Skip to content
Une francophile à la présidence hongroise

C’est le Premier ministre Viktor Orban en personne qui l’a annoncé le 21 décembre au matin : sa ministre de la Famille Katalin Novak vient d’être choisie par le parti au pouvoir à Budapest, le Fidesz, pour devenir Présidente de la Hongrie, une nomination qui sera entérinée par l’Assemblée nationale. Certes, ce poste est avant tout honorifique, comme il peut l’être en Allemagne ou en Italie, mais il constitue une excellente nouvelle pour les amis français de la Hongrie. À 44 ans, cette mère de trois enfants cultive depuis ses études de droit européen à l’Université Paris X Nanterre un goût immodéré pour notre pays dont elle maîtrise parfaitement la langue.

Au sein du Fidesz, elle fut notamment en charge plusieurs années des relations internationales du parti. L’auteur de ces lignes se souviendra longtemps d’un déjeuner de travail dont elle était l’invitée d’honneur il y a quelques années dans un restaurant du XVe arrondissement de Paris afin de dialoguer avec des universitaires et des personnalités politiques conservatrices françaises. Gentillesse, simplicité et connaissance des dossiers sont les principales qualités de celle qui va succéder pour un mandat de cinq ans (renouvelable une fois) à Janos Ader, en poste depuis 2012. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Tigré : les abysses de l’Abyssinie

Alors qu’il sévit depuis plus d’un an, le conflit au Tigré, région septentrionale de l’Éthiopie, a atteint ces dernières semaines un point de bascule. Sous l’impulsion de son chef Abiy Ahmed, le gouvernement éthiopien a déclaré, le 2 novembre, l’état d’urgence sur tout le territoire éthiopien et suspendu l’application de la constitution. Après que les rebelles du TPLF ont revendiqué la prise des villes de Dessie et Kombolcha situées en territoire amhara à seulement 400 kilomètres au nord d’Addis-Abeba, le Premier ministre a invité les habitants de la capitale à rejoindre les rangs de l’armée régulière éthiopienne pour défendre leur ville. Forts de leur récente alliance avec les forces de l’OLA (Armée de Libération Oromo), les rebelles assurent, de leur côté, que la prise de la capitale n’est plus qu’une histoire de semaines voire de jours, ce que le gouvernement éthiopien dément formellement.

Aussi inattendue soit-elle, cette alliance fortuite entre les ethnies oromo et tigréenne autrefois rivales constitue désormais une menace réelle pour la survie du régime d’Abiy Ahmed, lequel se retrouve lâché par ses anciens alliés occidentaux et en particulier par les Américains. Entre autres déclarations indignes d’un Prix Nobel de la paix, le Premier ministre a promis de « noyer les Tigréens dans leur sang ». Exploitant la peur des « espions » pour justifier les arrestations arbitraires dans la population tigréenne à Addis-Abeba ainsi que dans le reste de l’Éthiopie, il a également dénoncé un supposé complot visant à faire « partager à l’Éthiopie le destin de la Syrie ou de la Libye ». Aussi inquiétante soit-elle, cette situation n’a pourtant rien d’inédit : en effet, c’est la troisième fois en cinq ans que le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE), coalition politique au pouvoir depuis 1991, décide de déclarer l’état d’urgence en raison de tensions inter-ethniques. Désormais, le Tigré se retrouve pris en étau entre les forces loyalistes éthiopiennes au sud et les troupes du dictateur érythréen Issayas Afeworki, allié de circonstance d’Abiy Ahmed, au nord. […]

Au-delà des frontières de l'Éthiopie, la crise au Tigré menace de s'étendre aux nations voisines et de déstabiliser l'ensemble de la région

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Le mont Athos : un lieu mythologique et spirituel

Je me suis rendu quatre fois à l'Athos entre 2018 et 2021, pour y rencontrer un lieu, des hommes et une histoire qui plongent au cœur des fondements de notre civilisation. Une identité défendue vaillamment sous l'occupation ottomane, avec un mode de vie unique dans notre Europe contemporaine.

Le premier voyage correspondait pour moi à une quête intérieure, identitaire et surtout spirituelle. Je ne connaissais l'Athos que par les livres, les films et par la rencontre de quelques pèlerins. Voyager en Grèce, c'est aller aux racines de notre civilisation, s'inscrire dans une histoire, croiser les dieux, les géants et les aventuriers. Aller à l'Athos, c'est encore plus que ça.

