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Cour suprême sur l’avortement : baby come-back

Non, la Cour suprême des États-Unis n’a pas interdit l’avortement. Elle a indiqué qu’il lui était impossible d’interdire d’une manière générale son interdiction par les États fédérés. Et pour une raison simple : la Constitution des États-Unis ne lui donne pas ce pouvoir, contrairement à ce que laissait entendre le fameux arrêt Roe versus Wade.

Non, la Cour suprême n’a pas décidé à la place des élus ou du peuple. C’est tout le contraire. Elle martèle que ce n’est pas à elle de régler la question car la Constitution ne lui en confère pas le droit et elle renvoie les législateurs des États à leurs responsabilités: « L’avortement pose une profonde question morale. La Constitution n’interdit pas aux citoyens de chaque État de réglementer ou d’interdire l’avortement. (Les décisions) Roe et Casey se sont arrogé ce pouvoir. La Cour annule ces décisions et rend ce pouvoir au peuple et à ses représentants élus ». On ne peut être plus clair.

Lire aussi : Révocation du « droit » à l’avortement aux États-Unis : de la nécessité des principes absolus

Non, en théorie, l’arrêt Roe versus Wade n’avait pas créé un droit général à l’avortement. En 1973, la Cour avait seulement considéré que les lois des États ne pouvaient criminaliser l’avortement sans tenir compte des étapes de la grossesse et établissait trois séquences qui permettaient de restreindre progressivement les possibilités d’avortement: avant la fin du troisième mois de grossesse, période où était dénié à l’État le droit de réglementer l’avortement, la séquence des 3 mois suivant où l’État pouvait réglementer l’avortement, mais dans l’intérêt de la protection de la femme enceinte, et « la période qui suit le stade de la viabilité » où le législateur était habilité à interdire l’avortement en se fondant sur son intérêt légitime à « sauvegarder la potentialité d’une vie humaine ». En 1992, dans une décision Planned Parenthood of Southeastern Pennsylvania versus Casey, la Cour avait confirmé les principes de Roe mais en abandonnant la distinction des trois périodes de grossesse et en retenant la viabilité du fœtus comme frontière décisive. Mais, dans la pratique, les arrêts Roe et Casey avaient permis de pratiquer des avortements, presque jusqu’à la naissance, dans de nombreux États. [...]

Édito : Devenir et rester femme

Beau projet. Mais comment faire ? Il faut parler de la femme et n’en pas parler. Il faut parler des femmes et ne pas en parler. Il faut les défendre et ne pas les défendre. Il faut les aimer mais pas comme ça. Il faut être une femme et ne pas l’être. Il faut les libérer et pourtant elles savent le faire toutes seules. Il faut qu’elles soient maman et qu’elles soient putain. Il faut qu’elles aient un vagin mais pas que. Il ne faut qu’elles se voilent ni ne se dévoilent.

Impensable tragédie. Nécessaire et impossible. Être une femme, si tant est que ça ait un sens et qu’on ait le droit d’en parler aujourd’hui semble toujours aussi difficile après deux mille ans d’une civilisation pourtant destinée à les extraire de leur supposée faiblesse, à les affranchir de leur éternel statut d’esclave, d’objet, de mineure.

Être une femme, c’est avoir un genre, un sexe, les assumer et pourtant ne pas s’y réduire.…

Partout, les saints : Pauline Jaricot

En découvrant les propos de saint Matthieu, qui dans son Évangile postulait qu’il serait plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu, la majorité des personnes disposant d’une certaine surface financière préfèrent quitter le game : à quoi bon se faire suer à être généreux et altruiste si c’était pour de toute façon finir dans la géhenne, là où il y a des larmes et des grincements de dents ? Autant profiter de la vie, jouir sans entrave et revoter Macron qui n’était pas si pire finalement : le CAC a encore pris 15 points. Et puis comme je le dis souvent, ceux qui ne sont pas contents, ils avaient qu’à reprendre la boîte de leur papa ! Hein ? J’ai pas raison ?

