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Loi 86 : un air de 1984
Véritable chaos rampant, la phobophobie semble gagner du terrain, notamment outre-Atlantique, là où s’est ouverte la boîte de Pandore de la décadence. Non content de promouvoir la dégénérescence, la Canada se met maintenant à éteindre les volontés de survie de son peuple. Appuyé par les libéraux, le NPD a présenté le projet de loi le 23 février dernier. La loi a plusieurs axes, n’oublions pas que l’islamophobie et la haine peuvent venir de partout. La première mesure serait la mise en place d’ « espaces de soutien pour les élèves touchés par la racisme et l’islamophobie ». C’est ainsi sur le plan éducatif que les principales mesures seraient mises en place : les professeurs seraient islamisés (traduction approximative du mot islam qui signifie « soumission ») à des formations organisées par les organismes le lutte contre l’islamophobie et la haine raciale. Il sera également plus facile de porter plainte contre une personne ayant réalisé un acte « islamophobe ». [...]
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Éditorial monde de mars : Géopolitique en solde
Les Jeux olympiques d’hiver ne portent pas chance à l’Ukraine. Elle n’y remporte déjà pas beaucoup de médailles et en plus son puissant voisin russe commence à prendre la mauvaise l’habitude de lui subtiliser un bout de territoire à chaque édition. En février 2014, à l’occasion des JO de Sotchi, les forces spéciales russes avaient ajouté une nouvelle épreuve à la compétition: traversée en zodiaque de la Mer noire, course au drapeau et annexion de la Crimée. « Krim Nach » – « la Crimée est à nous » – proclamaient alors les Russes pour enterrer les accords de 1997 et célébrer le retour au bercail de la petite péninsule considérée comme le berceau historique de la Sainte Russie. En février 2022, alors que l’est de l’Ukraine est toujours déchiré par la guerre qui a fait treize mille morts depuis huit ans entre indépendantistes prorusses et forces gouvernementales, Moscou vient de déclencher une invasion de grande envergure de l'Ukraine, à partir du territoire de la Russie, de la Biélorussie et de la Crimée, en dépit de toutes les assurances goguenardes de tous les demi-habiles qui martelaient à l'envi depuis des semaines que tout ceci n'était bien sûr qu'une partie de poker menteur organisée par l'Amérique honnie. Les événements des derniers mois montrent que la Russie est entrée dans une nouvelle phase de reconquête de son ancienne zone d’influence. Au cours des mois de janvier et février 2022, une révolte contre le pouvoir autoritaire de Kassym-Jomart Tokaïev au Kazakhstan, a déclenché l’intervention des forces russes sous l’égide de l’Organisation du traité de sécurité collective qui regroupe l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan. Une première dans la région qui pourrait faire penser à un Printemps de Prague centrasiatique. Vladimir Poutine réactualise en quelque sorte la doctrine Brejnev, tout en pratiquant avec succès le « hit and run »: frapper vite et fort, ramener l’ordre et repartir, les Géorgiens en avaient déjà fait la douloureuse expérience lors de la guerre éclair de 2008. De surcroît, les Russes semblent aussi s’être mis d’accord avec les Chinois pour se partager les zones d’influence. La déclaration conjointe de Xi Xinping et de Vladimir Poutine, début février et l’annonce d’un accord historique sur les livraisons de gaz à la Chine par la Russie marquent le début d’une nouvelle ère géopolitique. Les Chinois observent d’ailleurs sans doute avec intérêt ce qui se passe en Ukraine – et qui pourrait les inspirer pour Taïwan. [...]
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Crise ukrainienne, la droite la plus bête du monde
Poutine est l’exutoire de toutes les frustrations de la droite. C’est l’homme viril dont on dit avec un petit sourire en coin qu’il ne rigole pas et qu’il serait le bienvenu pour balayer la chienlit chez nous. Comme, en prime, il taille des croupières à ces Américains qui nous agacent, il bénéficie traditionnellement d’une certaine indulgence à droite – la vraie cela va sans dire. Ceux qui se voyaient « plutôt morts que rouges » hier jetteraient aujourd’hui des fleurs aux soldats russes. Ces dispositions ont causé une monumentale erreur d’analyse sur la crise ukrainienne. Il est impératif de la corriger si le courant national veut conserver sa crédibilité. Le premier effet de l’agression russe a été un réveil stratégique de l’Europe. Même son ventre mou allemand contracte ses abdominaux et annonce 100 milliards d’euros pour réarmer. Le vieux rêve français de rééquilibrer l’indispensable alliance Atlantique est en voie de se réaliser. Rien n’est encore fait, bien sûr, et les obstacles seront nombreux mais, somme toute, il y a là une opportunité unique de s’affranchir du protectorat américain pour le ramener à une alliance. Nos partenaires européens veulent que ce soit dans le cadre de l’OTAN ? Qu’à cela ne tienne ! Force est de reconnaître que la seule limite posée aux troupes russes était les frontières de l’Alliance, on ne va pas le leur reprocher. Que fait la droite ? Elle déclare que l’agression russe est de la faute de l’OTAN et propose d’en quitter le commandement intégré, comme si une telle décision en pleine crise avec la Russie ne devait pas passer pour un abandon de nos alliés en rase campagne ni nous isoler sans retour. Ce rogaton de gaullisme suranné, extirpé comme un bout de viande coincé entre deux dents, aurait gagné à être jeté discrètement. Le meilleur moyen de montrer que l’on n’a pas de stature régalienne est de traiter une question stratégique de manière idéologique. [...]
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Invasion de l’Ukraine : le complexe du vassal

