Skip to content
Ma filiation, c’est mon droit ! La loi bioéthique revient à l’Assemblée

Cliquez ici pour accéder à la pétition. https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-444

Le mariage est plus qu’un simple contrat. C’est une institution définie par la loi incluant la perspective de la procréation. Aux députés qui désiraient, en 1792, que l’on précisât que le mariage, alors simple contrat, était l’union de deux personnes libres d’un sexe différent, Mathurin Sédillez répondit : « Rien n’est si inutile qu’une définition parce que tout le monde sait ce que c’est que le mariage ». La mention de l’altérité sexuelle ne fut donc mentionnée ni dans le préambule de 1946 ni dans les articles de la Constitution de 1958 tant elle allait de soi comme droit fondamental. C’est pourquoi madame Théry, lors du Grand débat à l’Elysée de 2019, adepte de « la filiation pour tous » avait prêché, auprès du président Macron, la reconnaissance de « la distinction de sexe pour les couples de même sexe », et que Têtu regrettait, le 4 mai 2021, après madame Taubira, que n’ait été incluse, dans la loi du mariage pour tous, la loi sur la filiation. L’ombre de Napoléon plane toujours sur notre droit.

Au début de juin, la loi bioéthique revient dans l’hémicycle. Si le droit n’est pas un dictionnaire, il doit préciser ce qui est sujet à caution. Si l’article 310 du Code civil stipule que « tous les enfants dont la filiation est légalement établie ont les mêmes droits et les mêmes devoirs dans leurs rapports avec leur père et mère », il ne comporte pas d’article consacré à la définition de la notion de « parents ». C’est pourquoi l’article 7 de la CIDE (Convention internationale des droits de l’enfant signée en 1990 par la France) stipulant que « tout enfant a le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux dans la mesure du possible » a été écarté, d’emblée, de tous les débats, au motif que la notion de « parents », non explicitée, n’excluait pas que deux femmes puissent être les deux parents. Ainsi était consacré l’effacement de la filiation paternelle de la vie d’un enfant à naître.

Lire aussi : Projet de loi bioéthique : échec de la Commission mixte paritaire

Une pétition vient d'être mise en ligne par le collectif « Marchons enfants » sur le site de l’Assemblée pour demander que soit ajouté à l’article 310 du Code civil une précision d’importance, définissant le mot « parents ». L’article serait complété ainsi : « La filiation est le lien qui rattache une personne à ses parents c’est-à-dire ses père et mère, l’homme et la femme dont elle est née ou ceux qui l’ont adoptée dans les conditions prévues par la loi ».

Avec Giraudoux, on sait que « le droit est la plus puissante des écoles de l’imagination ». Depuis Caroline Mécary, qu’un donneur n’est pas un « papa ». Avec Jean-Louis Touraine, qu’il n’y a pas de droit à avoir un père. Mais qu’on peut avoir deux mères. Les tweets du 17 mai lors de la journée contre l’homophobie (maladie déclarée à l’OMS) sont des pépites. Ainsi, sous les doigts de Véran : « La lutte contre l’homophobie et la transphobie est un combat de chaque jour. À nous, politique ou citoyen, de le poursuivre. Améliorer les parcours de transition, supprimer les discriminations ou l’accès à la PMA, interdire les thérapies de conversion : avançons ». Avançons ! Ainsi disent les présentateurs à la télé. Le tweet d’Aurélien Taquet du 15 mai est une béatitude : « Les pères d’enfants nés à partir du 1er juillet pourront bénéficier de 28 jours de congé contre 14 précédemment. Heureux de la parution, cette semaine, du décret précisant les modalités, c’est une avancée importante dont nous pouvons être fiers ». Avançons ![...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
« Ladies and gentlemen » trop discriminatoire : un naufrage civilisationnel

Tempête dans une tasse de thé : au Royaume-Uni, la compagnie ferroviaire de la London North Eastern a dû présenter ses plus plates excuses à un usager, heurté d'avoir entendu une annonce à bord d'un train commençant par « Good afternoon, ladies and gentlemen ». Sky, my husband, comme aurait dit l’ami Jean-Loup Chiflet.

