Skip to content
Cam-girls, dominatrices, sexe virtuel : la prostitution au carré

La décision de la Cour de cassation de Paris est passée inaperçue et pourtant elle semble donner raison aux pornographes 3.0 et au fameux « monde d’après » qui se gargarise toujours plus de chair numérique. Le 18 mai, la plus haute juridiction a en effet estimé après délibération que le fait de monnayer ses charmes virtuellement ne relevait pas de la prostitution, rejetant la demande de la Confédération nationale des associations familiales catholiques qui réclamait que ces activités soient davantage encadrées. Ouf ! les camgirls et surtout les plateformes qui hébergent leurs contenus et facilitent leurs transactions (en prenant au passage un pourcentage pas du tout symbolique) vont pouvoir dormir sur leurs deux oreilles. Elles ne sont pas des putes, ils ne sont pas des maquereaux. Tout au plus des adultes consentants qui échangent de bonnes pratiques au fil de vertueuses contractualisations.

Vidéodrome

C’est oublier qu’à Budapest ou à Miami, ces mêmes plateformes, dont beaucoup sont la propriété du géant du porno Mindgeek, ont bâti de véritables « vidéodromes » dans lesquels ces starlettes de la webcam sont parquées et condamnées à répéter toute la journée les mêmes positions, devant un parterre conséquent de voyeurs tapis derrière leurs écrans. C’est oublier que ces nouvelles méthodes menacent dangereusement la santé mentale des jeunes filles, en s’invitant dans les chambres d’adolescentes, en démocratisant des pratiques extrêmes sous couvert de « safe sex » (sexe sans contact) et en les exposant souvent aux fantasmes d’internautes dégénérés qui en veulent toujours plus, protégés par l’anonymat. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
L’hérésie populiste (3/4) : une version gauchiste du populisme

Christopher Lasch était un homme qui venait de la gauche américaine. En dépit de son propre itinéraire, il n'a pas envisagé d'alternative à cette situation pouvant venir de la gauche ; il est revenu au populisme d'il y a un siècle. Pourquoi ? Précisément parce qu'il venait de la gauche. Il savait que celle-ci, dans la dernière ligne droite du XXe siècle, n'était plus capable d'offrir une véritable alternative. En effet, la gauche occidentale a cessé d'être une puissance transformatrice ou, du moins, a cessé de l'être en termes de « peuple ». Récapitulons : les politiques de développement économique et social de la période d’après-guerre ont eu le mérite de créer une situation nouvelle dans laquelle les déshérités du capitalisme sont finalement entrés dans le système. Ce fut un processus pratiquement simultané dans toute l'Europe, sous des politiques à la fois chrétiennes-démocrates et sociales-démocrates ou autoritaires (en Espagne, ce fut l’époque du développementalisme de Franco). De là est née une classe moyenne très étendue qui a décrété l'extinction de la guerre des classes et neutralisé toute possibilité de révolution parce que, tout simplement, personne n'en voulait. Le prolétariat avait cessé d'exister en Occident. Sans prolétariat à racheter, la gauche est demeurée littéralement suspendue dans le vide.

À partir de ce moment-là, la nouvelle gauche des années 1960 et 1970 s’est mise à la recherche d'une nouvelle opposition dialectique à laquelle s'accrocher : les jeunes contre les vieux, les femmes contre les hommes, les noirs contre les blancs, les colonies contre leur métropole (les « damnés de la terre » de Franz Fanon), les homosexuels contre les hétéros, etc. La lutte pour l'émancipation du prolétariat s'est déplacée vers d'autres continents, vers d'autres « collectifs » en quête d'émancipation. Une grande partie de « l'idéologie du genre » qui est maintenant imposée en Occident avec la bénédiction officielle des pouvoirs publics vient précisément de là. À tous points de vue, personne ne peut douter que cette gauche postmoderne ait triomphé : son discours a été pleinement accepté par le système au point de devenir une référence incontournable de toute « correction politique ». Cependant, le coût de cette évolution a été brutal en termes politiques et idéologiques. En effet, non seulement ces nouvelles positions dialectiques ne nuisent pas au système de production, mais elles le renforcent, dans la mesure où elles brisent toute solidarité de classe et accentuent cette mentalité de consommation individualiste qui alimente la machine du capitalisme. Ainsi, la gauche radicale a fini par devenir une masse de manœuvre du système.

