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Le mont Athos : un lieu mythologique et spirituel

Je me suis rendu quatre fois à l'Athos entre 2018 et 2021, pour y rencontrer un lieu, des hommes et une histoire qui plongent au cœur des fondements de notre civilisation. Une identité défendue vaillamment sous l'occupation ottomane, avec un mode de vie unique dans notre Europe contemporaine.

Le premier voyage correspondait pour moi à une quête intérieure, identitaire et surtout spirituelle. Je ne connaissais l'Athos que par les livres, les films et par la rencontre de quelques pèlerins. Voyager en Grèce, c'est aller aux racines de notre civilisation, s'inscrire dans une histoire, croiser les dieux, les géants et les aventuriers. Aller à l'Athos, c'est encore plus que ça.

Mythologie et histoire

L'Athos : la mythologie lui donne le nom d'Acté et rapporte que cette montagne avait surgi de la mer Égée après la lutte ardente de Jupiter avec un Titan. Le géant aurait détaché la masse d'un rocher de la Thrace pour le précipiter dans les flots. D'après l'Illiade, Junon fuyant l'Olympe s'était arrêtée sur son sommet. Eschylle, dans Agamennon, raconte que de grands feux allumés au sommet de l'Athos annoncèrent à l'Hellade la chute de Troie. Voilà pour la légende.

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Côté histoire, pour comprendre l'Athos d'aujourd'hui, il faut parler de la fondation de la Lavra par Athanase l'Athonite en 963 qui ouvre une période brillante jusqu’à la chute de Constantinople en 1453. Viendra alors une ère de décadence nommée la turcocratie qui débute par l'assujettissement de la république athonite et se terminera par sa libération et son rattachement à la Grèce en 1912.

Je suis arrivé pour la première fois à l'Athos le 27 octobre 2018, au petit matin par la mer, unique porte d'entrée. S’y rendre demande des mois de préparation, l'obtention du diamonitirion et un passage obligé à Ouranopoli pour le retirer au petit matin et pouvoir embarquer. Ouranopoli la ville du ciel, l’unique d'accès.

Un chapelet de monastères

Au bout d'un certain temps de navigation, j'ai vu apparaître les monastères et alors une première surprise : le bateau s’est arrêté au port du premier monastère. Alors, j’ai préféré descendre au monastère suivant, celui de Saint-Panteleimon, fondé en 1051 et connu sous le nom de Rossikon. Son destin est lié à celui de la Russie et sa prospérité a pris fin avec la Révolution de 1917. J’ai dû attendre des heures pour y être accueilli au milieu d'une immense foule d'hommes, russes et ukrainiens en grande majorité. La règle nous imposait de passer une seule nuit par monastère. C’était un immense dortoir. Le temps à l'Athos n'est pas le nôtre, il est fixé sur l'heure byzantine basée sur le soleil, harmonie de l'homme et de la nature. Le calendrier est julien et le rythme de l'Athos est liturgique. Le lendemain matin, après la divine liturgie en slavon et une collation, je me suis mis en route vers le monastère de Xéropotamou. C'est un monastère ceinturé de remparts énormes dévasté au XIVe siècle. Deux fois incendié par les pirates, il fut restauré vers 1600 par Alexandre, voïvode de Valachie. Malheureusement, l'hospitalité m'y a été refusée car nous étions un dimanche. J’ai donc dû marcher jusqu'à Dafni puis prendre un bus afin de me rendre dans la capitale Karyès, ville martyre des croisés latins en 1282. [...]

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Budapest : le Maroc à la conquête de l’Est

Le récent changement de gouvernement au Maroc a conforté Nasser Bourita, diplomate de 52 ans, dans son poste de ministre des Affaires étrangères. Il est l’une des principales personnalités sur lesquelles s’appuie le roi Mohamed VI pour approfondir les objectifs stratégiques du pays : sécurisation juridique de la souveraineté sur le Sahara marocain partenariat avec Israël et les États-Unis, coopération avec l’Union européenne et désormais ouverture à l’Est. Entretenant des bonnes relations avec la Serbie (le Maroc ne reconnaît pas l’indépendance du Kosovo), le Maroc a décidé de se rapprocher du groupe de Višegrad, qui regroupe depuis 1991 la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et la Tchéquie. Il tire son nom d’une ville historique de Hongrie. Et c’est à Budapest que le ministre marocain des Affaires étrangères a rencontré pour la première fois sous ce nouveau format ses quatre homologues.

