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Xavier Driencourt : « L’influence de la France en Algérie diminue régulièrement »

Comment définiriez-vous en quelques mots les liens historiques qui unissent la France à l’Algérie ?

Les liens entre la France et l’Algérie sont multiformes : l’histoire (132 années de colonisation), la proximité géographique (Marseille n’est qu’à 800 km d’Alger) et aujourd’hui, l’immigration, (avec sans doute 5 à 6 M d’Algériens ou Franco-algériens en France) font de cette relation, une relation très particulière que la France n’a, en fait, avec aucun pays au monde. En ce sens, cette relation est unique en son genre.

L’intimité presque affective qui lie la France à l’Algérie semble de plus en plus à sens unique, à l’image des passions malheureuses. La France doit-elle envisager que la « relation particulière » n’est plus et traiter l’Algérie comme elle le fait avec les autres nations du monde ?

On peut en effet imaginer une relation normalisée. Mais il ne faut pas non plus « banaliser » cette relation, car on ne peut effacer un passé, une histoire, fût-elle tragique, et surtout la somme de mémoires individuelles, celles des pieds-noirs, des harkis, de tous ceux qui ont fait l’Algérie.…

Éditorial idées de septembre : Connais-toi toi-même

Nous ne sommes très certainement pas à la hauteur de ce que nous imaginons être, ni forcément beaucoup plus bas d’ailleurs. Nous vivons dans l’illusion de notre cohérence et nous nous persuadons sans cesse de notre bon droit ; ainsi, nous justifions toujours nos actes en fonction de notre intérêt psychologique et, le savoir, ne change probablement pas grand-chose à l’affaire, car on ne peut pas dire non plus qu’on sente en nous la nécessité impérative de nous corriger. Il ne suffit pas de s’affliger pour valoir mieux que ceux qui se satisfont de ce qu’ils sont – en toute bonne conscience. Se connaître peccamineux équivaut trop souvent, pour ceux-là qui parviennent à se l’avouer, à s’en contenter, manière de se justifier encore et de s’autoriser, selon un cercle vicieux et absurde, à pécher parce que l’on est pécheur, à faire le mal parce que l’on est mauvais : « Eh oui, mais c’est dans ma nature » explique le scorpion de la fable à la grenouille – ça n’est pas une excuse !…

[Idées] Femmes, amour et luxe : aux origines du capitalisme
Née d’une documentation foisonnante et érudite, à la limite parfois du fouillis, cette étude de Werner Sombart parue en 1913 est une focale thématique sur les liens entre amour, luxe et essor du capitalisme, et qu’il faut rattacher telle une annexe au maître-ouvrage du sociologue allemand, Le Capitalisme moderne (1902). Sa thèse est la suivante : au sortir du Moyen Âge, les phénomènes de cour et l’essor de la bourgeoisie conduisent à la formation de grandes villes concentrant les richesses. Au même moment, le rapport entre les sexes s’émancipe du christianisme, et l’amour hors mariage, fondé sur le plaisir des sens, triomphe – charriant avec lui courtisanes et prostitués, galanterie et ostentation. [...]
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[Idées] Les machines nous veulent-elles du bien ?
Dans un essai érudit et souvent drôle – quoique parfois verbeux – Pierre Cassou-Noguès parvient à élaborer des thèses originales sur un thème pourtant mille fois rebattu : l’interaction entre l’homme et la machine à l’ère du numérique. Sans jamais verser dans les caricatures apocalyptiques ou complotistes issues de la science-fiction, l’auteur déploie un discours critique et subtil sur l’arraisonnement de l’homme par la technique. Pour ce faire, il développe un argumentaire éclectique mêlant démonstrations philosophiques et expériences de pensée, tout en consacrant une large part de l’ouvrage aux exemples et applications empiriques. [...]
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[Idées] Les enjeux éthiques de la génétique

Outre les flux migratoires et le réchauffement climatique, outre donc notre rapport politique à l’autre et écologique à l’environnement, il est un nouveau vertige qui pointe, quoiqu’il ne soit politiquement pris en charge par personne, une sorte de troisième dimension qui vient elle aussi remettre radicalement en cause notre être ici-bas en interrogeant la conception que l’on se fait de nous-mêmes: les techniques d’amélioration génétique. Doit-il être possible de payer des dizaines de milliers d’euros pour choisir le sexe ou augmenter la taille de son enfant, pour se doter d’une mémoire prolifique ou accroître ses capacités athlétiques? Faut-il permettre au fond, comme c’est déjà le cas outre-Atlantique, l’emploi de moyens médicaux à des fins non-médicales pour nous améliorer au gré de nos envies ? Autant de questions qu’il nous est urgent de penser pour qu’une utilisation juste soit faite des techniques de demain – le risque étant d’autant plus grand que le phénomène, s’il advient, sera nécessairement contagieux: les réticents devront imiter les rares initiateurs pour ne pas devenir leurs singes.

Personne n’est la cause de son talent, qui lui vient ou de la nature, ou du hasard, ou de Dieu

Dans un essai aussi méthodique et lumineux qu’à l’accoutumée, le philosophe américain Michael Sandel, couramment présenté comme l’une des têtes d’affiche du mouvement communautarien, interroge l’éthique du génie génétique, et cherche à formuler en termes philosophiques et moraux le profond malaise suscité par ces techniques d’augmentation.

