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Le sélectron des livres misogynes qui vous donneront, mesdames, envie de retourner dans la kouizine

1- Les Jeunes Filles, Montherlant

En toute honnêteté, le roman star qui enflamma les années 1920 a inspiré ce sélectron et aurait pu lui suffire. La misogynie littéraire française, dans tout le raffinement de sa muflerie, c’est depuis Les Jeunes Filles et pour toujours, Montherlant. Ce roman d’une cruauté inouïe examine froidement, à travers le regard de son héros Pierre Costals, séducteur impénitent, les aspirations de celles dont le sourire est l’étincelle de tous les feux du monde, les femmes entre leur majorité et leur mariage. Qu’en déduit Montherlant ? Qu’elles s’ennuient mortellement, qu’elles n’attendent le salut que d’un mari qui les ouvrira enfin à la vie, qu’elles sont, en somme, l’exact opposé du moule de la femme forte et indépendante où l’on voudrait aujourd’hui les couler. On voit l’aveuglement de leur espoir de mariage alors que les hommes n’ont à leur offrir que le désintérêt ou les étreintes rapides, on voit jusqu’où elles sont prêtes à s’humilier par amour et à quel point elles sont capables de détester quand cet amour s’évanouit.

Bien sûr, Montherlant est un con qui ne comprend rien ni à la beauté de l’amour, ni à celle de l’éternel féminin ou de la complémentarité entre les sexes. Cependant, rappeler à quel point il fut adoré par les femmes alors qu’il les avaient dépeintes si cruellement interroge. N’aimeraient-elles pas un peu les hommes qui les détestent ? Essayez donc, quand les soirées seront de nouveau autorisées, d’y lancer quelques propos misogynes. Vous sentirez les regards féminins s’illuminer d’un courroux gourmand et, rapidement, leur haine vous couvrir amoureusement. Vous finirez peut-être même par en ramener une chez vous et par l’épouser, vous verrez. [...]

I see you : notre critique

On reconnaît en général les films d’horreur de qualité à leur capacité à susciter l’effroi à partir de situations du quotidien. C’est d’ailleurs le cas du dernier long-métrage du réalisateur britannique Adam Randall, I see you, qui a été projeté en 2019 dans le cadre de différents festivals francophones comme le PIFFF (Paris International Fantastic Film Festival) ou le festival Fantastic’Arts de Gérardmer.

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Liberté, égalité, médiocrité : notre critique

Sorte de Twilight à l’esthétique ringarde, Révolution n’est pas une fresque historique mais une uchronie inspirée de la Révolution française dopée au vampirisme et au complot. Heureusement sans prétention idéologique (à peine une ou deux saillies sur les affreux aristos), la nouvelle série de Netflix lorgne du côté de Christopher Gans (Crying Freeman et Le Pacte des Loups) mais ne livre qu’un mauvais clip de Mylène Farmer.

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Station opéra : Bonheur olympien

L’un des plus prodigieux ensembles de musique baroque venait donner sa version – la plus complète, la plus enjouée – du premier opéra anglais, façonné sur les vers sublimes de William Congreve par un Haendel en pleine maturité (1743). Un concert mémorable, première étape d’une tournée mondiale que John Eliot Gardiner, grand apôtre de l’« historiquement informé », consacrait à ce bijou jamais entré au répertoire. Le travail méritait bien le disque. La baguette du chef est souple et énergique. Son orchestre inonde d’une verve sans répit cette partition, que le sujet mythologique et le propos moraliste situent à mi-chemin entre opéra et oratorio.

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Émile Brami : Louis-Ferdinand Céline ou l’adaptation maudite

Comment en êtes-vous venu à vous pencher sur les rapports de Céline avec le cinéma ?

Je fréquente Céline depuis longtemps et je suis passionné par les arts « populaires », la chanson, la BD, le cinéma français entre 1930 et 1970. J’ai essayé de répondre à cette vieille question : pourquoi, alors que la plupart des grands textes de la littérature ont été portés à l’écran, aucun roman de Céline n’a été adapté ? J’ai écrit un article pour les Études céliniennes puis, comme j’avais de la matière inutilisée, ce livre, avec des documents.

Vous en avez récolté de nombreux…

Certains sont connus, d’autres moins. J’ai retrouvé une enquête de Pour-Vous, le grand magazine de cinéma de l’entre-deux-guerres, que personne n’avait reprise depuis 1934. On demandait aux lecteurs quel roman ils aimeraient voir adapté, et de donner la distribution idéale. J’ai essayé de trouver une photo des comédiens suggérés. Certains sont totalement oubliés ! Cela permet d’avoir une idée de ce qu’aurait été le film s’il avait été tourné peu après le livre, comme Abel Gance en avait le projet. [...]

