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Afrique du Sud : Devon Hofmeyr, nouvelle figure des Afrikaners

Casquette vissée sur la tête, yeux bleus translucides, regard droit, portant la chemise kaki-beige prisée par les fermiers boers, le bras droit orné d’un immense tatouage, Devon Hofmeyr est la nouvelle attraction des médias sud-africains. Star montante de la jeunesse afrikaner et adepte « de la gonflette », il s’affiche partout où sa communauté est discriminée. Dernièrement, il s’est porté au chevet des fermiers de Kirkwood, une localité de l’Eastern Cap, victimes collatérales d’un affrontement violent entre la police et un syndicat protestant contre l’emploi d’immigrés africains dans les champs d’agrumes. Un véritable climat de guerre civile qui a tenu la presse locale en haleine durant plusieurs jours.

Chez les Hofmeyr, on a la défense du boervolk dans le sang depuis plusieurs générations. Leur pedigree familial est éloquent. Depuis le XVIIIème siècle, leur histoire se confond avec celle de la construction de l’Afrique du Sud. L’arrière-grand-père de Devon a été un commandant de l’Ossewabrandwag, un puissant groupe paramilitaire pronazi durant toute la première moitié du XXème siècle, qui organisé des attentats contre les Britanniques et qui a donné de nombreux dirigeants à l’Afrique du Sud. Lui-même est le fils de Steve Hofmeyr, un chanteur à succès en Afrique du Sud qui a autant fait les manchettes des journaux people pour ses nombreuses affaires extra-conjugales que pour ses prises de positions controversées contre le lobby LGBT, accusant le gouvernement d’orchestrer méticuleusement le « génocide de sa tribu ». En 2015, Steve Hofmeyr avait mené ses partisans à Pretoria afin de protéger la statue de Paul Kruger, le dernier président de la République Transvaal, menacée de déboulonnement. Sous l’œil des caméras de télévision, le groupe n’avait pas hésité à entamer « Die Stem », l’hymne officiel de l’ancien régime de ségrégation raciale au pouvoir entre 1948 et 1994. [...]

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Loup Viallet : « En aidant à financer les crimes de guerre de Poutine en Centrafrique, quatre bitcoiners français discréditent les cryptomonnaies »

Ce 25 mai, quatre entrepreneurs français spécialistes des cryptomonnaies (Jean-Christophe Busnel, Sébastien Gouspillou, Richard Détente, Nicolas Burtey) se sont rendus à Bangui, en République centrafricaine pour participer à un séminaire officiel sur le Bitcoin. Cette information serait passée sous nos radars si vous n’aviez pas réagi virulemment sur les réseaux sociaux. Qu’est-ce qui a suscité votre réaction ?

C’est une publication de Sébastien Gouspillou qui m’a fait réagir. On y voyait quatre bitcoiners français prendre un selfie sourire aux lèvres avant le décollage de leur avion pour Bangui. L’irresponsabilité de leur démarche m’a sauté aux yeux. Comment quatre entrepreneurs brillants, à la pointe d’une innovation prometteuse (mais encore balbutiante) ont-ils pu ignorer le contexte géopolitique dans lequel cette monnaie a été introduite en Centrafrique ? Depuis quatre ans, la Centrafrique est le laboratoire du néo-colonialisme russe en Afrique. Sa capitale et son territoire national sont contrôlés par les mercenaires de la société paramilitaire russe Wagner, dont le parrain est Evgueni Prigojine, un proche de Poutine qui a notamment fondé les usines à trolls relayant la propagande russe dans le cyberespace et qui est connu pour troquer ses « services de sécurité » en échange de l’exploitation de mines d’or ou de diamant.

Les 4 fantastiques

Au début du mois de mai, un rapport de l’ONG Human Rights Watch alertait la communauté internationale sur les « détentions arbitraires, les tortures et les exécutions extra-judiciaires » mais aussi sur les « viols et violences sexuelles » commis sur des « hommes, des femmes et des jeunes filles (...) partout dans le pays ». La mise en coupe réglée de ce pays a contribué à l’isoler de ses voisins et à déstabiliser la sécurité de la sous-région. L’adoption du bitcoin comme monnaie co-officielle le mois dernier a permis au régime de dresser un écran de fumée mélioratif pour son image internationale : la RCA devenait le premier pays africain à adopter une crypto. De quoi enthousiasmer des mordus de crypto inconscients et naïfs.