La formule n’était pas assez inclusive, une séance d’auto-critique en bonne et due forme a donc été de mise sur les réseaux sociaux. « Je suis vraiment désolé de voir cela, notre personnel à bord ne devrait pas utiliser un langage comme celui-ci » a répondu le community manager de la compagnie, inondant son clavier de sanglots. Heureusement qu’Hitler n’avait pas la télévision, et que Staline ne connaissait pas Twitter.

Sous couvert d’inclusivité, c’est en fait la courtoisie et l’élégance des manières qui disparaît, au profit d’une brutalisation des rapports, simplifiés à l’extrême, débarrassés de toutes les représentations culturelles polies par les ans et transmises par l’ancienneté de notre civilisation

L’usager justifie ainsi sa plainte : « En tant que personne non binaire, cette annonce ne s'adresse pas à moi ». Nous pouvons faire confiance à la direction de la responsabilité sociale de la LNER pour réfléchir à une formule qui puisse correspondre aux standards de l’inclusivité. Nous lui suggérons d’adopter un sobre mais efficace « Hi ». [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Paul-Marie Coûteaux : « Il n’y a rien de gaulliste dans la politique mitterrandienne »

S’il y a une chose qui rapproche François Mitterrand et Charles de Gaulle, c’est leur formation intellectuelle, non ?

Politiquement, ils étaient tous deux imprégnés par l’Action française. De Gaulle a lu l’AF jusqu’en 1938, même si c’était en cachette depuis sa condamnation par Rome, et, dans ses lettres à sa mère, il faisait souvent référence à Charles Maurras, que manifestement il estimait. Sa première sortie publique, dans l’entre-deux-guerres, avait consisté à donner une conférence devant le Cercle Fustel de Coulanges, qui dépendait de l’AF, et son dernier acte public, en 1970, fut d’aller voir Franco à Madrid, à qui il a dit : « Je vous félicite d’avoir fait en Espagne ce que je n’ai pas réussi à faire en France : restaurer la monarchie. » De Gaulle était un monarchiste – ou un Capétien – par toutes ses fibres. Et Mitterrand aussi ! En 1939, François Mitterrand, qui fréquente les cercles d’Action française en Charente comme à Paris, se rend à Bruxelles pour s’incliner devant celui qui fut jusqu’en 1999 le comte de Paris, le grand-père de l’actuel Jean. Quelques mois plus tard, fait prisonnier, il considère que les soldats français captifs sont « les héritiers de cent cinquante années d’erreurs », phrase qui figure dans un texte qu’il a publié en décembre 1942 dans France, revue de l’État nouveau. Après, les divergences entre les deux hommes ont été totales. La hargne de Mitterrand à l’égard de de Gaulle fut absolue et assez irrationnelle, tandis que de Gaulle ne manifesta que du mépris à l’égard de celui que les gaullistes appelaient « l’Arsouille », et cela parfois devant le général sans qu’il ne les reprenne.

Ils se connaissaient depuis quand ?

Ils s’étaient rencontrés en décembre 1943 à Alger. Mitterrand, que le général de Gaulle tenait pour un homme de Giraud, avait obtenu qu’il le reçoive. L’entretien avait tourné court. Mitterrand avait expliqué à de Gaulle qu’il lui fallait avoir plus de contacts avec la Résistance, car cela lui permettrait de mieux comprendre la France. Réplique cinglante de de Gaulle : « M. Mitterrand, pour voir dans quel état est la France, il me suffit de fermer les yeux. » De Gaulle l’avait jugé pour ce qu’il était déjà : un politicien. 

L’opposition est donc plus philosophique que politique ?

L’opposition est morale. La mort dit tout des êtres. Or celle de Mitterrand est à l’exact opposé de celle de de Gaulle. Pensez que de Gaulle est mort octogénaire en 1970 sans avoir vu un médecin depuis son opération en 1964. Ça, c’est le mort d’un chrétien qui ne connaît « ni le jour ni l’heure ». Alors que Mitterrand, qui avait déjà célébré sa victoire dans un cimetière – qu’est-ce que le Panthéon, sinon un cimetière – a consulté des batteries de médecins, et même une thanatologue, lorsque sa maladie l’a envahi.

