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Puy du Fou : les batailles de l’histoire

Le parc d'attractions vendéen, créé en 1989 par Philippe de Villiers et actuellement présidé par son fils Nicolas, est dans l’œil du cyclone. Un essai très largement commenté, Le Puy du Faux. Enquête sur un parc qui déforme l’histoire (Les Arènes), et bien accueilli par l’intelligentsia française pointe du doigt l’utilisation frauduleuse faite de l’histoire par le Puy du Fou, quatrième parc à thème en France par sa fréquentation, et qui essaime depuis quelques années en Espagne, en Russie et même en Chine.

Lire aussi : Défense et illustration de l’enseignement du droit aujourd’hui

L’ouvrage a été rédigé par quatre historiens : Pauline Ducret, spécialiste de la Rome antique et enseignante à l’université de la Réunion ;  le médiéviste Florian Besson, professeur au collège et à l’origine du compte twitter « Actuel Moyen Âge » ; Guillaume Lancereau, professeur d’histoire contemporaine à Sciences Po Toulouse et spécialiste de la Révolution française ; Mathilde Larrère, enseignante-chercheuse à l’université Gustave-Eiffel de Marne-la-Vallée et spécialiste du XIXe siècle. Ils se sont rendus sur place durant trois jours en août 2021, ont assisté à tous les spectacles plusieurs fois, ont décortiqué la documentation et les menus, ont analysé jusqu’aux goodies vendus dans les boutiques.

SOS d’universitaires en détresse

Quoique ayant apprécié les spectacles sur le plan technique et esthétique, leur constat est sans appel : il s’agit d’une grande entreprise de falsification de l’histoire, d’autant plus dangereuse que le parc, contrairement à d’autres, se fonde explicitement sur la matière historique – ce en quoi ils ont raison. Et pourtant, les éléments avancés sont assez faibles ; on reproche au parc une utilisation anachronique de minuscules carolines ou d’une bougie, de parler avec Clovis du « premier roi chrétien » alors que les empereurs romains l’étaient déjà (il nous semble pourtant que roi et empereur ne désignent pas la même chose, ce que ces historiens savent du reste puisqu’ils reprochent au parc de donner à tort à César le titre d’empereur), ou d’inventer des sources en parlant de l’« anneau de Jeanne d’Arc » (il ne s’agit pas d’une invention mais d’un débat sur son authenticité, comme pour beaucoup d’objets passés). Pas de quoi nous semble-t-il tromper les enfants qui y viennent en voyage scolaire, et il faudrait, pour que leurs travaux soient soient tout à fait honnêtes, lister en face ce qu’ils y apprennent et que l’école préfère taire. [...]

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Tempête sur l’Aconcagua : le plat pays dans les hauteurs
L’Aconcagua est une montagne située en Argentine qui culmine à 6962 mètres. C’est le plus haut sommet des deux Amériques, Sud et Nord. À la croisée de 2019 et 2020, trois jeunes Belges décident de le dompter. Fascination des hauteurs des hommes du plat pays ? Admiration des pilotes de l’Aéropostale ? Ou tout simplement l’envie mystérieuse d’aventure intérieure ? C’est un peu tout ça qu’Aymeric de Lamotte, avocat et conseiller communal indépendant, couche sur le papier.
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Le Vrai Croyant : les faux prophètes
Classique des sciences sociales paru en 1951, Le Vrai Croyant est un essai bien conduit, alternant analyses fécondes et assertions caricaturales, qui ausculte méthodiquement les traits communs des mouvements de masse, qu’ils soient politiques, sociaux ou religieux : mécanismes d’attraction originelle, caractéristiques de ses membres et de ses leaders, techniques d’unification et de sacrifice. Privilégiant les variables sociologiques et psychologiques – en quoi il mésestime le poids des idées, au point de les juger interchangeables – Éric Hoffer pose qu’ils sont majoritairement formés par des « frustrés » (dont il analyse finement les strates) à la recherche d’une vocation nouvelle pour échapper à leur Moi. [...]
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Bernanos contre la haine de soi
De cette conférence donnée à Genève, en septembre 1946 et jusque là inédite (quoiqu’on la trouvât déjà sur internet), les lecteurs férus de Bernanos tireront peu d’enseignements nouveaux : la lutte de l’homme et de sa liberté contre les machines (« L’homme a fait la machine et la machine s’est faite homme, par une espèce d’inversion démoniaque du mystère de l’Incarnation »), la fin de la civilisation, menacée autant par la bombe que par sa dégénérescence propre (« Ce n’était pourtant pas des bas-fonds qu’allait sortir l’homme à la mitraillette, la bête de proie, mais des systèmes de philosophie »), tout ce qui fonde la pensée du grand maître est condensé dans une adresse violente à l’Europe : « Si l’Europe n’a plus foi en elle, il y a encore dans le monde des millions d’hommes qui ont encore cette foi, qui pensent à l’Europe – de temps en temps du moins – comme à leur dernière chance ». [...]
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Olivier Dard : robots après tout

Pourquoi avoir choisi la période de l’entre deux-guerres en Europe pour parler de l’homme augmenté ?

Il y a différentes raisons. La première tient au fait que l’entre-deux-guerres est réputé concentrer les filiations du transhumanisme actuel – le mot transhumaniste étant employé à la veille du second conflit mondial par Jean Coutrot, ingénieur économiste et fondateur du Centre d’étude des problèmes humains, ancêtre de la Fondation pour l’étude des problèmes humains d’Alexis Carrel. En second lieu, l’entre-deux-guerres est la période d’élection des principales figures de l’homme nouveau totalitaire, qu’il s’agisse du fascisme, du nazisme ou du communisme. Une clarification s’imposait afin d’éviter les généalogies trop faciles et de tomber dans une définition trop extensive du transhumanisme et de l’homme augmenté aujourd’hui associés. S’ils ne sont pas sans liens avec l’entre-deux-guerres, ils n’en sont pas de simples avatars.

