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L’épopée coloniale allemande, un empire oublié
« Historien du dimanche », au sens noble que lui donnait Philippe Ariès, Sylvain Roussillon s’était fait remarquer ces dernières années pour ses travaux originaux sur les volontaires internationaux engagés dans les rangs franquistes et sur la guerre anglo-américaine de 1812. Dans la lignée des travaux de l’africaniste Bernard Lugan, auteur de la postface du livre, il nous présente aujourd’hui un remarquable ouvrage de synthèse sur un empire colonial oublié, celui bâti par l’Allemagne des Hohenzollern de 1884 à 1918 [ ...]
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Le nouveau procès de l’Est : la question hongroise

À la recherche d’un ennemi commun, acceptable par tous, pour ressouder une Union européenne en perdition après le Brexit et la crise sanitaire, les dirigeants de l’UE ont choisi d’imposer le respect de la pureté idéologique du nouvel ordre moral à l’un des pays membres de l’Union, la Hongrie. La cause du procès importe peu – il s’agit en l’occurrence d’une loi conservatrice de protection de la jeunesse dont on serait en droit de discuter la pertinence de tel ou tel aspect mais qui en soi n’est pas attentatoire à la dignité de la personne humaine et dont l’objet relève du libre exercice de la souveraineté nationale de ce pays. Il y a chez les Hongrois une volonté explicite de poser des limites raisonnables à la toute-puissance de l’individualisme consumériste contemporain.

Il faut s’être rendu dans les pays d’Europe centrale et orientale, avoir discuté avec des intellectuels et des personnalités politiques issues de ces États pour comprendre qu’une différence profonde de mentalité existe entre eux et les pays fondateurs de l’Union européenne. La matrice totalitaire à l’œuvre dans ces pays entre en 1945 et 1990 a produit une autre vision du monde que la nôtre. La libéralisation rapide et radicale des années 1990, loin de rapprocher ces États de notre mentalité, a produit une réaction conservatrice somme toute assez saine et naturelle.

Il y a chez les Hongrois une volonté explicite de poser des limites raisonnables à la toute-puissance de l’individualisme consumériste contemporain

Il suffit de passer quelques jours à Budapest et alentours pour comprendre que la Hongrie est un pays blessé depuis 1918 et son dépeçage, nostalgique à juste titre de sa grandeur passée. Son nationalisme est tempéré et exempt de tout militarisme. Elle abrite aujourd’hui la plus importante communauté juive d’Europe centrale et orientale. Elle entretient d’excellentes relations bilatérales avec la Serbie, la Pologne, Israël et la Russie. Il y a chez ses dirigeants une volonté d’expliciter aux médias étrangers les fondements du conservatisme hongrois contemporain. Elle rencontre peu d’échos chez nous[...]

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Waldemar Brun-Theremin : « Vous ne posséderez rien mais vous serez heureux »

Le Great Reset de Klaus Schwab et Thierry Malleret a fait couler beaucoup d’encre. Ce concept peut-il vraiment être considéré comme opératoire pour l’économie et la finance mondiale ?

Contentons-nous d’un nombre limité de préceptes du Great Reset. Schwab et Malleret entendent construire sur de nouvelles bases (Build Back Beter). Mais au plan économique leur table rase n’en est pas une. Elle met en valeur, dans un mouvement que le covid a accéléré, certaines tendances lourdes des deux dernières décennies, comme la financiarisation et la digitalisation. Comme les taux d’intérêt sont à des niveaux très faibles, quand ils ne sont pas négatifs, il serait regrettable de ne pas s’endetter, notamment pour acheter un bien immobilier, pour paraphraser Alan Greenspan au milieu des années 90.

Et ainsi, tout achat devient prêt, abonnement, leasing, crédit revolving… Dans les petites vidéos très divertissantes qui figurent sur le site internet du World economic forum, on trouve cette vision réjouissante du futur : « You will own nothing and you will be happy » (qu’on peut traduire par : vous ne posséderez rien et/mais vous serez heureux).

Quant à la digitalisation, elle apporte des gains de productivité qui faisaient cruellement défaut au capitalisme de la période récente. Mais on peut s’interroger sur les conséquences de l’absence d’interaction professionnelle sur un lieu dédié au travail. Surtout, elle mène tout droit à la surveillance, comme s’en félicite dans le Financial Times l’autre gourou de l’époque, Yuval Noah Harari.

