« Voici que, tout indigne et malade que je suis, j’ai reçu ce vieux navire tout brisé, qui fait eau de toute part ; et dans la grosse tempête qui la secoue chaque jour ses planches pourries ont des craquements de naufrage. » Ces mots ne sont pas du défunt pape émérite Benoît XVI mais d’un lointain prédécesseur, Grégoire le Grand, qui régna à la charnière des VIe et VIIe siècles. Or, dans les derniers jours du pontificat de Jean-Paul II, le cardinal Ratzinger avait utilisé la même image à l’occasion du chemin de Croix dans le Colisée. C’était peu avant son élection le 19 avril 2005, à l’occasion de la Semaine sainte : « Seigneur, ton Église nous semble une barque prête à couler, une barque qui prend l’eau de toute part. Et dans ton champ, nous voyons plus d’ivraie que de bon grain. Les vêtements et le visage si sales de ton Église nous effraient.…
Ce 29 novembre, nous avons rendez-vous à 8 h au sud de Paris, devant la prison de Fresnes. Une délégation de cinq députés du Rassemblement national membres de la Commission des lois, vient y faire une visite : Stéphane Rambaud, Gisèle Lelouis, Marie-France Lorho, Timothée Houssin et Edwige Diaz. Loin du Palais- Bourbon, il s’agit pour eux de se faire une idée du fonctionnement, des conditions de vie carcérale, mais surtout de soulever – à juste titre – la question de la surpopulation causée par une surreprésentation d’étrangers parmi les détenus. Le contexte de la visite n’est pas innocent : Gérald Darmanin vient d’annoncer un énième projet de loi sur l’immigration. Or, le constat est sans appel : l’établissement pénitentiaire de Fresnes dispose de 1 400 places pour 1 900 personnes incarcérées, dont presque 900 personnes étrangères de plus de 80 nationalités.
Fresnes est la plus vieille prison française, 123 ans, et cela se ressent. On se croirait dans un vieil hôpital psychiatrique, ceux qui servent de décor aux films d’épouvante. Une longue allée centrale et trois ailes perpendiculaires, divisées chacune en deux zones. De lourds portiques de sécurité entre chaque zone, et chaque aile. C’est dans ce complexe que sont incarcérés les hommes.
Fresnes est la plus vieille prison française, 123 ans, et cela se ressent. On se croirait dans un vieil hôpital psychiatrique, ceux qui servent de décor aux films d’épouvante
Nous levons les yeux : trois étages de cellules. Ça crie, les serrures claquent, l’atmosphère est chargée. Je suis du regard un détenu deux étages plus haut, il soutient mon regard tout en marchant vers sa cellule escorté par un gardien. J’interroge un membre de notre escorte : « Il sort de la douche ». Pour se laver, il n’y a qu’une salle de douches par zone avec six cabines individuelles. Six cabines de douches pour 80 détenus. Ils n’ont droit qu’à une douche de dix minutes, tous les deux jours. « À l’époque de la construction de Fresnes, c’était une révolution d’avoir les toilettes dans la cellule, mais la douche ce n’était pas possible. Aujourd’hui dans les nouvelles prisons, il y a la douche dans les chambres ». [...]