Mythologie et histoire

L'Athos : la mythologie lui donne le nom d'Acté et rapporte que cette montagne avait surgi de la mer Égée après la lutte ardente de Jupiter avec un Titan. Le géant aurait détaché la masse d'un rocher de la Thrace pour le précipiter dans les flots. D'après l'Illiade, Junon fuyant l'Olympe s'était arrêtée sur son sommet. Eschylle, dans Agamennon, raconte que de grands feux allumés au sommet de l'Athos annoncèrent à l'Hellade la chute de Troie. Voilà pour la légende.

Lire aussi : Reportage : Haïti, l’île aux désastres

Côté histoire, pour comprendre l'Athos d'aujourd'hui, il faut parler de la fondation de la Lavra par Athanase l'Athonite en 963 qui ouvre une période brillante jusqu’à la chute de Constantinople en 1453. Viendra alors une ère de décadence nommée la turcocratie qui débute par l'assujettissement de la république athonite et se terminera par sa libération et son rattachement à la Grèce en 1912.

Je suis arrivé pour la première fois à l'Athos le 27 octobre 2018, au petit matin par la mer, unique porte d'entrée. S’y rendre demande des mois de préparation, l'obtention du diamonitirion et un passage obligé à Ouranopoli pour le retirer au petit matin et pouvoir embarquer. Ouranopoli la ville du ciel, l’unique d'accès.

Un chapelet de monastères

Au bout d'un certain temps de navigation, j'ai vu apparaître les monastères et alors une première surprise : le bateau s’est arrêté au port du premier monastère. Alors, j’ai préféré descendre au monastère suivant, celui de Saint-Panteleimon, fondé en 1051 et connu sous le nom de Rossikon. Son destin est lié à celui de la Russie et sa prospérité a pris fin avec la Révolution de 1917. J’ai dû attendre des heures pour y être accueilli au milieu d'une immense foule d'hommes, russes et ukrainiens en grande majorité. La règle nous imposait de passer une seule nuit par monastère. C’était un immense dortoir. Le temps à l'Athos n'est pas le nôtre, il est fixé sur l'heure byzantine basée sur le soleil, harmonie de l'homme et de la nature. Le calendrier est julien et le rythme de l'Athos est liturgique. Le lendemain matin, après la divine liturgie en slavon et une collation, je me suis mis en route vers le monastère de Xéropotamou. C'est un monastère ceinturé de remparts énormes dévasté au XIVe siècle. Deux fois incendié par les pirates, il fut restauré vers 1600 par Alexandre, voïvode de Valachie. Malheureusement, l'hospitalité m'y a été refusée car nous étions un dimanche. J’ai donc dû marcher jusqu'à Dafni puis prendre un bus afin de me rendre dans la capitale Karyès, ville martyre des croisés latins en 1282. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Budapest : le Maroc à la conquête de l’Est

Le récent changement de gouvernement au Maroc a conforté Nasser Bourita, diplomate de 52 ans, dans son poste de ministre des Affaires étrangères. Il est l’une des principales personnalités sur lesquelles s’appuie le roi Mohamed VI pour approfondir les objectifs stratégiques du pays : sécurisation juridique de la souveraineté sur le Sahara marocain partenariat avec Israël et les États-Unis, coopération avec l’Union européenne et désormais ouverture à l’Est. Entretenant des bonnes relations avec la Serbie (le Maroc ne reconnaît pas l’indépendance du Kosovo), le Maroc a décidé de se rapprocher du groupe de Višegrad, qui regroupe depuis 1991 la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et la Tchéquie. Il tire son nom d’une ville historique de Hongrie. Et c’est à Budapest que le ministre marocain des Affaires étrangères a rencontré pour la première fois sous ce nouveau format ses quatre homologues.

Lire aussi : Marine Le Pen à Varsovie

« Le Maroc et ses partenaires au sein du Groupe de Visegrád ont une forte détermination à renforcer leur coopération pour faire face aux défis communs, notamment en matière de lutte contre le terrorisme, l’immigration clandestine et le crime organisé transfrontalier», a indiqué Nasser Bourita, lors d’une conférence de presse à l’issue de cette réunion.…

