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Sélectron : les perles théologiques de Michel Onfray

13 - « Peut-être enfin que le rire n’est pas une création de Dieu, mais Dieu une création du rire ? » (Lire, 2015)

12 - « À viser le Paradis, on manque la Terre. La synagogue, le temple, l'église ou la mosquée, tous endroits où l'intelligence se porte mal et où l'on préfère depuis des siècles l'obéissance aux dogmes et la soumission à la Loi - donc à ceux qui se prétendent les élus, les envoyés et la parole de Dieu. » (Traité d'athéologie, 2005)

11 - « Tous ceux qui à partir de Constantin vont résister, vont résister à cette conception théocratique, monarchique, donc jacobine. C’est le pouvoir d’un seul, c’est la généalogie du jacobinisme. » (débat avec Charlotte d’Ornellas, 2020)

10 - « Jésus ne fut rien d’autre qu’un concept car les concepts ne crachent ni ne toussent, ne pètent ni ne rotent. » (Lire, 2015)

9 - « La fable de Jésus […] Une hallucination collective a beau être collective et rassembler de vastes foules, elle n'en demeure pas moins une illusion. » (Le Point, 2017)

Lire aussi : Sélectron : les 10 Palmes d’or les plus mémorables

8 - « Les trois monothéismes, animés par une même pulsion de mort généalogique, partagent une série de mépris identiques : haine de la raison et de l'intelligence ; haine de la liberté ; haine de tous les livres au nom d'un seul ; haine de la vie ; haine de la sexualité, des femmes et du plaisir ; haine du féminin ; haine des corps, des désirs, des pulsions. En lieu et place de tout cela, judaïsme, christianisme et islam défendent : la foi et la croyance, l'obéissance et la soumission, le goût de la mort et la passion de l'au-delà, l'ange asexué et la chasteté, la virginité et la fidélité monogamique, l'épouse et la mère, l'âme et l'esprit. Autant dire la vie crucifiée et le néant célébré... » (Traité d'athéologie, 2006)

7 - « Je ne dis pas que Jésus n'existe pas, je dis que c'est une fiction. […] Les preuves historiques, il n’y en a pas. Les preuves de texte, il n’y en a pas non plus » (ONPC, 2017)

6 - « Quand le philosophe digne de ce nom travaille, le prêtre recule. » (Contre-histoire de la philosophie, 2006)

5 - « L'athéisme n'est pas une thérapie mais une santé mentale recouvrée. » (Traité d'athéologie, 2006)

4 - « J’émets cette hypothèse que Paul de Tarse souffrait d’impuissance sexuelle ou souffrait de problème sexuel. A partir de cette désorganisation libidinale du corps, il y a une désorganisation de la pensée qui induira par la suite une désorganisation de l’univers. […] On pourrait imaginer que l’explication de cette hystérie [de Saint Paul] procède d’une lutte contre des angoisses qui elles sont d’origine sexuellement refoulées : c’est-à-dire que vous avez des désirs sexuels qui ne sont pas susceptibles d’être réalisés parce qu’ils supposent des objets qui ne sont pas socialement acceptables. » (Contre-histoire de la philosophie : la résistance au christianisme, 2006)

3 - « Tant que la religion reste une affaire entre soi et soi, après tout, il s'agit seulement de névroses, psychoses et autres affaires privées. On a les perversions qu'on peut, tant qu'elles ne mettent pas en danger ou en péril la vie d'autrui. » (Traité d'athéologie, 2005)

2 - « Hitler était disciple de saint Jean » (Traité d'athéologie, 2005)

1 - « Hitler n’a jamais rien dit ou écrit contre Jésus. Dans Mein Kampf, il désigne son moment préféré dans la vie du fils de Dieu le geste colérique de celui qui chasse les marchands du temple juifs avec une corde transformée en fouet. Comment ne pas songer que ce Christ-là annonce Hitler ? » (Décadence, 2017)

L’Inconomiste – Appauvrissez-vous : vive la dette !

Que l'on évoque la dette des ménages ou la dette publique, on ne l'envisage souvent que sous l'angle des simples relations économiques, donnant raison à Marx, qui dans le Manifeste du parti communiste, critiquait ainsi la bourgeoisie : « Partout où elle a conquis le pouvoir, elle a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques. Tous les liens complexes et variés qui unissent l'homme féodal à ses “supérieurs naturels”, elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d'autre lien, entre l'homme et l'homme, que le froid intérêt, les dures exigences du “paiement au comptant”. Elle a noyé les frissons sacrés de l'extase religieuse, de l'enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste ».

