
ÉCLATS FILIAUX
LE CÔTÉ OBSCUR DE LA REINE, Marie Nimier, Mercure de France, 260 p., 22,50 €
Marie Nimier, qui avait déjà évoqué son père, Roger, le prince de l’insolence, dans Que dit la reine du silence ? évoque cette fois-ci sa mère au gré de ce portrait éclaté. Le côté obscur de cette mère, c’est essentiellement l’égocentrisme plaintif dont celle-ci fait preuve les dernières années de sa vie, quand sa fille vient la visiter dans son appartement parisien envahi d’objets, visites qui sont le cadre du récit, lequel se fragmente ensuite en souvenirs divers où se mélangent les figures et les époques. C’est dans la difficulté de retrouver le lien à une mère à la fois défaillante et irritante que Marie Nimier compose son livre, comme la voix compensatoire de ce dialogue impossible. Illustré de photographies et de souvenirs, celui-ci prend peu à peu la forme d’un grand puzzle généalogique, où l’on croise autant des moments d’enfance, d’adolescence, des légendes et des révélations – Paul Valéry amoureux de la grand-mère de l’autrice, mais aussi la grande ombre du père, un fils caché qui ressurgit, le malaise deviné derrière la désinvolture mythique.…








