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L’âge du consentement sexuel divise le Sénat

Par une quasi-unanimité – les deux sénatrices LR Christine Bonfanti-Dossat et Muriel Jourda se sont abstenues – les locataires du Palais du Luxembourg ont adopté la proposition de loi portée par la sénatrice Annick Billon (UDI), qui vise à lutter contre la pédophilie. Le texte propose la création d’une nouvelle infraction criminalisant tous rapports sexuels entre un adulte et un mineur de moins de 13 ans – considérant de facto que le consentement est impossible, alors que la loi actuellement en vigueur punie faiblement ces actes, requalifiés en atteinte sexuel s’il est jugé que le mineur était consentant. En d’autres termes, tout acte sexuel de pénétration serait dès lors rendu impossible entre majeurs et mineurs de moins de 13 ans. Du fait des révélations tardives dans les affaires de pédophilie, le texte prévoit également un allongement du délai de prescription pour non-dénonciation de violences sexuelles à dix ans à compter de la majorité de la victime en cas de délit et à vingt ans en cas de crime.

Une réflexion sur le consentement sexuel des mineurs avait déjà été menée en 2018 avec la loi du 3 août renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, dite loi Schiappa. Avec cette loi, tout acte sexuel sur un mineur de moins de 15 ans devait être qualifié de viol, mais le gouvernement avait rétropédalé après que le Conseil d’État l’avait mis en garde sur la possible inconstitutionnalité de cette présomption de culpabilité. Les quelques modifications apportées par le texte final « n’ont pas apporté de solutions satisfaisantes en matière de protection des mineurs » pour Annick Billon, d’où la nécessité de cette proposition de loi. [...]

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Jean Sévillia : « Il faut craindre l’instrumentalisation et la mise en accusation du passé de la France »

Quel regard portez-vous sur le processus politique ayant mené à ce rapport, déclenché notamment par les propos d’Emmanuel Macron affirmant que « la colonisation est un crime contre l'humanité » ?

Cette histoire a commencé de manière biaisée parce que je considère qu’il y a un vrai travail à faire sur l’histoire authentique de la présence française en Algérie, de ce que nous Français nommons guerre d’Algérie et que les Algériens nomment guerre d’Indépendance. Dans la mesure où cette séquence a commencé, d’après les propos d’Emmanuel Macron, sous l’angle de la repentance, d’une condamnation de principe sous le terme diabolisant de « crime contre l’humanité » de l’œuvre coloniale française, ça partait mal car sous les auspices de présupposés idéologiques qui ne sont pas fondés historiquement, ou qui du moins sont le contraire d’une démarche historique et scientifique. D’emblée, la logique politique qui a poussé Emmanuel Macron à demander un rapport sur notre histoire était biaisée.

Pour ce rapport, que penser du choix de Benjamin Stora, historien marqué politiquement, et particulièrement sur la question algérienne ?

Benjamin Stora est extrêmement marqué : il a eu un engagement radical dans sa jeunesse, il était militant troskyste et même permanent de l’OCI (Organisation communiste internationaliste). Je ne crois pas du tout que Stora soit aujourd’hui un sous-marin trotskyste comme on peut le lire parfois : ce sont des propos délirants. Il a changé et ça se voit dans ses écrits. Cela étant, il reste un homme engagé à gauche et surtout il y a un parti-pris chez lui qui traverse son discours et son œuvre historique : premièrement, la condamnation de principe de la présence française outre-mer – ce qu’il appelle le colonialisme – et deuxièmement dans le cas algérien une empathie naturelle qu’il dissimule à peine envers le nationalisme algérien. Il est donc tout sauf un témoin objectif, bien que l’objectivité parfaite n’existe pas en histoire. Il est un témoin engagé, ce qui fait craindre chez lui des réflexes militants dans son travail historique. [...]

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Le Monde s’excuse au nom de la liberté d’expression
Xavier Gorce s’en va. Le dessinateur quitte Le Monde. « J’annonce que je décide immédiatement de cesser de travailler pour Le Monde. Décision personnelle, unilatérale et définitive. La liberté ne se négocie pas. Mes dessins continueront. D’autres annonces à suivre » a-t-il déclaré sur son compte Twitter mercredi. L’objet du scandale ? Un dessin publié dans une newsletter […]
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Julien Sanchez : « L’État commet un acte grave en s’attaquant à nos crèches »

La Cour administrative d'appel de Marseille a condamné votre ville à une astreinte de 5 000 € par jour jusqu'au démontage de la crèche. Comment avez-vous réagi à cette condamnation ?

Je suis scandalisé. Et pourquoi pas un million d’euros ? Pour une commune de 16 000 habitants, 5000 € par jour, c’est surréaliste. Cette condamnation et ce montant ont choqué beaucoup de gens. En effet, une crèche provençale en Provence, cela ne fait de mal à personne. Cela rentre dans le cadre de la loi : le Conseil d’État a décidé que les expositions culturelles, artistiques et festives sont autorisées dans les mairies. Nous estimons que cette crèche est légale et bien à sa place.

Je ne comprends pas ce qu’il se passe. D’habitude, ce sont les libres-penseurs, la ligue des droits de l’Homme et là c’est carrément l’État qui nous a poursuivi. Quelques jours avant Noël, le préfet du Gard demandait la désinstallation. Le motif de cette condamnation est qu’il y a une scène de la nativité à l’intérieur de cette crèche. Sur une centaine de santons présents, ils sont gênés que se trouve Jésus, Marie, Joseph et les rois mages. [...]

