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Shein, miroir d’une France sous contrainte

Les rapports d’associations et d’ONG se succèdent, les indignations fleurissent, les réseaux sociaux s’enflamment : depuis plusieurs mois, Shein est devenu le symbole de tous les excès de la fast fashion. Exploitation, pollution, opacité des circuits : les griefs sont connus. Mais en concentrant toute la lumière sur cette enseigne chinoise, on en oublie peut-être l’essentiel : pourquoi tant de Français s’y tournent-ils ? La réponse tient en un mot, d’une simplicité désarmante : le prix.

Lire aussi : Tabac : la taxe qui rend malade les comptes publics

Une marque devenue empire et des ONG vent debout

Fondée en 2008 à Nankin, Shein pèse aujourd’hui plus lourd que Zara ou H&M sur le marché mondial. Selon le cabinet Business of Apps, la plateforme a généré 32,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2023, soit une croissance de 43 % en un an. Elle compte 238 millions de téléchargements d’application et emploie près de 13 000 personnes à travers le monde.…

Éditorial d’Arthur de Watrigant : Une semaine ordinaire à l’asile

Dimanche : Place de la République : une centaine de péquenots agite le drapeau français en dégobillant le catéchisme gauchiste plus vite qu’un incontinent. « Patriotes de la diversité », qu’ils s’appellent. C’est beau comme la France « black-blanc-beur » et ringard aussi. La diversité se révèle bien vaste : binationaux, descendants d’immigrés, LGBT et… handicapés, expliquent les patriotes en carton tout heureux de trouver une caméra qui s’intéresse à eux.

Lundi : Le matin, Laurent Nunez, nouveau ministre de l’Intérieur, a triplé le nombre officiel de clandestins sur le sol français en même pas 48h. Ils étaient 200 000 sur BFM, les voici 700 000 sur CNews. Nunez bégaye, s’embourbe, expliquant d’abord qu’on ne peut avoir un chiffre précis avant d’affirmer qu’il connait le nombre, au chiffre près. Bref on ne comprend rien sinon qu’il prend les Français pour des buses. Le soir, Juppé sort de sa réserve de retraités pour se faire lustrer le crâne par le service public.…

Tabac : la taxe qui rend malade les comptes publics

Il y a des maladies dont on ne guérit jamais. En France, c’est celle de la taxe-miracle. À chaque fièvre budgétaire, le même réflexe : un impôt, et ça repart. Sauf que cette fois, le remède rend le malade plus faible. En taxant toujours davantage le tabac, l’État s’est privé de ce qu’il croyait être une manne : la Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS) l’a confirmé dans son rapport d’octobre 2025, les recettes issues des droits sur les tabacs chutent de 5,1 %.

Lire aussi : Dette : 448 milliards d’économies, et pour pas cher en plus

« Par rapport aux prévisions d’évolution retenues par la loi de financement de la Sécurité sociale, 1,7 milliard d’euros de moins-values seraient enregistrées au titre de la TVA et 0,7 milliard au titre des droits sur les tabacs », note la Commission (p. 18 du rapport officiel). Une manière polie de dire : Bercy s’est encore trompé de calculatrice.…

Carte noire pour Romain Lucazeau : Woke en stock
Écrivain de la science-fiction, je campe souvent des personnages non-humains, et, plus que cela, déliés du référentiel anthropologique. Je mets en scène des intelligences artificielles à l’intellect si puissant qu’elles équivalent à des dieux des mythologies anciennes. Ou des entités cosmiques au mode d’existence déroutant. Un de mes héros est une étoile à neutrons. La structure de sa croûte externe en fait un ordinateur géant, à même de simuler un monde, qu’elle partage avec un peuple nombreux qui n’est autre qu’elle-même. Un autre existe simultanément dans notre univers et de l’autre côté de l’horizon des événements du trou noir central de la Voie lactée. J’apprécie le défi de faire partager au lecteur, par le truchement de la littérature, l’expérience d’une altérité absolue. Cela demande souvent une dose de métaphore, voire de poésie, pour approcher une émotion que nous, humbles bipèdes, ne connaîtrons jamais. [...]
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Richard de Seze… sort la sulfateuse
Comment définiriez-vous l’Anglais ?

