
Société


Bayrou est arrivé rue de Grenelle avec un aphorisme de bon sens : « Collège unique, collège inique ». En quelques mois, il a ravivé les guerres scolaires et mis les Français dans la rue, si bien qu’il n’a rien pu faire ensuite. Ministre de la Cogestion plutôt que de l’Éducation, il a acheté la paix sociale en donnant les clés aux syndicats. Bayrou ne gouverne pas, il subsiste. Son expertise pour passer entre les vagues reste intacte. Malheureusement, c’est aussi le cas du collège unique… [...]

Alain Finkielkraut : En 1928, le grand philologue allemand Ernst-Robert Curtius écrivait, dans son Essai sur la France : « La littérature joue un rôle capital dans la conscience que la France prend d'elle-même et de sa civilisation. Aucune autre nation ne lui accorde une place comparable. Il n'y a qu'en France où la nation entière considère la littérature comme l'expression représentative de ses destinées. » Moins d’un siècle plus tard, en 2017, Emmanuel Macron, candidat à la présidence de la République, affirmait : « Il n'y a pas de culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. » La France est devenue un pur réceptacle et la littérature a été noyée, avec la bénédiction de ses dirigeants, dans la diversité des pratiques culturelles. [...]

Vous avez eu un long parcours de journaliste, notamment télévisuel. Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre la direction de l’ESJ Paris ?
Une évidence, quand on me l’a proposé ! Je commençais à ressentir deux choses simultanément. D’abord, l’envie de me mettre au service de ce métier que j’aime profondément depuis trois décennies, et que je pense plus utile que jamais à une saine vie en société. Et en même temps une certaine souffrance en voyant que trop de journalistes basculaient dans une forme de narcissisme militant, foulant aux pieds les règles fondamentales du métier : la rigueur, les faits, le terrain.
Lire aussi : Journalisme : conte de faits
Quel regard portez-vous aujourd’hui sur la formation des journalistes en France, après avoir été vous-même sur le terrain pendant des décennies ?
Il reste de bonnes écoles, fort heureusement ! Mais il y a une évidence qu’il faut aussi rappeler : beaucoup de ces formations sont l’apanage de jeunes urbains plutôt littéraires et orientés politiquement, qui ne représentent pas du tout le pays dans sa diversité.…

L’Incorrect a huit ans. Ce n’est pas rien, surtout pour un magazine papier. L’Incorrect a donc franchi l’âge de raison. Huit ans, c’est long, surtout avec une double dose de Macron au pouvoir. Le bougre réussirait presque à nous faire regretter François Hollande. Sur cette planète qui tourne trop vite, il est raisonnable de penser qu’un narcissique fielleux aux commandes est foutrement dangereux. En temps normal, il reste à la France deux ans à tirer. Mais ce temps est tout sauf normal.
À l’horizon 2027, ça bouchonne plus qu’au péage de Saint-Arnoult un samedi de retour de vacances. Tout le monde rêve de gravir les marches de l’Élysée. Même Aurore Bergé. Darmanin singe Sarkozy, Retailleau parle, Mélenchon arrose la France au napalm, Marine Le Pen surveille Bardella, Zemmour espère que les cons ouvriront un jour les yeux, et Villepin se trouve toujours la plus belle pour aller danser. Et après ?…

L’homme blanc a cette particularité : il est capable d’améliorer à l’infini les performances d’un lave-vaisselle mais il est incapable de tirer les leçons qui protégeraient sa propre existence. Les Afrikaners blancs sécessionnistes d’Orania, en Afrique du Sud, préviennent les nouveaux arrivants dans leur Volkstaat (État populaire) du Karoo : « Ici, les blancs vident eux-mêmes leurs poubelles et arrosent eux-mêmes leur pelouse. » What ?
Lire aussi : Saint-Urcize, la vraie capitale de la France !
Parce que jusqu’à récemment, le concept de se torcher le cul soi-même était pratiquement impensable pour un Afrikaner. Les noirs, c’était fait pour ça. Et c’est cette dépendance à la main d’œuvre noire qui a fait tomber l’Afrique du Sud blanche. 1994. Plus que les « sanctions » et Simple Minds. Car qui détient la pioche détient la clef. Et en France ? Eh bien nous sommes devenus des Afrikaners. Regarde autour de toi, bondieu !…


Pourquoi vous êtes-vous intéressé au sujet du port d’arme citoyen ?
C’est d’abord le constat que pratiquement personne ne s’est intéressé à cette question en France. On ne peut trouver en France qu’un seul ouvrage consacré au sujet – d’ailleurs ancien, mais écrit par un Québécois ! Et moins de cinq articles s’y rapportant – dont deux d’histoire du droit (relatifs à la Corse !). On trouve encore quelques ouvrages purement technique relatifs au port d’armes ou à la légitime-défense, mais rien sur le fondement théorique du droit d’avoir des armes, de les posséder ou de les porter. Comparativement, on a, outre atlantique, une littérature abondante de milliers d’ouvrage, d’articles, de billets, de notes de blog etc. C’est surprenant car, même en étant hostile à ce droit, il devrait y avoir une curiosité intellectuelle. Curiosité qui m’a donc poussé à écrire sur le sujet.
Pourquoi ce désintérêt ?
D’abord et de manière générale, force est de constater que les études ne forment pas à la curiosité, que ce soit à l’école et à l’université, le processus de formation est un processus de formatage et dans une large mesure, on met des œillères aux gens.…
L’Incorrect
Retrouvez le magazine de ce mois ci en format
numérique ou papier selon votre préférence.

