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Le pape François contre la liturgie traditionnelle

Le problème du pape François est de presque toujours mêler intuition juste et dialectique. Au diagnostic exact, il lui faut toujours ajouter la généralisation injuste, les oppositions déplacées et la pique blessante.

La liturgie, cet organisme vivant

Il est vrai que la Tradition, au sens catholique, est une réalité vivante, et, en son sein, la liturgie un « organisme vivant », parce que l’Église elle-même est un organisme vivant, qui vit et se renouvelle dans l’Esprit du Christ tout au long de l’histoire.

Il est vrai aussi qu’il y a dans l’Église des tendances au repliement, qui conduisent à ne voir dans la Tradition qu’une sorte de trésor du passé sur lequel il faut jalousement veiller, à la manière orthodoxe, en la privant ainsi du caractère vital qui lui est pourtant essentiel dans le catholicisme, ce qui rend inconcevable, en particulier, la possibilité même d’une évolution de la discipline liturgique.

Lire aussi : Le pape François va-t-il démissionner ?

Il est vrai également qu’il existe des prêtres, dans les milieux traditionalistes, qui sont obsédés par les rubriques jusqu’à l’absurdité et qui dissimulent ainsi, inconsciemment, leur esprit propre sous les apparences de la fidélité.

Il est vrai, encore, que, de la sorte, des traditionalistes s’illusionnent sur le sens de la Tradition, en lui substituant l’image erronée qu’ils ont d’une « Église de toujours » qui ne remonte parfois guère au-delà du XIXe siècle. [...]

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Vétérinaire : profession en détresse

Comme pour la médecine ou le professorat, le constat est sans appel : la France manque cruellement de vétérinaires. Président du conseil national de l’Ordre des vétérinaires, Jacques Guérin le souligne d’entrée de jeu dans l’Atlas démographique de la profession vétérinaire 2022 : « Les besoins annuels moyens estimés de primo-inscrits au tableau de l’Ordre sont loin d’être couverts par les données réelles : 1 116 vétérinaires primo-inscrits pour un besoin estimé de 1 668 diplômés pour le seul secteur privé libéral ». Même si entre 2016 et 2020, il y a eu une hausse de 7,61% de vétérinaires inscrits au tableau de l’Ordre, soit une progression annuelle de 1,3%, cette hausse ne suffit pas à rattraper le manque accumulé de praticiens constaté depuis les années 2000.

Lire aussi : Vers un langage mondial des quartiers

Pénurie de vétos chez les ruraux  

Par ailleurs, cette légère hausse générale ne permet pas de pallier le manque spécifique de praticiens dans les zones rurales. En effet, si le nombre de vétérinaires pour animaux de compagnie reste insuffisant, le problème principal se situe au niveau des vétérinaires pour animaux de production. Ainsi, la population qui déclare une activité pour les animaux de production a perdu 375 vétérinaires entre 2016 et 2020 (de 6 900 à 6 500), quoique la tendance se soit légèrement inversée depuis quelques mois, comme le souligne l’Atlas. En attendant beaucoup de départements souffrent du manque de professionnels. Dans Ouest France, le vétérinaire rural Antoine Lamerant témoigne : « Mon associé était parti, ma salariée aussi. Je me suis retrouvé à travailler seul h24 pendant des mois ». Il s’est donc retrouvé seul pour soigner 80 000 bêtes, issues de 200 élevages différents ! […]

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Éditorial de Jacques de Guillebon : Mais c’était qui ?

Il n’y a rien de plus intolérable que le mensonge, surtout quand il est généralisé. Intolérable moralement bien sûr, mais intolérable psychiquement encore, puisque c’est l’annonce de la disparition du sens. C’est en quoi nous autre chrétiens savons que si Dieu est amour, il ne peut être du même mouvement que vérité, et réciproquement. Ce qui nous apparaît une évidence, parce que le Christ a insisté toute sa vie publique durant, et combien plus encore pendant sa Passion, sur la recherche de la vérité comme nécessité et comme porte du Salut, ne l’a pourtant pas été pour toutes les époques, toutes les civilisations, toutes les religions. Croit-on que les mythologies antiques, grecque et romaine, par exemple soient des quêtes de vérité quand tous les dieux, innombrables, sont masqués, et quand tous les masques sont des dieux ? Le rusé Ulysse, comme son qualificatif l’indique, et quoiqu’il soit parmi les héros fondateurs de notre monde, fait bien fi de la vérité dans son périple et ses aventures.…

Été, la saison des parfums

Ce ne sont pas la langue et le palais qui permettent d’apprécier les arômes d’un vin, mais la mémoire. Cette bibliothèque des parfums, des senteurs, des odeurs accumulées au fil des ans, des souvenirs, des voyages, des déambulations. Impossible de reconnaître le jasmin dans un rosé de Provence si l’on n’a pas auparavant humé les fleurs de jasmin et conservé la mémoire de cette odeur mielleuse et entêtante. L’été est la plus belle saison pour les parfums, débutée à la fin du printemps, achevée au début de l’automne. Saison des fleurs, des arbres urbains qui ouvrent leurs couleurs et leurs arômes : tilleuls, platanes, saules, qui sur quelques semaines permettent de passer du miel au fruit, du fugace à l’envoûtant.