C’est une erreur de croire que Mitterrand a voulu se rattacher à l’histoire de France. Il n’a pas de bilan, sauf un bilan moral, emblématique de l’égocentrisme moderne

Dans les dernières années de son règne, l’Élysée était devenu un véritable hôpital, et, quelques jours avant sa mort, il se traînait à Louxor, devant les tombeaux des rois et reines. Qu’est-ce que cela signifie ? Que François Mitterrand ne s’intéressait à rien d’autre qu’à lui-même, qu’à la seule chose qui l’avait toujours mû : ce qui pouvait amplifier son pouvoir et son emprise sur les êtres. Il ne raccrochait sa vie de mortel à rien qui soit métaphysique, pas même la France. C’est une erreur de croire que Mitterrand a voulu se rattacher à l’histoire de France. Il n’a pas de bilan, sauf un bilan moral, emblématique de l’égocentrisme moderne.

Placez-vous ses doubles obsèques dans cette quête égocentrique ?

Évidemment ! C’était dans ses gènes. Il a fallu qu’il tente le coup de la mise en scène des « deux corps du roi », de Kantorowicz : le mortel à Jarnac, l’immortel à Notre-Dame. Mais pour que cela réussisse, il aurait fallu quelque chose qui le dépassât. Or il n’y a pas eu, il y avait trop d’insincérité chez lui. Mitterrand est un réaliste, de Gaulle un idéaliste, ils ne peuvent pas se comprendre.

Expliquez-nous ça un peu plus…

Le réalisme est une qualité mais il peut conduire à l’à-plat-ventrisme devant les rapports de force. À cela, de Gaulle oppose un réflexe idéaliste au sens essentialiste de Platon : il ne tient pas la réalité telle qu’elle est pour l’alpha et l’oméga et il pense que ce qui doit dominer, ce sont les idées. De Gaulle est un platonicien : il se fait une idée de la France éternelle. Qu’est-ce que le 18 juin ? Impossible de le comprendre pour un réaliste à la Mitterrand. Le 18 juin 1940, la réalité, c’est la mort du pays. Mais de Gaulle dit : il y a une vérité supérieure à la réalité, et elle est immuable, c’est l’éternité de la France[...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Manifestations pro-Palestine : « Ces manifestations ont pour ressort essentiel un antisémitisme rabique »

Qui sont les gens qui sont descendus dans les rues pour manifester leur soutien à la Palestine, ce week-end, et quel était leur message politique ?

Ces manifestations ont à la fois confirmé une routine et constitué une nouveauté. La routine, c’est la mobilisation reptilienne d’une partie de la gauche dès qu’il est possible d’exprimer publiquement sa haine d’Israël, alors que les mêmes ne bougent pas en cas d’autres d’événements dramatiques – ou de massacres avérés – qui se produisent dans le monde mais qui ont le défaut de ne pas pouvoir évoquer Israël et les juifs. La nouveauté, c’est le faible nombre de manifestants rassemblés cette fois-ci pour cet exercice. Peut-être certains ont-ils compris que pour nombre des participants, ces manifestations ont pour ressort essentiel un antisémitisme rabique. Le souvenir de la manifestation de 2014 a peut-être joué : même si des médias de gauche s’étaient alors honteusement auto-censurés, l’on se souvient quand même des appels lancés à la destruction des « boutiques juives » à Sarcelles et aux slogans « morts aux juifs ! » à Barbès.

Beaucoup ont défilé avec des drapeaux de pays musulmans aux cris d’Allah Akbar. Faut-il y avoir une volonté communautaire de « visibilisation », voire d’occupation de l’espace public ?

Il ne s’agit là que du débordement sur un espace public pour la circonstance médiatisé – tout comme lors des prières de rue – de forces qui occupent déjà depuis longtemps des portions importantes du territoire français passées sous l’autorité de la charia et devenues « judenfrei ». Les habitants juifs ont pour la plupart fui ces lieux pour Israël ou des endroits de France moins risqués. Ces drapeaux étrangers et le slogan « Allah Akbar » – régulièrement traduit par « Allah est grand » alors qu’il signifie « Allah est le plus grand » – sont des signes de volonté de conquête.

