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Charles Percy Snow : Science à tout prix

Scientifique et romancier, Charles Percy Snow, figure notable de l’intelligentsia anglaise, s’illustre en 1959 par une conférence intitulée « Les deux cultures » qui lui valut un surcroît de renommée. Les deux cultures dont parle Lord Snow, et qu’il oppose, ce sont la culture des Humanités, qui règne à son époque – tempus fugit ! – et la culture scientifique, plus à même selon lui de répondre aux enjeux de la modernité.

Lire aussi : La démocratie au régime soviétique [...]

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Eugénie Bastié : « La droite n’a pas gagné la bataille des idées, mais la bataille du réel » 2/2

Si la droite n’a pas (encore) gagné la bataille des idées, n’est-elle pas aujourd’hui celle qui dicte l’actualité ?

Je ne considère pas que ce soit la droite qui règle le tempo médiatique. La question de l’islam est l’objet d’une grande guerre à l’intérieur même de la gauche. En 1989 au moment du voile de Creil, il y a un débat intellectuel à gauche sur l’islam avec Badinter, Finkielkraut, Debré qui considèrent que l’on ne peut pas défendre le port du voile si l’on est de gauche est féministe. Philippe de Villiers lui défend le voile avec tout une partie de la droite, qui pense à l’immigration mais ne voit pas l’islam. Aujourd’hui, sur la question de l’islam, le débat d’idées est beaucoup plus fort à gauche – entre les deux gauches irréconciliables – qu’à droite, où il y a quasiment consensus. Je ne suis pas sûre que ce soit la droite qui ait mis cette question-là sur l’agenda. Je pense aussi qu’il y a des sujets qui s’imposent dans le débat, mais qui ne sont pas imposés par un camp ou par l’autre.

La droite récupère des intellectuels de gauche, et notamment au Figaro. Pour quelles raisons, et quel intérêt politique ?

La droite n’est pas sectaire. La gauche est dans la quête de pureté idéologique, et toujours traquer les déviants : dans Les Nouveaux réactionnaires, Daniel Lindenberg vise les gens de gauche qui auraient dérivé vers la droite. Jamais il y a un livre où des gens de droite auraient traqué ceux ayant dérivés vers le centre.

Lire aussi : Eugénie Bastié : « La droite n’a pas gagné la bataille des idées, mais la bataille du réel » 1/2

La droite cite des intellectuels de gauche ; la gauche ne cite jamais des intellectuels de droite. Il y a une dissymétrie qui est frappante parce que, pour la gauche et comme le disait Simone de Beauvoir, « la vérité est une, seule l’erreur est multiple. Ce n’est pas un hasard si la droite professe le pluralisme ». [...]

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Eugénie Bastié : « La droite n’a pas gagné la bataille des idées, mais la bataille du réel » 1/2

L’on vous connaissait essayiste avec Adieu Mademoiselle puis Le porc émissaire. Vous réalisez avec La Guerre des idées une véritable enquête journalistique. Pourquoi ce changement de style ?

Tout d’abord, j’avais fait le tour de la question du féminisme, qui est une question très intéressante. Aussi, je ne voulais pas m’enfermer là-dedans et devenir la rentière d’une cause en particulier. Je souhaitais élargir mon esprit, et il se trouve que je travaille pour les pages Débat du Figaro, où j’interroge des intellectuels appartenant à des sensibilités différentes. J’ai pris goût à ce débat d’idées. Je suis partie d’un paradoxe, la coexistence dans le débat public de discours contradictoires : d’un côté la gauche qui prétend que la droite a gagné la bataille des idées, et de l’autre les « réacs » qui se disent muselés et interdits de parler. J’ai voulu aussi comprendre l’origine et le caractère inédit ou pas du nouveau sectarisme contemporain qu’on appelle « cancel culture ». Au fond, je voulais savoir si la vie intellectuelle était mieux avant, ou si ce sectarisme était le resurgissement de quelque chose de très ancien.

Le débat est-il meilleur aujourd’hui ?

