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Covid : L’État démasqué

L’affaire des masques est sans doute l’une des illustrations les plus emblématiques de la déréliction progressive de l’État. On connaît désormais l’étendue du fiasco, bien documenté par le rapport de la commission d’enquête du Sénat sur le Covid : entre 2009 et 2019, à la suite d’une série de décisions de la direction générale de la santé (DGS) et de Santé publique France, les stocks stratégiques de masques sont passés de presque 2 milliards d’unités à… une centaine de 100 millions environ, alors qu’un milliard de masques sont estimés nécessaires pour faire face à une crise intense de seulement dix semaines. Comment expliquer cette situation ? Tout y est : incapacité d’anticipation par l’État, vision exclusivement financière de l’action publique, absence de contrôle politique des administrations, politique de communication déconnectée du réel et fondée sur le mensonge, effacement de la notion de responsabilité. [...]

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Comment je me suis aperçu que j’étais devenu fasciste – et pire, ringard

Ça s’est passé en écoutant il y a un mois l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut intitulée Regards croisés sur l’Amérique et sur la France. Les deux invités étaient le journaliste américain James McAuley, correspondant du Washington Post à Paris et auteur d’un article récent dans Le Monde dans lequel il « s’inquiétait » des dérives d’un universalisme français jugé de plus en plus antimusulman sinon raciste et Pascal Bruckner, vieux complice de Finkie, s’inquiétant au contraire de la volonté acharnée du politiquement correct américain à faire de l’homme blanc le Coupable presque parfait de la post-modernité, dominant parce que blanc, sexiste parce qu’homme, transphobe parce que cisgenre.

Comme toujours dans cette émission, la conversation commença sous les meilleures auspices, exquise, nuancée, intéressante, chacun, si l’on peut dire, tombant d’accord dans son désaccord avec l’autre, MacAuley défendant le particularisme au nom de l’universel et se méfiant d’une laïcité trop rigide, « à la française », Bruckner arguant que la laïcité relevait précisément de notre génie national en plus de constituer la méthode universaliste par excellence « protégeant les religions et nous protégeant des religions ». L’échange se tendit quelque peu lorsque le premier évoqua « la très belle et très ancienne foi musulmane installée en France depuis toujours » et se dit consterné par cette notion d’islamo-gauchisme sévissant de plus en plus parmi certains intellectuels français  –  à quoi le second répondit que du fait de sa proximité géographique avec l’Afrique du nord, la France, mieux que l’Amérique, connaissait l’islam et sa mouvance islamiste et que l’on ne pouvait pas totalement distinguer l’une de l’autre – comme le prouvaient d’ailleurs avec brio des intellectuels musulmans tels que Kamel Daoud, Boualem Sansal, Amine El Khatmi, Abdennour Bidar (et sans même parler de Zineb el Rhazoui, notre Marianne et de nos résistantes Lydia Guirous, Sonia Mabrouk, Fatiha Agag-Boudjahlat), toutes et tous  bien plus sévères que nous à l’endroit de leur religion.

Lire aussi : Cancel culture : effacer l’historique

Mais c’est surtout à partir de la situation américaine qu’il apparut clairement que ces trois-là n’étaient pas du tout sur la même longueur d’onde et parlaient en fait toujours d’autre chose. L’Américain causait démocratie, élections américaines, terreur trumpiste. Les Français répondaient idéologie, campus américains, terrorisme culturel. Le premier s’émouvait de l’épisode de l’attaque du Capitole par un type déguisé en bison, les seconds cristallisaient sur le triomphe de la génération woke et de la cancel culture.

Et c’est à ce moment où Finkielkraut voulut faire réagir son interlocuteur sur cette volonté de certains professeurs américains de ne plus enseigner l’histoire de l’art que sous l’angle racialiste, féministe et genriste que celui-ci éclata d’un rire effrayant (27’30’’) – ce qui interloqua son modérateur : « qu’est-ce qui se passe ? ». Le journaliste du Washington post expliqua alors qu’il trouvait sidérante cette « obsession française » à stigmatiser la Cancel culture alors que son pays venait d’échapper il y a trois jours à un coup d’état fasciste ordonné par le président Trump lui-même. Comment pouvait-on s’en prendre à quelques excès universitaires de gauche alors que c’est la démocratie qui avait été mise en péril par un suprématisme de droite ? Et d’ailleurs, ces excès idéologiques, peut-être illégitimes dans la forme, n’étaient-ils pas légitimes sur le fond ? La lutte pour la défense des minorités ne méritait-elle pas quelques salubres outrances ? Entre la paille du politiquement correct et la poutre du politiquement facho, comment pouvait-on hésiter une seconde ?

