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Grégor Puppinck : « La restriction de la liberté de religion en Algérie est le symptôme d’une situation de crise »

Pouvez-vous nous expliquer l’affaire Saïd Djabelkhir ?

C’est un journaliste et universitaire algérien qui a publié quelques propos sur la religion musulmane qui découlent de ses propres recherches qui sont connues chez les islamologues. Ce n’est pas un grand nom, mais il est assez reconnu dans le milieu.

Il disait notamment que le pèlerinage à La Mecque était antérieur à Mahomet et qu’il y a des pratiques musulmanes issues du paganisme.

Ce qu’il a écrit était déjà tout à fait su par les islamologues. Il disait notamment que le pèlerinage à La Mecque était antérieur à Mahomet et qu’il y a des pratiques musulmanes issues du paganisme. Il ajoutait que les textes de références ne sont pas à prendre à la lettre.

C’est une politique de distance tout à fait classique avec un regard historico-critique. C’était écrit sur sa page Facebook, sans agressivité.

Il a par la suite été poursuivi par un petit groupe, dont un avocat, qui ont porté plainte contre lui, pour « dénigrement du dogme » et « atteinte à l’unité nationale » car l’Algérie repose en partie sur l’islam. Celui qui attaque l’islam attaque aussi le pays. Il a donc été condamné.

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La France avance en mer Noire

À l’occasion de ses vœux aux Armées le 19 janvier, Emmanuel Macron a évoqué le renforcement du partenariat stratégique entre leurs deux pays sur fond de présence militaire avancée de l’OTAN en Roumanie répondant à la crise larvée en Ukraine. Le lendemain, le président roumain Klaus Iohannis s’est félicité du probable envoi de troupes françaises dans son pays. Une lecture biaisée de cette décision se limiterait à s’inquiéter de voir la France servir à travers l’OTAN les seuls intérêts américains. On aurait tort de ne pas y voir une excellente occasion de renforcer notre influence sur les rives de la Mer noire et plus précisément en Roumanie, pays de 20 millions d’habitants. En voici quelques clefs de compréhension

La Roumanie satisfaite

Déjà, le 1er décembre, à l’occasion de la fête nationale de leur pays, les diplomates roumains en poste à Paris ne cachaient pas leur satisfaction devant le beau fixe régnant sur les relations entre Bucarest et Paris. Le secrétaire d’État chargé des affaires européennes, Clément Beaune, honorait d’ailleurs de sa présence la réception donnée par l’ambassadeur de Roumanie, Luca Niculescu, dans les salons de l’hôtel de Béhague, sa résidence parisienne proche du Champ de Mars. [...]

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Canada : le « Convoi de la liberté » ou les invasions barbares

Ils se fardent les joues de petites feuilles d’érable rouges, brandissent un drapeau canadien à l’arrière d’un camion qui affiche le slogan F*ck Trudeau et beuglent : « FREEDOOOOOM ! » On se croirait dans une très mauvaise reprise de Braveheart.

Résumons cette version médiocre. Dans la nuit du 28 janvier, des camionneurs et manifestants ont traversé le Canada pour se rencontrer à la colline parlementaire d’Ottawa et bloquer le centre-ville. Le mouvement Freedom Convoy, « Convoi de la liberté », avait d’abord pour but de dénoncer l’imposition du passeport vaccinal à la frontière canado-américaine depuis le 15 janvier 2022, la mesure de trop pour les 10% de camionneurs non-vaccinés. Toutefois, la manifestation s’est transformée pour exiger la démission du Premier ministre Justin Trudeau ainsi que la révocation de l’ensemble des mesures sanitaires. Disons-le d’emblée : les manifestants se sont trompés de cible, car les contraintes telles que le port du masque, le confinement, la quarantaine, la fermeture de commerces et la vaccination en général relèvent de la juridiction provinciale ou municipale, et non pas fédérale.

Dès le 29 janvier, le siège d’Ottawa était un sujet de vive discussion outre-Atlantique, surtout sur les réseaux sociaux. Soudainement, aux yeux des Français, le Canada était « un grand pays » qui pavait pour le monde entier le chemin vers la « révolution ».  On lançait en outre sur Facebook et Twitter que ce sont 100 000 camions, accompagnés de millions de manifestants, qui se rendaient à Ottawa.

Même les organisateurs du Convoi n’en demandaient pas tant ! [...]

