changement radical que la crise aurait provoqué… comme s’il y avait eu un monde d’avant plus aimable et dont la dynamique nous emmenait autre part qu’à l’endroit où nous sommes rendus à présent.
Bien sûr, on n’ignore pas que certains bouleversements occasionnent parfois un bond quantique susceptible de favoriser des tendances sous-jacentes que l’on n’avait pas encore identifiées aussi clairement. Mais, au fond, de quoi parle-t-on lorsque l’on parle du monde d’avant l’épidémie ? Du monde mis sous surveillance depuis la fin des années 90 en raison d’un terrorisme métastatique ou faut-il remonter plus loin et regretter les fabuleuses années 80 quand le capitalisme nous fit croire que chacun, sous l’effet de sa seule volonté, pouvait plier le monde à son désir et arraisonner l’ensemble du vivant ?…