Le 12 septembre 2008, nous avions eu l’immense honneur d’être invité à entendre ce pape aux Bernardins, lors de sa visite en France. « J’aimerais vous parler ce soir [c’était d’ailleurs l’après-midi] des origines de la théologie occidentale et des racines de la culture européenne », commençait le Pontife devant un parterre effaré d’anciens présidents et de chapeaux à plume du monde de la « culture », laquelle n’avait que peu à voir avec celle qu’il s’apprêtait à évoquer. Car ces origines dont le Bavarois parlait, c’était simplement les moines, et particulièrement les fils de saint Benoît, à qui il avait pris son nom : « Il faut reconnaître avec beaucoup de réalisme que leur volonté n’était pas de créer une culture nouvelle ni de conserver une culture du passé. Leur motivation était beaucoup plus simple. Leur objectif était de chercher Dieu, quaerere Deum. Au milieu de la confusion de ces temps où rien ne semblait résister, les moines désiraient la chose la plus importante : s’appliquer à trouver ce qui a de la valeur et demeure toujours, trouver la Vie elle-même.…
Chers lecteurs, chers amis, une nouvelle année débute. Les vœux sont nombreux tant 2022 fut triste et morose mais pour 2023, je ne vous en souhaite qu’un : plus de Belmondo et moins de Sandrine Rousseau. Cette année sera celle de l’homme, un vrai, et pas que pour emmerder ces néoféministes constipées. L’hiver vient, il s’annonce brutal alors il nous faut rêver. Le 7e art se révèle être une machine merveilleuse pour s’évader, s’élever et notre Histoire comme notre littérature un réservoir sans fin pour y puiser une promesse d’éternité. Seul problème, comme des sales gosses mal élevés, nous l’avons oublié, préférant baver sur ce qu’on n’a pas encore ou pire encore canceller comme des nains prétentieux. Alors le cinéma français titre la tronche, pas un film dans le top dix de l’année passée, et chouine comme une ado plaquée par texto. Mais tu nous emmerdes. Non seulement non devrions subventionner tes fantasmes de rebelle de salon détox mais en sus, payer, très cher, un ticket d’entrée pour assister à tes prêches.…
Avons-nous une morale ? Nous le croyons car nul ne saurait vivre sans morale, quand bien même on se proclame libertaire – les soixante-huitards eux-mêmes avaient leurs dieux inférieurs et leurs principes immanents. Nous le croyons bien sûr, mais sommes-nous d’abord capables de la définir aujourd’hui, et sommes-nous ensuite capables de nous y tenir ? Il est étonnant que de quelque sujet qu’il s’agisse, désormais la droite, la droite de meute, fustige la « morale » du camp supposément d’en face : on parle de guerre, et aussitôt la « morale américaine » est conspuée, quand bien même il s’agit d’abattre un dictateur (Saddam, Bachar, Kadhafi), ou lui résister (aujourd’hui l’agression de Poutine) ; on parle de préserver les vieux et les faibles, aussitôt la « morale sanitaire » de ce qui est alors très légèrement qualifié de dictature est repoussée avec violence ; on débat de corrida, aussitôt on bat en brèche la « morale animaliste », sans même s’interroger un instant sur la souffrance que ressentirait éventuellement l’animal ; on parle de haine et de discrimination, aussitôt la « morale antiraciste » de la gauche fait office de repoussoir ; on parle de nature et de climat, aussitôt c’est la « moraliste » Greta Thunberg qui est brandie pour nous éviter de jamais nous interroger sur le sujet.…
Chez tous les Français attachés à leur patrie et à leurs traditions ancestrales, chez tous les Européens préoccupés par l’avenir de notre civilisation, chez tous les fidèles soucieux de faire entendre au monde le message du Christ, la fête de Noël doit susciter un sursaut d’espérance. Sans doute, les sociétés modernes – et tout particulièrement la France – n’ont jamais été si éloignées de l’idéal de paix, de justice, d’union et de charité fraternelle qui trouve son expression la plus profonde dans les célébrations de la Nativité. Pourtant, dans son insondable mystère, l’Incarnation demeure le plus bouleversant appel à la renaissance et au salut qui ait jamais été adressé à notre monde. Un appel dont l’actualité est rappelée chaque année depuis des siècles et des siècles.
Ce message d’espoir est destiné à tous les hommes ; mais les habitants des vieux pays de chrétienté qui sont les nôtres ont une responsabilité toute particulière dans sa transmission.…
Rendez-vous à 19 h au siège de l’Ordre dans le XVe arrondissement de Paris, où nous accueille Ambroise, 28 ans, chef d’équipe de la soirée. Au centre de la pièce, des cagettes pleines de vivres, de vêtements, de duvets, de produits d’hygiène. « Les gens nous demandent surtout des boissons chaudes : du thé, du café, de la soupe. Les salades préparées, le pain, les sandwichs, sont aussi très appréciés ». Nicolas, 55 ans pour sa part, arrive accompagné de ses deux fils Alexandre (21 ans) et Stanislas (15 ans). Il ouvre le réfrigérateur pour empaqueter les produits frais et ne parvient pas à cacher sa déception. « Il n’y a rien là, c’est vide ! – Oui, les dons se sont taris depuis deux mois », selon Ambroise. Les dons alimentaires sont des invendus cédés à l’Ordre par des grandes surfaces.