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Karl Zéro : Pédophilie, enquête impossible

Vous avez enquêté sur la question de la pédocriminalité. Ce sujet, longtemps occulté, est aujourd’hui largement commenté à la faveur de l’affaire Duhamel ou du récent scandale relatif au plasticien Claude Lévêque. L’an passé, Le Consentement de Vanessa Springora décrivant sa relation avec l’écrivain Gabriel Matzneff défrayait aussi la chronique. Êtes-vous surpris par ces révélations ?

Je ne peux pas vous dire que j’ai été surpris ! Je me bats contre cette situation de non-dit depuis vingt ans. Et enfin, la vérité « qui a pris l’escalier » arrive ! Il se trouve, le hasard faisant bien les choses, que j’ai publié avec Serge Garde et Homayra Sellier 1 sur 5 - Manifeste contre la pédocriminalité en France (Télémaque) en décembre. Nous sommes à l’origine d’une pétition demandant aux politiques de reprendre dans une loi les 25 mesures de bon sens que nous proposons pour éradiquer ce véritable fléau (www.1sur5.org).

Lire aussi : Affaire Duhamel : Macron mal à l’aise

Le livre de Camille Kouchner tombe à pic parce qu’il permet de mesurer les ravages que cause ce secret de Polichinelle dans la société. Il agit comme un révélateur, du fait bien sûr de la notoriété des différents personnages cités. On a été surpris qu’un personnage comme Olivier Duhamel, aussi connu et puissant, soit mis en cause comme un citoyen lambda, mais la pédophilie et l’inceste touchent tous les milieux, sans exception. En l’espèce, il s’avère que le coupable appartient au haut du panier de la société, le top du top. Au-dessus de lui en France, il n’y avait que les nuages… et Dieu ! Et ça, c’est nouveau ! Jusqu’à aujourd’hui, on n’en parlait pas. Dès qu’un coupable était issu de la « bonne société », il passait au travers des mailles du filet, les médias étaient aux abonnés absents et les juges d’une clémence angélique ! Rétrospectivement, cela me fait froid dans le dos. [...]

Les terfs sont-elles plus transphobes que les cis-normés ?

Dans un tweet, elle expliquait que les personnes qui ont leurs règles seraient forcément des femmes. On comprend la violence ressentie par les non cisgenres. Ces féministes extrémistes considèrent que se déclarer comme femme ne suffit pas à l’être. Elles pensent encore, en 2020, que posséder des organes génitaux masculins, une barbe, une voix masculine, suffit à catégoriser une personne en tant qu’homme, et refusent même aux femmes transsexuelles le droit de concourir dans les compétitions sportives pour femmes. Selon ces personnes, il s’agirait d’une nouvelle ruse masculine pour prendre possession des espaces dédiés aux femmes. Les personnes victimes de dysphorie de genre ont de quoi se faire du souci. [...]

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Pierre Robin : Giscarderies

Giscard est mort. Alors je revois brièvement le prin­temps précédant mon bac. L’ancien grand argentier de de Gaulle incarnait la jeunesse et la modernité, on voyait des jeunes bourgeoises et bourgeois avec le t-shirt pas encore collector « Giscard à la barre », on savait que des étoiles contem­poraines incontestables comme Bardot et Gainsbourg (le Gainsbourg de Melody Nelson !) suivaient son panache blanc. Ma petite sœur s’était rendue à son meeting parisien de 100 000 personnes. Moi déjà contre-cool j’avais préféré me retrouver avec 500 marginaux à celui d’un politicien à bandeau et tempérament de corsaire. Pas grave, ni ma sœur ni moi n’avions l’âge de voter.

Giscard élu, tout s’est lentement dégradé, surtout « à droite », entre Chirac enta­mant sa guerre de sécession populiste, et tous les sourires que VGE lançait à la gauche, histoire de rassembler deux Fran­çais sur trois. Et puis cette démagogie sur le dos d’éboueurs africains, cet accordéon de frime… Je crois qu’on n’a pas trop fait attention à son pire coup, le regroupe­ment familial, l’immigration étant encore, plus pour très longtemps, assez loin de nos portes. [...]

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Le secret néolibéral

Jean-Luc Gréau n’est pas un malappris, encore moins un fantaisiste. Il appartient au club, de plus en plus ouvert, de ceux qui, à une époque moins folle, eussent pu prétendre à une trajectoire intellectuelle parfaitement conformiste : économiste libéral de centre-droit, ancien conseiller au MEDEF, il présente toutes les garanties de la respectabilité la plus austère. Pourtant, cet ouvrage est celui d’un esprit hardi, une incitation au déniaisement économique et politique.

Le néo-libéralisme, né sur les décombres du socialisme, n’est pas, selon Gréau, le contraire du socialisme mais son envers. Il en épouse les traits, dont le principal : l’hégémonie d’une bureaucratie, en l’occurrence financière, que l’on pourrait qualifier de nomenklatura bancaire. Extérieure au monde de la production, celle-ci a créé une idéologie par laquelle elle maximise son pouvoir et partant, sa richesse. À leur insu, les traders s’apparentent donc aux techniciens du Gosplan. [...]

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