Saison des marchés de plein air, avec leurs étals de fruits, de légumes, de fromages, de poissons. Ici aussi, marché aux arômes, aux couleurs, aux parfums qui se donnent aux passants. Saison des balades. En bord de mer pour l’iode, le salé, le grand air, que l’on retrouve dans quelques blancs, des xérès vieillis en solera, des banyuls à la robe noire éclatante. Balade à la campagne, tantôt le vert craquant de l’herbe avant les grandes sécheresses de l’été, tantôt la paille et le foin coupé. Balade dans les forêts, pour ce mélange de terre et d’humidité conservée, balade dans les maquis, pour une plongée dans les genévriers, le thym, le romarin, les ronces et les plantes cachées qui ne font remarquer leur présence que par leurs senteurs. Dans son Dictionnaire amoureux de la Corse, Patrice Franceschi raconte l’histoire de sa grand-mère qui, allant du continent à l’Île-Rousse en bateau, se plaçait à la proue du navire pour être la première à sentir les effluves de son pays avant d’accoster. [...]

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Traité de la vie élégante : politesse 2.0

J’ignore si la réalité sort bien de la bouche des enfants, mais je sais en revanche qu’elle ne sort pas de celle des ados ». Au bout d’un certain nombre de bouteilles de Saint-Joseph ou de tout autre liquide de même nature, il peut arriver à des personnes un peu échauffées de proférer des horreurs, et parfois même, des banalités. C’est ce que pensa E. immédiatement après avoir prononcé cette sentence définitive, et en constatant qu’elle provoquait chez les autres convives des hochements de tête silencieux. Eux aussi avaient dû expérimenter la chose.

« Enfin Malherbe vint » : en l’occurrence, Chantal de S., toujours prête à saisir l’occasion de houspiller son ennemi favori.

– Et dites-moi, mon cher E., qu’est-ce qui a pu vous conduire à des conclusions aussi prodigieusement originales ?

Lire aussi : Traité de la vie élégante : rubans, rosettes et canapés

Le susdit se renfrogna, conscient d’avoir était pris en faute, et vida un verre supplémentaire enfin de s’éclaircir la gorge :

– Boniface, mon fils aîné, cherchant un stage dans l’administration, un ami a réussi à lui en trouver un, pour lequel était exigée une lettre de motivation. Le fiston se met à l’œuvre, barbouille une missive qui ne ressemble pas exactement à Bossuet, et la termine par un vigoureux « bien cordialement » avant de me demander mon avis. Et c’est cette dernière formule qui me reste en travers de la gorge. On a beau envoyer son courrier par voie électronique, je ne vois pas pourquoi le truchement de la machine entraînerait l’abolition des usages épistolaires, pas plus du reste qu’il n’implique le renoncement à l’orthographe. Je le lui signale, rappelant au passage l’importance de la personne à laquelle il adresse sa demande, et je lui suggère donc de terminer sa lettre par le classique : « Je vous prie, Monsieur le…, de bien vouloir agréer mes salutations les plus respectueuses ». [...]

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Partout, les saints : Damien de Molokaï

On sait le bien qu’on fait quand on voit l’agacement et la détestation qu’on suscite chez Satan. S’il n’avait pas déjà été Saint, Damien de Molokaï se serait senti fort bienheureux en voyant la toujours grotesque Alexandria Ocasio Cortez s’indigner en 2020 de la présence de sa statue au Capitole pour représenter Hawaï, alors que c’était un mâle blanc dominant. Ce petit génie de la politique y voyait évidemment un symbole de la colonisation et de la suprématie blanche. L’occasion pour la gauche libérale américaine de montrer au monde entier à quel point elle était à côté de la plaque (plaque-lèpre, vous goûterez mieux la subtilité et la puissance de cette vanne quand vous aurez lu le portrait en entier).

Les voies du Seigneur étant impénétrables, cette histoire hawaïenne commence bien loin des plages de sable chaud et des vagues pour surfeurs. Oultre-Quiévrain, plus précisément dans le hameau de Linde, paroisse de Tremeloo dans le Brabant flamand un 3 janvier 1840 avec la naissance du petit Joseph De Veuster, septième enfant d’une famille de paysans aisés. En grandissant, le petit Joseph sera imprégné de l’air de son temps : c’est la grande époque des congrégations missionnaires, à l’époque où l’Église catholique croyait qu’elle avait vocation à propager la foi dans le monde entier (alors que nous savons maintenant qu’elle doit se contenter de faire des synodes sur la synodalité).