Pour la deuxième fois, le président Xi a tenu la vedette lors de son intervention au forum de Davos

La crise a renforcé les entreprises multinationales, et pas seulement les géants de la Silicon Valley, au détriment des entreprises modestes. Les vagues de faillites ont été reportées grâce aux aides budgétaires. Les « schwabistes » souhaitent surtout maintenir leur capitalisme d’extraction. Les ficelles sont un peu grosses.

En 2020, la Chine est la seule économie qui demeure en croissance. De la même manière qu’en 2008, peut-on considérer que cette crise sanitaire et économique lui profite ?

Pour la deuxième fois, le président Xi a tenu la vedette lors de son intervention au forum de Davos. Il y a appelé, dans des propos repris plus tard par Angela Merkel, à la neutralité de l’Europe et recommandé aux grandes puissances de la mesure dans leurs relations avec les nations plus faibles, cela au moment même où la Chine redoublait d’agressivité envers l’Inde ou l’Australie. La diplomatie du masque a muté en diplomatie du vaccin. Le lobbying chinois reste intense en Allemagne, et la Serbie, mise au ban de l’Europe dans les années 90, offre le visage parfait du vassal de Pékin : patrouilles de policiers chinois à Belgrade, caméras de surveillance chinoises dans tout le pays et utilisation très médiatisée du vaccin chinois. Les nouvelles routes de la soie ne passent pas loin.

Lire aussi : Effacer le grand reset

Pour nombre d’autres capitales, Pékin présente l’avantage de ne pas être une démocratie et, à ce titre, de ne pas s’immiscer dans la gestion des affaires locales autrement que pour un gain économique. À ce titre, la Chine a renfloué la Turquie à hauteur de 400 millions de dollars l’année dernière, et fait main basse au passage sur des infrastructures. Autre tendance lourde plus récente : le réveil des Américains face à la Chine. À la faveur du covid, on n’a pas assisté à un renforcement de la coopération internationale. C’est désormais Éric Schmidt, ancien dirigeant de Google et proche d’Obama, qui recommande de renforcer la lutte contre le vol de propriété intellectuelle et de maintenir le quasi-embargo sur les composants électroniques mis en place par l’administration précédente.

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Orban contre la déferlante progressiste

Un militant LGBT s’est introduit sur la pelouse du stade de Munich au début du match entre la Hongrie et l’Allemagne, pour brandir le drapeau arc-en-ciel face à l’équipe hongroise. La ville de Munich avait prévu de colorer son stade aux couleurs du même drapeau en signe de protestation contre la politique conservatrice et prétendument homophobe de Viktor Orban. Il avait en conséquence refusé de se déplacer pour l’occasion malgré sa passion pour le football. L’UEFA, organisateur du tournoi, a finalement décidé d’annuler l’initiative, invoquant la neutralité politique et religieuse de la compétition. Décision qui a suscité une vague de critiques, et qui a entraîné cet acte militant. Aussi, le drapeau arc-en-ciel décorait hier l’Allemagne en plusieurs endroits – le musée juif de Munich, les stades de plusieurs villes, le compte Twitter de la police de la ville, des locomotives de la société de chemins de fer locale, et certaines entreprises comme Volkswagen et BMW, qui ont sauté sur l’occasion pour faire du pinkwashing.

En France, Clément Beaune, secrétaire d’État aux affaires européennes, a qualifié ce refus de « décision politique ». Mieux encore, la jadis conservatrice Valérie Pécresse, invitée sur France Info ce matin, a déclaré : « Aujourd’hui, ce que fait monsieur Orban vis-à-vis des Hongrois homosexuels est inacceptable ». De son côté, le ministre des Affaires étrangères hongrois s’est dit rassuré : « Dieu merci, les dirigeants du football européen ont fait preuve de bon sens ». [...]