Ellinoa : Ophélie 2020

Artiste de jazz très en vue et multi-primée, Ellinoa (pseudonyme de Camille Durand) enchaîne initiatives et collaborations, de l’orchestre national de jazz de Frédérique Maurin où elle assume le double statut de vocaliste et de compositrice, jusqu’à ses nombreuses formations. En attendant Ville Totale, la nouvelle création en 3D sonore de son Wanderlust Orchestra au format XXL, voici The Ballad of Ophelia, un album intimiste enrichi d’un quartet à cordes et proposant onze ballades qui alternent sonorités électriques et acoustiques tout en véhiculant des réminiscences de Debussy, Stravinsky ou Björk pour récapituler le parcours intérieur d’Ophélie, l’amoureuse éperdue et suicidée d’Hamlet. Cette réappropriation libre et contemporaine du personnage de Shakespeare révèle un nouvel aspect d’une personnalité solaire, Ellinoa ouvrant cette fois une autre voie dans l’eau, l’abandon, la glace et la nuit. Et il faut le reconnaître : le noir lui sied à ravir.

Ce quartet est une surprise, on ne vous connaissait pas dans ce registre et même la manière de poser votre voix a beaucoup évolué…

Jusqu’à présent, en tant que vocaliste, j’utilisais ma voix comme un instrument. La manière de chanter était différente de celle d’un chanteur traditionnel. Chanter, l’assumer, affronter de plus grands enjeux : dans un premier temps, ce fut abrupt ! Je venais de mon big bang très jazz contemporain à grosse section rythmique, le Wanderlust Orchestra, et j’avais envie d’un petit format épuré rythmiquement. Par défi, j’envisageais un univers plus folk pop, avec une importance primordiale donnée aux textes et à la narration. [...]

Antipop : L’Autotune, pollution sonore

En 2010, le magazine Time classe l’Autotune parmi les cinquante pires inventions de l’humanité. Difficile d’échapper à cette déferlante de voix de robots rouillés quand 90 % des musiques actuelles en abusent. Pourquoi ça a dérapé ?

Vocodeur et l’autotune

Le Vocodeur, avec quoi on confond souvent l’Autotune, est un synthétiseur qui chante à votre place en créant un son artificiel à partir des fréquences de votre voix. Inventé en 1939 par Homer Dudley, ingénieur chez Bell, le vocodeur fut d’abord utilisé pour brouiller les conversations entre Roosevelt et Churchill pendant la Seconde Guerre mondiale. Ironie de l’histoire, ce sont les Allemands visionnaires de Kraftwerk qui ont généralisé son application dans le domaine musical. L’Autotune, en revanche, est une marque de software correcteur de tonalité. Son inventeur, le mathématicien américain Andy Hildebrand l’employait pour prédire les secousses sismiques pour le compte de l’industrie du pétrole. Il exploite ensuite l’idée d’une collaboratrice évoquant le fait qu’elle chante si faux qu’elle aurait besoin d’un logiciel pour être en mesure de chanter juste.…

Sélectron : 9 albums de folk pour passer l’hiver

Joanna Newsom, Ys (2006)

Avec sa voix haut-perchée, ses manières d’elfe boboïde et son talent insolent de multi-instrumentiste, l’américaine Joanna Newsom a de quoi énerver. Mais foin des râleurs et des aigris : elle signe avec Ys son grand œuvre, un monument de pop/folk à la fois éthéré et complexe, porté par des arrangements chatoyants qu’on doit au grand Van Dyke Parks et par une production léchée qui n’oublie pas la moindre note de cymbalum. En nous narrant les légendes de la cité engloutie d’Ys, Newsom livre une invitation au voyage inépuisable et dresse en seulement cinq morceaux une ode vibrante au passé mythique de l’Europe. Indispensable.


Current 93, Island (1991)

Lorsque David Tibet, l’inquiétant shaman de Current 93, passe ses vacances en Islande, ce n’est pas pour faire le tour de l’île en vélo : il s’entoure des meilleurs musiciens locaux (Björk, HilmarÖrn Hilmarsson, Sugarcubes), rameute ses habituelles et talentueuses collaboratrices (géniale Rose Mc Dowall) et signe sans crier gare un de ses disques les plus aboutis : une heure de folk ténébreuse qui a toutes les allures d’un rêve opiacé, d’une montée de mescaline, d’un trip sans retour au pays des volcans et de la terre noire.…

L’Incorrect

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