
Le Silence de l’agneau est un livre dérangeant et c’est pour cela que c’est un bon livre. Son sous-titre, La morale catholique favorise-t-elle la violence sexuelle?, peut faire naître le soupçon qu’on s’apprête à lire un énième brulot progressiste à l’agenda convenu. Il n’en est rien. Au fil des pages, bien que l’on puisse tiquer sur quelques passages, nous y reviendrons, l’honnêteté intellectuelle de la démarche s’impose au lecteur car Mathieu Poupart se place au plus près du vécu des victimes d’agressions sexuelles commises dans l’Église, victimes qu’il a accompagnées et qu’il soutient dans l’association qu’il a co-fondée Agir pour notre Église. Le point de départ est le constat suivant: d’où vient le fait que les victimes aient tant de mal à se faire entendre par leur entourage ecclésial ? De là, sa problématique: dans quelle mesure une certaine pastorale, voire des aspects de la doctrine morale, participe-t-elle à ce que l’on peut nommer une culture du viol ?…