« On ne négocie qu’entre seigneurs, jamais avec un vassal ». Cette phrase prononcée par Éric Zemmour lors de son « meeting de la paix » à Chambéry, au lendemain du déclenchement des opérations militaires russes en Ukraine, est si symptomatique de la fascination viriliste entretenue pour Vladimir Poutine par une partie de la droite française qu’elle pourra lui servir d’épitaphe politique.

Il n’y a pas, c’est entendu, qu’une poutinolâtrie de droite en France. Celle de gauche se porte assez bien aussi, mais venant du camarade Mélenchon, ancien admirateur d’Hugo Chavez, qui nous vantait les mérites de Sputnik et d’un mystérieux vaccin cubain, au plus fort de la pandémie de coronavirus, elle surprend moins. Au sein de la droite supposément « nationale » ou « patriote », le fan-club de Vladimir a des raisons moins programmatiques pour serrer les rangs et les fesses de façon aussi tenace. Une vision désespérément romantique de l’histoire pour certains, et dans d’autres cas, un intéressement direct (moins avouable et plus rare on l’espère) qui aura tendance à s’amenuiser à mesure que les finances russes vont se tarir.

Lire aussi : De la permanence de l’Histoire

Mais l’argumentaire principal des poutinolâtres « pragmatiques », à savoir le réalisme politique, ne tient pas deux secondes en revanche. Il n’y a rien de pragmatique, ni de réaliste, ni de lucide dans la position défendue par celles et ceux qui prétendent encore aujourd’hui trouver des excuses à Vladimir Poutine et appellent, la main sur le cœur, à négocier dès que possible avec le maître du Kremlin.

On leur rappellera tout d’abord que négocier, c’est bien ce que tout le monde a tenté de faire depuis le début de cette crise. Les mêmes qui appellent aujourd’hui à conclure au plus vite la paix avec le président russe reprochaient encore il y a quelques jours à Emmanuel Macron d’avoir passé trop de temps à négocier avec l’autocrate de Moscou. Zemmour et Mélenchon ont même eu le culot de prétendre que s’ils s’étaient trompés en annonçant qu’il n’y aurait jamais d’invasion de l’Ukraine par la Russie, c’est parce que le gouvernement français leur avait laissé croire que tout allait s’arranger.

On joue à guichets fermés au bal des faux culs et la plus belle danse nous a sans doute été offerte par Éric Zemmour qui n’a rien trouvé de mieux à faire que de proposer la médiation de Nicolas Sarkozy et Hubert Védrine pour aller jouer les pèlerins de la paix à Moscou. Valérie Pécresse, plus sectaire, s’est contentée de proposer le nom de Sarkozy, voyant sans doute là l’occasion d’aller quémander auprès du père spirituel de la droite branquignole de bien vouloir enfin adouber sa campagne ratée. Védrine a clos le débat en qualifiant l’initiative de « débile », et on ne saurait mieux conclure. [...]

