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Le désespoir de Leopardi

Certains activistes véganes nous assurent que les animaux pensent, et qu’ils ont même recueilli leurs sages paroles. Ainsi la récente campagne d’affichage de PETA, une association luttant pour les « droits des animaux », donne la parole à un trio de moutons dont le silence stupide est posé comme affirmant: « Nous sommes des individus, pas des tricots ni des gigots. Go Vegan ».

Là-contre, diverses voix se sont élevées pour défendre les traditions culinaires françaises, pourtant ce n’est pas l’enjeu principal. Dans cette parodie de « l’agneau mystique » de Van Eyck, le plus offensant, c’est l’élévation d’un quadrupède quelconque au rang « d’individu », et le rabaissement symétrique de l’homme au rang de simple ruminant. Le véganisme se révèle ainsi comme le projet positif de destruction de la hiérarchie des êtres vivants, mis tous sur le même pied d’égalité en tant qu’êtres doués de sensations. Certes, mon chien adore mes caresses. Pourtant, il n’a pas de « moi », ni de conscience du bien ni mal. J’aurais beau lui faire des exhortations morales, si jamais il vole mon gigot, je ferais mieux de le punir pour bien le dresser. Parce que moi, je suis censé ne pas ignorer que mon chien n’est justement pas un… individu ! [...]

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Éloge du petit

« Vous prendrez un petit café ? » « Voulez-vous un petit tour de moulin à poivre ? » « Suprême de poulet et ses petites frites en garniture ». Au restaurant, le petit est partout. Si l’on met les petits plats dans les grands pour les invités de marque, le petit accompagne le repas pour qu’il soit réussi. Petit devient synonyme de mignon, délicat, fin, qualitatif. C’est la petite touche qui donne le plus au repas. Les petits pains au lait des enfants et les petits pains au chocolat de Joe Dassin. Le petit vin blanc, frais et gouleyant, bu sous les tonnelles. La petite bière du vendredi soir, comme apéro de détente entre collègues.

L’apéritif lui aussi se doit d’être petit, avec ou sans Zoom, avec si possible un petit Kir, même si dans les faits il peut prendre des proportions plus pantagruéliques. Le meilleur moment de la journée n’est-il pas le petit-déjeuner et celui de la semaine le petit brunch du dimanche matin ? Le petit devient une gourmandise faite pour rassasier les petites faims. Évidemment, chacun apprécie les petits commerces, de proximité bien sûr, qui sont par nature dans le camp du bien, quand les grandes surfaces, peut-être parce qu’elles sont grandes, sont dénigrées et vues avec suspicion, même si ce sont elles qui attirent la majorité de la clientèle et même si elles peuvent proposer des produits de grande qualité – ici pas de petit. [...]

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Tournoi des Six Nations : le sacre des rois

Enfin ! Ça y est, le XV de France a remporté le très convoité Tournoi des VI Nations au terme d’un match contre l’Angleterre durant lequel tous les fans de rugby de France et de Navarre ont retenu leur souffle. Mais durant ce match, comme durant les autres, l’équipe d’Antoine Dupont n’a pas tremblé. Douze ans après leur dernière victoire, les Bleus vainquent en force dans un Stade de France tout à fait rempli en concluant superbement un Grand Chelem.

Le premier match de l’année avait opposé la France à l’Italie, l’éternel perdant. Une mise en jambe assez facile où on avait pu apercevoir un état d’esprit conquérant de la part des hommes de Fabien Galthié. Le vrai défi arriverait une semaine plus tard, face à l’Irlande. Les deux équipes étant d’un niveau similaire, on a longtemps eu peur. Pourtant, au terme d’un match serré (30 à 24), les Français gagnent encore. Mais trois matchs restent, rien n’est gagné. [...]

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Michelin, le guide faisandé

Face à la crise que traverse le Guide Michelin depuis plusieurs années – baisse des ventes et concurrence croissante des guides en ligne –, la direction a nommé en 2018 Gwendall Poullenec à la tête du célèbre guide rouge afin de redorer son blason, qui faisait jadis la pluie et le beau temps sur la gastronomie française.

L’objectif affiché du Michelin par son jeune directeur est de renouer le dialogue avec les chefs tout en étant ferme. Comme le dit le Gwendall Poullenec, « un chef cuisinier ne peut pas rendre ses étoiles, elles ne lui appartiennent pas ». Une déclaration qui donne le ton ; le temps est à l’offensive pour réformer le guide. Outre la fermeté qui lui a valu de sanctionner trois chefs triplement étoilés en 2019 (dont le célébrissime Paul Bocuse), le guide prend un virage écologique très net. Il a notamment récompensé des chefs qui prônent une cuisine « en phase avec la transition climatique », le plus souvent matérialisée par de simples potagers en permaculture. Une tendance très forte, mais qui de l’aveu même des chefs n’est qu’un pur argument marketing, tout comme les nouvelles « étoiles vertes » du Michelin, qui préfère troquer l’art de vivre à la française pour la calinotade bobo. [...]

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Les steaks mutants de la Silicon Valley
En décembre 2017 se tenait à New-York un colloque sur « l’Alimentation durable: risques d’investissement et opportunités », dont les objectifs étaient ainsi résumés par les organisateurs: « Le secteur agro-alimentaire est soumis à une pression croissante due à l’augmentation de la population et aux changements démographiques. La hausse de la demande de viande est liée à une série de risques d’investissement liés à la déforestation, à la pollution de l’eau et de l’air, au cancer, à la résistance aux antibiotiques et à l’obésité. L’événement sera un forum pour les investisseurs pour comprendre et discuter des stratégies afin d’aborder les risques et opportunités matérielles présentés par la production de protéines, et de partager des questions avec des experts dans le domaine ». [...]
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France : une révolte latine qui s’appelle Corse !