Son grand mérite est de démontrer l’impuissance de l’outillage libéral pour cerner le problème, car il n’est pas possible, du seul fait de la logique, d’écarter une innovation au nom de principes qui ne sont pas accomplis sans elle et que donc elle ne menace pas. Or, ni l’égalité, ni la justice, ni l’autonomie ne sont conformes aux « aléas de la loterie génétique » – ni ne sont d’ailleurs compatibles ensemble sur le plan génétique, quoique chacun puisse être individuellement réalisé par la technique. Pour situer le problème, il faut donc nous « confronter à des questions que nous avons largement perdues de vue dans le monde moderne, qui concernent le statut moral de la nature et la position que doivent adopter les humains face au monde donné ». [...]

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[Idées] Hilaire Belloc contre le club des croyances bizarres
Géant des lettres anglaises, figure incontournable de la pensée catholique et ami intime de Chesterton, le truculent Hilaire Belloc (1870-1953) est à peu près inconnu en France – bien que français par son père. Et pour cause : son œuvre prodigieuse, composée de plus de 150 ouvrages de poésie et d’histoire, de politique et de théologie, n’a que très partiellement traversé la Manche. Dans cette traduction inédite, l’écrivain se penche sur les principales hérésies ayant menacé l’Église catholique depuis sa naissance, non par plaisir archéologique : une culture étant inséparable de sa source religieuse, une histoire des hérésies est fondamentale sur le plan civilisationnel pour comprendre ce qui aurait pu basculer et contre quoi l’on s’est construit. [...]
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La jeune garde intellectuelle de la droite : Étienne-Alexandre Beauregard, l’érable du futur
Belle surprise de la belle province. Le très jeune Étienne-Alexandre Beau- regard, tout juste étudiant de 21 ans en licence de philosophie et sciences politiques à l’Université de Laval, et déjà briscard du débat public outre-Atlantique, a débarqué sur la scène hexagonale il y a quelques mois avec la publication du Schisme identitaire (Boréal), soutenu par le sociologue Mathieu Bock-Côté : si le sujet peut paraître d’emblée étroitement québécois, savoir le débat à front renversé entre « souverainistes » gagnés au multiculturalisme et nationalistes conservateurs, le penseur en herbe élargit bien rapidement sa focale et tente de rebâtir un conservatisme de bon aloi, évidemment enraciné et conscient de son histoire. [...]
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Mathieu Detchessahar : « Le premier droit des nations est un droit à la continuité historique »

Patrie ou nation ; ethnique, identitaire ou civique : parmi toutes ces distinctions classiques, de quelle « nation » parlez-vous ?

C’est la nation culturelle qui m’importe avant tout, celle qui par la force de son histoire et de sa culture construit un lien d’unité pacifique entre des personnes par ailleurs très différentes: des jeunes et des vieux, des « gens du sud » et des « gens du nord », des « gens de gauche » et des « gens de droite », des nationaux de souche et des personnes plus fraîchement arrivées sur le territoire national. Dans ce sens, la nation est la plus inclusive des communautés que les hommes aient inventées, celle qui accueille et unit le plus grand nombre de différences. Elle est plus grande que la famille, la tribu, la profession ou la cité.

Cette nation culturelle, c’est avant tout une patrie, un patrimoine légué par les pères : une langue, des traditions et des mœurs. Le mot nation désigne, lui, la communauté vivante de ceux qui sont unis par ce patrimoine. Cette nation culturelle est le terreau nécessaire à la naissance de la nation civique, c’est-à-dire la nation corps politique prenant en main son destin. Contrairement aux théoriciens du contrat social qui voient dans la nation civique un simple pacte juridique unissant un corps de citoyens que rien ne relie par ailleurs, l’histoire nous apprend que toutes les premières nations civiques qui naissent en Europe à compter de la fin du XVIIIe siècle ont poussé sur l’humus des nations culturelles. Cette articulation nation culturelle/nation civique m’intéresse tout particulièrement.

Lire aussi : Ça fait d’excellents Français : entretien avec Vincent Coussedière

Cette nation n’est-elle pas éminemment chrétienne en ce qu’elle est un terrain d’exercice privilégié pour sa doctrine sociale ?

L’idée de nation tient une place importante dans la philosophie sociale chrétienne car celle-ci s’enracine, via la réappropriation thomiste du XIIIe siècle, dans la philosophie politique d’Aristote selon laquelle l’homme est un animal social : il ne trouve pas sa propre réalisation en lui-même, mais avec, par et pour les autres. L’homme naît et grandit dans une famille et dans un peuple dont il tire les ressources matérielles, culturelles, morales et spirituelles nécessaires à son développement.

Dans la perspective chrétienne, cette réalité anthropologique peut être éclairée par la théologie. Le pape Jean-Paul II nous invitait à voir dans le mystère de l’Incarnation une véritable « théologie de la nation ». En effet, lorsque le Verbe se fait chair en Jésus, il demeure vrai Dieu et se fait également vrai homme, né en un temps, un lieu et une histoire. Jésus ne peut être réellement compris en dehors de son appartenance au peuple juif, la nation avec laquelle Dieu a conclu sa première alliance. Il n’est ni un apatride, ni un robinson ! Jésus épouse toute la réalité de la condition humaine et il naît donc dans une terre, au cœur du peuple, dans une famille modeste au sein de laquelle il va suivre tous les rituels consacrant l’entrée de l’enfant dans sa communauté sociale (circoncision, présentation au temple, montée en famille à Jérusalem pour la Pâque). Le pape polonais en tire l’idée que tout homme est d’abord le fils de sa nation avant d’en être le père, le sujet avant d’en être l’artisan. La nation se présente à chaque homme à la fois comme un don et comme une tâche : un don gratuit et habilitant, une tâche consistant à actualiser et faire progresser le patrimoine reçu. [...]

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