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Ukraine : la bataille de l’information

Vladimir Poutine avait juré que les 200.000 soldats positionnés à la frontière ukrainienne étaient engagés dans des manœuvres d’entrainement. La suite des évènements nous aura appris qu’il s’agissait là d’une énième duperie du « maître du Kremlin », une diagonale du fou d’un Tsar souhaitant laisser à la postérité l’image d’un homme doué d’aptitudes stratégiques faisant écho au tragique dans l’Histoire qu’il aurait ressuscité.

Si Volodia sait cacher les moyens de ses desseins, il ne fait en revanche jamais mystère de ses ambitions. Il a peut-être annoncé initialement se contenter de déclarer indépendantes les deux Républiques séparatistes, il entend maintenant mettre l’Ukraine à genoux et humilier l’Europe en montrant au monde qu’elle ne pourra pas résister à la force qui lui sert de droit.

Cette image d’homme fort ne rencontre pas beaucoup de succès dans le monde occidental qu’il a désigné comme « l’empire du mensonge », nos mœurs s’étant adoucies avec le temps. Bien que nous-mêmes venions aussi des steppes, nos ancêtres Celtes, Romains et Germains étant tous issus – pour partie, concernant les derniers cités - des peuples cavaliers dont les Scythes sont certainement les premiers, nous ne sommes aujourd’hui plus directement partie prenante des complexes mécaniques de cette région du monde, partagée entre l’Europe et l’Asie.

Lire aussi : Frédéric Le Moal : « Les sanctions marquent la faiblesse de l’UE »

Nous avons aussi perdu une forme de rudesse déterminée qui est la caractéristique majeure de Vladimir Poutine, prêt à tout pour que nous nous inclinions devant le maître du cœur du vieux monde. Présenté de la sorte – il faudrait évidemment ajouter moults détails historiques, géographiques et idéologiques à cette grossière analyse -, le plan poutinien a le mérite de la clarté. [...]

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Moyen-Orient : sport à balles réelles

En octobre, l’Arabie saoudite officialisait le rachat à 80 % de Newcastle United, club de football situé dans le nord-est de l’Angleterre, pour un montant d’environ 350 millions d’euros via le fonds public d’investissement saoudien piloté par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Certes, l’opportunité business était intéressante : fort de ses 400 milliards, le fonds public a dépensé une somme dérisoire à son échelle pour mettre la main sur un club de Premier League, championnat le plus regardé au monde et pris dans une spirale inflationniste qui rend tout investissement viable sur le temps long. Mais, après une longue quête d’un club européen – on a parlé un temps de Manchester United ou de l’Olympique de Marseille – Riyad entend faire une utilisation très politique du club.

L’Arabie saoudite se met au sport

Se reposant sur sa taille, son poids religieux et ses relations avec les États-Unis, le pays s’est longtemps moqué de ce que pensait l’étranger. Mais alors que ses voisins régionaux ont beaucoup misé sur le soft power pour gagner en influence, l’arrivée de Mohammed ben Salmane s’est accompagnée d’un virage moderniste tout à fait inédit, incarné entre autres par le plan « Saudi Vision 2 030 » qui prévoit la diversification de l’économie pour mettre fin à la dépendance historique aux hydrocarbures. Place donc aux investissements importants telles les infrastructures prévues par le projet Neom au niveau de la mer Rouge, et à l’ouverture au tourisme.

Lire aussi : Grégor Puppinck : « La restriction de la liberté de religion en Algérie est le symptôme d’une situation de crise »

Le sport arrive ici à point nommé. Entachée par son implication dans la guerre au Yémen, la mort du journaliste Jamal Khashoggi et le mépris des droits de l’homme, l’image du pays devait être drastiquement améliorée, sous peine de rebuter voyageurs et investisseurs. Par le « sportwashing » (« blanchiment par le sport »), l’Arabie saoudite espère donc faire oublier ses casseroles et se bâtir une réputation faite de modernité, de divertissement et d’ouverture. Aussi, en braquant régulièrement les caméras sur le Royaume, les événements sportifs sont pensés comme moyen d’attirer les visiteurs et de mettre en valeur le patrimoine national, stratégie qui n’est pas sans faire penser à celle utilisée par l’Azerbaïdjan. [...]

