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Is « doudoune sans manches » the new « veste en tweed » ?

Depuis Martial (Epigrammes, XII), on connaît l’expression « rus in urbe » (qu’on peut traduire par « campagne en ville »). Le poète latin d’origine espagnole commençait par regretter l’agitation et le bruit de la ville, puis s’extasiait sur la villa de son patron Sparsus. Située au sommet de la colline, silencieuse et spacieuse, avec son grand parc et le calme de ses allées, c’était un luxe ultime : le meilleur des deux mondes, la campagne à la ville. L’expression a connu une certaine fortune depuis, cette fois dans l’univers sartorial.

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La pratique du rus in urbe, qui consiste à associer des pièces faites pour les champs à un train de vie citadin, est une vieille astuce qui peut vite tourner à la frime si c’est mal fait. Les Italiens portent des manteaux en casentino, une laine boulochée faite pour les bergers et pour les monastères franciscains (ou même, comme Agnelli, des bottes de montagne avec des pantalons de flanelle) ; les Français ont leurs vestes forestières de chez (feu) Arnys, inspirées des uniformes de garde- chasse ; les Américains utilisent les manteaux de polo (en poil de chameau), initialement prévus pour rester au chaud entre deux matchs, pour faire les malins à Wall Street ; et les Anglais, bien sûr, mettent des Barbour hors d’âge par-dessus des costumes rayés.…

[Reportage photo] Les fêtes de la terre

Vincent Léglantier est le président de l’association des vignerons du Sézannais (Champagne Sud). Le chef d’entreprise est à la tête d’une équipe de dix bénévoles pour organiser la fête de la Saint-Vincent 2024. « Je suis le seul homme de l’équipe, se réjouit Léglantier. La Champagne est la région viticole de France où le métier de vigneron se féminise le plus. » Si la présence du sexe faible égaye notre président vigneron, point de vue mobilisation des jeunes, c’est moins rose. « Nos participants sont de plus en plus âgés. Les jeunes vignerons sont peu intéressés par l’action collective et les traditions » se désole Léglantier. « Il y a vingt-cinq ans, lorsque j’étais gosse, nous étions cent participants dans notre village de Saudoy. Aujourd’hui pour atteindre ce chiffre, nous devons nous réunir à cinq communes. »

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Chaque année en Champagne, le rituel séculaire est identique.…

L’empire du dégueulasse

L’écologie gauchiste réussit parfois de belles performances : polluer des endroits jusqu’alors préservés. En tête de gondole, on trouve les éoliennes bien sûr. Et puisque les tourniquets à poignon n’avaient pas assez colonisé les champs à pécores, maintenant on en installe aussi au large. Vues de la plage, on dirait des barres d’immeubles ! Sponsorisées par le syndicat d’initiative du 93 ! Ah, quand les Parigots vont arriver au Cap d’Erquy cet été, ça va leur faire tout drôle du paysage. Comme si on avait déplacé Aubervilliers au milieu de la mer.

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Mais le plus compétitif en matière de dégueulasse reste quand même les poubelles recyclage. Brillante idée ! Et tellement écolo ! Désormais quand vous habitez en campagne, il n’y a plus un seul endroit isolé sans sa petite famille de poubelles à verre ou à papier. Bien entendu, dès qu’un conteneur du genre est installé, tous les abords s’en trouvent emmerdouillassés, pire qu’une basse- cour à dindons des quartiers nord de Marseille.…

Les pièges à glu sont-ils de droite ?

Je suis rentré naguère dans une quincaillerie pour acheter un chausse-pied. La boutique était, hélas, brillamment éclairée et manquait de tiroir en bois verni munis de poignées coquille en laiton, mais la juxtaposition serrée des chargeurs de téléphone et des pinces à avoyer, des poêles en pierre et des cristaux de soude, satisfit assez mon goût des choses. Il y avait, au fond, des paquets d’un jaune fluorescent intrigant. Je m’approchai, les colonnes jaunes étaient frappées d’un logo : Lucifer.