Aveuglés par leur passion, les quatre fantastiques du bitcoin n’ont pas pris conscience qu’ils servaient d’idiots utiles à la néocolonisation russe

Mais à qui peut bien servir une crypto-monnaie dans un pays où 10% de la population a accès à internet (avec un débit limité) et moins de 15% a accès à l’électricité ? Pas au peuple, bien sûr, mais à l’oligarchie criminelle régnante. L’usage de cette monnaie décentralisée dont les flux sont intraçables qu’est le bitcoin permet au Kremlin de continuer à financer des activités illicites en RCA sans être inquiété, mais aussi de s’affranchir du dollar comme monnaie de référence pour les échanges de matières premières et ainsi de s'approvisionner en or centrafricain en contournant les sanctions internationales émises depuis la guerre en Ukraine. Aveuglés par leur passion, les quatre fantastiques du bitcoin n’ont pas pris conscience qu’ils servaient d’idiots utiles à la néocolonisation russe dans ce pays, et permettaient au président Touadéra de détourner l’attention internationale de la corruption et des crimes de son régime. [...]

Thierry Mariani : « Détruire nos nations ne sauvera pas l’Ukraine »

Vous souvenez vous de la stratégie du choc ? C’est une des techniques employées par une partie du complexe militaro industriel américain au lendemain des effroyables attentats du 11 septembre. Après qu’Al Qaeda a envoyé ses kamikazes frapper les États-Unis, Washington, au lieu de s’attaquer directement au groupe terroriste et à ses liens avec l’Arabie Saoudite, avait décidé d’attaquer l’Irak.

Finalement, les contrats d’armements des États-Unis avaient explosé, entraînant dans leur course effrénée au profit la déstabilisation définitive du Proche Orient et ses centaines de milliers de morts.

C’est exactement ce qui se produit en Ukraine. L’OTAN, l’Union européenne et Washington accélèrent des agendas idéologiques totalement contraires aux volontés populaires en profitant de l’onde de choc de la guerre en Ukraine et de l’émotion qu’elle suscite.

Lire aussi : Éditorial monde de mai : Le naufrage ukrainien

Listons les propositions de l’Union européenne : augmentation des financements d’armements vers l’Est de l’Europe, propositions à mi-mots d’un impôt de guerre européen, suppression du vote à la majorité absolue dans les questions de souveraineté au Conseil européen, achat en groupe dans le secteur de l’énergie, création de nouvelles ressources propres, investissements communs de 300 milliards d’euros, multiplication des sanctions unilatérales.…

Allemagne : des robes courtes interdites pour satisfaire les étrangers ?

Les tenues vestimentaires font couler beaucoup d’encre en Allemagne, et particulièrement dans un lycée de Bavière, à Ebersberg. En effet, la chaleur revient, un bel été s’annonce et les jeunes Allemandes adaptent leurs tenues en conséquence. Mais ça dérange.

Dans ce collège-lycée, le code vestimentaire est ainsi vivement discuté. Avec les beaux jours qui reviennent, et face à la protestation de certains professeurs, les élèves protestent contre le règlement qu’ils considèrent comme discriminatoires et restrictifs pour les filles. Ces tensions se sont traduites par des manifestations au sein du lycée, avec des jeunes filles et garçons qui se sont habillés épaules et ventre nus pour revendiquer leur point de vue. « Le fait qu'une sorte de code vestimentaire règne à nouveau maintenant fait reculer le développement de la femme indépendante » a déclaré Matthias Spensberger, déléguée des élèves. [...]

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Birmanie : plongée dans le chaos

Le 31 janvier 2021, les Birmans se sont couchés pleins d’espoir, la National League for Democracy (NLD) allait commencer un second mandat de cinq ans après avoir remporté, haut la main, les élections de novembre 2020. Le lendemain, au petit matin, Aung San Suu Kyi, le président Win Myint et les parlementaires de la NLD étaient arrêtés à Naypyidaw et le Tatmadaw (nom de l’armée birmane) reprenait le total contrôle du pays après un interlude démocratique de dix ans.

