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Rencontre au sommet (4/6) : l’islam et la France

Pierre Manent – La France ne cesse de changer. Nous l’avons dit, elle est devenue beaucoup moins chrétienne, le sentiment de la continuité historique s'est affaibli et une partie importante de la population française est désormais musulmane. La question est : comment évalue-t-on cette transformation ? Comment y fait-on face ? Demander si l’islam est « compatible ou non » avec la vie française est une mauvaise façon de formuler les choses car on ne peut pas en inférer des mesures pratiques. On répond oui ? Alors on laisse l’immigration musulmane s’accroître indéfiniment. On répond non ? Alors il n’y a plus qu’à les renvoyer « chez eux », ce qui est tout de même difficile quand ils sont « chez nous » depuis deux ou trois générations. Ces deux « solutions » sont également impraticables.

Une chose est certaine : le fait qu'il y ait de plus en plus de Français musulmans modifie en profondeur la vie française. Ce mouvement peut-il continuer indéfiniment ? Non, ce mouvement ne peut pas continuer indéfiniment, sauf à accepter que notre pays ne puisse plus se reconnaître, et que « France » ne soit plus qu’un nom. Je le répète, une part de la France est musulmane, on a le droit de le regretter, mais nous devons l'accepter puisque, de fait, gouvernants et gouvernés, depuis des décennies nous l’avons accepté. Simplement, il faut faire en sorte que cette part ne s’agrandisse jusqu’à ce que le corps civique soit fragmenté, déchiré et finalement paralysé. Accepter qu’une part de la France soit désormais musulmane, faire en sorte que cette part ne s’accroisse plus, voilà comment je résumerais la question de l’islam.

« Convertissez vos concitoyens d’abord si vous voulez restaurer une civilisation chrétienne »


Chantal Delsol

Chantal Delsol  On ne peut pas s'imaginer qu'on va restaurer une civilisation chrétienne ou une culture chrétienne, les deux choses étant assez différentes. C'est un vœu pieux. Ce n'est pas quelque chose qu'on restaure comme on restaurerait un bâtiment. Les cultures et les civilisations peuvent reposer sur les traditions, sans croyance religieuse, comme en Chine par exemple. Chez nous, tout repose sur les croyances parce que nos religions sont fondées sur la foi en une vérité. Il y a eu une tentative au XXè siècle qui a semblé marcher assez bien pour remplacer la foi par la tradition, puisqu’au bout d’un certain nombre de siècles de foi, des traditions s’étaient créées et comme la foi semblait de plus en plus évanescente, certain ont essayé de se suffire de la tradition comme Maurras : « Vous ne croyez pas, mais au moins pratiquez, il en restera toujours quelques-uns qui croiront ». Je pense que ça n'a fait que précipiter l'effacement du christianisme. Depuis le XIXè siècle, depuis les textes de Théodore Jouffroy comme Comment les dogmes finissent, on assiste à l'effacement de la croyance. Mais comment s’imaginer restaurer une civilisation sur rien ? Les musulmans croient, nous non. On se plaint parce qu’ils veulent imposer des menus hallal, mais les catholiques n’ont jamais réclamé jeûne du vendredi à l’école. Il ne faut pas s'imaginer qu'on va restaurer quelque chose auquel personne ne croit. J’ai envie de vous dire : convertissez vos concitoyens d’abord si vous voulez restaurer une civilisation chrétienne. [...]

Grand remplacement : Callac, la deuxième vague

En breton, on dira « sebezet » qui pourrait se traduire par « stupéfait ». Tout le monde a entendu parler de Callac, village de 2 000 habitants du Centre-Bretagne dans lequel une famille de Parisiens de tour Eiffel, les Cohen, veulent implanter une centaine de migrants. Le projet « Horizon » que ça s'appelle. Comme horizon d'emmerdes pour les Mohicans du coin.

Manif, contre-manif, pétition, la soupe est bien aigre en ce moment à Callac. Affaire Dreyfus armoricaine ! Les familles sont divisées, tout le monde ne parle que de ça, les murs de la commune sont tagués de slogans hostiles en breton, le marché est devenu le lieu de toutes les engueulades et pétitionneries. Désormais, le maire se déplace entre deux gendarmes pour venir interdire aux « anti- » de faire signer une demande de référendum entre carottes et poisson. Cependant, contrairement à l'affaire Dreyfus, la ligne de fracture n'est pas de 50/50 « pour » et « contre », mais bien – de l'aveu même du maire – dans un 80/20. 80% d'anti-projet Horizon et 20% de lous ravis de la crèche.