Effectivement ce soir-là, nous constatons que la récolte de produits frais est maigre : de la viande hachée emballée, une pizza à cuire, quelques produits laitiers, et de freluquets sandwichs. « La viande, la pizza, nous ne pouvons pas les distribuer ! Ça n’est pas pratique pour les gens, ils n’ont rien pour cuisiner. Même si certains s’arrangent avec des restaurateurs, ce n’est vraiment pas l’idéal », se désole Nicolas. N’importe ! Au menu ce soir : de la soupe en sachet, des biscuits, des fruits, quelques produits laitiers, et surtout des boissons chaudes. Les quatre bénévoles se saisissent des cagettes pour charger le camion. Puis nous enfilons tous un gilet de sécurité fluorescent aux couleurs de l’Ordre, et nous tournons vers un petit autel afin de réciter un « Je vous salue Marie ». Il est 19h45, en route !
« En ce moment, je travaille tous les jours de 7h30 à 23h30, les maraudes du vendredi soir sont ma respiration »
Ambroise
Nous profitons du trajet pour faire connaissance. Ambroise est avocat, catholique très pratiquant. Bénévole depuis deux ans, il dirige une équipe tous les quinze jours depuis un an : « En ce moment, je travaille tous les jours de 7h30 à 23h30, les maraudes du vendredi soir sont ma respiration ». Nicolas notre chauffeur, lui, travaille dans l’immobilier : « C’est mon plus jeune fils Stanislas qui a eu l’idée de devenir bénévoles ensemble pour des maraudes. Nous en faisons une par mois, depuis trois ans ». Chaque soir, une équipe de bénévoles sillonne un segment différent de la capitale. Les personnes rencontrées sont notées ainsi que leur emplacement et leurs demandes. « Si quelqu’un a besoin d’un pantalon ou d’un sac de couchage par exemple, je le note dans le fichier et la prochaine équipe qui sillonnera le secteur essaiera de le lui apporter », me raconte Ambroise. Si ce soir l’équipe est exclusivement masculine, les femmes, souvent jeunes, représentent environ la moitié des bénévoles. Pour des raisons évidentes de sécurité, chaque équipe compte obligatoirement deux hommes : « Afin de ne pas être débordés ou attaqués, nous évitons de nous arrêter aux abords des gares ou dans des lieux de consommation de drogue. Quand une personne est agressive, nous n’insistons pas et nous retournons dans le camion. Mais en général tout se passe bien, les gens sont heureux de nous voir arriver », explique Nicolas. [...]
Pourquoi avez-vous créé l’association Oykos et à quels besoins répond-elle ?
La foncière Oykos, liée à l’Église, rachète ou se voit confier d'anciens monastères, couvents ou bâtiments diocésains. L'objectif est de les louer à coût abordable à des associations qui ont un véritable impact social, écologique ou pastoral, tout en conservant une dimension spirituelle dans les lieux. Nous souhaitons notamment favoriser le développement d’habitats collectifs alternatifs en aidant les personnes audacieuses et emplies d’espérance à trouver un lieu où s'implanter. La particularité de notre association, c’est que nous avons une structure qui est rattachée in fine à l’Église. Nous voulons que dans 10, 20, 100 ans, l’Église garde une maîtrise des usages de ces lieux sacrés abandonnés. Aujourd’hui, l’abbé de Solesmes et l’évêque de Limoges sont les deux personnes d’Église qui accompagnent le projet et qui sont membres de droit de l’association.
En 2000, on avait plus de 60 000 religieux en France, aujourd’hui il n’en reste plus que 25 000, soit moins de la moitié
Pourquoi autant de lieux d’Église sont-ils abandonnés ?
Les congrégations religieuses sont souvent contraintes de quitter les lieux car elles souffrent du manque de vocations. Concrètement en vingt ans, les vocations religieuses ont diminué de moitié. En 2000, on avait plus de 60 000 religieux en France, aujourd’hui il n’en reste plus que 25 000, soit moins de la moitié. [...]
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