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Joseph Thouvenel : « La lutte des classes c’est la loi du plus fort, mais rarement la loi du plus juste »

Que pensez-vous des revendications des grévistes ? Ne sont-elles pas légitimes ?

Nous faisons face à une très forte reprise de l’inflation, avec une politique salariale très modérée dans la plupart des entreprises depuis plusieurs années. De ce point de vue : oui il est légitime que les salariés demandent des augmentations de salaires, simplement pour maintenir leur pouvoir d’achat. Concernant la grève chez Total : il est nécessaire de prendre en compte les conditions de travail pour pouvoir juger du bien-fondé de cette grève. Total a communiqué sur une moyenne de rémunération élevée pour les personnels des raffineries, mais il faudrait savoir précisément ce que cela recouvre. On sait qu’il s’agit en partie de primes, l’intéressement, la participation, mais en même temps cela concerne des gens qui sont amenés à travailler le week-end, la nuit. Il est donc normal que ces gens gagnent plus que d’autres qui n’ont pas ces sujétions.

En revanche, est-ce que ces justes revendications justifient le blocage de tout le pays, pour le syndicaliste chrétien que je suis, la réponse est non. La grève doit être le dernier recours, et lorsque l’on fait grève, on se doit de prendre en compte les conséquences sur l’entreprise – si je lance une grève dure et coule mon entreprise, ce n’est bon pour personne – lorsque mon travail a des conséquences sur le public, je me dois de regarder si ma grève est suffisamment légitime par rapport à la gêne qu’elle occasionne aux autres. Dans le cas qui nous intéresse, la gêne occasionnée ce sont des gens qui perdent leur travail, ou qui ne peuvent pas travailler : des artisans, des indépendants que cette grève met dans de très grandes difficultés.

Il y a un problème moral d’indécence de certaines rémunérations

Soit on vit dans un monde où l’on se construit égoïstement, soit on a une autre vision des choses, qui est une vision de solidarité entre les travailleurs : « Je ne peux pas maintenir mon mouvement de grève, parce que je mets des personnes, des familles, dans des situations extrêmement difficiles ». C’est une responsabilité morale !

La responsabilité pèse-t-elle seulement sur les salariés ?  

Non bien sûr. Il y a une grande part de responsabilité de l’entreprise Total. Derrière ces mouvements de grève, vous avez des organisations révolutionnaires qui prônent la lutte des classes. Comment se fait-il que sur des points stratégiques, une entreprise comme Total n’aie pas eu la vigilance nécessaire pour éviter que des organisations révolutionnaires ne prennent la main. C’est-à-dire que le manque de vigilance du groupe Total sur le profil des personnes travaillant sur des points stratégiques a pour conséquence qu’à un moment donné, une organisation de lutte des classes peut agir en parfaite cohérence avec sa philosophie, en bloquant le système. « Si ça ennuie les autres, c’est pas grave. Plus ça ira mal, mieux ce sera ». [...] 

Hommage pour Lola à Paris : un rassemblement sobre et digne

Sous une pluie battante, jeudi soir, vers 18h30, se rassemblait un millier de personnes sur la place Denfert-Rochereau, dans le XIVe arrondissement de Paris, en la mémoire de Lola. Badauds parisiens, militants de droite, et même des victimes d’agressions désireuses de montrer que cette affaire n’est de loin pas isolée – et encore moins un fait divers -, tous ont solennellement assisté à cette « Manif pour Lola », organisée par l’Institut pour la justice.

© Benjamin de Diesbach pour L’Incorrect

Jérémy, Lorenzo, Grégory, Monique… Des noms et des visages défilent sur l’écran géant installé pour l’occasion, ceux des laissés-pour-compte : frappés de plein fouet par l’insécurité, ils n’intéressent pas le grand public, parce qu’ils ne furent que les dommages collatéraux d’une politique migratoire incontrôlée et d’un laxisme judiciaire grandissant. Proches des défunts et survivants de certaines de ces attaques se sont ainsi exprimés face à une foule compatissante. Après ce témoignage vidéo, moment fort de la soirée, Stanislas Gaudon, secrétaire général adjoint du syndicat Alliance Police, prend la parole pour exprimer le soutien des forces de l’ordre à toutes ces personnes et particulièrement à Lola et à sa famille.…

