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Coupe du monde au Qatar : sous l’œil des barbares 

Le dimanche 20 novembre retentira le coup de sifflet du premier match de la Coupe du monde au Qatar, qui opposera le pays organisateur à l’Équateur. Le mondial aura lieu dans huit stades de Doha, dont sept ont été construits pour l’occasion. Pour le lecteur de Limite, désormais orphelin, précisons que ces stades en plein air seront climatisés, et que la facture carbone de la compétition, que le Qatar tente de maquiller, promet de battre tous les records. Pour le lecteur de L’Équipe, une Coupe du monde en hiver, c’est une meuf sans nibards (si, le lecteur de L’Équipe aurait métaphorisé en ces termes). Pour le lecteur de Libé, c’est un risque pour les supporters qui auraient l’idée amusante d’agiter un drapeau LGBT en tribune. 

Lire aussi : Coupe du monde 2022 : au Qatar, vis comme les Qataris

Mais pour nous, bons sujets du royaume de France, que signifie cette Coupe du monde au fond du désert ? On ne peut ignorer, comme le font allègrement les grands du football mondial, et avec un peu plus d’amertume mais pas de courage les grands dirigeants occidentaux, la situation des travailleurs étrangers au Qatar. On ne parle pas seulement des plus de six cents d’entre eux, une estimation émanant d’associations qataries sûrement optimistes, qui sont morts spécifiquement sur le chantier des stades. Pas même seulement des 6500 qui ont péri dans le pays entre 2010 et 2020, dans tout type de travaux. [...]

[Reportage] Bergers des cimes

© Benjamin de Diesbach pour L’Incorrect

À 32 ans, Alex surveille son troupeau de 1 200 brebis au-dessus du village de Ristolas dans le Queyras. Après avoir parcouru le monde pendant dix ans, après avoir exercé mille métiers, Alex est devenu berger en apprenant avec les anciens. [...]

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Mégabassines : « On finance avec nos impôts un modèle agricole qui est à bout de souffle »
Que penser de ces mégabassines d’un point de vue écologique ? Risquent-elles d’abîmer les nappes phréatiques ? Le souci principal, c’est que l’État préfère, plutôt que de financer la fin des pesticides et des engrais chimiques, financer du stockage d’eau. Il est quand même incroyable que nos impôts filent là-dedans en lieu d’améliorer la qualité […]
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[Édito] Sécession : les États dans l’État

Dans Le Savant et la politique, Max Weber définit l’État non par ses fins (car d’autres associations humaines en partagent de semblables) mais par son mode d’action spécifique : le monopole de la violence physique légitime. L’État moderne est effectivement le résultat de l’expropriation des puissances privées indépendantes par le pouvoir central pour faire appliquer sa loi sur l’ensemble du territoire, en recourant si nécessaire à la violence. Si l’État est aujourd’hui en danger, ce n’est donc pas tant par l’état de déliquescence des services publics (ceux-ci ne sont que le fruit jamais définitif d’une contingence économique et sociale), que par la contestation, inédite à cette échelle et dans ces proportions, de son moyen d’action privilégié. Les États dans l’État, ce n’est rien de moins que la mise à mort de ce monopole pluriséculaire.

Lire aussi : Éditorial d’Arthur de Watrigant : L’asile sans droit

Qui dit monopole de la violence légitime concurrent dit cadre légal concurrent.…

Éditorial d’Arthur de Watrigant : L’asile sans droit

Une enfant est morte. Un crime immonde, abject, incompréhensible de gratuité dont seul le Mal peut s’enorgueillir. Lola aurait pu être notre petite-fille, notre fille, notre sœur, c’est-à-dire l’innocence abattue au coin de la rue. La coupable est une Algérienne clandestine, nous somme-t-on de ne pas dire. Elle serait SDF et sa mère se battait pour que ses trois filles s’en sortent, nous oblige-t-on à entendre. Et donc ? Est-ce parce qu’elle est une immigrée qu’elle aurait commis cette barbarie sans nom ? Évidemment non, pas plus parce qu’elle serait sans le sou et sans père. Coup de folie ? Vengeance ? Sacrifice d’enfants zouhris, ces gamins au morphotype bien particulier, offerts à Satan en Afrique du nord en échange de trésors ? L’enquête livrera sans doute quelques réponses mais qui ne satisferont ni ne consoleront personne puisqu’il y a bien longtemps que l’Homme pour satisfaire son orgueil et fuir le vertige du Mystère a refusé de croire.…

Éditorial de Jacques de Guillebon : Contre son camp

On a déjà beaucoup parlé de Bernanos dans ce numéro, beaucoup trop songera sans doute le lecteur, qui a sans doute d’autres chats à fouetter, d’autres logements à chauffer, d’autres réservoirs à remplir, d’autres impôts de production à dénoncer. N’importe. C’est l’avantage de la dernière place, la nôtre, le profit de l’ouvrier de la onzième heure, que de pouvoir récupérer le travail des autres et en jouir tranquillement.

