En mai 2021, 35 000 policiers se réunissaient devant le Palais-Bourbon, excédés par le manque de reconnaissance et les violences qu’ils subissent. Avez-vous été entendus ?
Malheureusement, la réponse pénale n’est toujours pas au rendez-vous. Selon l’analyse de l’Observatoire officiel de la réponse pénale mis en place le premier juillet par le gouvernement, seulement un agresseur de policier ou de gendarme sur dix va en prison. Cette réponse pénale, ces décisions de justice, les policiers les vivent très mal au quotidien. Quand pour un refus d’obtempérer comme à Paris, où un policier est traîné sur plusieurs mètres, l’auteur présumé est remis dehors en attendant son procès, c’est incompréhensible, c’est une sorte de double peine où le policier a l’impression que son statut de victime est bafoué voire inexistant. La justice doit systématiquement être ferme avec ces voyous qui fracassent les policiers et les gendarmes, sinon le combat est perdu d’avance.
Magistrat syndiqué, Oswald Baudot a dit un jour : « Soyez pour le voleur, contre la police ». Mur des cons et magistrats d’extrême gauche ont rompu la confiance entre les Français et l’ordre judiciaire. Avec la police aussi ?
Selon les dernières statistiques publiées dans les médias, une grande partie des Français n’a plus confiance en la justice. C’est une alerte et ce manque de confiance doit interpeller tout le monde. L’article 15 de la déclaration des Droits de l’Homme dit que « tout agent public doit rendre des comptes », les magistrats ne doivent plus échapper à cette règle. L’institution judiciaire fonctionne dans l’entre-soi. Le recrutement, l’avancement, les nominations, les sanctions : tout est géré au sein du Conseil supérieur de la magistrature de manière totalement opaque. Un magistrat peut se tromper, comme un policier d’ailleurs, mais force est de constater qu’on ne demande jamais aux juges de rendre des comptes. Qui peut comprendre cette ineptie dans cette démocratie ?
« Les victimes sont les laissées-pour-compte du système judiciaire »
Matthieu Vallet
Êtes-vous favorable à la mise en place de mesures fortes telles que l’instauration de vraies peines planchers, la perpétuité réelle ou encore une procédure de flagrance en matière criminelle ?
Il faut simplifier la procédure pénale. Nos enquêteurs passent plus de temps à gratter du papier qu’à enquêter. La technocratie a pris le pas sur tout le reste dans la procédure au détriment des victimes qui deviennent les laissées-pour-compte du système judiciaire. Nous demandons également la mise en place de peines minimales. Depuis la réforme du Code pénal en 1994, il existe des peines maximales mais pas minimales. Par exemple, dans le cadre d’une agression de personnes dépositaires de l’autorité, policiers, élus ou pompiers, même si c’est la première fois, le voyou doit savoir qu’il encourt une peine minimale. Une peine qu’on pourrait fixer à un an ferme, puisqu’en dessous, la justice n’incarcère pas. Enfin, les peines planchers sont indispensables : 5 % des multirécidivistes commettent 50 % des actes de la délinquance en France. Le délinquant qui passe deux, trois voire quatre fois devant la justice pour les mêmes faits doit savoir qu’il ne peut plus se moquer de la société et s’en tirer. C’est terminé ! Plus d’enquêtes et moins de paperasse, plus de sévérité et moins de culture de l’excuse, beaucoup reste encore à faire pour restaurer l’autorité. [...]