Logement : les bourgeois squatteurs

Hors canicule, le hit de l’été dans la France utile – c’est-à-dire hors de l’Émirat de la Tour Eiffel – aura été la question du logement. Il est tout simplement devenu impossible de se loger dans certaines zones : Pays basque, Bretagne, Corse, littoral, villes universitaires… La nouveauté est que cette question arrive désormais dans des endroits ne brillant pas jusqu’alors par leur charmante attractivité : Creuse, Lorraine, Anjou intérieur. À quand des manifestations contre la pression immobilière à Limoges ? Les jeunes ménages sans pognon ne trouvent rien et les étudiants, assignés obligatoirement aux grandes villes, ne peuvent plus se payer les chambres de bonniches d’autrefois, où tout l’immeuble en profitait quand Mathieu niquait Chloé.

Or, la classe politique dans son ensemble est complètement absente du débat. La droite, tétanisée par le sujet, n’ose même pas l’aborder. Surtout pas ! N’importe quel Français doit pouvoir se loger où bon lui semble en France. Normal, les droitards ont tous des résidences secondaires de bourges à Saint-Malo ou Arcachon. En cas de mise en place d’un statut de résident comme certains indigènes le réclament ou d’une taxe sur les Airbnb, ça va couiner du portefeuille chez les LR ou à Reconquête (les prolos du RN étant moins concernés par les problèmes de riches). [...]

Dhabia n’aurait jamais dû croiser Lola

Retrouvée morte le vendredi 14 octobre, son cadavre rangé dans une valise avec la tête arraché, Lola était une adorable collégienne aux longs cheveux blonds des classes moyennes, bon élève et sans histoire. Ses parents originaires du Pas-de-Calais exercent la profession de gardiens d’immeubles dans le 19ème arrondissement parisien, quartier connu pour son insécurité croissante et son importante population immigrée. De nombreux drogués, migrants sans domicile fixes et dealers en tous genres y vivent, quoi qu’on puisse en dire la mairie de quartier socialiste. Certes, l’immeuble où vivaient les parents de Lola était-il situé dans une rue moins mal fréquentée, reste que l’arrondissement n’est pas sûr.

Lire aussi : Meurtre de Lola : un peu de décence, qu’y disaient

Sa meurtrière, désormais connue de toute la France, y vivait aussi. Elle squattait chez les uns et les autres, sa sœur ou ses amis issus de la communauté algérienne, vivant d’expédients après avoir réussi à venir en France grâce à un visa étudiant … pour un CAP dans la restauration.…

Meurtre de Lola : un peu de décence, qu’y disaient

La France est sous le choc d’un crime abominable. L’un de ces crimes atroces qui hantent les esprits et les rêves pour des générations, qui déchire le cœur des mères et fait s’écrouler l’assurance des pères. La coupable, n’en déplaise aux pourfendeurs du patriarcat dont on voudrait nous faire croire qu’il a le monopole de la violence, est une jeune femme. Une Algérienne de vingt-quatre ans, qui était depuis trois ans sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Si la loi avait été appliquée et si elle avait été expulsée à temps, son chemin n’aurait jamais croisé celui de la pauvre petite au visage angélique. Il ne s’agit là que de faits bruts, mais cruels. 

Le traumatisme est là, et il est profond. Aucune personne sensée n’arrive à chasser de son esprit les images terribles qu’on se forge en lisant les premiers aveux de la meurtrière, laissant deviner le calvaire de l’enfant. C’est le crime de trop. Alors que l’on croyait être comme Mithridate, devenu insensible à la douleur, à la lecture des faits « divers » s’accumulant dans les colonnes des journaux, la colère se réveille devant ce crime qui n’aurait jamais dû se produire.

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Devant la résistance obstinée et implacable des faits, le gouvernement se défend. La gauche se défend, et accuse tous ceux qui clament leur révolte devant la mort de Lola, de « récupération politique ». Les bien-pensants se drapent dans leur dignité morale et s’indignent devant l’ampleur de la mobilisation. Le journal de gauche Libération stigmatise les « charognards ». Mais arrêtons-nous un instant. Que signifie cette accusation de « récupération » ? [...]