La dette fait partie de la condition humaine

Rétablir le caractère multiple et profondément humain de la dette est l'ambition de l'essai que publie Hubert de Vauplane (éditions Première partie). Sous le titre provocateur Endettez-vous ! qui répond par-delà les siècles à l'exhortation bourgeoise de Guizot Enrichissez-vous !, l'auteur, avocat associé dans un cabinet d'affaires américain et professeur associé à Sciences Po, remet en perspective la notion de dette en montrant qu'elle fait partie de la condition humaine.

Lire aussi : L’Inconomiste – Plaidoyer pour L’État stratège

Nous sommes ontologiquement débiteurs, d'abord par rapport à Dieu qui nous a créés et nous a rachetés par la Croix de la dette du péché. « Car le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur », dit saint Paul (Rm, VI, 23). Reconnaître la dette du péché est le préalable indispensable pour s'ouvrir à la miséricorde de Dieu et accueillir son salut. C'est vrai d'un point de vue individuel comme collectif car le péché originel est cette dette collective de l'humanité pécheresse à l'endroit de son créateur pour avoir troublé l'harmonie du cosmos par la démesure infinie du péché. 

Dans ce contexte, on comprend que Nietzsche ait voulu affranchir l'humanité de cette culpabilité ontologique qui pèse sur l'homme. Dans la Généalogie de la morale que cite Vauplane, Nietzsche considère que l'athéisme « libèrerait l'humanité de toute obligation envers son origine, sa causa prima » de sorte qu'il ferait advenir une « seconde innocence » marquée par l'absence de toute culpabilité mais aussi de toute forme de reconnaissance. « Nos fautes sont des dettes contractées ici et payables ailleurs, écrit à juste titre Hugo. L'athéisme n'est autre chose qu'un essai de déclaration d'insolvabilité ». [...]

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Éolien et élus locaux : comme un air de corruption

Pas 1 mais 11 arnaqueurs

En 2013, une élue de Saint-Georges-d’Annebecq (Orne) est condamnée à 1 000 € d’amende par le tribunal correctionnel d’Argentan pour prise illégale d’intérêts. À ses côtés, sur le banc des accusés, onze élus jugés pour les mêmes faits. Tous propriétaires de terrains sur lesquels devaient être implantées onze éoliennes, ils ne s’étaient pas retirés des délibérations sur les zones de développement de l’éolien terrestre (ZDE). Malgré cette condamnation, et une alerte du préfet, un avis favorable est donné au projet.

Pas bête la guêpe

En 2015, une conseillère municipale d’Aveyron est privée de ses droits civiques, civils et familiaux pour deux ans et est condamnée à deux mois de prison avec sursis et 1 000 € d’amende. La raison ? Lors d’un conseil municipal, elle a participé au vote d’un projet de construction d’éoliennes sur des terrains appartenant à son mari, à sa belle-soeur et à son beau-frère. 46 500 €, c’est la somme que lui a rapportée annuellement ce projet, pendant presque deux ans. [...]

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GB News : au Royaume-Uni, l’écran plat prend du relief

Jusque-là, il y avait quatre chaînes d'information en Grande-Bretagne : ITV (au centre gauche), BBC News (à gauche), Sky News (à gauche de la BBC), Channel 4 (à gauche de Sky News). Par-delà le zapping, on chantait grosso modo la même chanson. Comme chez nous, une forme de léthargie s'était installée. Une vision du monde guidée par un discours idéologique d'ordre pavlovien commençait à s'enkyster dans les esprits, de part et d'autre de l'écran. 

Dimanche 13 juin, à 20 heures, c’était le lancement très attendu de GB News. Audience : 262 000 téléspectateurs contre 100 000 pour la « Beeb », 46 000 pour Sky. Et ce malgré des bavures techniques, couacs de lumière et de son. Neil Oliver, l'une des stars de la chaîne, au moment de se présenter, n'avait simplement pas de son. « Je suis déjà cancel ! » plaisanta-t-il quand son micro reprit du service dix minutes plus tard. 

Cet Écossais à l'accent relevé est un écrivain et documentariste passionné d'histoire et d'archéologie. Il anime une émission le samedi soir. Celui que ses fans surnomment le Roi d'Écosse veut explorer la complexe question de l'identité britannique. « Je me sens écossais et britannique. Ce qui était naturel pour moi est devenu une posture politique depuis le référendum sur l'indépendance de l'Écosse. La Grande-Bretagne repose-t-elle encore sur un imaginaire collectif ? Des aspirations communes ? Ou n'est-ce qu'un espace géographique ? J'ai été attiré par la promesse de GB News de faire entendre d'autres voix. C'est un bol d'air frais ». 