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Pour ceux qui ne connaissent pas la situation locale : Callac est une ancienne terre rouge. Résistance. Maquis. Parti communiste. La commune et ses environs étaient des terres pauvres, devenues fiefs protestants, puis républicaines anti-curés, puis communistes. Une sorte de « communisme rural » de travailleurs paysans comme il en existe dans le Limousin ou dans l'Allier par exemple. En gros, jusqu'à récemment, le rapport Khrouchtchev n'était pas encore arrivé à Callac ! [...]

Rencontre au sommet (3/6) : la fin de la Chrétienté

Chantal Delsol – À l'époque où les barbares se sont installés dans l'Empire romain, un certain Salvien, devenu prêtre après avoir été marié, avait écrit des choses qu'on pourrait retrouver sous la plume de nos écrivains ou de journalistes, en expliquant finalement que les siens étaient des décadents et des salauds pour avoir conquis tout le monde, et que les meilleurs étaient en fait les barbares. Au fond, vous décrivez une religion morale. Avec l’effacement du christianisme, la morale a tendance elle aussi à s'effacer puisque dans le judaïsme et le christianisme, religion et morale sont intimement liées (ce n'était pas du tout le cas chez les païens, où la morale était décrétée par les autorités politiques alors que la religion relevait des prêtres). Or, si l’on peut se passer de religion (par exemple, la Chine), tous les peuples ont besoin de morale. Notre société post-chrétienne doit donc retrouver une morale. Je pense qu’il y a chez Marx une tentative de retrouver une morale, et les wokes en sont des héritiers. Quelle morale va-t-on trouver ? On reprend la morale dont on a l’habitude, la morale chrétienne, qui dit que Dieu est une victime et que la victime est Dieu. On reconstruit donc quelque chose à partir de cet axiome, avec la passion pour l’égalité et la compassion pour la victime. Et de cette morale, on fait une religion.

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Pierre Manent – Quand on dit que « la France est de culture chrétienne », veut-on dire que la vie d’un nombre significatif de Français garde un rapport actif avec la religion chrétienne ? Ou veut-on dire que la « culture chrétienne », c’est ce qui reste du christianisme quand on a perdu la foi ? Voici en tout cas comment je vois les choses. Jusqu’aux années 60 du XXe siècle, beaucoup de Français certes n'étaient pas chrétiens, ou ne l’étaient plus, mais la religion chrétienne avait une présence palpable et active dans l’ensemble de la société française. Pourquoi ? Parce que chaque famille, chaque personne presque, avait elle-même fait l’expérience d’un certain rapport au christianisme. Exemple classique : le père était franc-maçon ou socialiste, la mère allait à l'église, on se disputait pour savoir si l'enfant ferait sa première communion, ou pas.

Le catholicisme n'était plus une loi ou une autorité pesant comme une obligation sur la société, mais la société négociait en permanence sa relation avec la religion chrétienne, soit en adhérant, soit en se détournant ou protestant contre son influence. La religion chrétienne, en particulier catholique mais pas seulement, était si j’ose dire l’objet naturel du débat public et de la négociation sociale et familiale. Voilà ce que j’appelle un rapport actif de la société française à la religion chrétienne. Ce n’est pas simplement l’attachement aux vieilles églises, les croix au bord des routes et les expressions religieuses passées dans le langage courant ! La plupart des Français, à un moment ou à un autre, étaient en contact, ou avaient à faire ou ne pas faire quelque chose, avec la religion chrétienne. Aujourd'hui, et c'est le grand changement, de plus en plus de Français peuvent passer toute leur vie sans rencontrer cette question de leur rapport à la religion chrétienne. Le terme de déchristianisation est beaucoup trop abstrait. Il s’agit plutôt d’une apostasie. [...]

Persécution des musulmans convertis : « Dans l’islam, l’apostat est un traître »

Pourquoi avoir rédigé un rapport sur les violences subies par les musulmans convertis ?