Rencontre au sommet (5/6) : l’identité comme rempart

Alain Finkielkraut  La pathologie du nationalisme consiste à dire que pour être français, il faut avoir des parents, des grands-parents, des aïeux français. C'est une affaire exclusivement héréditaire. On sort de cette pathologie quand on dit, avec Levinas, que la France est une nation à laquelle on peut s’attacher par le cœur et par l’esprit aussi fortement que par la racine. Mais aujourd’hui on va plus loin : on criminalise l’hérédité. Il est interdit de parler de « Français de souche ». Ni l’atavisme, ni la lignée, ni l’ancrage dans une tradition n’ont désormais droit de cité. Il y a une difficulté à faire entendre la France en France qui rend l'assimilation des nouvelles populations presque impossible.

« La France est une nation à laquelle on peut s’attacher par le cœur et par l’esprit aussi fortement que par la racine »


Alain Finkielkraut

Mathieu Bock-Côté – Le concept de Français de souche est autorisé seulement de manière négative. On ne le mentionne que pour le maudire, comme lorsque François Hollande en parlant d’un terroriste avait précisé « qu’en plus c’est un Français de souche », comme s’il était heureux de dissocier pour une fois le terrorisme de l’islamisme.

Pierre Manent –  Je reviens à l’argument d’Alain Finkielkraut : pourquoi n’aurions-nous pas le droit de faire prévaloir la conception française de la laïcité ? Soit, mais si les autres pays européens et les États-Unis nous montrent du doigt alors qu’ils partagent le même « universalisme », nous en sommes réduits à dire qu’après tout, la laïcité, c'est notre coutume. Nous avons bien le droit d'imposer notre coutume ! C'est un argument désespéré, puisque c’est renoncer à l'universalisme que par ailleurs nous invoquons. Notre argumentaire franco-laïque n’est ni convaincant ni pertinent, mais c’est le cas de tous les argumentaires abstraits que nous agitons aujourd’hui. Il n'existe pas de notion théorique sur la base de laquelle nous pourrions résoudre le problème « l’islam et nous ». Que voulons-nous ? Garantir un minimum de continuité spirituelle et d’indépendance politique de cette nation appelée « France ». La seule démarche praticable viserait à réunir une majorité civique autour d'une sorte de programme minimum : préserver ou retrouver une certaine indépendance politique, préserver ou retrouver la capacité de l'ensemble que nous formons à se gouverner lui-même, à garder une certaine maîtrise de ses relations avec le monde qui l'entoure, ce qui implique de préserver certains caractères de l'association française, qui peuvent inclure en effet la laïcité et un certain rapport au christianisme. Il est indispensable de ne pas élargir la part musulmane de la France, non pas tant parce qu’elle contredit à la laïcité mais parce qu’elle nous rend dépendants politiquement de pays qui inspirent une méfiance légitime et qu’elle rend plus difficile encore de prolonger l’arc historique européen qui a toujours inclus un rapport actif au christianisme, et auquel l’islam a toujours  été extérieur sinon hostile.

Lire aussi : Rencontre au sommet : La France, qu’est-ce qu’il en reste ?

Alain Finkielkraut – Je ne dirais pas que la laïcité doit être défendue parce que c'est notre coutume. La laïcité est la manière française d'être moderne, de pratiquer la séparation des ordres et en tant que telle, elle doit être réaffirmée aussi clairement que possible. [...]

Olivier Perceval : « Maurras a toujours dit que le racisme était notre ennemi »

Quel était le but de votre action à Stains ?

La ville de Stains, main dans la main avec des associations féministes, organisait une action visant à donner provisoirement le nom de femmes célèbres à de nombreuses rues de la ville. Parmi ces noms, nous avons trouvé qu’il y avait quelques incongruités, notamment la présence du nom de la première femme de Mahomet. Elle a plus laissé un souvenir de guerrière que de figure de tolérance envers les non-musulmans. Surtout, elle n’a rien fait au service de la France. Nous n’avons aucun problème avec le fait d’honorer des étrangers, encore faut-il que ce soient des gens qui aient eu des relations avec notre pays, et qui l’aient servi. On a des rues Abd-el-Kader ou Sédar-Senghor, ça ne nous dérange absolument pas. En revanche, on ne comprend pas comment on a pu choisir cette femme. Notre action visait donc à souligner cette absurdité.

La presse de gauche et d’extrême gauche, notamment Libération, parle d’« action brutale ». Pourriez-vous revenir sur le déroulement exact des faits ? Vous êtes-vous livré à la moindre violence ?

Nous avons fait deux communiqués de presse, pour souligner l’absurdité de ces accusations. Nous y rappelons aussi que le fait de renommer massivement les rues est une pratique issue des pays communistes, où pullulaient les rues Marx et Lénine, et enjoignons la ville de Stains à revenir à des pratiques plus ancrées dans notre culture.