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De la permanence de l’Histoire

On raconte que, lors d’un dîner officiel, le tsar Alexandre III – une véritable force de la nature – menaça un ambassadeur étranger en tordant devant lui une cuillère en argent, et qu’il lui lança : « Voilà ce que j’en ferai de vos armées si elles s’approchent de mes frontières. » Si l’anecdote ne dit rien de la réaction du diplomate, elle en dit long sur l’état d’esprit des responsables russes. En fait, aujourd’hui rien n’a changé.

En fin de compte, Vladimir Poutine a choisi l’option la plus radicale, celle de l’attaque militaire surprise contre l’Ukraine afin de détruire son potentiel militaire, de renverser son gouvernement, afin de lui imposer ses exigences au profit d’un rapport de force rétabli en faveur de Moscou. C’est l’option qui comporte le plus de risques pour la Russie, pour l’Europe, pour Poutine lui-même. L’avenir seul nous dira ce qu’il sortira de cette épreuve de force gravissime engagé sur le Vieux continent. Pour le moment, Poutine aura réussi d’une part à unir contre lui l’UE terrorisée par ce retour brutal des tragédies de l’Histoire qu’elle pensait avoir, avec une naïveté confondante, dissoutes dans le commerce, les droits de l’homme et les normes ; d’autre part à renforcer l’OTAN à laquelle même la Suède et la Finlande pensent adhérer, au risque de faire de la Baltique un lac otanien ; et enfin à faire sortir les Européens et même les Allemands de leur léthargie historique – sur ce point, on ne peut que s’en féliciter !

Guerre en Ukraine : et la France alors ?

La guerre est de retour sur le Vieux Continent. Depuis 1999 et les bombardements de Belgrade par l’OTAN pour les beaux yeux des islamistes albanais du Kosovo-et-Métochie, l’Europe n’avait plus connu de conflit majeur. Et voilà qu’à l’Est, les armes se remettent à parler. Posons un préambule indispensable à toute considération : oui, Vladimir Poutine porte une entière culpabilité dans le déclenchement de ce conflit. Le président russe a pris la décision d’attaquer, d’agresser son voisin ukrainien. Cela doit lui être imputé. Mais, loin de céder à l’émotion, quand bien même celle-ci est légitime, il faut se poser une question : quelle est la place et l’intérêt de la France dans ce conflit ? Depuis l’attaque de l’Ukraine par la Russie déclenchée dans la nuit du 24 au 25 février, l’opinion française semble unanime : il faut soutenir, presque aveuglément, les Ukrainiens. Et une petite musique belliqueuse, portée par les habituels chantres de l’atlantisme le plus forcené, à l’instar des Glucksman, Enthoven, et autre BHL, commence à se faire entendre : il faut affronter la Russie.

Lire aussi : Et maintenant, mourir pour l’Ukraine ?

Retrouver l’équilibre

Nul ne se pose la question de savoir si la France sortirait vainqueur d’un tel conflit, nul ne se pose la question de savoir si la France est prête à un tel conflit, nul ne se pose la question des sacrifices à consentir, notamment en vies humaines, pour remporter un tel conflit. Et surtout, nul ne s’interroge sur la pertinence d’un tel conflit. Faut-il arrêter Poutine ? Oui, évidemment. Faut-il se brouiller, ou pire, avec la Russie ? Non. La France doit retrouver l’équilibre, se posant à équidistance des deux blocs que le bellicisme de Poutine et l’avancée otanienne à l’Est ont contribué, hélas, à reformer. La France ne doit être alignée sur personne, ni sur les Etats-Unis, ni sur la Russie, ni sur la Chine. Elle doit porter sa voix singulière dans le monde, comme le fit en son temps le général De Gaulle, parlant tant aux Etats-Unis qu’à l’Union soviétique. [...]

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