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Aux nu(e)s

Ce regain de pudibonderie semble associé à l’hypersexualisation du corps féminin : on ne peut plus traverser une ligne de métro sans reluquer les atouts callipyges d’une jeune femme de réclame en train de manger un yaourt ou acheter le dernier smartphone à la mode. Par réaction, la société ne supporte plus de voir le moindre bout de peau – quand bien même s’agirait-il d’un allaitement discret.

Briser les tabous

Cette pudibonderie s’applique mal en occident. D’autant plus dans un occident qui s’enorgueillit de « déconstruire ». Et le rapport au corps en premier : on casse les frontières hommes / femmes, on glorifie les poils sous les bras, on s’extasie devant l’obésité morbide. En prime, on taxe de « réac » tous ceux qui jugent que c’est un tout petit peu trop. La doxa du Progrès éternel forcément génial a encore une fois confondu « tabou » et « intime » : si on cache le sang des règles sur les publicités, c’est parce que le patriarcat serait gêné et voudrait contrôler le corps des femmes. Pas du tout parce que personne n’a envie de voir le contenu d’une serviette ou d’une couche en trois mètres par quatre à 7 heures du mat, bien sûr. […]

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Un ange passe

Dans le salon de Mathilde où un instant plus tôt les conversations allaient bon train, les invités étant tout heureux de retrouver des connaissances perdues de vue et de savourer avec elles des apéritifs variés en commentant une actualité qui ne l’était pas moins, le silence se fit tout à coup, subitement.

« Un ange passe ! » brama après une dizaine de secondes Maurice Bourgès-Maunoury, le célèbre professeur de droit administratif, ravi d’être le premier à énoncer ce qu’il prenait pour un mot d’esprit de grande classe. Joignant le geste à la parole, « MBM » lança une œillade complice à Gudrun, son épouse, qui tremblotait l’admiration, comme à chaque fois que son seigneur et maître daignait ouvrir la bouche.

Lire aussi : Préserver la langue française par l’insulte : mode d’emploi présidentiel

E., en revanche, se contenta de soupirer en fixant le plafond.

– Un Anche passe ! Wie lustig ! Gome zé droll, fou né droufé ba ? Nous n’afons ba ça auf deutsch ! s’inquiéta Gudrun qui, après trente-cinq ans passés en France, maniait avec aisance la belle langue de Guillaume Musso et d’Anna Gavalda.

[...]
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Le soutif est-il de droite ?

Je m’étais enfin décidé à donner à cette chronique le poids et la gravité nécessaire que tant d’esprits sérieux réclament. J’allais traiter L’État de droit est-il de droite ? quand un ami m’a appelé : « Le sous-tif est-il de droite ? » m’a-t-il immédiatement demandé, d’une voix où la curiosité l’emportait à peine sur l’angoisse. Il sortait d’une conversation avec une jeune fille qui avait décidé d’abandonner le soutien-gorge. Elle affirmait être de droite. Au diable les gens sérieux. Selon ce que cette chronique dictera, des milliers de femmes (dans un premier temps) décideront ou non d’abandonner leurs sous-tifs, et l’industrie de la corsetterie tremblera. Je n’ai jamais éprouvé aussi fortement le poids de ma responsabilité incorrecte.

Lire aussi : Blanc sein

La question est en effet délicate. Au nom de la tradition (le soutien-gorge remonte à la plus haute antiquité), on serait tenté de dire que le soutif est de droite. Mais cette antiquité n’est-elle pas suspecte ? On ne sait pas si c’est la pudeur ou l’impudeur qui a dicté l’usage, la prudence ou l’imprudence, la coquetterie ou la négligence ; l’apodesme ou le strophium n’avaient pas toujours de fonction pratique (selon le professeur Jean- Denis Rouillon, professeur au CHU de Besançon, qui a mesuré pendant quinze ans les poitrines de plus de trois cents femmes de 18 à 35 ans, ne pas porter de soutien-gorge permettrait à la poitrine de se raffermir grâce au renforcement naturel des tissus de suspension ; l’étude date de 2013, les résultats doivent être confirmés). [...]

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Quand Margot dégrafait son corsage

Par confort, soucis de santé ou engagement féministe, les demoiselles se débarrassent de leur camisole quotidienne dans un « ouf » de soulagement. « La première chose que je faisais en rentrant le soir, c’était de dégrafer cette horreur ! » nous dit Camille, 27 ans, passée au no-bra depuis un an. Comme elle, 7 % des femmes françaises ne portent plus ou quasiment plus de soutien-gorge, selon une étude IFOP, contre seulement 3 % avant les confinements. Pour ces intrépides, finie la torture quotidienne, les maux de dos, la pression à la silhouette parfaite.

Les chiffres sont sans appel : les confinements ont dégrafé les fermetures plus rapidement qu’un plan Tinder. « Je n’y avais jamais vraiment réfléchi, explique Carine, 36 ans. J’en porte depuis mes douze ans, c’était devenu un réflexe. Mais pendant le confinement, je n’avais pas besoin d’en porter pour travailler ou sortir. Petit à petit, j’ai pris l’habitude de ne plus en mettre. Quand il a fallu me harnacher à nouveau, j’ai réalisé les douleurs que je m’imposais ». La tendance se lit encore plus nettement chez les 18/25 ans : 18 % d’entre elles abandonnent cette pièce de lingerie, là où seulement 4 % faisaient l’impasse auparavant. [...]

