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On perd Doel
La multinationale Auchan va faire cultiver les centaines d’hectares qu’elle possède autour de ses hypermarchés pour se fournir « localement ». Après les caissières, les paysans Auchan™. Les médias raffolent déjà du concept de « fermes urbaines » dans des tours de verre, comme ce projet à Romainville ou à Doel aux Pays-Bas. Dans le silence général, une enquête du belge Chris de Stoop raconte l’envers du décor : la disparition des fermes et de la nature paysanne. Ceci est ma ferme (Christian Bourgois) est le titre de ce récit à la fois touchant et terrifiant. C’est le cri du frère de l’auteur adressé aux administrateurs du port d’Anvers et à leurs alliés paradoxaux « Les gardiens de la nature », à tous ces expropriateurs qui se succèdent au village de Doel. Dans le cri de désespoir de ce vieux garçon, pauvre chrétien qui finira par se suicider, on entend bien sûr « Ceci est mon corps, ceci est mon sang, livrés pour vous… » Mais nulle espérance dans l’ancienne Zélande. Les polders (terres asséchées pour la culture) de cette contrée ont été réalisés au XIIe siècle. Ce sont les champs « les plus féconds d’Europe ». On y fait paître les vaches, on y cultivait le lin, avant le maïs. Alors, pourquoi les supprimer? Parce qu’ils sont limitrophes du port d’Anvers qui s’agrandit encore et encore, pour faire entrer des porte-containers plus hauts que des cathédrales. Pour compenser la bétonisation, les écologistes ont obtenu la création de « zones naturelles protégées ». Pour cela, il faut une fois de plus grignoter sur les polders, « dépoldériser », c’est-à-dire exproprier les paysans. Chris de Stoop appelle cela de « l’écocentrisme ».
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Gilets jaunes acte 666 : Patrick Eudeline annonce la fin du monde pour le 22 décembre prochain
Et même les gants. De beaux gants de cuir, solides. Pour se protéger de l'hiver et renvoyer les grenades. Et même les casques. Des casques de motos. Un truc qui vous coûte une dixième de SMIC au bas mot. Comme les masques, les écharpes, les lunettes de piscine ou de ski, et même les foulards et écharpes ou le jus de citron, Maalox ou sérum physiologique indispensables pour laver ses yeux en larmes. Ils ont tout pris. Même les drapeaux français. Les street medics se sont vu enlever leur matériel de premiers soins, les journalistes indépendants leurs caméras. Et tous ces objets confisqués, bien sûr, ne peuvent être rendus. « On n'est pas une consigne ». Pire, sans doute. Comme en témoignent ces vidéos sur Internet, ils leur ont demandé – sur plus d'un poste de contrôle – d'enlever leurs... gilets jaunes. Histoire de minimiser leur nombre, bien évidemment. Tout cela sous ordre, bien sûr. Ceux qu'on forçait ainsi à jouer les chiens de garde du système pensaient, eux, à leurs heures supplémentaires impayées. Peut-être même que cette rage, paradoxalement, les poussait à cogner plus fort, alors qu'ils auraient aimé être de l'autre côté. C'est sur eux-mêmes qu'ils tapaient, auraient probablement prétendu Freud et Lacan.
À propos de quelques vérités sur la gestion policière de la crise
« Numéro 6 » est spécialiste des questions de sécurité. Il revient sur la gestion calamiteuse des manifestations non autorisées des Gilets jaunes à Paris, où les forces de l’ordre ont hésité entre provocation, répression et laisser-faire, pour le plus grand plaisir de la racaille et de l’extrême gauche. « On s’est plantés » : c’est le bilan que tirait le ministre de l’Intérieur, le 1er décembre, sur le plateau d’une chaîne d’information en continu alors que, au même moment, à Paris comme en province, la France brûlait. L’aveu concernait-il la gestion de l’ordre public par les équipes de Beauvau et de la Préfecture de Police ? Non, l’échec que reconnaissait, à chaud et du bout des lèvres, Christophe Castaner, était simplement celui des « séquences de communication » dans la présentation de la politique énergétique du gouvernement… Pour le reste, « circulez, y’a rien à voir ! » Le ministre de l’Intérieur est un (ancien ?) joueur de poker, c’est-à-dire un bluffeur. Comme ce samedi 24 novembre, jour de l’acte II des Gilets jaunes, lorsqu’il expliquait que les groupes qui dévastaient les Champs-Élysées étaient infiltrés et pilotés par des séditieux d’extrême-droite. La surprise qui se lisait alors sur le visage de son secrétaire d’État, Laurent Nunez (qui, lui, savait ce qu’il en était réellement), en disait long sur le culot du tout nouveau ministre. Les faits mettront d’ailleurs au jour le « fake » de Casta puisque parmi les interpellés ce jour-là, de fachos il n’y avait point… (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Dis-moi qui tu es, et je te dirai qui tu es
Emile Ratelband, un Néerlandais de 69 ans, sans doute contrarié par les années et les effets qui y sont attachés vient de demander à la justice de le rajeunir de deux décennies. Se disant « victime de discriminations » sur le marché de l’emploi et en amour à cause de son âge, le sexagénaire estime que sa demande n’est pas plus extravagante que celle qui consiste à changer de genre ou de nom. Autre temps pas si lointain, autre lieu pas si éloigné, voici qu’un énergumène barbu (probablement un cousin?) est invité sur le plateau d’Arrêt sur images. Tandis que le journaliste lui donne du « Monsieur » pour l’appeler à s’exprimer, l’invité s’affole : « Je ne sais pas ce qui vous fait dire que je suis un homme mais je ne suis pas un homme. Il ne faut pas confondre identité de genre et expression de genre. Je suis non binaire, donc ni masculin ni féminin ». Et le journaliste penaud de présenter aussitôt ses excuses. Les déconstructivistes à qui la réalité a pourtant rappelé violemment que la mort n’était pas qu’une construction jouissent sans doute du fond de leur tombe.