Ou pas si tranquillement que ça. On bernanosise de salon, on parle de mal et de grâce, sans mesurer toujours le risque inouï que l’on prend à s’exprimer ainsi. Peut-être est-ce un risque que seuls les catholiques peuvent mesurer. Tant pis, nous parlerons pour eux, avec eux, ou nous considérerons que dans le fond tout Français qui nous lit devrait être sensible et tressaillir, sinon dans son cœur, au moins dans son estomac, sous le coup de fouet du grand Georges.

Lire aussi : Éditorial de Jacques de Guillebon : Déconstruire

Revoyant l’autre jour le merveilleux Sous le soleil de Satan de Pialat, où Depardieu joue Depardieu, c’est-à-dire passe Depardieu dans le rôle du « saint de Lumbres », l’idiot abbé Donissan, qui est malgré lui le véhicule de la grâce, nous eûmes l’idée de retourner au livre lui-même.…

Affaire Lola : Idiocratie en phase terminale !

France. Vendredi 14 octobre 2022. Lola, une jeune fille de 12 ans rentre de l’école à 15 heures. Dans le hall de son immeuble, elle est kidnappée, abusée, violée, bâillonnée, torturée, étouffée et transportée, morte, dans une malle pendant plusieurs heures avant d’être finalement découverte à quelques encablures de chez elle. Parents effondrés. Médias en boucles. Supplice ordinaire. Vie brisée. Fait divers, non, c’est un fait social et même, pour reprendre Marcel Mauss, un « fait social total » qui révèle sous toutes les coutures ce qu’est devenue la France : un zoo humain. Anarchie et sauvagerie, avilissement et infamie, brutalité et vulgarité, indécence et divertissement, une métaphysique vile qui irrigue tous les rapports sociaux et que le crime révèle au grand jour. Débâcle.

Lire aussi : Dhabia n’aurait jamais dû croiser Lola

Face à une telle abjection, on pouvait s’attendre à une réaction quelque peu solennelle de la part d’une classe politique évidemment responsable. Ni une ni deux, le ministre de l’Intérieur, premier en cause dans l’affaire, s’élève à la hauteur de l’événement et décide, pour s’expliquer, de se rendre… chez Hanouna, dans une émission dont le titre révèle tout le sérieux de l’entreprise : « Face à baba ! » On se pince, on tombe de sa chaise, groggy on croit rêver, que nenni ! Voici Darmanin, assis dans un gigantesque fauteuil rutilant, orange clignotant, face à l’amuseur public numéro un habillé comme un gigolo de fête foraine. Et c’est parti pour le spectacle ! Braves gens, applaudissez ! [...]

Télé-réalité : la diagonale du vide

Dans son excellent roman balzacien intitulé Téléréalité, Aurélien Bellanger décrit l’ascension d’un tycoon de la télévision contemporaine, librement inspiré de l’homme d’affaires Stéphane Courbit. Son héros y donne la définition la plus exacte du chemin pris par le média télévisuel contemporain : « Tiens j’ai un autre sujet de réflexion pour toi : tu connais la différence entre le cinéma et la télévision ? Au cinéma ce sont des célébrités qui jouent les anonymes, à la télé ce sont les anonymes qui deviennent des célébrités. » Anonyme devenue célèbre par la grâce de la quatrième saison des Anges de la téléréalité, la sculpturale Nabilla Benattia est à tout juste trente ans une vedette ayant déjà gagné suffisamment d’argent pour prendre sa retraite.

Des premiers pas dans le célèbre jacuzzi effectués par Loana aux premiers pas du fils qu’a eu Nabilla Benatia avec son compagnon Thomas Vergara, rencontré lors du tournage des Anges, deux décennies ont passé et un monde a changé.…

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