Aujourd’hui, il y a plus d’options radicalement opposées sur la table. L’Incorrect et Libération coexistent. Des idées qui auparavant se trouvaient aux marges du débat d’idées existent de plein droit. Simultanément, il y a ce nouveau sectarisme idéologique qui consiste à transformer les idées en délits, les opinions en offenses, et qui pour ce faire étend le champ de l’incitation à la haine à tout point de vue discordant sur un certain nombre de sujets progressistes. L’adversaire est transformé en ennemi. Par une forme d’hyperconséquentialisme, on met l’accent sur les conséquences supposées graves d’une opinion, alors qu’en réalité tout opinion à un certain nombre de conséquences. Derrière ce phénomène, il y a l’extension du domaine de la « violence symbolique » créée par Bourdieu : tout discours est potentiellement une violence en soi, et l’on est dès lors légitime à l’exclure du débat public pour à rester entre nous. [...]

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Nicolas Gómez Dávila, un réactionnaire authentique

Vous définissez la pensée de Gómez Dávila comme une « antiphilosophie ». Qu’entendez-vous par ce terme ?

Bien qu’il y ait divers courants dans l’« antiphilosophie », celui auquel se rattache la pensée de Gómez Dávila correspond au plus connu d’entre eux, l’opposition à la philosophie des Lumières que les contrerévolutionnaires, et Joseph de Maistre au premier chef, nommaient pour leur part le « philosophisme ». C’est une condamnation du rationalisme ou plus précisément des prétentions des « philosophes » à trouver la vérité par la seule raison sans l’appui de la foi ou de la coutume, détournant par conséquent la philosophie de la religion et de la tradition. Cette opposition au rationalisme, et particulièrement au rationalisme en politique, est typique de l’attitude conservatrice. On la retrouve notamment à partir des anti- Lumières romantiques en Allemagne jusqu’au conservatisme britannique contemporain d’un Scruton ou d’un Oakeshott dans leur rejet des abstractions et l’insistance sur le concret, l’expérience et la durée. Mais Badiou a récemment repris cette dénomination dans certains de ses séminaires pour qualifier – ou plutôt disqualifier – une manière de penser non-académique et non-systématique, visant en particulier Nietzsche et Wittgenstein – mais qu’il fait remonter à saint Augustin, Pascal, Rousseau et Kierkegaard – penseurs auxquels le Colombien fait fréquemment référence.

Penseur de droite traditionaliste, il n’était pourtant pas patriote à proprement parler. Pourquoi cette indifférence, voire ce mépris, envers la Colombie et le monde hispanique ?

Ce mépris pour tout ce qui vient d’Espagne, et plus particulièrement du monde ibéro-américain, s’origine selon moi dans une sorte de dénigrement typique des élites colombiennes et une identification à la civilisation européenne classique. L’Espagne passe pour attardée, inculte, rustre, anarchique, par contraste avec l’élégance française, la distinction britannique ou la rigueur germanique. C’est très paradoxal car l’Espagne a toujours été admirée par les penseurs et écrivains conservateurs ou « réactionnaires », précisément pour être longtemps restée un ilot de résistance catholique et féodale à la société moderne.

Lire aussi : Gaspard Koenig, critique de la modernité ?

En outre, il pouvait difficilement apprécier les « patriotes » colombiens ou plus généralement latino-américains, car ce sont des révolutionnaires ayant importé les idées des Lumières, le mercantilisme et l’utilitarisme anglo-saxons dans les anciennes colonies. Celles-ci sont devenues des nations artificielles et chaotiques concentrant tous les maux du progrès sur les ruines de l’Empire. Il aurait donc plutôt été du côté de ceux que l’on qualifiait de « goths » (godos en castillan définissant péjorativement aujourd’hui les conservateurs), défenseurs de la monarchie impériale. Cependant, c’est plus le nationalisme, issu d’une fiction juridique moderne, que le patriotisme ou l’attachement aux « petites patries », qu’il conteste. [...]

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Guillaume Travers : « Les corporations étaient des communautés de vie »

Quelles sont les principes fondamentaux du corporatisme en tant que régime économique et social ?

Il faut tout d’abord distinguer corporations et corporatisme. D’un mot, les corporations sont les institutions qui encadraient la vie économique durant le Moyen Âge. Elles étaient des communautés de métiers, imposant un certain nombre de restrictions à la libre concurrence, au nom d’un bien commun supérieur. Mais, et c’est également essentiel, les corporations étaient aussi des communautés de vie, organisant la formation et l’entraide au sein des métiers, célébrant des saints par des fêtes et des processions, encadrant les obsèques de leurs membres, etc. En un sens, le système corporatif subordonnait toujours la quête du profit à des fins jugées plus hautes : la qualité du travail bien fait, l’équilibre des structures sociales, etc. À partir du XIXe siècle, alors que les corporations ont disparu, diverses pensées corporatistes envisagent de les faire revivre : là où, avec la révolution industrielle, le profit semble être devenu une fin en soi, le corporatisme vise à lui redonner à l’activité économique un sens supérieur.