Les nombreux chants antisémites entendus sont-ils le signe d’un nouvel antisémitisme qui se banalise dans les banlieues du fait de l’islamisation ?

Je me permets de corriger votre formulation. D’une part, il ne s’agit pas d’un « nouvel antisémitisme », mais d’un antisémitisme très ancien ; l’antisémitisme musulman de toujours. La haine du juif – mais aussi du chrétien – est au cœur du Coran même si beaucoup persistent à ne pas voir ce qui crève les yeux si l’on veut bien les ouvrir.

« Nous aurons la paix lorsqu’ils aimeront plus leurs enfants qu’ils ne nous détestent »

Dans les pays musulmans, la colonisation avait permis de maîtriser pendant un siècle cet antisémitisme. La décolonisation lui a permis de s’exprimer à nouveau, d’où le départ des juifs de la plupart des pays du Maghreb et du Proche-Orient. Aujourd’hui, c’est en France qu’il s’exprime du fait de son importation croissante dans les valises de l’immigration. D’autre part, il ne se « banalise » pas ; il se révèle de plus en plus parce que c’est une empreinte culturelle musulmane fondamentale, plus ou moins abandonnée ou réfrénée par certains musulmans, mais toujours latente ou active chez un grand nombre d’entre eux.

La gauche a été très bienveillante avec les manifestants. Que cela vous inspire-t-il ?

Il faut distinguer plusieurs attitudes de gauche en la matière. Il y a les naïfs (vrais ou faux) qui implorent de « ne pas importer le conflit en France » mais ne veulent pas voir que ce conflit est déjà solidement installé. Et il y a les complices, qui après avoir perdu le prolétariat français ont fait le choix de rallier électoralement les populations immigrées. Tous partagent le même aveuglement sur la nouveauté de ces populations qui restent culturellement sous une emprise religieuse, ce que, par inculture, ils ne mesurent pas plus que nos dirigeants. Ils ont pourtant pu constater depuis des décennies que toutes les propositions de la gauche israélienne pour remettre aux responsables palestiniens la maîtrise des territoires, y compris une partie de Jérusalem-Est, ont tourné court. Mais ils refusent de voir que l’objectif du Hamas – qui le dit et l’écrit – n’est pas la création d’un nouvel Etat arabe, mais la destruction d’Israël qui occupe pour eux de manière blasphématoire une terre qu’il considère comme musulmane et, suprême  humiliation, qui la défend bien avec une armée constituée en partie de femmes [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Affaire Sarah Halimi : quand le haschich excuse le crime

Il est fondamental d’admettre, dans un État de droit, que la condamnation pénale nécessite de caractériser le fait que le criminel soit responsable de ses actes. Un dément n’agit pas par volonté. Il ne peut en conséquence pas être tenu coupable de ses actions. Cependant, ce principe s’admet uniquement sous la condition d’une interprétation absolument stricte. Il ne s’agit pas d’excuser un simple état second, une perturbation mentale, un trouble du comportement. L’auteur des faits doit avoir intégralement perdu le sens de ses agissements ; il ne doit plus disposer d’aucun discernement ; il doit être aliéné, ce qui signifie qu’il se trouve dépossédé de sa conscience, privé du pouvoir de décision sur lui-même. À défaut de limiter l’application de cette règle aux seuls cas extrêmes, l’argument de la folie deviendrait un alibi facile empêchant la condamnation du meurtrier, et paralysant de fait l’exercice de la justice.