Pauline Jaricot aurait pu être de cette engeance, elle en a d’ailleurs pris le chemin : née en 1799 dans une ville de Lyon ravagée par les bienfaits de la révolution française, elle grandit dans une famille de soyeux, mais pas vraiment côté canuts : chez les Jaricot on a plusieurs usines de soieries qui tournent à plein régime, suffisamment pour offrir à la gamine. un train de vie bourgeois ++. Notre service documentation est en train de se renseigner sur l’existence de rallyes dans la France du XIXe siècle mais voilà, on est plus dans cette thématique : soirées mondaines, robe en soie sauvage, saladiers de punch… nos lecteurs eux-mêmes savent. [...]

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Traité de la vie élégante : rubans, rosettes et canapés

Kirsten, Gräfin zu…, la blonde et sémillante épouse de Ferdinand, parlait la langue de Racine comme une Allemande qui n’a jamais séjourné en France plus de quelques semaines d’affilée, avec un accent chantant, des erreurs désarmantes, une tendance irrépressible à tutoyer tout le monde et une propension non moins remarquable à se mêler naïvement de la conversation des autres. Ayant entendu E. chuchoter avec ses voisins, tous anciens militaires ou hauts fonctionnaires, à propos de rubans, de rosettes, de grands colliers, de canapés et de sautoirs, la mutine prussienne ne douta pas une seconde que si ces messieurs parlaient bas, ce devait être pour échanger sur quelque chose qu’il est impoli d’évoquer en public mais qui n’en est pas moins, aux yeux des étrangers, la passion prédominante et peut-être le titre de gloire des Français.

« Les voilà qui se remettent à parler de nous ! », murmura-t-elle à l’oreille de Zo’ qui, toute à sa vodka Némiroff, lui rendit un sourire sans trop comprendre de quoi il s’agissait.

En tant que femme cultivée, ces évocations à demi-mot lui rappelaient irrésistiblement les tableaux coquins de Boucher et de Fragonard

Incapable de déterminer si « rosette » est une pièce stratégique de l’anatomie féminine ou le prénom d’une jeune personne, Kirsten n’avait aucun doute, en revanche, sur le potentiel érotique des rubans, rouges ou bleus, et s’émerveilla que les Français aient eu l’audace de rapprocher les termes canapé et sautoir. En tant que femme cultivée, ces évocations à demi-mot lui rappelaient irrésistiblement les tableaux coquins de Boucher et de Fragonard ; mais en tant que femme moderne, elle ne voyait pas pourquoi les hommes s’arrogeaient le monopole de ces débats polissons, et pour quelle raison elle-même n’aurait pas le droit d’y prendre part. [...]

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Comment la cuisine italienne a conquis le monde

Les Italiens ont réussi un beau coup : ils ont monopolisé le marché de la cuisine mondiale. Capitales et villes moyennes, en Asie, Europe ou Amérique ont leurs restaurants italiens, leurs pizzerias et leurs pasta. Alors que la cuisine française a fait le choix du haut de gamme et de la haute gastronomie, que l’américaine a investi dans le fast food et la cuisine industrielle, les Italiens ont opté pour la voie médiane : du grand public et de la visibilité, mais de qualité. À partir d’ingrédients de base simples et qui plaisent au plus grand nombre, ils ont développé une gastronomie simple, peu chère, facile à faire et à reproduire dans les aires culturelles non européennes.

Des goûts suffisamment complexes pour être de qualité et suffisamment simples pour être appréciés de tous. Avec des plats bien identifiés, à forte charge culturelle et sentimentale : pizza, spaghetti, lasagne, tiramisu, pesto. À côté du burger, qui est en train de monter en gamme en Europe, il est possible de manger bien et pour peu cher dans toutes les capitales du monde, en allant chez un Italien.

Lire aussi : Gares et aéroports, ces déserts gastronomiques

Fondé en 1928, Autogrill, désormais propriété de la famille Benetton, réalise les deux tiers de son chiffre d’affaires à l’international. Outre l’habillement et les aéroports, Benetton est aussi très présent dans la restauration, possédant une très grande partie de la production de viande bovine en Argentine. Les Italiens ont réussi la prouesse de créer une cuisine mondialisée, mais qui évite la standardisation et le conformisme et qui reste de bonne qualité. [...]

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Une semaine comme les autres en France : africanisation

Le 30 juin, une étrange information écorche nos oreilles : un Burkinabé est auditionné après avoir mis en « gardav’ ». Le pauvre, qu’a-t-il donc bien pu faire ? Être marabout. Autrefois, dans le Lot-et-Garonne, on bouffait du curé. Aujourd’hui, du miel sur le corps de filles de 14 ans. Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. Le sorcier quinquagénaire proposait ainsi à des filles de tous les âges un astucieux mélange « d’onction de miel » et de parties de jambes en l’air pour chasser le démon de leurs esprits malades. Une coutume locale malheureusement pas encore acceptée qui le mènera probablement vers la prison.