L’épisode tragicomique du Capitole me semblait bien moins grave que l’arrivée au pouvoir de ce même Biden, de sa Rokhaya Diallo de Kamala Harris et avec eux de toute cette génération woke assoiffée de censure et de révisionnisme culturel et artistique

Et c’est là que je m’aperçus qu’en effet, oui, j’étais « fasciste ». L’épisode tragicomique du Capitole (qui ne remettait pas une minute en question l’élection de Joe Biden) me semblait bien moins grave que l’arrivée au pouvoir de ce même Biden, de sa Rokhaya Diallo de Kamala Harris et avec eux de toute cette génération woke assoiffée de censure et de révisionnisme culturel et artistique. Je trouvais plus insupportable et ô combien plus dangereux pour l’humanité le triomphe de la Cancel culture, avec ses « trigger warnings » (« traumavertissements »), ses « sensitivity readers » (« lecteurs sensibles »), son « public shaming » (« honte publique »), son « male gaze » (« regard masculin »,  forcément voyeur et violeur, et que Bruckner appela plaisamment « merguez »), ses « disrupttexts » (« défions les textes », Homère et Shakespeare compris) que les tweets drolatiques de Donald Trump qui au fond se révélait, lui, l’inculte vulgaire et matamore, le dernier rempart à la déculturation inclusive du monde.

Et puisqu’on parlait de racisme, je soussignais aux propos de Bruckner affirmant que le vrai racisme, aujourd’hui, c’était justement cet antiracisme racialiste, identitaire, bien décidé à en finir avec les « DWEM » Dead White European Male ») autant qu’avec les Noirs refusant de se définir comme tels et fuyant les États-Unis comme cela avait déjà été le cas pour l’écrivain noir et homosexuel, James Baldwin, venue s’installer en France dans les années 70 pour la bonne raison que dans notre pays il n’était pas assigné à sa négritude et à son homosexualité – objection à laquelle MacAuley n’eut rien à répondre et comme si au fond le débat ne l’intéressait plus et que ses Français d’un autre monde pouvaient dire ce qu’ils voulaient, c’était son monde à lui qui triomphait. Il reprit tout de même la parole à la fin pour dire que la Cancel culture n’était absolument pas une « menace » à ses yeux contrairement au « capitalisme néo-libéral » (et comme si le Cancel n’était pas l’aboutissement de ce néo-libéralisme) et qu’il était désolé pour ses interlocuteurs de n’être plus dans le coup, façon d’envoyer à ces derniers, ce que releva tout de suite Finkie, un de ses « ok boomers » typique du négationnisme du nouveau monde. [...]

Francis Lalanne, réglons notre affaire en duel

Paris, jeudi 18 février 2021

Monsieur,

votre droit de réponse est un exploit littéraire, puisque vous réussissez à y écrire de la prose avec les pieds. Mais surtout, parce que vous vous y contredisez de bout en bout. Vous n’aimez pas les catégorisations mais vous nous catégorisez, vous n’aimez pas les jeux de mots mais vous en faites tout de même, et médiocres encore, vous vous dites attaché à la Constitution mais désirez renverser le pouvoir, mais, pour un adjectif qualificatif qui n’a point l’heur de vous plaire, vous appelez la Justice à la rescousse comme on appelle sa maman.

Il se trouve que je n’ai pas écrit le titre vous traitant de con : mais il se trouve également que je m’en solidarise, et que j’ajoute au passage que vous êtes un pître, un clown, que votre production est globalement mauvaise, et que lorsque vous dites « Je suis un chevalier » dans le Parisien (10 juillet 2020), vous vous moquez de mil cinq cent ans de chevalerie. Guillaume d’Orange, grand chevalier et poète lyrique en langue d’oc, se retourne probablement dans sa tombe. Je souhaite le venger.