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Blanc sein

Personne ne se posait la question il y a quelques années encore : si bébé hurle parce que son bidon gargouille, on le nourrit. Certaines préfèrent l’intimité d’une pièce fermée, d’autres choisissent de ne pas faire attendre leur progéniture, d’autres encore sortent l’artillerie lourde du chauffe-biberon pour s’épargner la question. Depuis peu cependant, les scandales concernant l’allaitement en public se multiplient.

À Bordeaux, en mai dernier, Maylis nourrissait discrètement son bébé dans la file d’attente d’un relais-colis en centre-ville. Elle se serait pris une gifle de la part de ce qu’il convient d’appeler po- liment une « vieille bique ». Quelques jours plus tard, la même scène se déroule cette fois-ci au château de Versailles. Fort inapproprié pour un palais qui a dû voir bien plus indécent. De même, l’affaire d’une jeune Australienne sommée de stopper son allaitement à Disneyland Paris a défrayé la chronique en juillet. La raison invoquée par le personnel de sécurité du parc ? Cet acte choquerait la sensibilité de la clientèle étrangère. Pas la clientèle australienne, vous l’aurez compris. Nous touchons là un point saillant du problème : la mondialisation apporte, ainsi que la Pravda officielle vous le radote, un enrichissement constant et sans limites. [...]

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Une banane sans arêtes, s’il vous plaît

« Dites-moi, mon brave, ce n’est pas parce que le confinement est terminé et que vous pouvez à nouveau ouvrir vos salles et vos terrasses qu’il faut vous venger sur les clients, et leur servir du poisson plein d’arêtes comme celui-ci ! C’est absolument immangeable ! » conclut Chantal de S. en désignant une assiette qui ressemblait à un champ de bataille napoléonien.

– Ah, ça, madame, c’est toujours le problème de la perche. Madame souhaiterait que je lui apporte autre chose ? Un steak haché ? Une quiche lorraine ? »

– Non merci, c’est un peu tard, mais vous pourriez prévenir, tout de même ! On n’est pas censé le savoir ! Vous ne trouvez pas ? grognat-elle en prenant toute la tablée à témoin.

– Chantal, décidément, vous m’émerveillerez toujours ! J’ignorais que l’on pouvait être aussi représentative de son époque que vous l’êtes !

– J’y verrais volontiers un compliment si ça ne venait pas de vous, mon cher E. Mais que voulez- vous insinuer par-là ? Quel est le rapport entre notre époque et les arêtes de poisson. [...]

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Maman, comment on fait les bébés ?

À quel âge démarrer l’échange sur le sujet ?

Pour faire simple : on en parle quand il en parle ‘ Si on impose le sujet, ou qu’on se braque quand il l’évoque, on court à la catastrophe. Si le sujet arrive par exemple par la télé, donnez votre avis sans jugement, en laissant la discussion ouverte. Avec un peu de chance, il prendra la balle au bond.

Pas vraiment à l’aise avec le sujet ? Rien n’empêche de déléguer à un proche de confiance : parler de sexualité avec ses parents n’est jamais facile.

« Maman, je suis vraiment un garçon ? »

Si mon ado s’inquiète de son identité de genre, comment remettre les choses à plat ? La souplesse et la compréhension dont nous pouvons faire preuve ne remettent pas en cause nos valeurs. Voici ce qui se joue en ce moment auprès de nos têtes blondes au collège : un acharnement à croire en l’homme tout-puissant, au-dessus de la Nature par l’aide du « progrès scientifique » et de la médecine moderne. D’où l’importance de rappeler un fait biologique : il n’existe que deux genres à la naissance. Point. Certains s’imaginent la sexualité comme une construction sociale. En réalité, cela cache une nouvelle mode de crise adolescente qui pousse plus loin le vice. On est « pansexuel » comme on était « émo » ou « punk ». La génération précédente a abaissé l’âge de la rébellion, du premier rapport sexuel, du binge-drinking et de la consommation de drogues (là où la génération d’encore avant allait découvrir les « joies » des familles éclatées, héritées de l’« émancipation » de la religion et de la structure familiale). [...]

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Les inventaires sont-ils de droite ?

Nombre d’auteurs excellents ont vanté les mérites des listes, Borgès, Quignard et Eco, pour ne citer que ceux-ci. Ils goûtent le charme des catalogues obsolètes, des taxonomies aberrantes, des nomenclatures absconses et des choix fermés et abrupts. On sent qu’ils prisent par-dessus tout d’une part l’affirmation très personnelle d’un monde intelligible et vivable parce que réduit à des catégories qui visent à l’objectivité, d’autre part la distance évidente entre cette réduction et la réalité ; distance qui témoigne autant des préjugés de l’auteur que de l’état de la science, de la vanité de prétendre épuiser le monde que de l’égocentrisme le mieux assumé.

L’inventaire, lui, n’est pas une liste. On devine dans l’entreprise d’inventorier une volonté honnête, obstinée, méticuleuse et humble pour rassembler ce qui, réellement, épuise un sujet, au moins momentanément. Les catalogues d’étoiles, les sommes consacrées à un seul peintre, les traités anatomiques et les bases de données de fossiles ne prétendent pas être originaux ni expliquer le monde : ils offrent au chercheur comme au curieux une portion de réel la plus complète possible qui, dans son principe même de collection, avoue son incomplétude et appelle le suiveur qui, à son tour, entassera ; avec toujours le risque du scribe malfaisant supprimant telle référence ou ajoutant, saugrenue mais désormais répertoriée, telle entrée frauduleuse (l’arabe dialectal fait ainsi partie de la liste des langues de France, établie par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, la DGLFLF, aux côtés du gallo, du mahorais, du normand et de l’arawak) ; mais tous les hommes ne sont pas pervers et ceux qui dressent des catalogues donnent généralement foi en l’humanité. [...]

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