Lire aussi : Zewditu Hailu Gebreyohanes : afroconservatrice

La nouvelle chaîne va-t-elle apaiser ou enflammer le débat politique ? « L'oxygène attise le feu, n'est-ce pas ? Nous allons susciter un peu d'agitation. Honnêtement, je n'attends que ça. Il faut que la conversation reprenne. Laissons se frotter les unes aux autres les idées les plus arrêtées, cela arrondira les angles. C'est ainsi que se constituent les plages de galets soyeux qui forment nos beaux paysages, dit Neil Oliver. Les médias traditionnels – des vestiges médiatiques, selon moi – ne sont plus en prise avec le pays, ils font la sourde oreille sur des sujets qui passionnent des millions de citoyens ». [...]

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« Traditionis Custodes » : pourquoi le pape François veut-il l’extinction de la messe en latin ?

Amertume, incompréhension, désarroi voire colère… Depuis la sortie du motu proprio Traditionis Custodes sur l’abrogation progressive de la forme extraordinaire du rite romain, les réactions se multiplient et vont dans le même sens. Elles révèlent le côté surprenant pour ne pas dire inopportun d’un texte, dont on se demande s’il reflète vraiment la réalité du terrain.

Comment ne pas même voir de l’idéologie dans les exigences démesurées à l’égard du monde traditionnaliste quand, de l’autre côté du Rhin, les évêques allemands sont littéralement en roue libre sur de nombreux aspects du dogme et défient ouvertement Rome depuis plusieurs années ? Comment ceux qui travaillent en grande majorité à l’unité depuis quinze ans, portent des vocations sacerdotales, font vivre leur foi à des familles entières, comment donc, ces catholiques peuvent être au centre d’une telle défiance au point de ne pas susciter un seul mot pastoral de la part du pape lui-même, ni dans le motu proprio, ni dans la lettre aux évêques accompagnant le texte ? Pourquoi l’œuvre pacificatrice du motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI visant à libéraliser l’ancien rite est-elle effacée d’un trait de plume ? Comment, selon les propres termes de Benoît XVI, « ce qui était sacré pour les générations précédentes [et qui] reste grand et sacré pour nous » pourra se retrouver à terme interdit ? Pourquoi finalement programmer l’extinction de la forme extraordinaire du rite romain ?

Lire aussi : Le pape François contre les tradis : entretien avec Christophe Geffroy

Avant de publier le motu proprio Traditionis Custodes, la Congrégation pour la doctrine de la Foi a réalisé une enquête auprès des évêques du monde entier afin de les sonder sur le sujet. La chose est habituelle, surtout dans la perspective de la synodalité qui vise à faire participer le pouvoir épiscopal aux grandes décisions du pontificat. Or, dans la lettre du pape aux évêques qui accompagne le motu proprio, on peut notamment lire : « Les réponses parvenues ont révélé une situation douloureuse qui m’inquiète, me confirmant la nécessité d’intervenir. »  Mais est-ce vraiment le cas ? Dit autrement : est-ce qu’aujourd’hui une majorité d’évêques se plaignent du comportement de ceux qui sont attachés à l'ancien rite ?

À la lecture du cas français, on peut sérieusement en douter. Certes le document de la Conférence des évêques de France (CEF, avril 2020) souligne des aspects négatifs de l’application du motu proprio de Benoît XVI, mais la synthèse de chaque question posée par la Congrégation révèle malgré tout le chemin de pacification entrepris : « Dans la plupart des cas, la situation semble apaisée. On perçoit, dans les réponses, le désir des évêques d’associer le plus possible des prêtres diocésains aux célébrations de forme extraordinaire, mais cela s’avère difficile en raison du faible nombre de prêtre » (question 1). La question 2 souligne « le souci de communion où l’évêque agit par délicatesse pastorale ». La question 3 sur les aspects positifs et négatifs révèle qu’à l’exception de deux évêques, « tous s’accordent sur l’apaisement qui résulte de l’application du motu proprio ».