Pouvons-nous donner une définition minimale de l’homme augmenté ?

« L’homme augmenté » n’est pas une expression usitée durant l’entre-deux-guerres qui goûte bien davantage celle d’« homme nouveau ». L’homme augmenté peut être considéré comme une de ses variantes. Pour ses promoteurs de l’époque, qui se recrutent à l’échelle du continent européen parmi des intellectuels, des scientifiques, des industriels et des dirigeants politiques, « l’augmentation » de l’homme est réputée l’élever au-delà de sa condition « naturelle ». Pour ce faire, différentes techniques sont convoquées afin de modifier les comportements, les corps ou les aspirations humaines, le tout dans le cadre d’une reconfiguration des rapports entre le politique et le technologique. On songe bien sûr à la refonte des structures politiques, économiques, sociales et culturelles mises en œuvre dans les régimes totalitaires, mais aussi à l’eugénique et à la biopolitique, en vogue alors bien au-delà de ces seuls régimes. J’insisterais surtout sur l’importance de la montée en puissance de la rationalisation. Elle ne se réduit pas à l’organisation scientifique du travail symbolisée par le taylorisme et le travail à la chaîne. Pour Jean Coutrot, la rationalisation doit être « universelle » et concerner l’humanité tout entière. Elle est au service de l’avènement d’un « humanisme scientifique » (terme employé aussi par Julian Huxley) et ce à l’heure des débuts du management et du développement de multiples techniques réputées en mesure de résoudre les « problèmes humains ». [...

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Complotisme : aux fous !
Parmi les psychoses qui accablent une époque, semble-t-il, de plus en plus désireuse de renoncer au principe de réalité au profit du délire interprétatif, le complotisme figure en pôle position, tout à la fois de par son ancienneté relative et selon son actualité que l’ambiance d’apocalypse, qui nous étreint en ces temps, exacerbe. C’est à partir de ces deux situations, originelle et actuelle, que Christophe Bourseiller construit son livre pour retracer et analyser, à travers plusieurs figures historiques du complotisme et la description de leurs récits, les raisons de l’essor d’un courant antipolitique dont le succès n’a jamais connu pareille ampleur. [...]
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Philippe Muray : le séparé

« Que dirait-il aujourd’hui ? » est sans doute la question la plus posée concernant Muray, disparu en 2006. Oiseuse question en vérité, tant ses prédictions les plus effrayantes se trouvent aujourd’hui vérifiées. Certes, il est loisible de s’interroger sur ce qu’il aurait écrit de quelques phénomènes comme les réseaux sociaux, ou bien de certaines figures burlesques comme « l’influenceur », ou le « coach ». Mais les principaux traits de notre « Monde-monstre » ont par lui, dès leur genèse, été identifiés. Suffit, pour s’en convaincre, de relire L’Empire du Bien, paru en 1991.

L’œuvre de Muray est aujourd’hui pleinement reconnue, ce qui, à sa mort, n’était pas acquis. Il est abondamment cité, parfois jusqu’au malentendu, ce qui oblige inlassablement à préciser certains de ses concepts. « La fin de l’Histoire » par exemple, qu’il faut entendre, non comme la fin des évènements, mais, dans un sens hégélien, comme l’ère de l’indifférenciation généralisée (entre sexes, générations, espèces, public et privé, etc.), si bien que toute contradiction, ou dialectique, est désormais impossible, empêchant l’humanité de dépasser sa condition biologique. La voilà condamnée à se muer en une sorte d’animalité « high-tech » dont l’essence s’exprime par la fête, autre fameux concept murayen à clarifier. Celle-ci doit être comprise comme le symptôme d’une mutation anthropologique. Car elle a changé de nature : elle n’est plus interruption de la vie quotidienne, mais nouvelle modalité d’être au monde, caractérisée par le refus de toute différence ou limite. Et sa multiplication signale l’avènement d’une nouvelle humanité dépourvue d’intériorité, « désinhibée à mort », inapte à l’altérité, « déchue de sa rationalité », qui « s’éclaterait » dans tous les sens du terme. Homo festivus, n’est donc pas un vulgaire « coureur de fêtes », mais un personnage-type, une « sorte de marionnette conceptuelle », à la psychologie et aux mœurs sans précédent qu’il faut analyser. [...]

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[Idées] Laïc majeur
Spécialiste du XIXe siècle, Éric Anceau signe une synthèse érudite et ultraréférencée sur la laïcité française, « de l’Antiquité au temps présent » ainsi que l’indique le sous-titre. C’est qu’il faut passer par l’histoire au temps long pour en saisir la teneur, ce que l’historien réussit avec brio et dont il tire, au-delà de deux invariants (indépendance de l’État et liberté de conscience), l’existence de toute une gamme de sensibilités dont la loi de 1905 sera le point d’équilibre libéral. Sa thèse est la suivante : technique de concorde civile mise en œuvre par l’État pour « faire nation » et lutter contre les influences indues, la laïcité française n’est en rien hostile au fait religieux et s’applique dans les faits avec une certaine latitude (calendrier chrétien, titres religieux du président, Concordat) – ce à quoi l’on répondra tout de même qu’il a produit un athéisme social sans précédent, avec les conséquences que l’on sait. [...]
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