
Il y a quelque temps que Jean-Claude Michéa n’avait plus publié, le temps de s’installer dans un petit village du sud- ouest pour découvrir cette France périphérique ignorée de l’intelligentsia germanopratine, et de s’assurer que la maxime décroissante était bien le gage d’une vie plus enrichissante que celle promise par le progressisme. Vérification faite, le philosophe partage cette expérience dans un essai passionnant qui, sans révolutionner sa pensée, essaye de saisir le capitalisme moderne non dans telle ou telle de ses manifestations, mais en tant que « fait social total » (Marcel Mauss). Et il réussit à le faire dans un livre drôlement construit, à partir d’un grand entretien donné à la revue gasconne Landemains qu’il approfondit et précise au travers d’un appareil de notes et de notes de notes, en forme de poupées gigognes. De quoi retrouver avec plaisir son sens de la formule (malgré une écriture alourdie par les italiques, parenthèses et tirets), ses facultés pédagogiques, son immense érudition aussi (le livre est parcouru de notes de lecture et de renvois).…








