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Abus sexuels dans l’Eglise : Une pierre d’achoppement

Le Silence de l’agneau est un livre dérangeant et c’est pour cela que c’est un bon livre. Son sous-titre, La morale catholique favorise-t-elle la violence sexuelle?, peut faire naître le soupçon qu’on s’apprête à lire un énième brulot progressiste à l’agenda convenu. Il n’en est rien. Au fil des pages, bien que l’on puisse tiquer sur quelques passages, nous y reviendrons, l’honnêteté intellectuelle de la démarche s’impose au lecteur car Mathieu Poupart se place au plus près du vécu des victimes d’agressions sexuelles commises dans l’Église, victimes qu’il a accompagnées et qu’il soutient dans l’association qu’il a co-fondée Agir pour notre Église. Le point de départ est le constat suivant: d’où vient le fait que les victimes aient tant de mal à se faire entendre par leur entourage ecclésial ? De là, sa problématique: dans quelle mesure une certaine pastorale, voire des aspects de la doctrine morale, participe-t-elle à ce que l’on peut nommer une culture du viol ?…

1939 : Vatican, zone libre

Comment et quand sont apparues les premières controverses concernant l’attitude de Pie XII vis-à-vis du nazisme ?

Les attaques contre l’attitude de Pie XII pendant la Seconde Guerre mondiale, en fait, se sont faites en deux temps. Le premier temps est l’époque de l’offensive soviétique, commencé dès 1945, où l’on trouve des articles de presse qui viennent de Moscou, mais également des relais des Soviétiques en Occident, qui critiquent le pape Pie XII pour son attitude pendant la guerre. Il est accusé d’avoir été favorable au nazisme et aux puissances de l’Axe. Dans cette première offensive, le paroxysme est atteint avec la pièce célèbre de Rolf Hochhuth en 1963, Le Vicaire, dont nous savons aujourd’hui que les services secrets soviétiques y ont joué un rôle essentiel. Cette pièce impose vraiment pour le grand public l’idée d’un pape indifférent au génocide et complice passif des nazis. C’est vraiment à ce moment-là que naît la « question Pie XII » – c’est-à-dire après la mort du pape en 1958.…

Histoire falsifiée : L’épuration

Qu’appelle-t-on l’épuration sauvage ?

Elle désigne toutes les exécutions commises sans jugement avant ou après la Libération. Les historiens préfèrent parler d’épuration extra-légale, mais l’expression épuration sauvage, popularisée par Philippe Bourdrel dans le titre d’un ouvrage publié en 1988, correspondassez bien à la sauvagerie de très nombreuses exécutions. Grâce aux témoignages de survivants, d’exécuteurs et de témoins, nous connaissons aujourd’hui le degré de sadisme confinant à la folie de nombreuses exactions. Si les tontes symbolisent l’épuration sauvage dans la mémoire collective, elles ne représentent qu’une partie. Il ne faut pas oublier les milliers d’exécutions commises par des groupes prétendant agir au nom de la résistance à la suite de « jugements » expéditifs prononcés par des tribunaux populaires sans aucune légitimité.

Combien de temps a-t-elle duré ?

L’historien américain Herbert Lottman la fait débuter en 1943 avec l’assassinat de « collaborateurs » mais le déchaînement arrive après le débarquement, à l’été 1944.…

1905 : Laïcité, sortir de la cata Combes

Autour de la loi du 9 décembre 1905 instituant la séparation des Églises et de l’État, existent deux mythes en sens contraires : l’un qui fait de cette séparation l’acte fondateur d’une laïcité intransigeante qui cantonnerait le fait religieux dans la sphère privée (c’est le cas, particulièrement, à gauche de l’échiquier politique) ; l’autre, en sens inverse, qui en fait un modèle de tolérance et de libéralisme (c’est le cas, en général, à droite, et dans les milieux catholiques, même si les repères peuvent changer, en raison de la captation du débat public par l’islam sur cette question). Dans les deux cas, il s’agit d’encenser la loi de 1905 en l’inscrivant dans la trame des combats politiques que l’on souhaite mener : une société laïque qui reléguerait le fait religieux dans la sphère privée dans un cas, ou bien une société libérale qui laisse librement les religions s’exprimer dans l’espace public.…