Tout est parti d’une intuition et d’informations parcellaires transmises par des associations sur le terrain. Nous savions qu’il y avait des difficultés et nous avons donc eu envie d’enquêter, puisque l’ECLJ est spécialisé en matière de liberté religieuse et de droits de l’homme.

Quels grands enseignements tirez-vous de cette enquête ?

Le grand enseignement, c’est qu’il y a un vrai problème en la matière en France et dans tous les pays européens avec d’importantes communautés musulmanes. Quitter l’islam est un enjeu de fond. Nous ne pouvons pas dire que tous les musulmans qui quittent l’islam sont persécutés, mais c’est difficile pour tout le monde et il y a un nombre de persécutions significatif. Il leur faut être discret car ils craignent d’être découverts. Beaucoup sont rejetés par leur famille et doivent prendre leurs précautions pour ne pas être battus, lynchés ou harcelés sur leurs lieux de travail ou de vie par d’autres musulmans radicaux.

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Il existe une grande inconnue : combien sont-ils ? Beaucoup n’osent pas franchir le pas tant la pression est forte. Certains se convertissent puis reviennent par la suite à l’islam ; d’autres se dirigent vers des communautés chrétiennes diverses. Il est très difficile de mesurer exactement le phénomène. Dernier problème : l’absence de connaissances et de réactions des églises chrétiennes qui accueillent. Beaucoup sont naïfs et ne comprennent pas du tout à quel point il peut être difficile pour le converti de quitter l’islam. Certains empêchent même les convertis de rejoindre une communauté chrétienne en leur disant que cela ne sert à rien. Il y a de grandes difficultés d’accueil de ces convertis dans la communauté chrétienne.

Quel type de persécutions subissent ces musulmans convertis ?

Le mépris, le rejet verbal, les insultes sont des choses que l’immense majorité des convertis subissent si leur conversion est connue. Cela vient principalement de la famille. Ensuite, il y a plusieurs possibilités. La famille peut encourager le converti ou l’ex-musulman à ne rien dire, à se comporter comme un musulman, à vivre sa foi ou son absence de foi de manière cachée. Si la personne arrive à quitter la banlieue ou l’endroit dans lequel il y a une forte communauté musulmane, il n’aura normalement pas d’autres problèmes. [...]

Thaïs d’Escufon : « Ce n’est plus SOS Méditerranée, mais SOS Hollywood ! »

Quel était le but de votre action dans les locaux marseillais de SOS Méditerranée ?

Génération identitaire était une organisation opposée à l’immigration. Nous voulions dénoncer le trafic d’être humain auquel se livrait SOS Méditerranée dans cette mer, le mettre en lumière auprès des médias et du grand public.

Avez-vous fait preuve de violence contre les salariés de SOS Méditerranée ?

Bien sûr que non. Quand j’ai vu les premiers chefs d’accusation, « violence en réunion, » « séquestration, » je me suis dit que ce n’était plus SOS Méditerranée, mais SOS Hollywood ! On était vingt-deux militants mais nous sommes rentrés dans leurs locaux sans effraction, en toquant à la porte, de manière totalement pacifique. On a utilisé le même mode d’action que beaucoup d’autres associations comme Greenpeace par exemple. Il s’agit certes d’occupation de locaux, mais sans violence et sans effraction. On leur a dit qu’ils étaient libre de sortir, qu’on allait juste mettre notre banderole à la fenêtre sans toucher à rien, que ce soit au matériel ou à eux-mêmes. La porte-parole de SOS Méditerranée à l’époque avait elle-même dit qu’il n’y avait pas eu de violences. C’est ensuite qu’elle s’est mise à changer de version parce qu’il y a eu une volonté de procès, parce qu’ils en font des caisses pour nous faire condamner le plus lourdement possible. Les parties civiles de SOS Méditerranée requièrent d’ailleurs deux cents à trois cents mille euros d’amende contre nous. Complètement délirant. Je n’ai pas entendu la gauche crier à l’horreur quand des immigrés clandestins se sont introduits récemment dans l’Hôtel de Ville de Paris ou encore quand la CGT utilise très régulièrement ce mode d’action d’occupation de locaux. Cette association ne supporte simplement pas que l’on ait dénoncé sa participation au trafic d’être humain en Méditerranée, puisque le mode d’action que nous avons utilisé est un moyen d’agit-prop assez classique.