L’Anglais est le malheureux héritier d’une longue tradition de trahisons sordides et d’intérêts mesquins. Le peuple réussit à se comporter à peu près décemment, grâce à une vision enchantée de l’Angleterre et de l’Empire, mais les élites sont corrompues au dernier degré et ont toujours témoigné d’une étonnante férocité à l’égard des peuples qu’elles soumettent. C’est ce qu’ils appellent la gentlemanlikeness. Cette fine fleur de l’Angleterre en est en fait la moisissure souillée. [...]
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King Trump

Trump est un génie. Voilà pour l’essentiel de l’article, vous pouvez désormais tourner la page et reprendre une activité normale. Puisque je vous sens un tantinet désarçonné, voire vaguement inquiet – je reprends mon propos et le développe.

Que l’on ne se méprenne nullement sur le personnage, Trump est roi de la même manière que Triboulet est bouffon. En pleine conscience. C’est un bateleur à couronne qui brandit tout à la fois le sceptre royal et la marotte de l’histrion. Si le monarque a dans ses manches les cartes du royaume, il est toutefois contraint de se restreindre et d’adopter une posture d’être hiératique, il est désossé pour mieux endosser un costume de responsabilité, de respectabilité, qui l’empêtre et l’empêche de manifester pleinement ses attributs humains. Alors que le baladin, d’une nonchalance feinte, a le stylet du rire en poche. Il peut brocarder à tour de bras et épingler son adversaire mais – parce qu’il y a toujours un mais – il n’a pour armes que la carcasse fugitive du verbe.…

Prostitution : retour à Vice City
C’est la fin de l’après-midi, et ce satané été indien n’en finit pas de coller à la capitale : un soleil gluant comme un chancre vocifère sa lumière dans un ciel uniformément bleu. Au loin nous parviennent les rumeurs de la Grande Manifestation du 18 septembre : Paris brûle-t-il ? Pas vraiment. Ici, au Bois de Boulogne, tout n’est que luxe, calme et volupté. Enfin presque. Nous sommes à proximité du lac supérieur, pas loin du Pré Catelan où sont organisés régulièrement des rallyes mondains pour la jeunesse dorée du xvie. Des familles à vélo traversent les allées en file indienne, les gosses suivent sur leurs minuscules tricycles, canetons retardataires. Pas facile d’imaginer que c’est à deux pas d’ici que Phillippine a été massacrée. Il y a deux jours encore, deux journalistes de BFM TV ont mis en fuite un type complètement nu qui sortait des fourrés avec l’intention visible d’agresser une femme. « Depuis un an, c’est la foire aux journalistes, confirme Selim qui travaille dans un café de la Porte d’Auteuil. Ils sont presque aussi nombreux que les clients. Ils cherchent tous le scoop. » [...]
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Le trumpisme peut-il réveiller l’Occident ? Conversation avec Patrick Deneen, Chantal Delsol et Phillip Blond
Que pensez-vous des réactions qui ont suivi la mort de Charlie Kirk ? Un tel événement pourrait-il se produire en Europe ?

Patrick Deneen : Chaque civilisation a ses propres schémas pour comprendre les événements terribles et transformateurs. Même dans un Occident post-chrétien, l'un des principaux ressorts reste le sacrifice de la victime innocente, ou le témoignage d'un martyr pour une cause plus grande que lui, qui à son tour inspire des partisans. En 2020, la gauche politique a élevé George Floyd au rang de martyr et a réorienté l'ensemble des engagements de l'Occident pour plusieurs années. Le « wokisme », dynamisé par la mort de George Floyd, a non seulement été repris par les institutions américaines, mais il est également devenu prédominant en Europe. Sur le cas Charlie Kirk, il n'est pas invraisemblable que l'Europe soit à nouveau influencée par les courants politiques américains, influencée aussi par le modèle chrétien du martyr, que ce soit à travers l'énergie qui vient actuellement des États-Unis, ou à travers une figure qui apparaîtra bientôt en Europe. [...]
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