Pour quelles raisons internes et externes le régime corporatif, fondement de la société médiévale, a-t-il été mis en échec avec l’avènement de la modernité ?

Il y a deux raisons fondamentales à l’abandon du système corporatif. Tout d’abord, la montée d’une philosophie individualiste, avec les Lumières au XVIIIe siècle, et la Révolution de 1789 comme point culminant. En effet, les corporations ne se justifient que si l’on considère que l’homme est naturellement membre de communautés, ce qui était la vision médiévale. Dès lors que l’on affirme qu’il n’existe que des individus, que seule vaut la liberté individuelle, alors les corporations n’apparaissent plus que comme des contraintes injustifiées à cette liberté.

Au lieu de voir des antagonismes dans la société, le corporatisme voit des complémentarités. Les hommes peuvent être différents, mais ce qui importe et qu’ils soient à leur place

Ensuite, il y a la révolution industrielle, avec la montée de la grande entreprise. Celle-ci est un facteur de déracinement considérable : les millions de travailleurs qui migrent des campagnes vers les villes industrielles se coupent de leurs communautés naturelles ; ils sont davantage portés à ne voir le monde que sous le prisme de leurs seuls intérêts propres. Ajoutons enfin un troisième facteur, plus contingent : si le système corporatif avait fonctionné de manière satisfaisante pendant des siècles, il avait néanmoins été peu à peu dénaturé par des interventions royales parfois trop interventionnistes. À la veille de la Révolution, les corporations étaient devenues beaucoup plus rigides qu’elles ne l’avaient été durant le Moyen Âge. [...]

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Eugénie Bastié, au nom des idées

Avec La Guerre des idées (Robert Laffont), Eugénie Bastié change de style. Après un premier essai remarqué, Adieu Mademoiselle (Le Cerf, 2016), dans lequel la journaliste pourfendait avec l’enthousiasme d’un jeune mousquetaire les mauvais rêves des hystéro-féministes, elle proposait deux ans plus tard avec Le Porc Émissaire (Le Cerf, 2018) la plus fine analyse du mouvement #MeToo, doublée d’un éloge de la virilité à regaillardir un eunuque. C’est la Gascogne qui coule dans ses veines. Pas question de rester planquée dans un bureau, même au Figaro. Elle aime monter en première ligne Eugénie, ferrailler en infériorité, se faire bombarder de yaourts par des connasses à cheveux bleus, tomber parfois mais triompher souvent. Dans sa ligne de mire ? Les déconstructeurs. Sur Twitter, sur un plateau TV, dans une conférence-débat ou dans les pages de son quotidien, elle affine sa lame, questionne les autres intellectuels et enquête sur ces nouveaux purificateurs.

La Guerre des idées se lit comme une longue enquête journalistique, celles qui se font trop rares aujourd’hui, parfaitement charpentée et avec une qualité souvent portée disparue, du style

Son nouveau livre, c’est tout ça et un peu plus même. Avec l’humilité des grands, elle troque son statut d’essayiste pour celui de journaliste et part à la rencontre de ses ainés, de droite comme Chantal Delsol, anciennement de gauche comme Régis Debray ou Alain Finkielkraut, encore de gauche comme l’historien Patrick Boucheron, et d’autres comme Michel Onfray ou Christophe Guilluy qui ne savent plus trop dans quelle étagère se ranger. Les idées, c’est ce qui l’anime. À l’époque d’Hanouna et des youtubeurs qui dégueulassent tout, même ce qu’ils ne comprendront jamais, Eugénie croit en notre époque. Une époque misérable qui sanctifie les cons et admire la laideur, et pourtant nous raconte-t-elle, il se passe quelque chose. Elle nous invite à prendre un peu de hauteur, analysant de son regard vif et de sa plume précise la mécanique des idées qui ne cesse de muter depuis vingt ans. [...]