Enfin je goûte mal le fait que vous nous traitiez de putchistes, parce que c’est ma famille intellectuelle et spirituelle qui fournit les hommes qui meurent au loin et dans le silence, pour que des Francis Lalanne puissent exister. Les hommes comme nous sont la condition sine-qua-non de l’existence des hommes comme vous.

Votre engagement -louable dans l’absolu- pour les Gilets jaunes est un scandale, dans la mesure où vos bons sentiments et votre idéologie libertaire sont précisément la cause des maux subis par les petits de notre peuple. Les pauvres ne sont riches que de leur identité et leur nation : mais cela même, les gens comme vous leur ont enlevé, en jouant le cirque pathétique d’une lutte contre un nationalisme mort depuis des décennies.

Je vous propose de régler notre différend comme des gentilshommes dignes de ce nom. Puisque vous aimez vous déguiser et mettre des bottes, soyez à la hauteur des héros que vous singez.

Je vous propose un duel.

Le duel s’arrêtera au premier sang. Je vous laisse, comme le veut la coutume, le choix de l’arme, entre le sabre ou la rapière. Nous nous battrons sur la place parisienne de votre choix. Mes témoins sont messieurs Robin Nitot et Ange Appino. Ce courrier vous a été également adressé par lettre avec accusé de réception, et doublé par mail pour convenir des modalités pratiques du duel.

Dans le cas où vous ne répondrez pas favorablement, je me considérerai satisfait, puisque votre pleutrerie aura été publiée.

Dans le cas contraire, je vous considérerai comme un homme restauré dans son honneur et nous pourrons nous serrer la main.

Nous nous verrons sur le pré.

Louis Lecomte

Qui veut son migrant ?

La trouvaille, baptisée « effort républicain », est détaillée dans un curieux charabia rempli de fautes d’orthographe intitulé « schéma d’accueil des demandeurs d’asile et d’intégration des réfugiés 2021-2023 » laissant généreusement une petite vacherie à l’éventuel successeur d’Emmanuel Macron en 2022. L’État jacobin imposera donc aux territoires d’outre-périphérique des quotas de migrants en pénalisant particulièrement deux régions, la Bourgogne et la Bretagne, qui devront doubler leur charge d’immigrés pour atteindre 5 % de la péréquation nationale. 2 500 migrants installés en Île-de-France seront ainsi offerts chaque mois en cadeau aux ruraux qui n’attendaient que ça. Notons que lors du premier démantèlement de la jungle de Calais en 2016, l’expérience avait déjà été tentée. Avec un succès mitigé en Bretagne puisque les Afghans prévus pour séjourner au lac de Trémelin en Iffendic (superbe endroit au demeurant) avaient refusé de descendre du car arguant qu’ils voulaient aller « dans une grande ville ». Une fois arrivés à Saint-Brieuc… ils étaient repartis vers Calais !

Lire aussi : Tribu contre tribu [...]

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Qui est « ParisPasRose » ?

Pour comprendre ce qui agite la LGBTsphère, il faut remonter au 9 février. Ce mardi, un jeune homme, Guillaume, est retrouvé pendu dans sa chambre universitaire du campus de Nanterre. Le 21 janvier, il avait accusé publiquement Maxime Cochard, conseiller de Paris PCF du XIVe arrondissement, et son compagnon de l’avoir violé en 2018, alors qu’il n’avait lui-même que dix-huit ans. Maxime Cochard, proche de Ian Brossat, le maire-adjoint de Paris au logement, a nié en bloc, parlant d’une « accusation totalement fausse » et a porté plainte en diffamation. Mais très vite le PCF demande sa mise en retrait et Carine Petit, maire socialiste du XIVe, lui retire sa délégation« Égalité Femmes Hommes et lutte contre les discriminations ». L’avocat de la famille de Guillaume annonce porter plainte contre X pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Dans la foulée, une vague de témoignages inonde twitter sous le mot-dièse #metoogay, « libérant la parole de centaines d’hommes homosexuels victimes de violences sexuelles ».

