
Art de vivre






« L’hiver arrive » commence à devenir une blague lourde, une blague de vieux, à mesure que le souvenir de Game of Thrones et de la vénéneuse Lena Headey se dissipe dans la culture populaire – mais enfin bon, c’est quand même vrai, l’hiver arrive. C’est donc le moment de ranger le vestiaire napolitain (ou madrilène, ou cubain, etc.) pour basculer sur du lourd. On parlera des pulls une autre fois: il vaut mieux commencer par une bonne paire de pompes. Normalement, c’est ici que les demi-habiles rappellent l’anecdote sur les trous des brogues, qui servent à évacuer la pluie. Passons tout de suite la seconde.
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Le meilleur compromis, ce sont probablement les bottines à lacets. C’est ce que choisit James Bond dans Skyfall pour chasser les agents du SPECTRE au canon scié dans la lande écossaise. C’est aussi le choix des recrues de Kingsman pour faire des footings (probablement riches en tendinites).…

Radio France nous apprend que « le plastique n’est pas un bon marqueur de l’entrée dans l’Anthropocène »*. Un site marocain affirme que le maté est un marqueur identitaire argentin et Le Figaro pense pouvoir affirmer, en juin 2024, que « l’Ukraine s’impose comme marqueur dans les rapports de force européens. » Je me souviens avoir entendu un chef étoilé parler des marqueurs de la blanquette, pour juger d’une blanquette réinventée (et sans doute sublimée au passage), ce qui n’avait rien à voir avec le fait de marquer la viande.
Le marqueur est une marque distinctive et un repère, comme ces marques que les forestiers apposent sur les arbres, qui distinguent ceux qui sont à abattre (on appelle d’ailleurs marqueur celui qui marque). On sent que la prolifération médiatique des marqueurs en tout genre procède plus de l’abattage que de la distinction : ce qu’on repère, c’est ce qui permet d’identifier facilement au sens où cette identification est une réduction identitaire.…

« Rome ne s’est pas faite en un jour. » On pourrait répondre aussi à la maxime populaire que « Rome ne s’est pas écroulée en un jour ». La liste des empereurs dégénérés, tombés dans les poubelles de l’histoire, est interminable. Il y eut parfois jusqu’à six empereurs à la fois pour gouverner l’Empire romain. Mais qu’importe ! Personne ne s’en soucie aujourd’hui. Car le déclin comme la grandeur s’effectue par petites touches. Les civilisations sont grignotées crescendo, comme les falaises par les rouleaux de la mer. Dans le fond, ce sont les détails qui comptent. Ce sont eux qu’il faut identifier pour saisir la courbe de l’inexorable déclin.
N’avez-vous jamais remarqué ces gens éplorés, aux obsèques d’un être cher, vêtus de jeans crasseux et de baskets exténuées ? Et ceux qui viennent à la cérémonie en short, si le défunt a eu la curieuse idée de mourir au mois d’août.…
L’Incorrect
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