[...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Sait-on encore ce qu’est une femme ?

Curieuse idée pour L’Incorrect que d’avoir voulu consacrer un dossier aux femmes. Car, oui, je vous le demande, ce mot a-t-il encore un sens ? Cette introduction pourrait prêter à sourire, mais le débat agite les États-Unis depuis le printemps. Un documentaire, intitulé What is a woman ?, d’ailleurs montré au grand jour l’ampleur des accommodements sémantiques face la pression du militantisme LGBT.

Le processus de ce glissement lexical est désormais classique. On a commencé d’abord par expliquer qu’il existait quelques rarissimes personnes dont la biologie échappait à la trop binaire distinction homme/femme, puis on a présenté la féminité comme un attribut partiellement social et donc pas complètement représenté par la biologie, avant finalement d’affirmer tout de go que la notion de sexe biologique y était secondaire. La page Wikipedia « Femme » enregistre cet inexorable glissement de définition lorsqu’elle affirme : « Une femme est un être humain de sexe ou de genre féminin ». [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Nouvel ambassadeur aux droits LGBT+ : quand la démocratie s’en va-t-en guerre

Elisabeth Borne, ci-devant Premier ministre, l’a promis en cette journée du 4 août : « Avant la fin de l'année », ce qui en indique l’importance, un « ambassadeur aux droits LGBT+ » sera nommé. Je suppose que le soulagement de chacun sera grand ; c’est qu’au rang des urgences sociales présentes, celle-ci primait absolument. Après tout, ce n’est pas comme s’il y avait d’innombrables fractures à colmater et d’innombrables souffrances à soulager.

Si quelqu’un nourrissait encore l’illusion de n’être pas gouverné par des fous, pour qui l’idéologie l’emporte absolument et toujours sur le réel, voilà qui devrait contribuer à l’en guérir.

Par définition, un ambassadeur est un serviteur de son pays, qu’il représente. Ainsi donc ce pays, celui de l’histoire de nos pères et de nos enfants, sera gratifié d’un nouveau représentant, fine fleur de son identité présente : un vrai « diplomate », donc, sur les traces de Richelieu, de Colbert, de Chateaubriand et de Lamartine même, ou encore de Tocqueville, rattaché au « ministère de l'Europe et des Affaires étrangères ». Vous me direz qu’il y eut aussi Talleyrand, une « merde en bas de soie », selon le mot de Napoléon. Comme quoi, il y a tradition diplomatique et tradition diplomatique. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
L’hérésie populiste (2/4) : comment comprendre le populisme ?

Comment appréhender le populisme ? Il faut d'abord partir du principe qu'il s'agit d'un phénomène politique caractéristique de la modernité. En d'autres termes, nous ne sommes pas en face d’une résurgence de la pensée traditionnelle, d’une « réaction » restauratrice. L'élan populiste est indissociable des conditions objectives créées par le monde moderne et de la manière spécifiquement moderne d'appréhender les rapports au sein de la communauté politique. Pour reprendre un schéma peut-être réducteur mais expressif, on pourrait dire que le populisme correspond au moment « Fraternité » dans des sociétés déçues par les phases « Liberté » et « Égalité », pour reprendre la topique trilogie révolutionnaire.