L’Histoire falsifiée – 1789 : Mythos et sans culottes
Pourquoi fallait-il des mythes à la Révolution ? D’une certaine façon, les conditions dans lesquelles les députés du tiers convoqués par Louis XVI aux États généraux se sont emparés de la souveraineté le 17 juin 1789 s’apparente à une sorte de coup d’État. Le roi et les députés des deux autres ordres du royaume, le clergé et la noblesse, sont mis devant le fait accompli. On ne leur demande pas leur avis. Si l’on ménage encore le roi, le climat général est à la guerre civile sur fond de revendication égalitaire contre les ordres privilégiés, accusés de vouloir entraver le processus révolutionnaire. Le complot est au cœur de la dynamique révolutionnaire jusqu’à la Terreur, et l’on soupçonne déjà en juin 1789 les aristocrates de vouloir comploter contre les patriotes. La nouvelle souveraineté de la nation proclamée le 17 juin quand les députés du tiers se constituent en Assemblée nationale, réaffirmée et étendue le 20 juin par le serment du Jeu de paume, est née de façon brutale et unilatérale. On sort en quelques jours de mille ans de souveraineté monarchique. Les révolutionnaires ont très vite éprouvé le besoin de trouver des mythes fondateurs à leur nouvelle légitimité sociale et politique. On invente donc une nouvelle version laïque du serment désormais prêté « à la romaine » debout et bras levé, de nouvelles icônes, de nouveaux martyrs, de nouveaux monuments, de nouvelles fêtes désormais consacrées à la liberté, à l’égalité, à la fraternité, à la famille, à la nature, etc. [...]
Histoire falsifiée – XVII siècle : Éteindre les Lumières

Quels sont, selon vous, les principaux mythes, voire les principaux mensonges qui ont été véhiculés sur les Lumières ?

Le principe général qui guiderait, dit-on, le mouvement des Lumières est celui d’une révolte contre le principe d’obéissance. Ce n’est qu’en partie vrai. Il y a effectivement eu un sentiment – qui s’est généralisé – contre l’absolutisme, c’est-à-dire cette prise de conscience que le pouvoir absolu et certains dogmes chrétiens étaient devenus obsolètes et n’étaient plus ni acceptables, ni durables face aux avancées de la science et, plus généralement, face à l’individualisme montant. Plus particulièrement, ce qui couve, c’est surtout une révolte contre le christianisme en général et contre le catholicisme en particulier, qui cadenasse volontiers la perspective séculière.

Finalement, on passe du « tout est absolu » au « tout est relatif ». Peut-on dire que c’est ce relativisme qui a conduit aux régimes totalitaires du XXe siècle ?

Les Lumières ont été à l’origine d’à peu près toutes les idéologies qui ont suivi le XVIIIe siècle.…

L’Histoire falsifiée : 1941-1945 Hitler Akbar

Islamistes et nazis, même combat ? Pour mieux comprendre les liaisons fatales qui relient ces deux totalitarismes et qui les ont fait travailler main dans la main, il faut revenir en 1914. Les gouvernements allemands et ottomans ont pour but de détricoter les empires coloniaux français, russes et britanniques, qui leur font de l’ombre durablement. Pour ce faire, le seul moyen est d’instrumentaliser les velléités nationalistes et tribales capables de faire sécession à l’intérieur de ces empires. Ils commandent à ce titre au Cheikh al islam, la plus haute autorité religieuse du califat à Constantinople, une proclamation de djihad panislamique, incitant le « monde mahométan à une révolte sauvage » contre la « tyrannie impériale ».

C’est la première pierre d’une instrumentalisation qui trouvera son apogée pendant la Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement à partir de 1941, où l’Allemagne connaît son grand « moment musulman ». 1941 est en effet une date charnière pour les stratèges de Berlin.…

© Romée de Saint Céran pour L'Incorrect
Histoire falsifiée : XIIè siècle, le vrai siècle de la Lumière
Quelle est la généalogie de cette légende noire du Moyen Âge ? Celle-ci tient en grande partie à l’appellation de « Moyen Âge », un terme évoquant une transition sans envergure entre deux périodes glorieuses. Ce sont des médiévaux eux-mêmes qui ont forgé ce terme : Pétrarque, exilé à Avignon, qui attendait une renaissance italienne ; et saint Bonaventure, un franciscain qui désirait un retour à la pauvreté de l’Église primitive. Cette formule a ensuite été reprise avec un peu trop d’enthousiasme par les intellectuels de la Renaissance qui se sont mis à considérer qu’il y avait eu une parenthèse noire entre l’Antiquité et eux-mêmes, une parenthèse « gothique », qui se référait à la prise de Rome par les Goths, en 410, et à leur œuvre de destruction. Néanmoins, le Moyen Âge a ensuite connu de nombreuses réhabilitations, que ce fut par les romantiques, bien sûr, ou, de nos jours, avec le goût pour la fantasy ou les reconstitutions festives dans de nombreux villages. [...]

L’Incorrect

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