
Depuis Martial (Epigrammes, XII), on connaît l’expression « rus in urbe » (qu’on peut traduire par « campagne en ville »). Le poète latin d’origine espagnole commençait par regretter l’agitation et le bruit de la ville, puis s’extasiait sur la villa de son patron Sparsus. Située au sommet de la colline, silencieuse et spacieuse, avec son grand parc et le calme de ses allées, c’était un luxe ultime : le meilleur des deux mondes, la campagne à la ville. L’expression a connu une certaine fortune depuis, cette fois dans l’univers sartorial.
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La pratique du rus in urbe, qui consiste à associer des pièces faites pour les champs à un train de vie citadin, est une vieille astuce qui peut vite tourner à la frime si c’est mal fait. Les Italiens portent des manteaux en casentino, une laine boulochée faite pour les bergers et pour les monastères franciscains (ou même, comme Agnelli, des bottes de montagne avec des pantalons de flanelle) ; les Français ont leurs vestes forestières de chez (feu) Arnys, inspirées des uniformes de garde- chasse ; les Américains utilisent les manteaux de polo (en poil de chameau), initialement prévus pour rester au chaud entre deux matchs, pour faire les malins à Wall Street ; et les Anglais, bien sûr, mettent des Barbour hors d’âge par-dessus des costumes rayés.…