Éditorial monde de décembre : Europe, le continent englouti

« Il serait simple que les politiques nous expliquent en quoi l’immigration serait aujourd’hui une gêne ou un péril pour la France. Avec près de mille ans d’histoire derrière nous, notre culture, notre langue, de quoi avons-nous peur ? » Ainsi s’exprimait l’écrivain Pierre Guyotat dans Télérama en 2010. La posture pleine d’assurance de Guyotat, décédé en 2020, figure de 1968 et ancien comparse de Philippe Sollers, est typique d’une génération pleine de certitudes. Une génération qui s’efface peu à peu en même temps que ses certitudes achèvent de s’écrouler. L’histoire des dix dernières années s’est chargée de répondre à Guyotat. En 2009, le dictateur Mouammar Kadhafi faisait chanter l’Union européenne en conditionnant son aide pour juguler les flux migratoires en Méditerranée à une aide financière pour renforcer ses frontières avec le Tchad et le Niger. À l’époque, l’UE proposait 20 millions. Kadhafi réclamait 5 milliards. Deux plus tard, Kadhafi était exécuté par les rebelles qui l’avaient renversé et capturé alors qu’il tentait de fuir un bombardement de l’OTAN.…

Bruits de guerre au Kosovo
« Bien sûr, je voudrais conserver la paix, mais je dois aussi vous dire que nous n’avons pas le choix ». Les mots sont forts, terriblement forts ; ils ont été prononcés par Aleksandar Vucic, président de la République de Serbie, le 13 octobre, à Raska, devant une assemblée de représentants des Serbes du Kosovo. Quelques instants plus tard, devant les troupes de la garnison de la ville en tenue de combat, le même Vucic lançait le « Nema Predanje », « Nous n’abandonnerons pas », mot d’ordre des Serbes qui refusent l’arrachement du Kosovo, qu’on retrouve tagué sur les murs un peu partout en Serbie centrale et dans les enclaves serbes au Kosovo même. [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Algérie : la dérive d’un régime paranoïaque

Il y a quelque chose de fascinant et de tragique à constater que le pouvoir algérien, en place depuis près de 60 ans, prolonge à l’infini la digestion d’un passé recomposé et d’une indépendance mythifiée. L’Algérie officielle a dépassé le stade du roman national : elle est entrée dans celui de la farce historique. Qui ne fait pas rire grand monde.

Le discours paranoïaque des autorités politiques algériennes ne cesse de désigner l’ennemi, dans un réflexe schmittien de plus en plus prégnant : si la pauvreté est endémique malgré la rente pétrolière, c’est selon les jours, la faute de la France, d’Israël ou du Maroc, c’est-à-dire des colonialistes, des sionistes ou des chérifiens. Cet été, lesdites autorités ont même attribué la responsabilité des tragiques feux de forêts en Kabylie à un complot fourbi depuis Rabat et Tel-Aviv. Il faut dire qu’agiter la fibre nationaliste algérienne est l’ultime moyen de propagande à la disposition du FLN au pouvoir depuis 1962 pour perpétuer son statut de caste bénéficiant des retombées fructueuses de la rente pétrolière. Ajoutez-y la répression des mouvements populaires arabes ou kabyles désireux de secouer le joug des militaires tirant les ficelles à Alger et la lente propagation de la loi islamique pour donner un vernis religieux au régime et vous aurez un état des lieux général de la situation intérieure préoccupante du principal État du Maghreb. Avouons que ce n’est guère réjouissant. […]

Ce jugement a déclenché des représailles immédiates de la part de l’Algérie : elle a rappelé son ambassadeur et elle a fermé son espace aérien aux avions militaires français

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Pologne, Hongrie : se défendre pour refuser d’être condamné

Mauvaise élève de l’Union européenne, la Hongrie est une bonne élève de la civilisation européenne. Condamné par la Cour de Justice de l’Union européenne dans un arrêt rendu le mardi 16 novembre, l’État magyar a pourtant tout à fait raison de vouloir criminaliser l’aide apportée aux demandeurs d’asile déjà passés par des pays sûrs comme la Serbie, où ils auraient tout à fait pu demander une protection. Pologne et Hongrie se défendent du mieux qu’ils peuvent. Mieux : ils défendent toute l’Europe en pour que nos frontières extérieures ne soient pas violées.

Dans un communiqué, la CJUE a affirmé qu’« en réprimant pénalement toute personne qui fournit une aide à l’introduction d’une demande d’asile, la Hongrie (avait) manqué aux obligations qui lui (incombaient) ». C’est la législation dite « Stop Soros » qui avait suscité le courroux des institutions européennes, à commencer par la Commission qui avait introduit un recours en manquement auprès de la CJUE.…

L’Incorrect

Retrouvez le magazine de ce mois ci en format

numérique ou papier selon votre préférence.

Retrouvez les numéros précédents

Pin It on Pinterest