Reportage : Catholiques en Tunisie, une minorité qui attend son Pape
D’origine italienne, Mgr Ilario Antoniazzi s’accommode bien d’un « diocèse qui couvre tout un pays », d’autant que pendant un demi-siècle, il aura été prêtre du Patriarcat latin de Jérusalem qui s’étend sur Israël, la Palestine, la Jordanie et Chypre. En guise de comparaison, la France compte 104 diocèses. « Le plus important n’a jamais été le nombre, mais la présence », souligne le prélat, dont l’agenda est chargé à l’occasion des fêtes de Pâques 2021. À 270 km de Tunis, Mgr Ilario a célébré la veillée pascale avec quelques dizaines de fidèles. Le lendemain, il est à Gabes, oasis et port maritime du sud tunisien. Ses ouailles, viennent de partout: ce sont les membres de la communauté italienne très présente et composée de diplomates ou d’expatriés aux statuts divers mais aussi, et surtout, plus de 70 % d’Africains subsahariens en transit, attirés ici par les filières d’immigration illégales vers l’Europe. Pour Mgr Ilario, il ne s’agit donc pas d’une communauté stable, mais d’« une communauté de visitation », dont un quart des fidèles sont remplacés par d’autres chaque année, un frein aux projets à long terme mais une expérience « vivifiante de l’universalité de l’Église en mouvement », selon le prélat. [...]
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L’Allemagne au secours de l’Europe des nations ?

En mai 2020, l’Allemagne remettait en cause une décision prononcée par la Cour de Justice de l’Union européenne. Ce choix concernait le pouvoir de « rachat des titres de la dette publique » de la Banque centrale européenne vis-à-vis de la zone euro, pratique dite du quantitative easing qui provient des Etats-Unis. Avec ceci la BCE peut créer et injecter de la monnaie au sein des systèmes financiers des États en échange d’un titre qu’elle lui achète et qui inclut la prise en charge de la dette du pays concerné.  

Mais les juges de la cour de Karlsruhe (la cour constitutionnelle fédérale d’Allemagne) ont contesté ce point, ce qui fait donc aujourd’hui l’objet d’une controverse entre l’Allemagne et la Commission Européenne. Lorsque le pays avait accepté de changer sa monnaie nationale au profit de celle de l’Euro avec le traité de Maastricht en 1992, le gouvernement avait précisé que ces interventions de Banque centrale devaient rester exceptionnelles et couvrir uniquement les cas de déficits. Cependant, pour relancer l’économie européenne suite à la crise sanitaire, et alors que l’absence d’inflation permet d’y recourir sans effet sur les prix, la BCE a adopté un plan d’augmentation de ces rachats, ce que l’Allemagne déplore. Lors d’une réception de la Bourse allemande, Angela Merkel a en effet annoncé craindre l’inefficacité des résultats sur l’économie puisqu’il s’agirait – comme l’enseignent les dogmes libéraux – d’une distorsion de concurrence jugée néfaste pour la « l’amélioration de la compétitivité », et dans les faits très favorables aux pays d’Europe du Sud.

Lire aussi : Allemagne : la CDU renforce ses positions

Dès lors, l’Allemagne a choisi d’engager le bras de fer : la Cour de Karlsruhe a annoncé laisser trois mois aux institutions européennes pour « adopter une nouvelle décision démontrant d'une manière compréhensible et justifiée que les objectifs de politique monétaire ne sont pas disproportionnés », sans quoi la Bundesbank se permettrait de « ne plus participer à la mise en œuvre et à l'exécution des décisions de la BCE en cause ». En clair, l’Allemagne se laisse le droit de ne pas participer aux rachats d'actifs, pour ne pas faire financer par ses contribuables-épargnants la mauvaise gestion économique des pays du Sud, et ceci à l’encontre du droit européen qui impose une répartition des financements dans la zone proportionnellement à la participation[...]

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Hervé Juvin : « L’Union européenne n’est pas l’Europe »

Quand on évoque la redéfinition du rôle et de la place stratégique de la France dans le monde, le débat semble souvent prisonnier de clivages simplistes, défini schématiquement par l’opposition entre atlantisme et anti-américanisme ou fascination prorusse. Pensez-vous qu’il soit possible aujourd’hui de retrouver la formule d’un équilibre gaullien ?