En arrivant au pouvoir porté par une minorité active décidée à mettre fin à l’héritage de Jean-Paul II et de Benoît XVI, le pape François s’est entouré d’une véritable cour voulant imposer sa propre feuille de route à l’ensemble de l’Église catholique

Naturellement, des interrogations demeurent, des points de friction aussi : les aspects négatifs de la forme extraordinaire sont plus nombreux que les aspects positifs. Il n’empêche, se dégage une forme de neutralité dans ce document et une double attitude des évêques : celle d’être des artisans de paix (Mathieu 5, 9), réalisant un « inlassable travail d’unité ». De fait, même si le besoin d’approfondir le dialogue est prégnant dans ce document, même s’il demande que les fidèles de la forme extraordinaire participent davantage à la vie diocésaine, nous sommes bien loin de la guerre des années 1970 et 1980 ! La note de la CEF nous dit à cet égard que seule « une petite minorité » a été confortée dans ses travers et la culture de leurs particularismes en réclamant davantage de droits. Dont acte.

Alors, d’où vient le problème ? Certains évoquent le fait que le motu proprio ait été traduit en anglais (et non en français) afin précisément de marquer sa cible : les néo-conservateurs américains qui, depuis l’élection du pape François, ne cessent de le critiquer. Dans ce dernier cas, pourquoi sanctionner l'ensemble d'une communauté ? Dans les faits, il est difficile de répondre à cette question sans un accès à l’ensemble des études. Or, si l’on en croit la vaticaniste Diane Montagna, 30% des évêques dans le monde ont répondu à l’enquête du Vatican sur le rite extraordinaire. Sur ces 30%, la moitié s’est révélé « neutre et favorable » à la forme extraordinaire du rite. La question est donc : est-ce que 15% d’évêques mécontents peuvent justifier l’abrogation d’une pratique ? Peut-on aussi considérer une minorité de pratiquants comme un réel danger pour l’unité, quand une écrasante majorité des évêques dans le monde n’a strictement aucun avis sur la question ?

Lire aussi : Sélectron : Un pape ne devrait pas dire ça

Si bien qu’il est légitime de se poser la question d’une disproportion incompréhensible entre la brutalité du texte pontifical et la réalité du terrain. Si les données de Diane Montagna sont justes, cela poserait une dernière question : d’où vient la charge et la décision, si elle ne vient pas des évêques ?

En arrivant au pouvoir porté par une minorité active décidée à mettre fin à l’héritage de Jean-Paul II et de Benoît XVI, le pape François s’est entouré d’une véritable cour voulant imposer sa propre feuille de route à l’ensemble de l’Église catholique : communion des divorcés remariés, reconnaissance de l’homosexualité, ordination des hommes mariés, diaconat des femmes… et abrogation de la messe en latin. N’importe quel vaticaniste aujourd’hui vous expliquera que Rome est devenu le terrain de jeu de cette minorité très active qui souhaite imposer sa partition à l’ensemble de l’Église. Elle l’a tenté au moment du synode sur la famille mais aussi au cours du synode sur l’Amazonie. Par deux fois, elle a échoué en rencontrant des oppositions, dont celle du pape émérite, rappelant avec le cardinal Sarah l’importance du célibat sacerdotal. Naturellement, sur ce terrain, le pape joue un rôle de tampon, bien conscient qu’il ne peut porter la responsabilité de l’ensemble de ces changements. La forme extraordinaire du rite romain, elle, n’a pas eu cette chance. Alors que Rome avait une capacité d’absorber les contraires, faisant à la fois cohabiter l’ensemble des sensibilités de l’Église, elle est désormais aux mains de quelques-uns qui ne reculent devant rien dans le but d’imposer leurs propres conceptions.

Comment expliquer ainsi sa bienveillance œcuménique ou son sens du dialogue inter-religieux, tout en se montrant intransigeant ad intra, c’est-à-dire à l’égard de ses propres ouailles ?

Finalement se pose aussi l’image que ce texte va laisser du pape François. Une image somme toute assez contradictoire : considéré comme libéral, il décide de mettre fin à la libéralisation de l’ancien rite. Comment expliquer ainsi sa bienveillance œcuménique ou son sens du dialogue inter-religieux, tout en se montrant intransigeant ad intra, c’est-à-dire à l’égard de ses propres ouailles ? Comment passer aussi pour le pape de la miséricorde alors que pas un seul mot n’a été prononcé à l’égard des fidèles attachés à l’ancien rite et qui font désormais figure de catholiques de seconde zone ? 