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« Le Maroc et ses partenaires au sein du Groupe de Visegrád ont une forte détermination à renforcer leur coopération pour faire face aux défis communs, notamment en matière de lutte contre le terrorisme, l’immigration clandestine et le crime organisé transfrontalier», a indiqué Nasser Bourita, lors d’une conférence de presse à l’issue de cette réunion.…

Éditorial monde de décembre : Europe, le continent englouti

« Il serait simple que les politiques nous expliquent en quoi l’immigration serait aujourd’hui une gêne ou un péril pour la France. Avec près de mille ans d’histoire derrière nous, notre culture, notre langue, de quoi avons-nous peur ? » Ainsi s’exprimait l’écrivain Pierre Guyotat dans Télérama en 2010. La posture pleine d’assurance de Guyotat, décédé en 2020, figure de 1968 et ancien comparse de Philippe Sollers, est typique d’une génération pleine de certitudes. Une génération qui s’efface peu à peu en même temps que ses certitudes achèvent de s’écrouler. L’histoire des dix dernières années s’est chargée de répondre à Guyotat. En 2009, le dictateur Mouammar Kadhafi faisait chanter l’Union européenne en conditionnant son aide pour juguler les flux migratoires en Méditerranée à une aide financière pour renforcer ses frontières avec le Tchad et le Niger. À l’époque, l’UE proposait 20 millions. Kadhafi réclamait 5 milliards. Deux plus tard, Kadhafi était exécuté par les rebelles qui l’avaient renversé et capturé alors qu’il tentait de fuir un bombardement de l’OTAN.…

Bruits de guerre au Kosovo
« Bien sûr, je voudrais conserver la paix, mais je dois aussi vous dire que nous n’avons pas le choix ». Les mots sont forts, terriblement forts ; ils ont été prononcés par Aleksandar Vucic, président de la République de Serbie, le 13 octobre, à Raska, devant une assemblée de représentants des Serbes du Kosovo. Quelques instants plus tard, devant les troupes de la garnison de la ville en tenue de combat, le même Vucic lançait le « Nema Predanje », « Nous n’abandonnerons pas », mot d’ordre des Serbes qui refusent l’arrachement du Kosovo, qu’on retrouve tagué sur les murs un peu partout en Serbie centrale et dans les enclaves serbes au Kosovo même. [...]
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Algérie : la dérive d’un régime paranoïaque

Il y a quelque chose de fascinant et de tragique à constater que le pouvoir algérien, en place depuis près de 60 ans, prolonge à l’infini la digestion d’un passé recomposé et d’une indépendance mythifiée. L’Algérie officielle a dépassé le stade du roman national : elle est entrée dans celui de la farce historique. Qui ne fait pas rire grand monde.

Le discours paranoïaque des autorités politiques algériennes ne cesse de désigner l’ennemi, dans un réflexe schmittien de plus en plus prégnant : si la pauvreté est endémique malgré la rente pétrolière, c’est selon les jours, la faute de la France, d’Israël ou du Maroc, c’est-à-dire des colonialistes, des sionistes ou des chérifiens. Cet été, lesdites autorités ont même attribué la responsabilité des tragiques feux de forêts en Kabylie à un complot fourbi depuis Rabat et Tel-Aviv. Il faut dire qu’agiter la fibre nationaliste algérienne est l’ultime moyen de propagande à la disposition du FLN au pouvoir depuis 1962 pour perpétuer son statut de caste bénéficiant des retombées fructueuses de la rente pétrolière. Ajoutez-y la répression des mouvements populaires arabes ou kabyles désireux de secouer le joug des militaires tirant les ficelles à Alger et la lente propagation de la loi islamique pour donner un vernis religieux au régime et vous aurez un état des lieux général de la situation intérieure préoccupante du principal État du Maghreb. Avouons que ce n’est guère réjouissant. […]

Ce jugement a déclenché des représailles immédiates de la part de l’Algérie : elle a rappelé son ambassadeur et elle a fermé son espace aérien aux avions militaires français

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Pologne, Hongrie : se défendre pour refuser d’être condamné

Mauvaise élève de l’Union européenne, la Hongrie est une bonne élève de la civilisation européenne. Condamné par la Cour de Justice de l’Union européenne dans un arrêt rendu le mardi 16 novembre, l’État magyar a pourtant tout à fait raison de vouloir criminaliser l’aide apportée aux demandeurs d’asile déjà passés par des pays sûrs comme la Serbie, où ils auraient tout à fait pu demander une protection. Pologne et Hongrie se défendent du mieux qu’ils peuvent. Mieux : ils défendent toute l’Europe en pour que nos frontières extérieures ne soient pas violées.