Même en admettant que soit démontrée l’existence d’une démence temporaire au moment des faits, la cause de cet état psychologique, à savoir la prise massive de drogue, aurait dû conduire le juge à refuser l’excuse de l’irresponsabilité

Réexaminons l’affaire Halimi. Même en admettant que soit démontrée l’existence d’une démence temporaire au moment des faits, la cause de cet état psychologique, à savoir la prise massive de drogue, aurait dû conduire le juge à refuser l’excuse de l’irresponsabilité. En effet, il ne peut pas être admis qu’un individu se plaçant lui-même en situation d’aliéné et commettant alors des actes abominables, puisse ensuite échapper à la sanction. Le fou n’a pas choisi de l’être. Il n’a rien décidé. À l’inverse, au sens du droit, le toxicomane porte la responsabilité de la prise de drogue, cause de ses agissements. Déclencher sa propre démence temporaire par la consommation de substances hallucinogènes ne saurait en aucune manière servir d’alibi à l’horreur. Il ne peut pas être accepté que nous puissions planifier des parenthèses mentales nous permettant impunément de commettre tous les crimes. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Le rugby intègre les minorités

Vous êtes un homme qui se sent femme, ou l’inverse. Ou alors vous êtes non-genré, comme vous voulez. En voyage, vous êtes pris d’une envie soudaine d’aller aux toilettes, ça arrive. Une fois à la station d'autoroute, c'est le drame en voyant les petits logos roses et bleu sur les deux portes des cabines : où allez-vous vous diriger, que faire ?

Les transgenres ne se sentent toujours pas acceptés pour ce qu’ils sont – ou plutôt ce qu’ils aspirent à être. Manque de visibilité et de reconnaissance, prises de tête dues aux formalités administratives inadaptées, insuffisance des moyens mis en place à leurs égards. Ceux pour qui l’identité n’est pas une évidence souffrent de ces épisodes anodins de la vie quotidienne qui créent des angoisses et transforment leur vie en cauchemar, engendrant de ce fait un manque de confiance en soi. Pour nous qui n’avons jamais remis en cause le genre dans lequel nous sommes nés, la vie est certes bien plus facile, alors il nous faut faire des efforts d’inclusion.

Cette semaine a donc bien commencé pour les LGBTQIA+ avec la journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie – un avant-goût du « mois des fiertés » qui aura lieu en juin. Pour ce faire, de nombreuses institutions ont (ré)assuré publiquement leur sympathie à la communauté arc-en-ciel, submergeant les réseaux et multipliant les actes de soutien. Certains clubs sportifs ont dû reconnaître la difficulté pour les transgenres de s’inscrire en club, ceux-ci séparant la plupart du temps les garçons et les filles, et ont affirmé vouloir faire un pas en avant. La non-mixité des genres au sein des clubs sportifs repose toutefois sur des raisons physiques et musculaires évidentes.

Le rugby se lance

Le ballon ovale n’échappe pas aux dégâts causés par ce grand chambardement. La Fédération française de rugby (FFR) a en effet affirmé hier dans un communiqué, s’engager pour la sainte cause : « Pour la journée mondiale contre l’homophobie, la transphobie, la biphobie (…) la FRR est heureuse d’accueillir, sans distinction de race, de religion, de sexe, et désormais de genre, officiellement, celles et ceux qui comme nous sont unis par une même passion, le jeu de rugby ». S’en est donc fini de l’image du rugby comme sport de droitards conservateurs et méchants : désormais, l’ovalie intègrera les trans-identitaires au sein de ses compétitions amateurs et professionnelles dès la saison prochaine.

Lire aussi : Enquête : Maître Étienne Deshoulières, avocat LGBTQIA+

En 2020, l’organisme international World Rugby avait déjà « pris conscience de l’extrême difficulté pour les TI de pratiquer le rugby », signale le communiqué de la FRR. World Rugby avait donc laissé aux fédérations le choix d’appliquer ou non une ouverture aux transgenres, tout en rappelant tout de même qu’« il a été convenu que la sécurité et l’équité ne pouvaient actuellement pas être assurées pour les femmes qui jouent contre des femmes transsexuelles dans un rugby de contact (…) la taille, la force, la puissance et la vitesse sont autant d’éléments sensibles à la fois pour le risque et la performance ». Donc c’est dangereux et on le sait, mais World Rugby a tout de même laissé la porte ouverte, et la FRR s’est jetée dans la brèche. Après de nouvelles études médicales et une collaboration avec la CADET (Commission Anti-Discrimination et Egalité de Traitement), tout a été pensé pour une pratique du rugby « équitable » et « sans risque »[...].