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Les gilets jaunes ou l’indécence de la vie ordinaire
Que se passe-t-il dans les manifestations des Gilets Jaunes à Paris ? Au mépris des dominants répondent les injures les plus grossières de la part des manifestants, désireux « d’enculer le pouvoir », de « se payer les journalistes », et de « faire casquer les riches ». Reportage sur le 8 décembre. Vendredi dernier, le 7 décembre 2018, la conférence de presse du ministre de l’Intérieur, très attendue, pouvait commencer sous l’œil des caméras et des journalistes, et bénéficier de toute l’attention des observateurs internationaux. Christophe Castaner, « inquiet mais serein », mettait en garde les Français contre le risque de très violents affrontements lors de la manifestation du mouvement des Gilets jaunes qui devait avoir lieu le lendemain, pour la quatrième fois, dans tout le pays. L’ancien chauffeur de salle du candidat Macron prévenait, d’un air grave et circonstancié, que parmi les manifestants des « séditieux » et des « ultras » viendraient « pour casser et pour tuer ». Les gradés de la préfectorale qui l’entouraient trahissaient toutefois, derrière une mine tranquille et des regards attentifs, une discrète satisfaction : la communication du ministre n’avait pas l’air de desservir leur plan de bataille. À la veille d’une guerre civile, on aurait pu s’attendre à des regards plus funèbres et des airs moins enjoués. Les loups vont-ils entrer dans Paris ? On apprenait qu’en réponse à ces très sérieuses menaces, 89 000 policiers seraient mobilisés dont 8 000 à Paris, pour encadrer les artisans, les ouvriers, les livreurs, les garagistes, les paysagistes, les chômeurs, les aides-soignants et les retraités qui défileraient le lendemain ; et pour faire face aux têtes brûlées, aux étudiants révolutionnaires, aux autonomistes, aux black-blocks, aux activistes d’extrême droite, aux hippies, aux punks à chiens et aux apprentis pilleurs des « banlieues », qui voudraient en découdre avec la police, « faire la révolution » ou semer la désolation un peu partout dans les rues. À découvrir dans le dernier hors-série de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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[ EXCLUSIF ] Dave Rubin : l’art de la conversation
Aujourd’hui établi à Los Angeles, Dave Rubin n’a rien oublié des repas de famille à Brooklyn, les soirs de fêtes juives. Il aimait les conversations animées, les désaccords profonds et les réconciliations de fin de repas. En somme, la possibilité d’émettre des opinions divergentes. Cet ashkénaze de 42 ans, qui a commencé sa carrière dans le stand up, a fait de la liberté d’expression le principe du « Rubin Report », son talk show hebdomadaire, l’un des plus regardés sur youtube. Le Rubin Report totalise 180 millions de vues depuis son lancement. Dave Rubin y reçoit historiens, figures médiatiques, juristes, économistes, mathématiciens… La chaîne youtube repose sur le financement participatif de ses fans (un million d’abonnés). Par ailleurs, Dave Rubin accompagne le psychologue canadien Jordan Peterson dans sa tournée mondiale et anime les conférences sur son best-seller 12 Rules for Life. Nous l’avons rencontré à Cambridge en Angleterre le 1er novembre. Courtois, accueillant, disponible, Dave Rubin nous a reçus dans sa loge avant d’ouvrir la conférence de Peterson devant 2 000 personnes. Suite à lire dans le numéro 15 de l'incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Damien Rieu, Garde-frontière
« La fracture sociale, je l’ai observée dès le collège dans la cour de récréation », déclare Damien Rieu. Attablé à une terrasse place de la Bastille, il sort d’un débat d’une heure trente avec le rappeur Médine, organisé par l’émission « Clique » de Canal+. Las, le jeune homme n’en est pas à son coup d’essai. Militant depuis ses 15 ans, son premier acte politique a été de manifester contre Jean-Marie Le Pen entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2002. « Je viens d’une famille de gauche », précise-t-il avant de rajouter, amusé, « j’y suis surtout allé parce que notre proviseur nous a autorisé à sécher les cours si nous allions à cette manifestation ». Ensuite, ce fut le réveil. Petit blanc des banlieues, il a vu le climat social changer, les cours de récré se scinder et les quartiers se communautariser. Une prise de conscience qui l’a vite amené à s’engager au Front National. Il milita donc pour eux quelques années après avoir manifesté contre eux. Une trajectoire politique qui lui a coûté un exil familial. « Lorsqu’il a appris que je militais avec le Front, mon père (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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