Je ne crois pas beaucoup au jeu des oppositions. Je préférerais que les élus et commentateurs de tous bords proclament d’abord qu’ils servent les intérêts de la France. Le jeu des idéologies me semble toujours très dangereux. Puisque vous évoquez de Gaulle, il me semble que, comme lors de la crise de Cuba en 1962, si la sécurité nationale des Américains ou des Européens est clairement menacée, la France se doit de traduire dans les faits la validité de ses alliances historiques, notamment avec les États-Unis. Mais ceci dit, dans le domaine de la vie des affaires, du droit et de l’économie, on ne peut que constater l’extraterritorialité très agressive du droit américain et la volonté manifeste d’affaiblir des secteurs-clés de l’industrie française et de l’industrie de défense française, voire de s’en emparer. Les opérations menées contre Airbus ou Alcatel, ou encore l’affaire Alstom conduisent même à se poser la question d’un véritable « pacte de corruption » qui pousse une partie des élites politiques à ignorer, voire à favoriser ces menées. Il y a le danger de voir la France, seule puissance militaire conséquente en Europe avec le Royaume-Uni, se faire évincer des marchés de la défense pour continuer à servir de supplétif aux opérations américaines et se retrouver en première ligne dans des confits contestables. La volonté américaine de mettre au pas des États forts au Moyen-Orient se traduit aujourd’hui par un regain de tension avec la Turquie, qui pourrait nous entraîner plus avant dans un aventurisme dangereux.

En dépit de la crise dans laquelle l’Union européenne semble ne pas devoir cesser de s’enfoncer, le couple franco-allemand reste le principal cheval de bataille de l’Élysée. L’Allemagne constitue-t-elle pour la France un partenaire fiable ?

L’Allemagne reste très largement une énigme qui ne se laisse pas enfermer dans les schémas de ceux qui ne voudraient la considérer que comme une puissance inféodée à la politique américaine. Elle est toujours enchaînée à sa culpabilité historique et s ’est reconcentrée sur des impératifs économiques qui l’amènent à jouer selon ses intérêts sur différents tableaux. Ainsi, l ’Allemagne réaffirme son lien, voire sa dépendance stratégique avec les États-Unis mais elle défend toujours implacablement le projet industriel Northstream 2, afin d ’acheminer le gaz russe en Europe. Historiquement, l ’Allemagne regarde vers l’est et est partie prenante dans de vastes projets de développement eurasiatiques, y compris ceux qui relèvent des « routes de la soie » chinoises, tandis que la France reste à la traîne sur ces théâtres économiques. L’Allemagne laisse en revanche à la France le soin de s ’engager dans des opérations militaires qui participent à la sécurisation des frontières et des intérêts de toute l ’UE, comme au Mali par exemple, ou en Centrafrique.

Je plaide personnellement pour que l’Europe participe activement, financièrement et militairement, aux opérations extérieures dont la France assume seule la charge, afin que nous ne soyons plus seuls à payer le prix humain, matériel et financier de ces opérations

Elle n’a pas l’intention de redevenir une puissance militaire mais en revanche, les tribulations du dossier SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) témoignent de sa volonté de reconquérir un leadership dans le domaine de l ’industrie militaire en acquérant des compétences qu’elle a perdues en matière d’aéronautique militaire et de systèmes d’armes. Je plaide personnellement pour que l’Europe participe activement, financièrement et militairement, aux opérations extérieures dont la France assume seule la charge, afin que nous ne soyons plus seuls à payer le prix humain, matériel et financier de ces opérations. Mais nous avons un président qui reste obnubilé par l’alliance avec l’Allemagne au point de consentir à de graves renonciations. Je me sens, en tant que français, humilié de voir, par trois fois, la ministre allemande de la défense (Annegret Kramp-Karrenbauer) adresser à Emmanuel Macron une fin de non-recevoir à propos de la constitution d’une armée européenne. Les Français semblent bien être les seuls à y croire tandis que les Allemands mènent une politique strictement concordante avec leurs intérêts économiques.

Qu’en est-il de nos relations avec le Royaume-Uni ? Le Brexit n’offre-t-il pas à la France une chance historique de reconsidérer son partenariat avec nos voisins britanniques et par-là même de retrouver un destin océanique qui est tout aussi important que son rôle continental ?