Par ailleurs, les médias opposent souvent les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI en reprochant à ces derniers leur centralisation. Or, le motu proprio confirme que le pontificat de François est bien plus centralisateur que ses prédécesseurs. La lettre apostolique Authenticum charismatis publiée au mois de novembre dernier sur les communautés nouvelles l'a encore montré récemment. Le plus étonnant est peut-être que, fin politique et surtout jésuite, le pape François ne prend jamais de face les problèmes, tant dans sa façon de communiquer que d’agir. Il les contourne : refusant d’aborder la question de la communion des divorcés remariés, il la traite dans une note de bas de page de l’exhortation apostolique Amoris Laetitia. À la question du diaconat féminin, il exprime ses doutes tout en demandant à une commission de continuer d’étudier la chose. Or, dans le cas présent, il adopte une politique frontale, révélant l’aspect autoritaire de sa personnalité, moins connu médiatiquement et pourtant bien réel. Au risque du cléricalisme qu'il condamne lui-même.

Langues régionales contre Marianne : deux siècles de combats

Face au grand éteignoir unificateur et massificateur de la Révolution française et de l'Empire, se dressent dès la Restauration et surtout sous la Monarchie de Juillet et le règne de Napoléon III des initiatives provenant de notables locaux. En réaction au jacobinisme et au centralisme, les premières sociétés savantes voient le jour dans les provinces : l'Association normande en 1832 à Caen, l'Association bretonne créée à Vannes en 1843, le Comité flamand de France en 1853 ou encore le Félibrige en 1854, dont le but est le rayonnement de la langue provençale, composante de ce que l'on nomme aujourd'hui l'occitan. Le romantisme s'éprend des idiomes ruraux comme le montre, par exemple, l'oeuvre du barde Auguste Brizeux (1803-1858), ami de Vigny et d'Hugo.

Rappelons que ces structures ne disposent pas encore d'un statut légal puisque les associations ne seront reconnues en France qu'en 1901. Au sein de ces groupes militants, on trouve des noms qui résonnent encore aujourd'hui de façon familière aux oreilles de ceux qui s'intéressent à la question des langues régionales : Edmond de Coussemaker (1805-1876) dans les Flandres, Théodore Hersart de La Villemarqué (1815-1895) en Bretagne ou encore Frédéric Mistral (1830-1914) en Provence et le chanoine Joseph Roux (1834-1905) en Limousin. Les deux premiers seront membres de l'Institut, le troisième prix Nobel de littérature.

Les félibres à l’offensive

Ce combat pour les langues régionales prendra un tour plus politique en 1892 avec la Déclaration des félibres fédéralistes de Charles Maurras (1868-1952) et Frédéric Amouretti (1863-1903). Ce texte bilingue d'inspiration proudhonienne bouscule les radicaux-socialistes d'Occitanie dont l'intérêt pour le parler local n'est qu'une démarche folklorique. Les pétitionnaires réclament la création d'assemblées régionales à Bordeaux, Toulouse, Montpellier et Aix-Marseille. Ils demandent le retour immédiat aux antiques libertés communales et la fin de la tutelle préfectorale pour ces collectivités. Les principaux promoteurs de cette initiative se rallient d'ailleurs assez vite à l'idée monarchique en contribuant à l'essor de la jeune Action française, fondée en 1899. Charles Maurras sera lui-même l'un des majoraux du Félibrige à compter de 1941 et écrira de nombreux vers en provençal que l'on retrouve par exemple dans La Musique intérieure (Grasset, 1925). [...]

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Révélations : Pécresse et l’éolien, un business juteux

En 2007, le Grenelle de l'environnement décide l'installation d'éoliennes à terre et en mer. En 2010, le ministre Nathalie Kosciusko-Morizet lance un appel d'offres pour les éoliennes en mer avec pour objectif d'équiper cinq sites et de créer une nouvelle industrie en France. Le projet est ambitieux, NKM voit grand – elle est bien la seule – tout le monde s'oppose à son idée, même EDF qui par l'intermédiaire de son PDG Henri Proglio confirme à Éric Besson, ministre de l'Industrie et de l'énergie, qu'il n'y a pas besoin des éoliennes en mer. Le projet prend l'eau et patine jusqu'à 2011. Une belle année pour la famille Pécresse puisque Valérie est nommée ministre du Budget et Jérôme, son mari, promu président d'Alstom Renouvelables. Une double promotion qui déclenche une série de décisions étonnantes…

