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La fin de l’oxydant : plaidoyer pour un retour de l’occident chrétien (3/3)

Il serait paradoxal que les chrétiens eux-mêmes, ceux du moins qui n’ont pas déjà vendu leur âme à ce monde, se montrent étrangers à ces interrogations, et plus encore à ces certitudes. Il leur faut au contraire redresser leur intelligence et leur cœur, reprendre le goût du « sel de la terre » (Mat., 5, 13), redécouvrir, au besoin, les racines vitales de leurs héritages, qui sont riches d’une puissance inouïe de résurrection.

Le christianisme est la seule force capable de s’opposer à la mort et aux énergies sociales qui la causent, parce qu’il est seul en mesure de proposer un sens authentique de l’Histoire et de la place de l’homme en elle, dans sa vie individuelle comme dans sa vie collective. 

Il importe donc de renouer en tous domaines, politique, éducatif, familial, avec des valeurs authentiquement chrétiennes, de les étudier, de les promouvoir, de les vivre et de les défendre résolument, sans rougir. « Tout restaurer dans le Christ », disait déjà saint Pie X à l’aube du XXe siècle. L’injonction, ne le voit-on pas ?, n’a fait que rajeunir et gagner en pertinence. Ces valeurs constituent la seule alternative viable à l’échec si dommageable et si patent d’un projet de société qui a, depuis le XVIIIè siècle, tablé sur leur destruction mais dont la parenthèse se ferme visiblement sur la mort de l’homme. [...]

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Vers un langage mondial des quartiers

Lorsque votre connard de neveu gauchiste parle comme un indigène du 93, ça vous retourne le Bescherelle n’est-ce pas ? Eh bien, sachez que ce petit fumier parle encore une jactance qui vous est à peu près intelligible. Car dans quelques années, c’est terminé. Fini le françwesh, bonjour le rastafanglais !

Car la grande mode est au MLE ou « Multicultural London English » ou encore « Jafaican ». Les vieux punks à la crête fatiguée connaissent tous le cockney, cet argot blanc si typique de l’East End de Londres et lieux circonvoisins. Shane MacGowan des Pogues ne parle pas avec l’accent irlandais, mais bien avec celui des zonards et des prolos de l’est londo- nien, idem pour Johnny Rotten, la putain d’icône de 77 qui torche actuellement le cul merdeux de sa femme Alzheimer. Ce qui constitue en soit le firmament d’une carrière de punk destroy ! Mais à part pour les vieux nostalgiques au poil blanc, le cockney c’est mort.

Lire aussi : Rendez-vous en terre inconnue : les pantins de Babel

Car aujourd’hui, les jeunes londoniens parlent le MLE. C’est-à-dire un mélange de cockney, de créole jamaï- cain avec un poil d’arabe et de manouche. Et dans le mix dance hall, c’est surtout le créole jamaïcain, le « patwa », qui a pris le dessus. Fascination du blanc pour le Tiers-Monde... Selon le Telegraph, le MLE aura remplacé tous les argots urbains du Royaume-Uni d’ici 100 ans, selon le Guardian le délai pourrait même être ramené à 40. Car si le cockney était le parler prolo londonien, chaque ville anglaise avait son baragouin à elle. Aujourd’hui, c’est terminé. Fini l’accent et la jergoiserie des Pinky Blinders, maintenant à Birmingham comme à Manchester, les jeunes blancs parlent tous ce dérivé de jamaïcain à pattes jaunes ! [...]

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La fin de l’oxydant : plaidoyer pour un retour de l’occident chrétien (2/3)

D’où vient, pourtant, que l’on parle toujours d’Occident comme d’une réalité vivante ? Par le même artifice qui fait toujours parler de « liberté » pour justifier la licence et la tyrannie des passions ; de « démocratie » pour masquer l’emprise de l’oligarchie et de la manipulation ; ou de « droit » pour couvrir le désordre de règles échappant toujours davantage aux citoyens, voire à la raison elle-même.

Les esprits sont ainsi faits, observait Boèce, que chaque fois qu’ils abandonnent des idées vraies, ils en revêtent de fausses, encore que les mots demeurent inchangés pour les exprimer. La crise de l’intelligence provoquée par la disparition de l’Occident historique a favorisé cette « fraude des mots » qu’évoquait déjà Platon et qui permet, par la subversion de leur sens, d’en faire des armes sociales de destruction massive.