Lire aussi : Partout, les saints : Pauline Jaricot

Ainsi le séminaire des missions étrangères des Pères des Sacrés Coeurs de Jésus et Marie ouvre à Louvain, à côté de la célèbre Université catholique l’année de la naissance de Damien qui était encore Joseph. C’est donc tout naturellement qu’il y entre à 19 ans parce que c’est ainsi que se passent les choses. Par exemple, moi je suis né en même temps que la percée du Front national à Dreux en 1983 et du coup c’est tout naturellement que… bref. [...]

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Poivre : lettre de nos moulins

Empire français 1810. Napoléon séparé de Joséphine la bavarde peut enfin épouser Marie-Louise. Loin de cette actualité trépidante, deux frères transforment dans le Doubs le moulin familial en fonderie d’acier. Nous sommes à quelques kilomètres de Besançon et ces deux frères portent de sacrées rouflaquettes. Avec l’acier, Jean-Pierre et Jean-Frédéric créent des scies égoïnes. Outils destinés au succès tant les forêts sont immenses dans la région. Le logo de l’entreprise gravé sur les outils est un lion (les griffes symbole du tranchant). Dorénavant on les appelle les scies Peugeot. C’est le début d’une dynastie d’inventeurs qui fit la renommée de l’industrie française.

En 1840, les descendants des frères Peugeot inventent le moulin à café. Maîtrisant parfaitement le mécanisme, ils réussissent à le miniaturiser. C’est la création en 1876 du moulin à poivre, une vraie révolution dans les arts de la table. Car le moulin en sectionnant les grains libère les saveurs. Avant cette invention, le poivre était broyé dans un mortier qui en amoindrissait le goût.

Lire aussi : Brouilly : la résistance des vignerons

Le moulin Peugeot, grâce à son mécanisme unique, va gagner le monde. Les dents les plus grosses du moulin concassent tandis que les dents plus petites moulent le grain. Et ceci est réglable. Une mouture grossière répand la saveur tandis qu’une mouture très fine dégage le piquant. En 1876, les Peugeot sont les seuls à posséder cette technologie et vendent 500 000 moulins à poivre. Une réussite industrielle qui éclate avant celle des premiers cycles Peugeot en 1886. Quant à celle de l’automobile, il faudra attendre 1889, soit quinze ans après les premiers moulins ! [...]

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Le Dieu du stade

À l’approche de la Coupe du monde de football, d’aucuns en profitent pour vilipender le sport « business » et rapprocher notre époque de la Rome du panem et circenses. Une Rome païenne pourtant plus religieuse que notre monde actuel. Mais c’est pire que cela. On serait tenté de penser que le sport aujourd’hui est incompatible avec la religion, et notamment la religion chrétienne, avec des compétitions le dimanche, des sportifs sur-adulés, etc. Il semblerait bien que le sport soit devenu le nouveau dieu d’un monde profondément agnostique voire athée. Le nouveau veau d’or est le « dieu Stade ». 

Pourtant il semblerait contre toute attente qu’il reste pour les chrétiens un « Dieu du stade » qui nous offre une couronne impérissable. Le sport chrétien commence avec l’apôtre Paul qui se sert de la métaphore pour illustrer la réalité du combat spirituel en 1 Corinthiens 9,24-27 : il y compare la vie chrétienne à une course que nous réalisons pour « remporter le prix » qui est « une couronne impérissable ». En 2 Timothée 2,5 saint Paul poursuit : « L’athlète n’est pas couronné s’il n’a pas lutté en respectant les règles ». Il emploie également une analogie avec l’athlétisme en 2 Timothée 4,7 : « J’ai combattu le bon combat, j’ai terminé la course, j’ai gardé la foi ». Si Paul utilise ces images, c’est que nous sommes des êtres à la fois physiques et spirituels. Si, d’un point de vue biblique, l’aspect spirituel de notre être est plus important, nous ne devons pas pour autant négliger notre santé physique et devons honorer le corps que Dieu nous a donné.

Lire aussi : Désordres doctrinaux dans l’Église : l’urgence d’une réforme

« “Donner le meilleur de soi-même” est sans aucun doute une expression qui s’applique à la fois au sport et au domaine de la foi », a déclaré le cardinal Kevin Farrell – prélat catholique irlandais, ayant obtenu en plus la nationalité américaine (il est préfet du dicastère pour les laïcs, la famille et la vie depuis août 2016) – en présentant un nouveau document intitulé Donner le meilleur de soi-même. Ce texte « fait référence » selon le préfet, « au discours du pape François, adressé aux associations sportives le 7 juin 2014, à l’occasion du soixante-dixième anniversaire du Centre sportif Italien », mais aussi à d’autres interventions comme l’exhortation apostolique Gaudete et exsultate § 11 où le pape écrit : « Ce qui importe, c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même, ce que le Seigneur a déposé de vraiment personnel en lui ». [...]

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