La Liberté désigne le moment où l'individu revendique son autonomie contre l'ordre politique traditionnel : c'est le monde du libéralisme, avec sa répartition des pouvoirs, ses libertés publiques à caractère personnel, sa sacralisation de l'activité économique privée et l'autonomie de la conscience. Lorsque le monde de la Liberté triomphe et fait apparaître la victoire de certains individus sur d'autres, apparaît le moment de l'Égalité, qui n'est plus l'égalité de tous devant la loi (c'était, après tout, une revendication individualiste), mais l'aspiration que tous les hommes soient essentiellement égaux en droits, en devoirs, en fortune, en bonheur : c'est le monde du socialisme avec son exigence d'uniformité sociale, d'égale redistribution des richesses (et de la pauvreté), de la soumission de toute autonomie personnelle à l'intérêt de l'ensemble, etc. Toutefois, lorsque le moment de la Liberté se manifeste comme un générateur d'injustice, et que le moment de l'Égalité se manifeste comme un générateur de division et d'oppression, alors se fait sentir le besoin d'atteindre une phase différente ; une nouvelle phase où la liberté individuelle ne brise pas la communauté dans son ensemble et l'égalité sociale n'anéantit pas l'autonomie spontanée des personnes. C'est le moment de la Fraternité. Or si un courant politique aborde l'énoncé de la Fraternité comme un concept-clef, c'est bien le populisme. Ce n'est pas par hasard que Pierre Poujade avait inclus précisément le terme de « Fraternité » dans le nom de son parti.

[...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
IVG, ce chantage odieux exercé contre la mère

Vendredi 24 juin, une onde de choc a parcouru le monde. La Cour suprême américaine a renversé l’amendement Roe vs Wade, qui constitutionnalisait le droit à l’avortement aux États-Unis. Dans la foulée, certains États conservateurs ont promulgué une loi interdisant l’avortement, parfois y compris en cas de viol et d’inceste. Les militants pro-vie laissent éclater leur joie, quand les « pro-choix » descendent dans la rue pris de fureur. En France, c’est la guerre sur les réseaux sociaux, et Aurore Bergé propose d’inscrire le droit à l’avortement dans la constitution.

L’avortement est l’aboutissement de l’asservissement de la femme par l’homme

Une occasion de rappeler que l’avortement est une boucherie pour l’enfant que l’on élimine, mais également un chantage odieux exercé sur la mère. Au-delà des risques qu’elle encourt – hémorragies, fausses-couches ultérieures, stérilité, syndrome post-abortif, dépression – l’avortement est l’aboutissement de l’asservissement de la femme par l’homme. Loin d’une émancipation, c’est la suite de l’arnaque contraceptive. Voilà soixante ans que l’on neutralise le cycle menstruel des femmes en leur expliquant que pour être libres, elles doivent coucher où, quand, et avec qui bon leur semble. Et lorsque la contraception chimique montre ses limites, elles se retrouvent à devoir « choisir » d’élever seule un enfant ou d’avorter. Les hommes sont donc plus que jamais libres de jouir du corps des femmes, tout en étant totalement déresponsabilisés de leur paternité. « Mon corps mon choix » ou plutôt « Mon enfant ma peine ». [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Laura Magné : « Le féminisme nie l’impact de l’immigration dans la vie quotidienne des femmes »

Qu’est-ce qu’être une féministe de droite ? Le féminisme peut- il être conservateur ?

 Si l’on considère que le féminisme se veut « égalitariste » et souhaite lutter contre le « patriarcat », il paraît compliqué de voir autre chose qu’un oxymore lorsque l’on entend parler de « féminisme de droite ». On peut difficilement nier que tout ce qui devait être acquis l’a été ces dernières décennies. Ma vie n’est absolument pas la même que celles de mes grands-mères nées dans les années 19... La gauche devrait avoir l’honnêteté de le reconnaître. Mais cette course absolue de l’égalité, de la parité est en train de les perdre. Les femmes n’ont pas besoin du féminisme – plus largement du militantisme – qu’il soit de droite ou de gauche pour se prouver qu’elles valent quelque chose.

Dépecé par le féminisme depuis cinquante ans, le patriarcat européen est désormais remplacé par une domination clanique africaine et maghrébine. Quel impact cette substitution a-t-elle sur votre vie quotidienne ? 