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Éditorial monde de février : Le grand jeu reprend

Rudyard Kipling fut le premier à faire usage, dans son roman Kim, en 1901, de l’expression « Le Grand Jeu » pour désigner l’affrontement de la Russie et de la Grande-Bretagne en Asie centrale, qui s’acheva temporairement avec la signature en 1907 de la Convention de Saint-Pétersbourg. Après la Première Guerre mondiale, l’Asie Centrale redevint un objet de convoitise et la guerre secrète que les Russes nommaient le « théâtre des ombres » se poursuivit jusqu’à la Seconde Guerre mondiale avant d’être mise en sommeil par la guerre froide. L’éclatement de l’URSS a rebattu à nouveau les cartes et replacé la région au centre d’une nouvelle lutte d’influence.

La géopolitique a, comme la nature, horreur du vide, et un vide géostratégique est apparu en Asie centrale alors que la Russie perdait pied dans son hinterland traditionnel, au cœur du continent asiatique. Les États-Unis sont venus en premier combler ce vide avec l’intervention en Afghanistan en 2001 et un renforcement de leur présence au nom de la lutte internationale contre le terrorisme mais les initiatives chinoises n’ont pas tardé à succéder à l’interventionnisme américain.…

Mali : la surinfection de plaies ethno-raciales millénaires

La junte militaire a sommé l’ambassadeur français de quitter le territoire dans les 72 heures. Pourquoi ?

Après le coup d’État du colonel Assimi Goïta au Mali, Emmanuel Macron a littéralement étranglé économiquement le Mali en prenant contre ce pays des sanctions totalement inopportunes et improductives qui ont achevé de dresser l’opinion malienne contre la France. La réaction de la junte a consisté à flatter l’opinion publique.

Voilà donc la France devenue bouc-émissaire permettant aux élites locales qui ont systématiquement pillé leurs pays respectifs de cacher six décennies de corruption, de détournements, d’incapacité politique

Nous sommes en présence d’une entreprise de défausse rendue d’autant plus facile que l’accusation de néo-colonialisme est toujours prompte à échauffer des esprits gangrenés par la rente mémorielle et encouragés par l’ethno-masochisme des élites françaises qui font bien rire Russes, Chinois et Turcs qui prennent la place de la France. Voilà donc la France devenue bouc-émissaire permettant aux élites locales qui ont systématiquement pillé leurs pays respectifs de cacher six décennies de corruption, de détournements, d’incapacité politique, en un mot d’incompétence. Résultat, après la Centrafrique, la France va se trouver « éjectée » du Mali alors que ses soldats y tombent pour assurer la sécurité de populations abandonnées par leur propre armée...

Quelles furent les erreurs commises par la France ?

Au moment où de plus en plus d’Africains rejettent la démocratie, la France s’arc-boute tout au contraire sur cette idéologie vue en Afrique comme une forme de néocolonialisme. Aveuglé par son présupposé démocratique, le gouvernement d’Emmanuel Macron n’a pas vu que le coup de force du colonel Goïta était une chance pour la paix. Ce Minianka, branche minoritaire du grand ensemble sénoufo, n’ayant pas de contentieux historique avec les Touaregs et avec les Peuls, les deux peuples à l’origine du conflit, pouvait donc ouvrir une discussion de paix en corrigeant les grandes erreurs commises par les décideurs parisiens depuis le début du quinquennat Macron. Or, ces derniers n’ont pas su profiter de l’opportunité politico-militaire ouverte au Mali avec le coup d’État. Tout au contraire, Paris a considéré comme une provocation l’ouverture de négociations entre Bamako et certains groupes armés nordistes, alors que l’opération lui était entièrement profitable car cela lui aurait permis de fermer le front du nord afin de concentrer ses moyens sur d’autres régions.

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Ukraine-Russie : steppes ou encore ?

Les États-Unis accusent la Russie de masser des troupes à la frontière ukrainienne. Si ces faits sont avérés, quels seraient les objectifs d’une telle mobilisation ?