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Le nom était déjà inquiétant, la chose l’était encore plus. Il s’agissait de pièges à glu. Horreur. Promesse d’une agonie de plusieurs jours. La marque Lucifer est la propriété des établissements Masy Père et fils, sis à Nouvion-le-Comte (Aisne), qui fabriquent, en hêtre, des
tapettes à souris honnêtes et des garde-manger efficaces. Mais voilà, certains ne savent pas embusquer un piège à ressort et les Masy, père et fils, en sont venus à proposer des pièges à glu «prêts à l’emploi », comme le proclame fièrement l’emballage.…

Les morts sont-ils de droite ?
Emmanuel Macron, qui affectionne l’appareil des grandes funérailles, n’a jamais manqué de saluer avec originalité et talent les grandes disparitions(Jacques Delors: « L’Europe perd un artisan infatigable, et la France une figure tutélaire de la scène politique depuis quarante ans »; Christophe: « Il y a là [Les Mots bleus] toute la délicatesse et l’idéalisme éthéré de ce dandy qui ouvrageait ses chansons en esthète »; François Bayrou: « Un emmerdeur ») et d’organiser des cérémonies publiques où sa propre personne se nimbe de la fumée des encens destinés aux défunts
Terroir akhbar !
Quand vous allez acheter votre saucisson de sanglier dans une boutique du Rouergue, vous ne pouvez pas vous empêcher de sourire. Oui vous avez fait le bon choix ! Autocollant « Fabriqué en Occitanie » sur la porte. Terroir! Vrai sanglier avé l’açent! Comme un corniaud de Parisien vous le montrez même à Louis-Djeustine votre gosse. Celui-là vous avez décidé de l’éduquer au « localisme » de la boustifaille. Bon-gne goût de nos telllloilllls. Lui, il saura choisir le vrai fromage de brebis AOC et ne bouffera pas du Babybel devant TokTok comme ses sœurs.
Magie et pouvoir des petites bulles, vieux crémants

Qui ne se souvient pas de ce slogan publicitaire ? « Cela ressemble à de l’alcool, cela a le goût de l’alcool mais cela n’est pas de l’alcool. » Dans les spots publicitaires qui vantaient le Canada Dry, des acteurs jouaient aux mafieux de la prohibition. Mafieux roublards qui trompaient le FBI avec cette boisson aussi gazeuse qu’infâme. À l’instar de ce soda, le crémant « ressemble à du champagne, il a le goût du champagne mais cela n’est pas du champagne ». Vin effervescent fabriqué suivant la méthode champenoise, le crémant subit le snobisme des foules gauloises. Il est toujours considéré comme un sous-champagne. D’aucuns préfèrent venir chez un ami avec un champagne médiocre plutôt qu’avec un crémant de qualité.

Toutefois, cette image négative ne reflète pas la bonne santé économique du secteur.

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En 2022, les crémants ont dépassé les 100 millions de bouteilles commercialisées.…

Les brunes ne comptent pas pour des prunes

En 2006, il n’y avait que 246 brasseurs en France. En 2003, ils sont 2 300. L’explosion des micro- brasseries artisanales explique cette hausse spectaculaire. Réputés pour leurs vins, les Français n’ont jamais été de gros consommateurs de bières : 33 litres ingurgités en moyenne par an contre 141 pour les Tchèques ou 102 pour les Allemands. Petits buveurs, les Français sont en revanche des esthètes : ils cherchent la qualité et privilégient les produits locaux. D’où la multiplication des brasseries artisanales, d’où l’intérêt pour les bières artisanales. Parmi elles, les bières brunes estimées pour leurs arômes de café et leur mousse crémeuse.

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L’engouement pour les bières artisanales a favorisé l’émergence d’une économie responsable. Les circuits courts sont aujourd’hui recherchés. Houblon et orge sont cultivés dorénavant dans les régions françaises.

L’orge est l’ingrédient numéro un de la bière. C’est un cousin du blé qui contient de l’amidon.…

L’Incorrect

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