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J’ajoute que nous disposons d’images de cette action, prises à l’intérieur des locaux. Elles sont disponibles sur la chaîne YouTube de Génération identitaire, qui existe encore. Chacun peut donc vérifier par lui-même. [...]

Le temps des faux prophètes

« À chaque fois que vous vous retrouvez à penser comme la plupart des gens, faites une pause et réfléchissez ». Cet aphorisme de Mark Twain pourrait être pour chacun une invitation à la survie.

Les dirigeants, les « élites », les gens de spectacle, les médias bien-sûr, les footballeurs même de ce pays nous mobilisent constamment pour des guerres saintes : pour l’Ukraine, pour les femmes iraniennes, pour l’antiracisme, pour la démocratie, pour le féminisme, pour la tolérance, les chats et la planète.

Leur péan est toujours accompagné de gestes puissants, dont on ne sait trop ce qu’il faut admirer le plus, du courage ou de l’audace. Tels mettent un genou à terre dans un stade ou portent un brassard arc-en-ciel ; telles se coupent solidairement une mèche de cheveux ; telle autre brandit les mains en Assemblée nationale, en faisant un geste symbolisant un vagin ; tel autre, dans un répertoire plus élevé, fait le pantin à l’ONU, à grands renforts de coups de menton ; tel autre se résout à ne manger que de l’herbe ; tel autre encore, pousse l’exemplarité héroïque jusqu’à porter un pull à col roulé.

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Il est à craindre, hélas, qu’il y ait des gens que tout cela suffit à émouvoir et à mobiliser. Pensez, en particulier : les pauvres ukrainiens, les pauvres iraniennes, les pauvres discriminés ! D’aucuns vibrent à ces gestes, portés par le formidable appétit de moralisme dont ils sont eux-mêmes déjà contaminés. Ils ne désirent rien tant, prosélytes à leur tour, que de le voir s’étendre au monde entier : à ce que l’on doit dire, à ce que l’on doit faire, à ce que l’on doit penser, aimer ou haïr, comme un air à respirer à pleins poumons, pour que ce monde régénéré par tant d’intelligence et de vertu démocratiques soit enfin délivré du mal qui l’étreint. [...]

Association Argos : quelle jeunesse européenne ?

Quelle est l’ambition d’Argos ?

Nous nous définissons comme un collectif communautaire. Notre objectif est de rassembler la jeunesse française et européenne pour la tirer vers le haut et faire en sorte qu’elle soit capable, à plus long terme, de défendre notre civilisation. L’idée est de tout reprendre depuis le début. Alors que notre civilisation et notre pays sont en crise, l’alternative politique a du mal à se matérialiser. Il y a certes de bonnes nouvelles comme la victoire de Giorgia Meloni en Italie ou un groupe Rassemblement national important à l’Assemblée, mais ça ne suffit pas. Nous avons fait le constat suivant : si l’alternative a du mal à se matérialiser, c’est parce que nous n’avons pas assez cultivé les bases. La base consiste pour nous à former la jeunesse, la ré-enraciner, la rendre plus saine. L’un de nos slogans est « un esprit sain dans un corps sain ». À long-terme, sur une génération, nous voulons des Français de souche européenne qui soient capables de créer cette alternative.

En vous voyant, on fait très vite le parallèle avec Génération identitaire – association dissoute par le ministère de l’Intérieur. Vous considérez-vous comme leurs successeurs ?

En matière de famille politique, nous sommes tous deux des défenseurs de la civilisation européenne. Certains anciens militants de Génération identitaire sont effectivement chez nous. Pour autant, nous ne sommes pas leur « version 2.0 ».

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Qui sont vos militants et vos cadres ?