« Ce que nous demandons aux gens qui arrivent dans notre pays, c’est de devenir pleinement français, d’adopter notre pays avec son histoire et sa culture »


Olivier Perceval

Pour ce qui est des faits, une quinzaine de jeunes de l’Action française sont entrés dans le jardin de la mairie de la ville, qui est ouvert au public, y ont retiré les plaques qui y étaient présentes. Ils ont ensuite pris la parole pour rappeler que la culture française devait prévaloir en France, même dans une ville où la population musulmane est dominante. Ils ont rappelé que nous acceptons les Français d’origine étrangère, à condition qu’ils se conduisent en Français… sinon qu’ils retournent à l’étranger. C’était là le discours un peu rude de nos militants, mais qui n’avait rien de raciste. Il n’y a eu en tout cas aucune violence. Le discours a duré quelques minutes – nos militants me disent cinq, la municipalité dit quinze, soyons gentils et coupons la poire en deux pour dire dix. Nos jeunes ont allumé quelques fumigènes parce que c’est la mode en ce moment d’allumer des fumigènes quand on fait une action, et puis ils sont repartis. [...]

Pour fêter sainte Thérèse d’Avila : une sacrée plume

Si on vous dit : 1515, que répondez-vous ? Bataille de Marignan, bien sûr ! Et vous aurez raison. Ce que l’on sait moins, c’est que cette année voit également la naissance de Thérèse d’Avila, docteur de l’Église, dont l’on célébrait la fête le 15 octobre dernier. Après la « petite Thérèse », elle aussi docteur de l’Église, fêtée le 1 octobre, au tour de « la grande Thérèse » d’être fêtée. Qui dira que l’Église n’honore pas les femmes ?

Grande réformatrice du Carmel, mystique, auteur d’une œuvre importante en prose et en poésie dont Le Château de l’âme, Thérèse est aussi une grande épistolière. Le corpus de ses lettres est considérable. C’est qu'elle n’avait pas qu’une fille adorée à qui elle écrivait mais des centaines, qu’elle chérissait. Et ses lettres sont inclassables, ne ressemblant ni à celles de Jean de la Croix ni à celles d’Élizabeth de la Trinité ou d'Edith Stein. Le profane se mêle au religieux sans jamais tomber dans l’insignifiance ou une familiarité déplacée avec Notre Seigneur. Le plus haut amour est aussi le plus concret, l’élévation de l’âme va de pair avec l’attention inlassable à ses filles très aimées. Jamais l’on comprend mieux, en la lisant, ce que signifie « avoir charge d’âme » et avoir en charge les âmes.

Ces lettres sont le trésor spirituel d’une âme pleine d’amour, audacieuse, ardente et remplie de sagesse

Née, en 1515, d’une famille de la noblesse castillane, jeune fille à l’imagination ardente, passionnée de romans de chevalerie, aspirant très tôt à la plus haute sainteté, elle entra à 20 ans au couvent, réforma l’ordre du Carmel livré à des désordres mondains, et créa, en Espagne, en même temps que Jean de la Croix, une vingtaine de couvents de Carmes déchaux (déchaussés). Toujours sur les chemins, à dos de mule, écrivant tard dans la nuit, nous connaissons de première main la vie des monastères qu’elle fonde, dans l’élan de leur jeunesse. Est évoquée par-là l’histoire de l’Église : l’Inquisition dont elle fut victime, l’emprisonnement de Jean de la Croix dont elle fait appel auprès du roi Philippe II, en 1577. C’est aussi la société du siècle d’Or espagnol tout entière qu’elle évoque en une « mosaïque polychrome », depuis les Grands jusqu’aux aubergistes, les religieux jusqu’aux muletiers des routes castillanes. Depuis le roi de France au Carme préféré Gratien, depuis Lorenzo de Cepeda, Conquistador, son frère chéri, jusqu’aux figures de femmes, Anne de Jésus, future fondatrice du Carmel thérésien, en passant par la fantasque princesse d’Eboli. C’est l’époque de la construction de l’Escurial et de l’arrivée, sur nos tables, des pommes de terre venues de l’Amérique. Quel trésor que cette correspondance pour un historien et un homme d’Église ! Quelle sacrée plume ! [...]

L’Incorrect

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