
Au pinacle de sa vanité, l’Amérique des années Reagan donne une image d’elle-même pleine de certitude et de succès. Du fric partout, de l’or, des limousines longues comme des paquebots, la Bourse et la finance en toile de fond : pas de doute, les années 80 se veulent celles de la réussite, et cette réussite, dans une approche que les blockbusters protestants empruntent sans le savoir à Max Weber, ne saurait être, pour commencer, que matérielle pour pouvoir être transformée en triomphe spirituel.
Gordon Gekko, héros de Wall Street (1987) d’Oliver Stone, est l’une de ces figures de pouvoir qui s’en mettent plein les poches. Incarné par un Michael Douglas au sommet de sa forme, ce trader cynique, à la pointe du progrès avec son téléphone « portable » gros comme une brique, débarque dans le paysage cinématographique avec un slogan simple : « Greed, for lack of a better word, is good.…