« Quelque chose de pourri à l’Hôtel de ville »

Une affaire similaire avait déjà eu lieu quand le photographe et militant homosexuel Olivier Ciappa avait fait une tentative de suicide au début du mois de juillet, après avoir évoqué sur twitter le harcèlement et les moqueries dont il avait été victime de la part de figures du militantisme LGBT parisien. « Il n’y a pas de lien entre les deux affaires », nous apprend Kevin [le prénom a été changé], militant historique de la cause LGBT. Pas de lien, « mais c’est la même bande. Ils agissent en meute ». Ils ? « Derrière ce lynchage, il y a des comptes anonymes sur twitter, en majorité tenus par la branche LGBT d’Anne Hidalgo qui s’appelle Fiertés en Commun », révélait Valeurs Actuelles. « Ils sont très implantés en politique et dans les médias, gays bien sûr comme Komitid ou Têtu, mais aussi 20 Minutes qui a lancé le plus gros harcèlement ». L’hebdomadaire cite même des noms : Joël Deumier de Fiertés en Commun, Romain Burrel de Têtu, Denis Quinqueton, Yohann Roszéwitch, Philippe Lasnier, Nicolas Rividi ou les élus communistes de Paris Ian Brossat et Maxime Cochard. et le fameux compte anonyme ParisPasRose. Anonyme jusqu’à aujourd’hui, semble-t-il.

Lire aussi : Dossier LGBT – Enquête Paris, la vie en rose

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Tribu contre tribu

La plus importante de ces luttes intertribales concerne les Turcs. Sur le sol français, les extrémistes turcs et le PKK kurde se livrent une lutte féroce dans l’indifférence générale des autorités ! Quelques rappels : en 2013, trois militantes kurdes sont assassinées en plein Paris par un familier « retourné » par le MIT, les services secrets turcs ; à Toulouse en 2008, à Marignane en 2016, à Mantes-la-Jolie en 2019, les affrontements entre Turcs et Kurdes sont dantesques. La particularité des extrémistes turcs, notamment les fameux Loups Gris, est d’avoir quantité d’ennemis : les Kurdes, les Arméniens, les Grecs, les communistes turcs (il existe des guérillas crypto-maoïstes ou guévaristes en Turquie), les Gülenistes (une secte musulmane) et tout groupe organisé s’opposant à la « destinée néoottomane » de ce petit pays du tiers-monde.

Les mêmes schémas de guerre intra diaspora entre services secrets et opposition ont longtemps existé dans le cadre iranien. En l’espèce, le Vevak, les services extérieurs du régime des mollahs, n’hésitaient pas à liquider, à l’étranger, les Moudjahidines du peuple (MEK) très présents en France. En janvier 2018, un couple avait même été arrêté par la police belge en possession d’explosifs en vue de commettre un attentat contre un meeting du MEK à Villepinte.

De la mauvaise idée d’emmerder les gitans

Le deuxième groupe ethnique pourvoyeur de tensions récurrentes reste les « gens du voyage » (Gitans, Tziganes, Roms, Sintis, Yéniches) dont l’esprit communautaire entraîne de réguliers affrontements avec, outre Mimille qui s’est fait chouraver son taille-haie, d’autres groupes tribaux : Arabes, Noirs, etc. Les campements sauvages aux abords des banlieues étant souvent la source de bagarres. [...]

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Hommages à Pierre-Guillaume de Roux

À TOUT DE SUITE PIERRE-GUILLAUME

Quand on raccrochait d’une conversation avec Pierre-Guillaume, il concluait par un curieux : « À tout de suite ». La première fois, j’ai cru qu’il allait me rejoindre quelque part, que j’avais mal compris… En y repensant, cet « À tout de suite » fait écho à l’ « Immédiatement » de ce père qu’il aimait tant, Dominique de Roux. Ce père dont il avait la photo dans son fameux bureau rue de Richelieu, où il ne pouvait même plus s’installer tant il y avait de livres et de manuscrits… Pierre-Guillaume, comme son père, un preux de l’édition, sans peur et sans reproche, mettait la littérature au-dessus des idéologies. Ce pourquoi le portrait que lui avait consacré Le Monde l’avait tant peiné : il était prêt à débattre avec n’importe qui, mais pas avec les valets de pieds de la propagande. Pierre-Guillaume vivait sans interruption, parmi les écrivains qu’il admirait, morts ou vifs, dans ce temps jamais perdu des livres. Il était toujours avec nous ; il est toujours avec nous. Son regard malicieux perché tout en haut de son corps de paladin ne nous quitte pas. À tout de suite Pierre-Guillaume !