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Gaspard Koenig, critique de la modernité ?

Fort déroutant objet intellectuel que cet Enfer de Gaspard Koenig, conte philosophique qui, tout en revendiquant explicitement l’actualisation du chef-d’œuvre de Dante, s’inscrit dans la vieille tradition française du genre, depuis Fénelon et Voltaire jusqu’à Camus et Sartre, toutes proportions étant évidemment gardées. Travail syncrétique donc, qui mêle roman et philosophie en une dystopie dont la forme est particulièrement soignée : rechignant à l’exposé analytique, l’auteur a choisi de mettre ses idées en chair et en action, ou tout le moins de faire sentir par l’incarnation ses critiques d’un monde dont il craint l’avènement.

Mort transitant par saint Pierre, un économiste néolibéral à la vie sans turpitudes rejoint ce qu’il croit être le paradis où, dotés d’une carte de crédit illimitée et d’une puce électronique, tous vadrouillent dans un réseau d’aéroports hyper-connectés et consomment à souhait. Suscités par une myriade de sollicitations, tous les désirs – alimentaires, matériels, sexuels – sont satisfaits immédiatement, de manière permanente et dans la sécurité la plus totale. Bien vite, le héros déchante pourtant : le mouvement perpétuel et l’insatiabilité de désirs fugaces lui font entrevoir les ravages de l’extension radicale des principes d’efficacité et d’utilité économiques. De l’illimitation, aucune satisfaction réelle ne peut naître ; elle est une prison, car rien n’est si un jour ne s’éteint. « C’est là que je réalisai toute mon erreur : je n’étais pas au paradis, mais en enfer. La torture éternelle, ce n’était pas la chaux et les pinces, mais un salon d’attente avec sièges inclinables ». Voyant là appliqué ce qu’il avait prôné sur terre, l’économiste se comprend damné pour l’avoir prêché, à l’inverse de son maître à penser Milton Friedman qui, rebondissant béatement sur un trampoline, se croit au paradis, celui de la concurrence pure et parfaite et de son corollaire anthropologique, l’homo oeconomicus. [...]

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Éditorial essais de mars : Demain, il fera nuit

Il faut dire ce qui est, non seulement ce que l’on voit. Il faut dire tout ce que l’on ne voit pas, et tout ce qui nous échappe, les interstices d’où la lumière ne sort pas et qui se dissimulent dans l’ombre de telle façon qu’on pourrait croire, en ne faisant confiance qu’à notre seule vue, qu’ils n’existent pas. L’intelligence s’exerce à ce prix, celui de confesser sa cécité ; et de se confesser à nouveau, car nous voici toujours relaps en matière d’intelligence, comme en matière de foi qui sont deux choses identiques en cela qu’elles sont chacune, quoique selon deux ordres différents, l’œuvre des ténèbres. Il faut dire ce qui est, non seulement ce que l’on voit, et même dire ce qui est, jusque dans l’obscurité de ce que l’on voit, jusque dans ce que notre vue nous cache, jusque dans la lumière qui fait aussi bien, voire mieux, le travail de l’ombre et à laquelle on ne s’habitue pas.

Tout le malheur du monde provient de là, quand un jour un homme a osé dire, en dépit de la vérité, « je sais ! »

C’est un labeur pénible dont on tirera plus de honte que de gloire, et qui souvent nous humiliera, et qui ne nous rassurera jamais. Mais l’inquiétude renforce, son amertume guérit de la bêtise, et, décillés grâce à elle, nous pourrons contempler ce que nous voyons en gémissant, humbles à nouveau, scrutant, et scrutant toujours, à nous en déchirer la rétine, un monde qui, quand nous croyons le connaître, ne mérite pas notre amour. Car ce que l’on en voit ne peut que nous en dégoûter comme tout ce qui nous distrait de lui semble le nier. Et ceux qui se ravissent du monde comme ceux qui s’en écœurent se trompent mêmement ; et selon leur plaisir ou leur nausée effectuent le même geste que le fanatique, du haut de sa doctrine, ou le scientiste, rivé à l’embout de son microscope, qui ne voit rien d’autre que ce qu’ils voient tous les deux, soit l’expression d’une perspective leur permettant de proclamer une leur part de vérité ; part de chacun qui, une fois assemblées, ne font jamais autre chose qu’un mensonge. [...]

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