Il y a toute une partie de la jeunesse consciente des problèmes que nous soulignons, mais qui n’a pas de représentation politique. On peut regretter Éric Zemmour, mais sa candidature, si elle fut une véritable victoire sur le thème migratoire, fut une déception électorale, avec 7% des voix. Marine Le Pen, de son côté, progresse tous les cinq ans mais n'arrive toujours pas à triompher. Il fallait faire quelque chose. Les structures militantes locales sont intéressantes, mais insuffisantes. Par tout un réseau de connaissances, l’idée de créer une structure a progressivement germé : cela fait un certain temps qu’Argos est en gestation, raison pour laquelle nous avons déjà plusieurs dizaines de membres. Lorsque nous avons organisé notre randonnée l’été dernier, nous étions 60. Lors de notre tournoi de boxe estival, nous étions 150, dont 30 combattants. Au niveau sociologique, d'expérience, je peux affirmer que toutes les catégories sociales sont présentes chez nous, des classes populaires aux classes plus aisées. Difficile de donner une mesure précise, mais à vue d'œil, ce sont les petites classes moyennes qui sont les plus représentées. C'est mon cas notamment : une mère institutrice dans le public, un père électrotechnicien. [...]

Matthieu Vallet : « Seulement un agresseur de policier sur dix va en prison »

En mai 2021, 35 000 policiers se réunissaient devant le Palais-Bourbon, excédés par le manque de reconnaissance et les violences qu’ils subissent. Avez-vous été entendus ? 

Malheureusement, la réponse pénale n’est toujours pas au rendez-vous. Selon l’analyse de l’Observatoire officiel de la réponse pénale mis en place le premier juillet par le gouvernement, seulement un agresseur de policier ou de gendarme sur dix va en prison. Cette réponse pénale, ces décisions de justice, les policiers les vivent très mal au quotidien. Quand pour un refus d’obtempérer comme à Paris, où un policier est traîné sur plusieurs mètres, l’auteur présumé est remis dehors en attendant son procès, c’est incompréhensible, c’est une sorte de double peine où le policier a l’impression que son statut de victime est bafoué voire inexistant. La justice doit systématiquement être ferme avec ces voyous qui fracassent les policiers et les gendarmes, sinon le combat est perdu d’avance.

Magistrat syndiqué, Oswald Baudot a dit un jour : « Soyez pour le voleur, contre la police ». Mur des cons et magistrats d’extrême gauche ont rompu la confiance entre les Français et l’ordre judiciaire. Avec la police aussi ? 

Selon les dernières statistiques publiées dans les médias, une grande partie des Français n’a plus confiance en la justice. C’est une alerte et ce manque de confiance doit interpeller tout le monde. L’article 15 de la déclaration des Droits de l’Homme dit que « tout agent public doit rendre des comptes », les magistrats ne doivent plus échapper à cette règle. L’institution judiciaire fonctionne dans l’entre-soi. Le recrutement, l’avancement, les nominations, les sanctions : tout est géré au sein du Conseil supérieur de la magistrature de manière totalement opaque. Un magistrat peut se tromper, comme un policier d’ailleurs, mais force est de constater qu’on ne demande jamais aux juges de rendre des comptes. Qui peut comprendre cette ineptie dans cette démocratie ?

« Les victimes sont les laissées-pour-compte du système judiciaire »


Matthieu Vallet

Êtes-vous favorable à la mise en place de mesures fortes telles que l’instauration de vraies peines planchers, la perpétuité réelle ou encore une procédure de flagrance en matière criminelle ? 

Il faut simplifier la procédure pénale. Nos enquêteurs passent plus de temps à gratter du papier qu’à enquêter. La technocratie a pris le pas sur tout le reste dans la procédure au détriment des victimes qui deviennent les laissées-pour-compte du système judiciaire. Nous demandons également la mise en place de peines minimales. Depuis la réforme du Code pénal en 1994, il existe des peines maximales mais pas minimales. Par exemple, dans le cadre d’une agression de personnes dépositaires de l’autorité, policiers, élus ou pompiers, même si c’est la première fois, le voyou doit savoir qu’il encourt une peine minimale. Une peine qu’on pourrait fixer à un an ferme, puisqu’en dessous, la justice n’incarcère pas. Enfin, les peines planchers sont indispensables : 5 % des multirécidivistes commettent 50 % des actes de la délinquance en France. Le délinquant qui passe deux, trois voire quatre fois devant la justice pour les mêmes faits doit savoir qu’il ne peut plus se moquer de la société et s’en tirer. C’est terminé ! Plus d’enquêtes et moins de paperasse, plus de sévérité et moins de culture de l’excuse, beaucoup reste encore à faire pour restaurer l’autorité. [...]

L’Incorrect

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