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La foi sauvera l’art : conversation avec Augustin Frison-Roche, Emmanuel Godo et Sébastien Lapaque
Êtes-vous d’accord pour dire qu’au départ de tout geste artistique, il y a un sentiment religieux ?

Augustin Frison-Roche : Quand on se penche vraiment sur l'histoire de l'art, on voit qu’effectivement tout est religieux. On commence avec des tombes, des temples et le constat qu'on fait, c'est vraiment que l'art naît de la religion, naît du besoin de formaliser un rite. L’art réside dans cette dimension double, à la fois transcendante et pratique, de recréer un monde conformément à une vision. Car il n'y a pas de sociétés traditionnelles sans Dieu, sans spiritualité. Toutes les sociétés traditionnelles partent de ce constat : il y a un réel visible et un réel invisible. Et si on veut représenter le monde tel qu'il est vraiment, il faut représenter le réel visible et le réel invisible. L’art permet cette double représentation. Aujourd’hui dans un monde de plus en plus matérialiste, l'art garde quelque chose de cela. L'artiste ne peut pas s'empêcher finalement de recréer un monde conforme à son désir. [...]
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Éditorial culture de Romaric Sangars : Du faible niveau des assaillantes

À peine élu à l’Académie française, Éric Neuhoff se fait embrouiller par Julie Neveu, une obscure linguiste, qui le traite (dans Libération du 9 novembre dernier) d’« écrivain-boulanger », titre revendiqué par mon ami Bertrand Lacarelle, mais visiblement employé ici dans une volonté de dénigrement. Aujourd’hui, l’habit vert vous transforme en cible. Je finis par avoir honte d’avoir moi-même joué à le viser autrefois. C’est que cette lubie me semblait encore obéir aux règles du xxe siècle : l’avant-garde isolée se fait une réputation d’insolence sur le dos des barbons couverts d’honneur, l’institution assumant un genre de rôle œdipien qui la renforce dans sa double nécessité de pérenniser une tradition et de stimuler son renouvellement. J’ai peut-être été candide et nostalgique.

En effet, depuis quelques années, ce ne sont plus les poètes bravaches qui vont chahuter le bicorne, mais des universitaires de gauche, comme l’inénarrable Laélia Véron qui s’affiche sur les réseaux avec un tee-shirt « Académie de ses morts » (même ma petite sœur n’oserait pas).…

« Que Ma Volonté soit faite » : viscéral
Parmi les plus navrantes forfanteries qu’on nous sert comme des « nouveautés », il y a bien ce cinéma d’horreur féminin dont Julia Ducournau et Coralie Fargot et son nullissime Substance sont probablement les plus pénibles incarnations. Mais voici qu’une troisième entre en lice : Julia Kowalski. C’est la bonne. [...]
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Sorties musique : critiques du meilleur et du pire
SUCRE GLACE
INDUSTRY PLANT, Miki, Structure, CD 13€99

La Franco-Coréenne Miki fait les choses bien. Quelques clips au buzz savamment dosé, un banger de fou (« Échec et mat »), une tournée estivale à guichets fermés et maintenant ce premier album roboratif – dont le titre moque gentiment ceux qui l’accusent d’être un « produit industriel ». Elle s’éloigne un peu plus du hip hop low fi des débuts pour une sorte de pop faussement indolente, version bellevilloise de la city pop japonaise, piquant ici et là dans le registre d’Angèle ou quelques arrangements vaporwave qui sonnent trop bien pour relever du home studio. L’écriture est ciselée, l’univers pastel menace toujours de s’écrouler – voire le glaçant « Roger Rabbit », récit d’une agression d’enfant quelque part entre Serge Gainsbourg et Marc Dutroux, ou encore le génial « BNF », envolée techno-lyrique sur fond de pulsions suicidaires. C’est sans doute la première qualité de Mki : évoquer les choses les plus graves sous une déferlante de sucre glace. On prend. Marc Obregon [...]
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« Mektoub, My Love : Canto due » : que reste-t-il d’Abdellatif Kechiche ?
On ne l’aurait pas cru au départ, mais un roman de François Bégaudeau, La Blessure, la vraie, a occupé dix années de la vie créative d’un des cinéastes les plus reconnus en France, Abdellatif Kechiche. Avec un résultat plus que mitigé, bien que l’adaptation soit libre comme l’oiseau et étirée à n’en plus finir. Si le premier volet : Mektoub my love : canto uno (2018) redressait un peu la barre après deux très mauvais films volontaristes et épuisants, Venus noire (2010) et La Vie d’Adèle : chapitres 1 et 2 (2013), cette seconde partie, Canto due, s’avère le nadir absolu de sa carrière. [...]
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Grands Prix de L’Incorrect : une nuit troublée par l’or du champagne et l’éclat du prestige

Avec une sélection finale qui redonnait espoir quant à la possibilité pour la nation française de prétendre à nouveau à l’hégémonie littéraire, le nom du vainqueur du grand prix littéraire de L’Incorrect défiait les pronostics. Mais c’est finalement le Lyonnais Fabio Viscogliosi, artiste polyvalent (on le connait aussi pour ses albums de bandes dessinées et sa musique) qui a remporté cette nouvelle distinction. Sans doute que le jury littéraire réuni par le magazine culturel corrosif cherchait lui-même à se distinguer avec un livre insolite à plus d’un titre. D’abord, parce qu’il s’agit d’un roman inventif et cocasse dans un temps où dominent les confessions acrimonieuses. Ensuite parce que son argument est pour le moins original : de jeunes chômeurs cambriolent une entreprise ayant humilié le narrateur et découvrent dans leur butin un assemblage de dessins de maîtres du XXe siècle supervisé par Marcel Duchamp, sans savoir si l’objet est authentique ni comment le revendre.…

© DR
Les critiques littéraires de novembre
HYPNOTIQUELES FORCES, Laura Vazquez,  Éditions du Sous-sol, 304 p., 22€50 Avec sa casquette indévissable et son piercing, Laura Vasquez, poétesse et romancière, a le charme d’une adolescente butée mais un style passé à maturité. Les Forces est un roman expérimental qui rappelle un peu les premiers Mehdi Belhaj Kacem, phrases perforatrices, exploration intérieure, ruminations décalées […]
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Voir Naples et mourir
Gianfranco Rosi a toujours filmé les limbes, que ce soit le Gange à Benarès (Le Passeur, 1993), le périphérique romain (Sacro Gra, 2013) ou des non-lieux parsemés d’âmes errantes tentant de survivre entre deux conflits sans fin (Notturno, 2020). Avec Pompéi, Sotto le nuvole, il transforme Naples en antichambre d’un désastre imminent venu des tréfonds. Pas de bleu outremer à la Sorrentino ici ; le noir et blanc somptuaire, qui semble avoir congédié ses deux pôles au profit d’infinies valeurs de gris, ne parle que du passé dont les traces sont omniprésentes. Les champs Phlégréens, d’origine volcanique, travaillent depuis des millénaires à briser les constructions humaines. Les musées et chantiers archéologiques dessinent l’avenir de notre civilisation, et Rosi filme avec minutie le travail de leurs moines-soldats, avançant sous la pluie ou dans les ténèbres de réserves oubliées, conservateurs ou terrassiers. [...]
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