Dans un communiqué, la CJUE a affirmé qu’« en réprimant pénalement toute personne qui fournit une aide à l’introduction d’une demande d’asile, la Hongrie (avait) manqué aux obligations qui lui (incombaient) ». C’est la législation dite « Stop Soros » qui avait suscité le courroux des institutions européennes, à commencer par la Commission qui avait introduit un recours en manquement auprès de la CJUE.…

Côte d’Ivoire, une réconciliation à vive épreuve

Konan Kouadio Bertin, ministre ivoirien de la Réconciliation et de la Cohésion nationale le reconnaît d’emblée : « J’essaie d’éteindre des brasiers qui peuvent de nouveau s’enflammer à tout moment ». Fin septembre, le ministre a reçu Miss Côte d’Ivoire et ses deux dauphines pour une mission particulière, « faire d’elles des ambassadrices de la réconciliation ». À 53 ans, ce transfuge de l’opposition pose un diagnostic lapidaire : « Tout est à faire ». S’il se réjouit de la rencontre historique, mi-juillet, entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, M. Bertin pense que le processus sera long et craint, à raison « que les lenteurs n’enveniment la situation ». Dans les rues d’Abidjan, les populations sont plutôt sceptiques. Pour Madoussou Coulibaly, 58 ans, sociologue qui a travaillé pour la Commission Dialogue Vérité Réconciliation, « la réconciliation est mal partie d’autant que la justice internationale n’a ciblé qu’un seul camp ». Un avis partagé par beaucoup d’Ivoiriens d’autant qu’aucun acteur du parti au pouvoir n’a été inquiété. La justice internationale a « fait le jeu des vainqueurs ». Des vainqueurs soutenus par la France dont le rôle reste largement critiqué. […]

Le lancement d'un nouveau parti politique par Laurent Gbagbo, 76 ans, fait planer le doute sur le renouvellement prochain de la classe politique

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Afrique du Sud : Frederik de Klerk, ou l’échec du rêve arc-en-ciel

« C’est avec la plus grande tristesse que la Fondation FW de Klerk annonce la mort de l’ancien président FW de Klerk, parti paisiblement, à son domicile de Fresnaye ce matin après avoir lutté contre un cancer ». C’est par un communiqué laconique que le décès de Frederik Willem de Klerk a été annoncé à la nation sud-africaine, interrompant tous les programmes de télévision. De Klerk est né à Johannesburg en 1936 au sein d’une famille de la bourgeoisie afrikaner ; ses ancêtres avaient fui les dragonnades de Louis XIV pour s’installer dans la future Afrique du Sud. Comme bon nombre de Boers à cette époque, ils vont participer au grand trek fondateur qui amènera plus tard à la création des deux républiques du Transvaal et de l’État d’Orange Libre. Lors d’un affrontement avec les Zoulous en 1838, trois des membres de sa famille sont tués par les redoutables impies de l’empereur Dingane. Avec la guerre anglo-boer, les Klerk s’engagent aux côtés de James Barry Munnik Hertzog, le père du nationalisme afrikaner. L’histoire de la famille de Klerk va se mélanger avec celle du Parti national (NP) qui arrive au pouvoir en 1948 grâce à un jeu d’alliances avec des petits partis.

Ses études de droit achevées, Frederik de Klerk adhère au Broederbond, une association secrète qui rassemble toutes les élites du pays et qui va le lancer en politique. Il devient très rapidement l'étoile montante du NP et se faire élire député en 1972. Dès lors, il va accumuler les ministères jusqu’en 1989. Il soutient la politique de ségrégation raciale (apartheid) et obtient même le prestigieux poste de président de la Fédération du parti national du Transvaal, un tremplin vers la présidence de la République. Trois ans après être entré au parlement, l’ancien Premier ministre Vorster avait prédit qu’il dirigerait le pays, libéré de ses liens avec le Royaume-Uni depuis 1961. Frederik de Klerk est alors perçu comme un défenseur acharné des droits de la minorité blanche au pouvoir, et peu de personnes entrevoient qu’il va changer la face du pays. L’Afrique du Sud vit alors en état d’urgence constant pour faire face aux multiples grèves et à la rébellion armée de l’African national Congress (ANC), mouvement noir dont les principaux leaders sont enfermés à Robben Island, une île-prison au large de Cape Town. [...]

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