Ce qui est appelé aujourd’hui « Occident » n’est rien d’autre, en réalité, que le monde américanisé, libéralisé, crétinisé et uniformisé par ses lubies, ses subversions permanentes, ses désinformations, ses modes, sa vulgarité, son conformisme faussement rebelle et son sabir

Ce qui est appelé aujourd’hui « Occident » n’est rien d’autre, en réalité, que le monde américanisé, libéralisé, crétinisé et uniformisé par ses lubies, ses subversions permanentes, ses désinformations, ses modes, sa vulgarité, son conformisme faussement rebelle et son sabir. Un monde, par conséquent, qui n’est plus animé par le christianisme et par la culture qu’il avait assumée et développée, mais par un idéal contraire, matérialiste et relativiste, jouisseur, égoïste, affranchi de la morale comme de la nature, quoique non sans impératifs moralisateurs, forgés pour imposer les avancées de l’idéologie. Un monde libéré d’un Dieu transcendant, créateur et rémunérateur, laissant place aux dieux-nains que chacun se forge. [...]

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Andy Ngo : « L’antifascisme est un mouvement similaire au djihadisme »

Qu'est-ce qu'un « antifa » finalement ?

L'antifascisme est une idéologie, un mouvement de militants extrémistes anarcho-communistes. Ils utilisent le mot « antifascisme » pour plusieurs raisons. La première pour inscrire leur idéologie dans la descendance de l'antifascisme italien et allemand. Ils utilisent leurs symboles. L'autre raison est que l'antifascisme paraît a priori une cause noble.

Quelles est la relation entre les antifas et la violence ?

Ils agissent de façon violente et non-violente. La voie non-violente est le « doxxing » (diffusion publique d'informations personnelles), le harcèlement, le hackage, le vol d'informations personnelles... Les formes violentes sont cependant centrales dans leur idéologie. Ils ne croient pas à l'éthique non-violente de la démocratie libérale, celle de la discussion et du débat. Ils considèrent qu'ils doivent arrêter leurs ennemis par tous les moyens possibles, ce qui inclut de cibler la famille de l'adversaire, voire d’employer la violence ou le meurtre.

Il n’y a pas besoin d'être de droite radicale pour être leur ennemi. Aux États-Unis, durant la pandémie, ils ont attaqué des manifestants contre le confinement. Ils ont dit que c'était du fascisme, bien que cela n'ait aucun sens idéologiquement. Ils ont attaqué des femmes qui s'opposaient à une vision radicale de l'idéologie du genre. Ils ont dit que c'était du fascisme. Ils s'en sont également pris à l'humoriste Dave Chapelle en prétendant que ses blagues étaient fascistes.

Au fond, leur nom n'a rien à voir avec ce qu'ils prétendent être. On est avec eux ou contre eux. Et si l’on est contre eux, ils s'en prennent à vous, à votre famille, àv otre travail. Ils n'existent qu'en opposition à quelque chose. Lorsque Trump a été élu, il était leur cible. Ensuite, ç'a été un autre.

En Italie il y a eu Mussolini, en Espagne Franco, en Allemagne Hitler, et même Oswald Mosley en Angleterre. Tous ont un lien plus ou moins fort avec le fascisme. Cependant, il n'y a jamais eu de leader fasciste aux États-Unis : pourquoi y trouve-t-on des antifascistes alors ?

Les manifestations européennes de l'antifascisme viennent d'une histoire qui a frappé le Vieux Continent. L'antifascisme américain ne se fonde sur rien, il est un mirage. Ils n'ont aucune histoire aux États-Unis, alors ils l’importent depuis l'Europe. Le discours et les méthodes d'organisation viennent d'ici. Ils ont besoin de se créer un imaginaire comme raison d'être. C'est pour cela qu'ils dénoncent Trump, ses supporters et les Républicains comme fascistes. Qui est vraiment un fasciste aux États-Unis ? Pour les antifas, de plus en plus de monde.

Le cas de l'Europe est différent : il y a une mémoire directement liée à ce sujet. Mais les cibles actuelles des antifas d'Europe rejoignent celles des États-Unis. Ils ont besoin d'étendre la définition du fascisme. [...]

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La fin de l’oxydant : plaidoyer pour un retour de l’occident chrétien (1/3)

Il ne se passe pas de jour sans que politiciens et médias ne nous parlent de « l’Occident », des « pays occidentaux », du « monde occidental », spécialement à propos de l’Ukraine, de la Russie, et de la guerre opposant « l’Occident » à cette dernière sur le territoire ukrainien. Ici est « l’Occident », qui est le bien ; là est la Russie, « l’Orient » peut-être, qui est le mal. Mais au fait : qu’est-ce que cet « Occident » ?