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Globe, canard « câblé » de la génération Mitterrand

Déclinaison tricolore de Vanity Fair, Globe mérite sans conteste l’étiquette de magazine le plus mitterrandien de son temps. Fondé en novembre 1985 par Georges-Marc Benamou avec l’aide de Pierre Bergé, il incarne à merveille – par sa superficialité mêlée de profondeur et son goût du glamour chic – la quintessence de ce que l’on a appelé la gauche caviar. Dans le sillage de l’antiracisme qui émerge à cette époque, Globe identifie assez vite un totem à abattre : la droite. En effet, alors que la cohabitation rebat les cartes de la politique française dès 1986, le titre se lance dans une bataille féroce contre « l’ordre moral ».

Dans le sillage de l’antiracisme qui émerge à cette époque, Globe identifie assez vite un totem à abattre : la droite

À grand renfort de tribunes au ton volontiers inquisiteur et signées – entre autres – par l’inénarrable Bernard-Henri Levy, le mensuel préféré des « chébrans » des années 80 profite de son statut de journal d’opposition pour défendre bec et ongles la figure du chef d’État socialiste. En témoignent leurs unes mémorables, comme autant de déclarations d’amour à Tonton (« Ne nous quitte pas », en décembre 1987)[...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
L’islam existe bel et bien, et l’islamisme fait partie de lui

Une brillante réflexion : sans flagornerie, Marc Obregon propose un beau travail de fond sur l’adaptation de l’islam à la modernité, et sur certaines des raisons pour lesquelles des individus prennent fait et cause pour l’islamisme. En effet, une société qui a perdu le sens du sacré ne peut que précipiter ses enfants dans les bras des premières idolâtries venues, de l’obsession woke pour la pureté originelle fantasmée des « bons sauvages » à la vénération du fric et de la rolex à 50 ans, en passant par le culte du dieu-tyran des islamistes. Et comme le dit également Marc Obregon, rien de tout cela ne saurait proposer quoi que ce soit de valable à l’Occident, fut-il décadent, et surtout pas un islam aussi vide de spiritualité qu’il est plein d’arrogance.

Lire aussi : L’islam n’existe pas

Mais une erreur de fond : l’analyse du contexte ponctuel qui favorise les adhésions massives à une idéologie ne saurait se confondre avec l’analyse de cette idéologie elle-même, en particulier lorsqu’elle s’inscrit dans une histoire longue de quatorze siècles.

Ainsi, lorsque Marc Obregon écrit que « l’islam tel qu’il se pratique en Europe relève plutôt d’un syncrétisme civilisationnel bien loin de l'islam véritable », il faudrait préciser ce que pourrait bien être « l’islam véritable », tant « l’islam » est en réalité un phénomène pluriel. Est-ce donc celui d’Ibn Rushd / Averroës, ou celui au nom duquel les œuvres d’Ibn Rushd furent jetées au feu dès le lendemain de son décès ? Est-ce celui d’Al Kindi, pétri de philosophie gréco-latine, ou celui d’Al Ghazâlî, pour qui la démarche philosophique et l’islam sont radicalement incompatibles ? Où est-ce celui du Prophète, tel qu’on peut le reconstituer à partir du texte coranique et de ce que la tradition musulmane dit que fut sa vie ? Et dans ce dernier cas, force est de reconnaître qu’il s’agit de ce qu’on appelle l’islamisme, dans tout ce qu’il a de pire.

Marc Obregon qualifie Rumi et Ibn Arabi de « pères fondateurs ». Si seulement ils l’avaient été ! Mais dans le temps long, ils apparaissent plutôt comme de trop brefs éclats de lumière, au mieux des parenthèses enchantées, des exemples d’un islam authentiquement spirituel qui certes a toujours existé, mais toujours minoritaire et étouffé. Bien plus fondateurs hélas ont été le choix imposé par le Prophète lui-même aux Banu Thaqif à Taëf, « la conversion ou la mort », et le message de Khalid Ibn al Walid à ses ennemis avant la bataille des chaînes : « Vous avez le choix entre la conversion, la soumission et la mort, car j’arrive avec des hommes qui aiment la mort comme vous, vous aimez la vie ». Phrase que l’on retrouvera presque à l’identique dans la bouche de Mohammed Merah face au GIGN.