Bertrand Lacarelle

EN SOUVENIR DE PIERRE-GUILLAUME DE ROUX

J’ai connu Pierre-Guillaume comme camarade d’édition au Rocher du temps du regretté Jean-Paul Bertrand, au début des années 2000, quand nous venions de publier dans la collection Anatolia le scandaleux Nicolas Gomez Davila, qu’il défendit aussitôt avec passion. Notre ami commun, l’éditeur Vladimir Dimitrijevic, sur son lit d’hôpital après un accident de la route, m’avait mis en garde : « Attention, ça ne va par leur plaire. » À qui donc se rapporte ce « leur » ? lui avais-je demandé. « À personne, me répondit-il. C’est bien ça le pire ». Aussi publiai-je le catholique colombien avec un plaisir redoublé. Le seul article enthousiaste sur le livre – dont je regrette aujourd’hui le titre un peu facile – Les Horreurs de la démocratie (Misère de la démocratie eût été plus juste), parut dans l’imprévisible Libération. Je revis Pierre-Guillaume à l’enterrement du cher Dimitri, qui était son parrain dans la foi orthodoxe, il y a dix ans, et il avait avec lui quelques exemplaires du livre que nous avions publié en hommage aux 40 ans des éditions de L’Âge d’homme, Les Caves du Métropole, qu’il distribuait aux amis venus aux funérailles de Gazda – « le patron » –, qu’un deuxième accident de la route n’épargna pas, cette fois. On a pu dire que Pierre-Guillaume s’était fourvoyé dans les dernières années de sa vie. Se raccrocher à la politique n’avait aucun sens quand on aimait profondément la littérature comme il le faisait. Les paroles du père Simon, prêtre-aumonier à l’Université de Vienne, ont valeur d’homélie : « Nous devons accepter humblement d’être athées en politique et garder toute notre foi pour le Très-Haut ». Pierre-Guillaume était un être discret et doux, un lecteur raffiné, amoureux des belles choses et trop pur pour s’embringuer dans la foire politique. Ses bravades, ses compromis, qui n’obéissaient qu’au souci de la survie éditoriale, appartiennent au monde terrestre. Sa foi au monde céleste. Requiescat in pace.

Samuel Brussell [...]

Louis Aliot : « Il y avait nécessité de maintenir la vie culturelle pour le bien-être de mes concitoyens »

Après recours du préfet, le tribunal administratif de Montpellier a décidé de refermer les quatre musées que vous aviez fait ouvrir à Perpignan. Quels sont les motifs de cette décision de justice ?

Le tribunal administratif s'appuie sur le fameux décret gouvernemental qui interdit à un certain nombre de lieux d’ouvrir au même titre que les commerces. Mais il ne tient pas compte de l’évolution de la maladie, de la configuration des musées, etc. Ce n’était pas une mesure de police générale, c’était une mesure de police particulière puisqu’elle ne s’adressait qu’à quelques musées triés sur le volet en fonction de leur configuration.

Comment avez-vous défendu vos arrêtés municipaux ? Par l’amélioration de la situation sanitaire ou par la nécessité de maintenir une vie culturelle ?

Les deux. Il y avait la nécessité de maintenir la vie culturelle pour le bien-être de mes concitoyens. Et il y avait l’amélioration des chiffres sanitaires et la possibilité matérielle de le faire, après avoir pris note des indications données par l’agence régionale de santé et par le ministre. Donc c’était un acte réfléchi. Il y a une jurisprudence, il était question de proportionnalité.

Ça n’a aucun sens, c’est fait sans discernement, de manière rigide et autoritaire, sans tenir compte ni du contexte ni d’un certain nombre de recommandations. Moi je suis un adepte des libertés

Alors que les chiffres s’améliorent et qu’un certain nombre de pays européens sont en train de se déconfiner petit à petit, peut-on continuer à restreindre nos libertés dans une ville comme celle de Perpignan, où les chiffres sont meilleurs qu’ailleurs ? J’avais voulu tenir compte du contexte et appliquer le véritable principe de subsidiarité. [...]

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