Le lendemain, un père de famille voit sa garde à vue prolongée. Deux jours plus tôt, dans la ville portuaire de St-Nazaire, mouettes et goélands batifolent, mais l’espace aérien est soudain perturbé par une créature peu habituée à de tels exercices : une jeune fille de 18 ans. Le père, exaspéré par son comportement indigne, a décidé de mettre fin à ses fautes de mœurs en la jetant du haut d’un pont. Quel rapport avec l’africanisation ? Lorsque François Chénau, maire de Donges (la ville où la famille résidait) est interrogé sur l’affaire, il évoque rapidement un « problème culturel ». Décidément, on ne va pas assez vite dans le progrès.

Ce même jour, le Conseil d’État rendait une décision qui a choqué les défenseurs de la cause animale, comme les consommateurs. Désormais, il est établi que les viandes hallal et casher ne seront pas appelées comme telles. Non, ce sera une viande comme une autre : hallal, et personne ne le saura, na ! La laïcité ? Connais pas, vivons comme au Maroc. Apprenez maintenant que lorsque vous dégustez votre steak, il y a de bonnes chances pour qu’un imam ait égorgé l’animal en direction de La Mecque. [...]

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Les mots sont-ils de droite ?
En lisant l’autre jour un article sur le titanoboa, j’étais tombé sur poïkilotherme qui signifie que la température de la bestiole varie en fonction de la température du milieu. Puis un article sur l’un des derniers artisans cordiers de France m’a apporté toupin, après quelques recherches, qui s’est révélé être en fait un couchoir toupin (ou gabieu). Poïkilotherme avait cet air de respectabilité scientifique tempérée par le grec, couchoir toupin présentait l’honnête visage du bout de bois façonné par un ouvrier habile. Je m’étais alors rappelé ce passage de La Gloire de mon père où Pagnol raconte son amour des mots : « Or, dans les discours de l’oncle, il y en avait de tout nouveaux et qui étaient délicieux : damasquiné, florilège, filigrane, ou grandioses : archiépiscopal, plénipotentiaire. Lorsque sur le fleuve de son discours, je voyais passer ces vaisseaux à trois ponts, je levais la main et je demandais des explications, qu’il ne refusait jamais ». [...]
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Le gouvernement socialiste espagnol et les « mathématiques genrées »

En 1932, la République espagnole a adopté la loi sur le divorce. Il s'agissait d'une avancée inévitable dans la mesure où la question existait déjà dans une Espagne en théorie plus pacifique. Il suffit de se souvenir de la petite pièce de théâtre intitulée Le Juge des divorces, de Cervantès.

Parmi elles, figure la mise en caractères gras de l'article « le » ou « la » devant les mots hypoténuses, racines, équations, dérivées et autres fonctions ou substantifs mathématiques, afin de souligner l'importance de leur féminité

Cependant, dans notre cas, peu après l'adoption de cette loi sur le divorce, Pedro Muñoz Seca (1879-1936) avait écrit une pièce de théâtre malicieuse, Anaclet divorce, pour s’opposer à cette loi, en la ridiculisant à bien des égards. On y trouve en particulier une scène amusante où des époux, tout près de cesser de l’être, décidèrent de partager entre eux les biens du ménage en fonction de leur genre (grammatical, cela va sans dire), masculin ou féminin. Tout ce qui était « le » était donc pour le mari, et tout ce qui était « la » était pour la femme. A priori, rien n’était plus simple, n’est-ce pas ? Eh bien, en fait, non. Le lit, qui se dit « la cama » en espagnol, est aussi la couchette, qui se dit « el catre ». Une somme de dix duros, masculin, équivalait à cinquante « beatas », c'est-à-dire pesetas, bien féminines. Les gauches, dont l’habituel absence de sens de l’humour est bien connu, ne le pardonnèrent pas à Pedro Muñoz Seca. Sa petite œuvre comique ne contribua pas peu au fait qu’il fut assassiné à Paracuellos, en novembre 1936. [...]

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