« Vous avez le choix entre la conversion, la soumission et la mort, car j’arrive avec des hommes qui aiment la mort comme vous, vous aimez la vie »

L’islam politique est devenu quasiment le seul islam, c’est un fait. Mais il ne s’agit en rien d’une nouveauté : dès la fameuse « constitution de Médine » (en réalité le pacte de Yathrib), la « communauté musulmane » (on me pardonnera l’anachronisme) se dote d’une structure de type théocratique. Ce que l’on nomme aujourd’hui « islam politique », et qu’il vaudrait mieux appeler « islam théocratique », n’est pas une utilisation politique de l’islam : c’est une négation de la sphère politique, réduite à n’être qu’un instrument au service de la religion, et plus précisément d’un messianisme immanentisé et apocalyptique. Les actes d’un islamiste ne s’inscrivent pas dans un projet politique mais d’abord eschatologique : établir le royaume d’Allah sur Terre, et donc provoquer la fin des temps ou au moins la fin de l’Histoire.

N’oublions jamais qu’au XIVème siècle déjà Ibn Khaldoun affirmait que le jihad armé conquérant est consubstantiel à l’islam, ni qu’au IXème siècle Ash Shafi’î, dans un vaste travail de synthèse, observait que l’écrasante majorité des penseurs de l’islam considèrent que le vrai jihad, le « combat dans le sentier d’Allah », n’est pas avant tout spirituel et intérieur, mais guerrier et impérialiste.

Ce que Marc Obregon appelle « dégénérescence de l’islam » est en réalité une dégénérescence du bouclier qui protégeait les musulmans de leur religion, la tradition. Cette tradition qui s’est construite par-dessus la religion et à partir d’autres sources : influences perse, gréco-romaine, berbère, et j’en passe. Et cette dégénérescence de la tradition a été une opportunité pour tous ceux qui aspirent à l’islam à l’état pur, la religion sans la médiation de la culture. Coupés de la tradition, nombre de musulmans ont choisi un retour aux sources, c’est-à-dire aux textes sacrés (Coran, hadiths, sunna), à l’exemple de la vie du Prophète, et à celui des « pieux prédécesseurs », ces contemporains et quasi-contemporains du Prophète qu’on appelle les « salafs » - d’où le terme de « salafisme ». On en observe tous les jours le résultat, comme on observe celui de l’aspiration assez similaire d’Ibn Abdelwahhab : « Purifier la tradition par le retour à la religion ».

Bien sûr que l’islam s’est merveilleusement adapté aux codes du narcissisme, de la concurrence victimaire, à la superficialité de la société du spectacle. D’ailleurs, l’aisance même avec laquelle l’islam s’y est adapté nous dit quelque chose de très important à son sujet

« Porter le voile pour une adolescente des cités équivaut à porter un perfecto à clous pour une marginale des années 80 » écrit Marc Obregon. Et bien non : porter le symbole de l’adhésion militante à une idéologie totalitaire qui légitime l’esclavage, veut l’apartheid entre les sexes et criminalise la liberté de conscience, n’est pas seulement une version plus moderne du perfecto à clous. Mais oui, « les enfants d’immigrés pratiquent l’islam comme on surfe sur un site pornographique », et pas seulement les enfants d’immigrés puisqu’on observe la même chose dans le monde musulman. Ils pratiquent la religion comme une addiction, une pratique obsessionnelle vide évidemment de toute spiritualité, et surtout une inéluctable fuite en avant, une soif de toujours plus, pour tenter en vain de combler leur vide existentiel. Toujours plus intensément, jusqu’à ce shoot ultime qu’est la communion parfaite à la volonté d’Allah en tuant et en mourant pour lui[...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile

L’Incorrect

Retrouvez le magazine de ce mois ci en format

numérique ou papier selon votre préférence.

Retrouvez les numéros précédents

Pin It on Pinterest