La principale chose que l’on peut reprocher au féminisme actuel est de nier l’impact de l’immigration massive dans la vie quotidienne des femmes. Au point de vouloir en élargir les trottoirs en France et de nier les évidences dans des villes européennes comme Londres en mettant en place des rames de métro réservées aux femmes et ainsi légitimer une sorte d’apartheid entre les hommes et les femmes.

Lire aussi : Dora Moutot : « La théorie du genre est un grave recul pour les femmes »

Le féminisme a fait croire aux femmes que pour être libres, elles devaient adopter une sexualité débridée, calquée sur le désir masculin. Beaucoup de jeunes filles se retrouvent ainsi dépossédées et déconnectées de leurs corps. Que faire pour réparer ce désastre ? 

Le constat que vous dressez est réel mais je pense que le regard porté l’est principalement depuis la capitale. Dans le vrai monde, celui qui vit en dehors de Paris et qui contient des gens normaux et équilibrés, les femmes ont un rapport à leur corps, à la sexualité et à l’amour très instinctif. La plupart des jeunes gens ne recherchent qu’une chose : trouver l’amour, le vrai, le grand, le beau. Celui qui permettra de se marier et/ou de faire des enfants. Dans les milieux ruraux, les couples font d’ailleurs des enfants bien plus tôt que les trentenaires des villes qui arpentent les rues à la recherche de l’être le plus charmant qui permettra d’enfanter. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
L’hérésie populiste (1/4) : qu’est-ce que le populisme ?

Le populisme est devenu le nouveau « fantôme qui hante l'Europe ». En fait, bien plus que l'Europe : le monde entier. Un fantôme dont les contours sont si vaporeux et si diffus qu’il semble étendre partout sa présence menaçante. À écouter le discours politique officiel, on ne peut qu’en être frappé. Trump est un populiste, comme Poutine. Maduro est un populiste, comme Orban. Pablo Iglesias est un populiste, comme Marine Le Pen. Or, lorsque différentes personnalités manifestement si contraires entre elles reçoivent le même qualificatif, de deux choses l’une : soit on a enfin trouvé une pierre philosophale sous la forme d'un adjectif universellement valable – ce qui va se révéler faux –, soit on parle dans le vide. Je soupçonne que la plupart de nos analystes, toutes ces voix qui remplissent à toute heure l'espace médiatique de l’incantation magique du « populisme », parlent simplement dans le vide. Qu'est-ce qu'un « populiste » pour eux ? Simplement quelqu'un qui ne rentre pas dans le moule préfabriqué du politiquement correct occidental. Je veux dire : un méchant.

Lire aussi : Le nouveau monde LGBT (3/3) : L'homme grand remplacé, la civilisation en danger

Ce que le populisme n'est pas

Depuis la chute du mur de Berlin, en effet, l'Occident a marché vers la construction d'un unique espace politique valable, défini selon quatre paramètres fondamentaux : la démocratie représentative des partis, l’économie ancrée dans le système financier mondial, l’abolition progressive des identités nationales et des frontières. Avec, enfin, l'ingénierie sociale progressiste, ce type de nihilisme érigé en dogme qui se manifeste notamment à travers les « politiques de genre ». Ces paramètres délimitent le champ de ce qui est acceptable, et même, de ce qui est la seule politique possible, puisque toute alternative – nous dit-on – ne peut être qu'une arnaque et une démagogie, un masque qui cache les pires intentions. Quiconque sort de ce cadre, par n'importe lequel des quatre côtés – politique, économique, identitaire ou social – est suspecté de péché. Il sera inévitablement qualifié de « populiste », non pas pour le définir « idéologiquement », mais pour le frapper d’un anathème moral. Pire encore : pour dresser à son égard le diagnostic d'une maladie infectieuse et contagieuse.

[...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile

L’Incorrect

Retrouvez le magazine de ce mois ci en format

numérique ou papier selon votre préférence.

Retrouvez les numéros précédents

Pin It on Pinterest