Le fait que des troupes russes soient massées à la frontière ukrainienne est une réalité qui a été observée, qui a été détaillée même, puisqu’il a été constaté qu’un certain nombre de chars russes qui se trouvaient sur cette frontière avaient reçu des défenses adaptées au nouveau matériel perçu par les troupes ukrainiennes, par exemple les missiles Javelin, donnés par les Américains, ou les drones turcs Bayraktar. Des troupes russes sont donc prépositionnées. La question qui se pose, c’est que la Russie nie son intention d’envahir l’Ukraine et considère que ces mouvements de troupes font partie d’exercices réguliers qu’elle opère dans ces zones. Pour l’instant, il n’y a pas eu de la part de Moscou une quelconque indication selon laquelle il y aurait une menace ou que l’invasion de l’Ukraine serait à l’ordre du jour.

Historiquement, l’Ukraine est le berceau de la Russie, et a été russe, puis soviétique jusqu’en 1990. Aujourd’hui le pays est divisé entre pro-russes et pro-occidentaux. La partition est-elle inéluctable ?

La répartition géographique des ethnies et des influences est beaucoup plus complexe, à mon sens, que cette simple lecture Est-Ouest et une partition du pays à terme. Oui, il est clair que l’Est, le Donbass, la Crimée ont été en proie à des insurrections pro-russes, et que la Crimée a été annexée en 2014, mais il n’y a pas vraiment eu de protestation en Crimée, où 94 % de la population est d’origine russe. Concernant le Donbass, c’est un peu plus compliqué, mais c’est une réalité ukrainienne, et comme vous le soulignez, l’Ukraine est le berceau de la Russie. Cependant, en dépit de cet écheveau culturel et historique autour de l’Ukraine, tout n’est pas aussi défini et je ne crois pas que le pays soit inéluctablement amené à être divisé. Ensuite, le problème, c’est son positionnement. Et là, on entre dans le dur de l’affrontement entre Moscou et l’Otan. La Russie considère comme une ligne rouge l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan. Ce qu’il peut se passer, c’est une sorte de finlandisation de l’Ukraine, c’est-à-dire une neutralité de l’Ukraine, comme la Finlande au sortir de la Seconde Guerre mondiale, prise en étau entre l’Union soviétique et les États-Unis. N’oublions pas que beaucoup de pays de l’ex-bloc de l’Est ont rejoint l’Otan et parfois l’Union européenne. Si l’Ukraine ou la Géorgie adhèrent à l’Alliance, alors l’Otan se situera aux frontières de la Russie. C’est inacceptable pour Vladimir Poutine, un casus belli pour les Russes. Pour autant, cette adhésion de l’Ukraine à l’Otan n’est pas du tout à l’ordre du jour. [...]

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Frédéric Le Moal : « L’OTAN et l’UE arriveront à survivre sans intégrer l’Ukraine »
Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots la situation actuelle en Ukraine ? Il y a aujourd’hui une concentration de forces russes le long de la frontière avec l’Ukraine, accompagnée de manœuvres militaires. Traditionnellement, ce genre de situations s’apparente à une sorte de pression exercée sur l’état frontalier et qui peut être interprétée comme le prélude à une invasion. Les pays occidentaux, l’Ukraine au premier rang, considèrent ces manœuvres comme les prémisses éventuels d’une incursion, peut-être une invasion du territoire ukrainien par les troupes russes afin de prendre le contrôle des régions du Donbass, régions principalement peuplées de russophones regardant constamment vers Moscou là où les populations ukrainiennes se tournent vers l’Europe. [...]
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Bordel au Sahel

Mi-novembre, à Kaya (centre-nord du Burkina Faso), un jeune garçon réussit à descendre un drone de l’armée française avec un lance-pierre artisanal. L’image fait le tour des réseaux sociaux et l’opposition au président Rock Marc Kaboré s’en empare immédiatement. Au Mali, ce sont des photographies d’armes soi-disant procurées par l’armée françaises à des groupes terroristes qui ont ému l’opinion en septembre. Une courte recherche d’image inversée révèle pourtant assez rapidement la supercherie.

Il s’agit en effet de photos d’une saisie d’armes par les douanes nigérianes. Journaliste et spécialiste des intox, Antony Saint-Léger pointe du doigt « une manipulation récurrente ». Des centaines d’images du genre se partagent sur les réseaux sociaux des pays du Sahel, alimentant ainsi la haine de la France. Le ministre français des Armées, Florence Parly, n’écarte pas des « pistes russes », alors qu’une discussion est en cours entre la milice Wagner, proche du Kremlin, et Bamako. Une guerre d’images que comprend Laurent Bigot pour qui « la France est perçue comme une armée d’occupation ». [...]

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