Un an après, le chef du nouveau régime, le général Min Aung Hlaing affirme que tout va pour le mieux au Myanmar. Il en est convaincu, la crise va rapidement laisser place à un avenir radieux fait de voitures électriques, de métro, de vaccins made in Myanmar et d’un retour en masse des investisseurs et touristes étrangers. Le calme des grandes villes, comme Yangon ou Mandalay, pourrait laisser penser qu’en effet tout va bien en Birmanie. Mais l’omniprésence des militaires patrouillant arme au poing dissipe rapidement l’illusion. Économiquement le pays agonise. La plupart des banques sont fermées et retirer de l’argent devient presque impossible. L’instabilité du pays et les sanctions internationales ont provoqué le retrait de nombreux investisseurs étrangers comme Total ou Chevron, aubaine pour certaines compagnies asiatiques et surtout chinoises, attirées par les richesses birmanes. L’arrêt des exploitations de gaz naturel et des problèmes de maintenance de certaines installations ont par ailleurs fortement ralenti la production d’électricité et depuis le début du mois de mars 2022 la situation est devenue intenable. Une grande partie du pays est privée d’électricité une bonne partie de la journée, le courant étant accessible au maximum six heures par jour, réparties de façon totalement anarchique, désorganisant encore plus une économie sinistrée. [...]

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Frédéric Le Moal : « La Finlande et la Suède ont peur de la Russie »

Les Parlements de Suède et de Finlande ont récemment voté à une large majorité en faveur d’une adhésion à l’OTAN. Quelles peuvent être les implications de ces décisions ?

Nous assistons là à une vraie révolution géopolitique dans le sens où la Suède quitte un statut de neutralité auquel elle est très attachée. Elle a été une grande puissance au XVIIe siècle pour devenir un État neutre durant les deux guerres mondiales et qui a eu le sentiment d’être protégée par cette neutralité des horreurs du XXe siècle. Elle avait suivi cette ligne durant la Guerre froide alors que les circonstances la forçaient à choisir, bien que son système soit occidentalisé. Il en est de même pour la Finlande, qui n’a cependant pas du tout la même histoire. La Finlande est une ancienne province russe qui a pris son indépendance après la Première guerre mondiale. Elle a été envahie par les Soviétiques en 1940. On lui a cependant imposé, à l’issue de la Seconde guerre mondiale, un statut de neutralité. Un mot en a découlé : la finlandisation, qui désigne l’imposition de la neutralité lorsqu’un pays est tiraillé entre deux blocs. La neutralité de la Finlande a été la condition de la Russie.

Les deux pays ont une frontière avec la Russie : la Suède à l’extrême-nord et la Finlande sur 1340 kilomètres. On a vraiment deux révolutions par peur de la Russie. Ces décisions marquent une crainte. Elle s’explique historiquement pour la Finlande. Il est tout à fait normal que les pays de la frontière est, historiquement comme géographiquement, aient cette crainte. Ils ont régulièrement été envahis et parfois martyrisés par la Russie. C’est, de leur point de vue, logique et légitime.

Cette volonté d’adhésion a-t-elle des chances d’aboutir ?

À l’heure où nous parlons, le projet a des chances d’aboutir. En effet, un seul pays a émis des réserves à ce sujet : la Turquie. Il faut l’unanimité pour élargir l’OTAN. Or, si les réticences turques tombaient, ces pays intégreraient l’OTAN. [...]

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Frères d’Arménie
Quelle est la raison de votre venue en France ?Mgr Abrahamyan: Nous sommes venus en France pour une mission importante. D’abord pour nous rapprocher un peu plus de la diaspora arménienne, et pour répondre à l’invitation de SOS Chrétiens d’Orient. Cela nous tenait très à cœur d’autant que l’association est de plus en plus investie […]
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États-Unis : fusillades à la chaîne

Ce week-end, deux fusillades ont eu lieu aux États-Unis. La première, très médiatisée, est celle d’un suprématiste blanc qui a ciblé des Afro-Américains. Dans la ville de Buffalo, àl'ouest de l’État de New-York, un homme de 18 ans arrive samedi vers 14h30 avec une mitraillette et vise les clients et les employés du magasin, fréquenté par la communauté noire.

Lourdement armé, casque et gilet pare-balles, il ouvre le feu et fait 13 victimes dont 10 morts. Alors qu’un policier à la retraite tente de l’arrêter en lui tirant dessus, le gilet protège le jeune homme qui l’abat en retour. Alors que la police arrive, le terroriste, prêt à se suicider, en est dissuadé par les forces de l’ordre. Diffusée en direct sur Twitch, la tuerie était clairement motivée par le racisme. Le meurtrier avait en effet écrit en blanc « nigger », et le nombre 14 –symbole néonazi – sur son arme. L’homme s’était d’ailleurs ouvertement déclaré suprématiste blanc et antisémite. Au moins, voilà qui est clair. [...]

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