L’Occident, terre d’élection du christianisme

Longtemps ce terme, attaché à la course du soleil, a désigné un espace géographique, politique, culturel et religieux qui s’identifiait globalement à l’Europe. La tradition chrétienne voyant dans le soleil naissant, à l’Orient, l’image du Christ venant illuminer « ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort » (Antienne « O Oriens » du temps de l’Avent). L’Occident était l’Europe éclairée par le christianisme.

L’Occident était, pour ses peuples, la résultante structurante de « valeurs ». Non pas de « valeurs » éthérées, proclamées dans des Déclarations ou usinées par des idéologies, mais de valeurs vivifiantes, puisées aux sources de la Révélation biblique et assumant sagesses gréco-romaines et traditions germaniques. Pie XII disait que l’hellénisme était « la racine et la culture naturelle de l'Occident », tandis que le christianisme était sa « culture spirituelle ».

L’Occident conjuguait dès lors l’éducation au vrai, au bien et au beau, l’amour des lettres des arts, des « humanités », et une « culture » qui n’était pas étrangère à la terre à laquelle son étymologie renvoyait. Il était édifié sur le sens et le respect de la famille, construite autour d’un père et d’une mère, fondée sur la pieuse mémoire des anciens, sur l’accueil spontané et la communication naturelle d’une tradition vivante. Celle-ci, qui enracinait et obligeait, s’exprimait par des langues, des récits, des légendes, des exempla et du droit même, toutes choses qui contribuaient à forger des identités humaines solides et variées. [...]

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Gabriel Robin censuré par Twitter

Votre compte Twitter, où vous parlez notamment de la guerre en Ukraine, mais aussi d'autres thèmes comme la politique française, était très actif. Il a récemment été censuré. Pourquoi ?

J'ai mis en ligne deux fois une vidéo d'une de mes interventions à CNews où je déplorais la détérioration de l'attractivité touristique française, notamment sur le plan de la délinquance. Sur la première vidéo mise en ligne, j'avais légendé : « La source de l'insécurité en France porte un nom : l'immigration. Tout le monde le sait et c'est une évidence. Il faut d'abord l'arrêter avant de pouvoir espérer rendre aux Français la tranquillité qu'ils méritent ». Ce tweet a eu un énorme succès avec un total de plus de 100 000 interactions. Durant mon intervention, je m'appuyais non pas sur un jugement de valeur vis-à-vis de l'immigration en général, mais des chiffres du Ministère de l'Intérieur relatifs à la criminalité à Paris.

Encore hier, un touriste a été victime d'une tentative de vol de sa Rolex par deux mineurs isolés marocains de 16 et 17 accompagnés par un Algérien de 27 ans. Je citais également durant l'émission l'exemple de cette touriste américaine violée dans des toilettes publiques par un Algérien. Oui, l'immigration récente provoque des problèmes de criminalité et de délinquance dans Paris !

Mes paroles s'inscrivent dans un débat sur l'immigration nécessaire en France.

Dans vos propos, on ne voit a priori  rien de répréhensible. Pourquoi seraient-ils la cause de votre censure ?

Vous avez raison : selon moi, il n'y a rien que Twitter puisse condamner ici, en matière de haine. Je ne cite pas nommément un groupe d'immigrés en particulier, je ne cite pas de nationalité, j'expose simplement le phénomène migratoire. Or, Gérald Darmanin a récemment tenu des propos tout à fait similaires ! Il parlait lui aussi du lien entre insécurité et immigration. Selon moi, ce n'est donc pas Twitter qui a décidé de me censurer puisque tous les jours, de tels propos sont relayés. [...]

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Alice Cordier : « Les femmes européennes sont traitées comme de véritables proies »

Qu’est-ce qu’être une féministe de droite ? Le féminisme peut-il être conservateur ?

Être féministe de droite, revient à prôner un combat basé sur la raison et le pragmatisme. Aujourd’hui, le féminisme est pris en étau entre deux grands courants : le féminisme radical qui est misandre et qui prône un système séparatiste entre les hommes et les femmes, et le féminisme intersectionnel que l’on pourrait appeler la convergence des luttes entre les minorités oppressées et qui permet notamment d’intégrer le voile ou les personnes transsexuelles dans les luttes féministes. On se rend vite compte de la limite de ces deux formes de féminismes, toutes deux soumises à une idéologie d’extrême gauche.