D’abord, EDF change d’avis. Henri Proglio se dit soudainement qu’il faut des éoliennes en mer, et pas qu’un peu : il va jusqu’à imaginer que leur puissance cumulée soit comparable à une grosse centrale nucléaire. Et l'idée qu'un concurrent puisse déployer une telle puissance en France représentant une menace trop importante pour EDF qui s'accroche à son rang de « leader mondial de la production d'énergie neutre en CO2 », quelques mois plus tard, Proglio retourne chez Besson pour lui demander de lui attribuer tous les champs, en lui déclarant qu'il s'allie à Alstom pour remporter les cinq sites. Une annonce surprenante…

Lire aussi : Enquête : éolien, la face sombre des pales

Alstom et l'éolien, c'est une histoire d'amour récente. En 2007, le groupe avait certes décidé d'entrer sur le marché de l'éolien en rachetant un fabricant espagnol spécialiste des engins terrestres. Mais on parle en l'occurrence d'éoliennes offshore, que ne sait pas produire Alstom. Le seul industriel français expérimenté est Areva, grâce au rachat d'un turbinier allemand. Certes, Proglio et la patronne d'Areva se détestent, mais tout de même. Il faut une bonne raison pour cette volte-face et cette alliance inattendue, d'autant plus qu'Alstom n'a même pas de turbine adaptée à la mer, mais uniquement un concept, l'Haliade. Et il faut des dizaines de millions pour développer une nouvelle turbine que ni Alstom ni EDF n'ont l'intention de financer. À moins que Jérôme Pécresse, patron d'Alstom, dispose d'une alliée qui a la clef du coffre-fort de l'État. Comme par magie, tous les obstacles s'évanouissent devant Alstom les uns après les autres.

Pour commencer il faut que quelqu'un s'engage à financer une série d'éoliennes, pour permettre à l'industriel d'ouvrir une usine et de baisser ses coûts. Le ministère du Budget se met à soutenir les efforts de Nathalie Kosciusko-Morizet. L'appel d'offres serait de 10 milliards, dont près de 70 % pour les industriels. Les réunions interministérielles s'enchaînent. Pendant des mois, les représentants du cabinet de Valérie Pécresse soutiennent le principe d'un investissement massif dans l'éolien en mer. Aucun problème. À l'inverse, les autres ministères freinent des quatre fers. Et ils ont de bonnes raisons. [...]

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Euro de football : le pressoir islamo-libertaire

L’Euro de football 2020, qui s’est conclu le 11 juillet 2021 (crise sanitaire oblige), aura été la grande vitrine du lobby LGBTQIA+. Durant toute la compétition, les signaux publicitaires n’auront cessé de clignoter en sa faveur, principalement ceux émanant d’un géant de l’industrie automobile allemande, sponsor de l’événement. Un spectacle « arc-en-ciel » parfaitement réalisé par les joueurs, puisque les couleurs ont même été arborées à travers le port du brassard de capitaine par l’Anglais Harry Kane à l’occasion du huitième de finale contre l’Allemagne, le 29 juin. Puis, à l’instar du footballeur français Antoine Griezmann, beaucoup de champions n’hésitent plus à se déclarer militants contre les « discriminations » que subiraient massivement les homosexuels et autres minorités tant genrées que racisées. En Occident, d’abord ? Pire encore, les deux nations qualifiées pour la finale, l’Angleterre et l’Italie, ont mis un genou à terre avant le coup d’envoi, selon la coutume requise par le mouvement « Black Lives Matter ». En somme, une immense vague sociétale et multi-culturelle, puisque la pelouse d’un stade est nécessairement un terrain de jeu privilégié pour le supposé progressisme.

Lire aussi : Orban contre la déferlante progressiste

Sur cette toile de fond, la présidente de l’exécutif européen, Ursula Von der Leyen, est passée à la menace contre la loi accusée d’être « anti-LGBT », loi que Viktor Orban, le Premier ministre de Hongrie, a fait adopter par son parlement le 15 juin et fait entrer en vigueur le 8 juillet. « Si la Hongrie ne corrige pas le tir, la Commission fera usage des pouvoirs qui lui sont conférés en sa qualité de gardienne de traités », a-t-elle annoncé. Pourtant, Orban s’était justifié en déclarant à plusieurs reprises : « La loi ne porte pas sur les homosexuels. Elle concerne la façon dont les parents veulent faire l’éducation sexuelle de leurs enfants ». Notons, d’ailleurs, que l'UEFA était tombée dans un imbroglio communicationnel pour avoir empêché la « communauté LGBT » de répandre ses couleurs à Munich et notamment sur le stade, dans le contexte du match Allemagne-Hongrie du 23 juin, pour « dénoncer » cette loi d’Orban. [...]

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