La sortie du Royaume-Uni montre de toute évidence que l ’UE n’est pas l ’Europe. Cette sortie n’a, du moins pour le moment, pas transformé le Royaume-Uni en champ de ruines et la France conserve beaucoup de coopérations bilatérales avec le Royaume-Uni et celles-ci, aux dires de ceux qui y participent, se déroulent bien. Il faut rappeler que nous partageons avec l’Angleterre une expérience impériale qui nous rapproche. Quand il se passe quelque chose dans le monde, les Français comme les Anglais se sentent concernés. Ce n ’est pas le cas de beaucoup de nos confrères européens. Allemands, Autrichiens ou Polonais n’ont rien à faire de ce qui se passe au Mali par exemple. Britanniques, Français et Russes se retrouvent dans ce te conscience impériale partagée et il faut noter également que nous sommes les seules puissances nucléaires et les seuls membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations-Unies.

La sortie du Royaume-Uni montre de toute évidence que l ’UE n’est pas l ’Europe

La Grande-Bretagne a choisi de prendre le large, elle a aussi choisi l ’Asie, en plus des États-Unis, devenant le port franc de la plus importante zone de libre-échange conclue entre 16 pays asiatiques. La France, assurément, n’assume pas, ou plus, son rôle océanique. Nous possédons la deuxième Zone Économique Exclusive (ZEE) et le premier domaine sous-marin au monde, avec un accès potentiel à de très importantes matières premières et une biodiversité exceptionnelle et nous ne faisons rien, ou presque, de ces atouts. Il serait indispensable de remettre sur pied une grande politique maritime.

Pourquoi, dès lors, tant d’aveuglement de la part de nos gouvernants, qui s’obstinent à garder les yeux tournés vers l’UE et vers l’Allemagne quand le Royaume-Uni affirme vouloir réassumer son rôle de puissance globale ?

Il s’agit d’abord d’une question de rendement économique à courte vue. Le rendement d’une ZEE n’est pas assez profitable aux yeux des investisseurs et des décideurs. Je plaide avec force pour une instance qui serait capable de préserver et tirer parti de ces ressources sur le long terme. La mer est depuis trop longtemps sortie du champ de nos préoccupations[...]

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La Hongrie, enclave conservatrice dans l’UE

Jeudi dernier, le parti Fidesz, du premier ministre Viktor Orban, a déposé une proposition de loi devant le Parlement visant à interdire « la promotion de l’homosexualité et du changement de genre auprès des mineurs ». Elle pourra être adoptée cette semaine.

Cette nouvelle réglementation s’inscrit dans la politique menée par Orban pour promouvoir une société fondée sur la famille traditionnelle.

Dans la pratique, les programmes éducatifs ou les publicités comme par exemple celle de Coca-Cola qui avait suscité, en 2019, des appels au boycott de la part du camp conservateur, pourraient être interdites. Il en irait de même des livres destinés aux enfants, publiés par des associations LGBT, revisitant des contes et des légendes afin dédramatiser l’homosexualité, faisant par exemple de Cendrillon une lesbienne. « Laissez nos enfants tranquilles », c’est ainsi que Viktor Orban résumait sa politique familiale en octobre dernier. 

Différentes mesures contre la pédophilie sont envisagées par le parti au pouvoir, parmi celles-ci, la création d'une base de données accessible au public recensant les personnes condamnées, et leur bannissement de certains emplois.

La défense de la famille, une « obsession nationale » : 

Le 18 avril 2011, à peine un an après son arrivée au pouvoir, Viktor Orban avait fait adopter une loi fondamentale, immédiatement jugée « discriminatoires envers les personnes LGBT » par l’opposition, et contraire aux « valeurs sur lesquelles l’Union européenne est fondée » par la Commission Européenne. C’est par cette réforme constitutionnelle que Viktor Orban s’était donné les moyens de sa politique familiale. 

Lire aussi : La Hongrie d’Orban : un exemple à suivre en matière de politique familiale ?

En décembre 2020, il fait inscrire dans la constitution « l’identité constitutionnelle et la culture chrétienne ». Le texte interdit l’adoption aux couples homosexuels : « la mère est une femme, le père est un homme ». Il mentionne encore que « L'éducation est assurée conformément aux valeurs fondées sur l'identité constitutionnelle de la Hongrie et la culture chrétienne », précisant qu'il est nécessaire de protéger les enfants « des nouvelles tendances idéologiques modernes du monde occidental […] qui menacent le droit des enfants à un développement sain ». Il est légalement interdit depuis le mois de mai d'inscrire un changement de sexe à l'état civil. Le sexe d'un individu est « déterminé par les chromosomes ». [...] 

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