Lire aussi : Dora Moutot : « La théorie du genre est un grave recul pour les femmes »

Une troisième voie est possible, si l’on revient d’abord à l’essence du féminisme : l’accès à l’égalité des droits entre les hommes et les femmes et la quête d’une amélioration des conditions de vie des femmes. Vider le féminisme de toute forme d’idéologie et se recentrer sur le réel : des faits, des chiffres, des statistiques et en définir les solutions qui en découlent. Arrêter de chercher la déconstruction et de nier d’où l’on vient, arrêter de brimer notre nature et les aspirations qui en découlent. En somme, un féminisme pragmatique et ordonné, un féminisme de droite donc. Le féminisme de droite peut être conservateur quand il s’agit d’honorer notre histoire (qui est si riche en modèles féminins) plutôt que de la déconstruire, mais aussi dans le fait de prôner la complémentarité homme/femme plutôt que de mettre ces deux forces en opposition.

Dépecé par le féminisme depuis cinquante ans, le patriarcat européen est désormais remplacé par une domination clanique africaine et maghrébine. Quel impact cette substitution a-t-elle sur votre vie quotidienne ?

L’impact du patriarcat extra-européen se ressent aujourd’hui dans l’espace public pour énormément de femmes en France. C’est aussi le cas dans bon nombre d’autres pays de l’UE, comme en Allemagne où on se rappelle des agressions de Cologne le soir de la Saint Sylvestre en 2016, mais aussi en Angleterre avec les grooming-gangs, ces prédateurs sexuels pakistanais qui enlèvent et violent des femmes et enfants (et dont on s’est rendu compte que les pouvoirs publics avaient cherché à taire l’ampleur par peur d’être taxés de racistes). Pour revenir à notre pays, cette domination et ce sentiment de supériorité de la part d’hommes extra-européens se ressentent par le biais du harcèlement de rue où les femmes européennes sont traitées comme de véritables proies. C’est le cas dans les métropoles mais de plus en plus dans les communes de densité intermédiaire. Rappelons qu’en Île-de-France en 2019, selon le bilan du ministère de l’Intérieur, 63 % des agressions sexuelles dans les transports en communs sont le fait d’étrangers. À ce titre, on voit proliférer les stages d’apprentissage aux méthodes de self-défense, une explosion des inscriptions féminines aux sports de combat et ce chiffre amer : sept femmes sur dix souhaitent la légalisation d’objets de légitime défense selon une étude Yougov du 17 mars. [...]

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L’hérésie populiste (4/4) : pourquoi une gauche populiste n’est pas viable ?

Plutôt que le prolétariat, le « peuple » : l'analyse de Laclau a été pleinement reprise en Espagne par le groupe d'extrême gauche Podemos, qui a vu dans ce schéma un excellent outil pour reconstituer les rangs ruinés de la vraie gauche. Une opération admirable : des millions de personnes qui votaient autrefois pour la droite, mais qui sont aujourd'hui ruinées par la crise, pouvaient désormais pencher vers un mouvement transversal. Or, il est très significatif que la manœuvre ait fini par dégénérer en ce qu'elle est aujourd'hui : il n’y a aucune transversalité, mais uniquement la récupération intégrale des vieux clichés de la gauche radicale, l’écrasement des traits proprement populistes sous le poids d'une base militante qui veut seulement être « rouge ». L'expérience du gouvernement de Podemos dans les municipalités et les régions donne la mesure de cet échec. Cet échec peut se résumer ainsi : la gauche n’est pas parvenue à cesser d’être la gauche.

Il faut insister sur le processus social et politique qui nous a conduits jusque là. La répétition pourra peut-être servir de point d’orgue à l'analyse. De même que la droite a fini par trahir la nation, c'est-à-dire le peuple historiquement et politiquement constitué, la gauche a complètement oublié qui est vraiment le « peuple », ce qu'est la « classe ouvrière ». Il faut rappeler que ceux qui ont opéré le grand miracle de la transformation socio-économique dans tout l'Occident entre 1950 et 1970 n'étaient pas des activistes LGBT ou des apôtres du métissage, mais des Européens de souche (et fiers de l’être), au visage blanc (normalement noirci par le travail), des hétérosexuels avec des enfants, pour la plupart chrétiens (du moins dans leur référence au bien et au mal) et avec une idée bien matérielle, qui n’avait rien d’idéologique, de la liberté et de la prospérité. Ces générations ont réussi à réduire au minimum l'écart social ; ils furent le matériau avec lequel furent exécutées les grandes politiques de reconstruction, aussi bien dans l'Allemagne sociale-démocrate que dans l'Espagne franquiste ou dans « l'Amérique des opportunités ». D'un certain point de vue, ils ont été les héros de la seconde moitié du XXe siècle. Voilà ce qu’était le peuple. Le seul peuple réellement existant.

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