Petite île bercée par les flots de la Méditerranée, la Corse a rappelé à la France qu’elle n’était pas simplement une carte postale ou un lieu de villégiature pour le touriste sandales chaussettes. L’agression commise par un djihadiste envers Yvan Colonna a eu pour effet de réveiller une partie de la jeunesse insulaire, partie dont les jacobins parisiens diront qu’elle est minoritaire en Corse. Minoritaire certes mais c’est la partie la plus politisée, la plus rebelle, la plus romantique d’une certaine manière car il y a toujours de l’esthétisme dans la violence même si elle demeure résolument condamnable. Alors, Emmanuel Macron a-t-il lâché trop rapidement l’autonomie à la Corse ? Que personne ne s’y trompe, on ne peut demander à l’État quelque chose qu’il n’est plus capable de faire.

Il faut toujours prendre le temps de la réflexion, et ne jamais réagir sur le coup de l’émotion, ce qui éviterait aux représentants politiques parisiens, aux mêmes experts du covid et de la guerre en Ukraine, de s’exprimer sur les chaînes infos à propos d’un sujet qu’ils n’appréhenderont jamais : la Corse !

Des relations complexes avec le continent

Dans son dernier ouvrage La Corse et le problème français, Charles-Henri Filippi résume bel et bien la profonde dégradation des relations entre la Corse et le continent, entre l’île et l’État. Il y a tout d’abord l’histoire, celle d’une île de la Méditerranée dominée pendant plusieurs siècles par la Sérénissime République de Gênes, son acquisition par la France, achevée par la bataille de Ponte Novo en 1769 et la défaite de Pasquale Paoli contre les troupes de Louis XV. Il y a ensuite ce 30 novembre 1789 qui fixe le décret de réunion de la Corse à la France après la lecture des lettres de la commune de Bastia et d'habitants d'Ajaccio. Selon les historiens, cette adhésion d’un peuple libre pourrait avoir inspiré Ernest Renan dans sa théorie de la nation. Dès l’annonce du décret, Pasquale Paoli indiqua auprès d’Antone Gentili : « En admettant la Corse parmi les provinces de la France, elle a trouvé le moyen le plus infaillible d'attacher les habitants de cette île au gouvernement français... » ou encore auprès de son ami Nobili-Savelli : « L'union libre à la nation française n'est pas la servitude, mais la participation de droit ».

Lire aussi : Émeutes en Corse : « C’est maintenant au tour de l’État de faire un geste »

 L’exécution de Louis XVI et la Terreur seront des épisodes déterminants dans l’idée de rupture de Paoli avec la nation française. Quelques décennies plus tard, il y a toute la grande période qui s’étend du Second Empire à la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle les Corses ont été choyées. « Cet esprit se brise pour deux raisons essentielles. En premier lieu, la décolonisation qui coûte doublement cher aux Corses : elle leur fait perdre des emplois et provoque l’arrivée des pieds noirs, ce qui fait prendre conscience aux Corses que le développement de l’île est pris en charge par d’autres. Le second aspect est la fin des Trente Glorieuses. Les Corses occupaient de nombreux emplois en particulier dans la fonction publique, ce qui prend fin au début des années 70 avec le choc pétrolier. La France se retrouve alors avec des contraintes budgétaires extrêmement élevées qui affecteront beaucoup les Corses. » [...]

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Le Priol : nazisme version bêta

Il est en cavale. Loïk Le Priol, un néonazi, est en fuite depuis qu’il est suspecté d’avoir assassiné de six coups de pistolet Federico Martin Aramburu, un ancien international de rugby argentin dans le VIe arrondissement de Paris, venu assister au match France-Angleterre qui se déroulait samedi soir. Après une altercation dans un bar, l’ancien membre du GUD aurait disparu, pour revenir vers six heures du matin en Jeep avec une arme à feu pour abattre d’une balle le rugbyman.

Loïk Le Priol est donc recherché par la brigade criminelle pour assassinat. Déjà connu des services de police, l’homme était poursuivi en justice pour avoir torturé l’un de ses camarades, un ancien cadre du GUD, en le déshabillant et le frappant avec des amis. Il avait lancé sa marque de vêtements « Babtou Solide Certifié » en 2016, destinés aux identitaires les plus radicaux : « fringues imaginées par des blancs pour des blancs »,comme le dit le slogan. Deux autres personnes, un ami et sa compagne, sont également mis en examen. [...]

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De quelques larves illustres
nt longtemps, on s’est dit qu’on ne regarderait jamais, que ce n’était pas possible. L’énorme Cyril Hanouna, gavé de pognon et de vulgarité, c’était trop pour nous, c’était l’horizon indépassable de la télé-poubelle, du talk-show crétinissime qui ferait passer une émission d’Oprah Winfrey pour un colloque d’Hannah Arendt. Alors on observait de loin, on surprenait au vol quelques extraits, mais on se protégeait les yeux et on priait très fort pour que ces quelques secondes de couleurs vomitives ne suffisent pas à nous endommager définitivement la pulpe du cervelet. On le sait, la télévision, c’est une hypostase de la société – une représentation dégénérée, si vous préférez. Mais là, tout de même, on était en droit de questionner les origines de cet assourdissant et persulfuré cirque Pinder… De quelle France au juste « TPMP » est le reflet? La France des pavillons Catherine Mamet se retrouve-t-elle vraiment dans ce Colisée de bêtise, où le navrant spectacle de l’acharnement démocratique côtoie la coercition totalitaire des réseaux sociaux, constamment invoqués pour crédibiliser à peu de frais les trémulations vagales de ces larves illustres? [...]
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