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Chantal Delsol : « Les bonnes écoles sont celles où les enseignants sont choisis »

Quels avantages pourrait-on tirer de cette plus grande autonomie donnée aux directeurs d’établissements dans le choix des professeurs ?

Il faut saluer l’initiative ! Pour un directeur d’établissement, il devient possible alors de mettre en place un projet spécifique dans lequel les enseignants se sentiront parties prenantes, et de choisir des enseignants qui correspondent aux exigences particulières du lieu. Le métier d’enseignant n’est pas comparable à celui d’un administratif lambda, même si les enseignants sont fonctionnaires. Et chaque école est différente. Il est donc carrément ridicule de faire tourner les enseignants sans se demander de qui l’établissement peut avoir besoin, au simple jeu des avancements.

Ce modèle décentralisé ne risque-t-elle pas de déboucher sur une école à plusieurs vitesses, où les élèves et leur avenir dépendront pour beaucoup des qualités du directeur ? Quid des banlieues difficiles, où l’école a un rôle si fondamental pour endiguer le séparatisme culturel ?

C’est déjà le cas, et largement. L’école française est la plus inégalitaire des pays développés. Déjà, les bonnes écoles sont celles où les enseignants sont choisis – les écoles libres sous contrat ou hors contrat. Et surtout, les bonnes écoles sont celles qui se sentent en concurrence. Une école nationale à une seule vitesse, tout à fait égalitaire, cela n’existe que dans les rêves des socialistes. Dans la réalité, il existe toujours des écoles meilleures que d’autres, selon la loi de la liberté humaine. La doxa socialiste et/ou républicaine n’échappe pas à cette loi toute humaine, elle prétend seulement y échapper, et développant du même coup une inégalité au marché noir, elle produit une inégalité pire – constamment camouflée, non assumée, donc mortifère. [...]

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Cancel culture : la revanche des sauvages

Le wokisme a encore frappé, et ce qui était d’abord un scandale est devenu un cirque. Cela a commencé en 2019, lorsque le Conseil scolaire catholique Providence (CSCP), un réseau d’écoles francophones de l’Ontario au Canada, avait recensé 30 000 livres à retirer de leurs bibliothèques, car jugés racistes à l’égard des autochtones, dont 5000 ouvrages voués à la destruction par le feu et le déchiquetage.

Cette opération intitulée Redonnons à Mère Terre fut menée par un comité dont les membres – qui n’ont pas encore été dévoilés – proviendraient du CSCP et réunirait des accompagnateurs autochtones ainsi que des représentants du ministère de l’Éducation (ce dernier a nié toute participation). Il y a, à leur tête, la « Gardienne du savoir » Suzy Kies, qui se veut responsable du rassemblement de toutes les connaissances autochtones. Chercheuse indépendante qui se dit d’ascendance indienne, elle est aussi coprésidente de la Commission des peuples autochtones du Parti libéral du Canada depuis 2016. Ensemble, les membres ont énuméré les bandes-dessinées, romans, encyclopédies et ouvrages d’histoire qui, dans un but « éducatif » lors de cérémonies spirituelles, devaient être réduits en cendres, puis en engrais. En effet, le comité souhaitait planter des arbres sur les terrains des écoles et ainsi faire d’une pierre trois coups : transformer « le négatif » de la discrimination raciale en « éléments nutritifs » au moyen d’une « purification par la flamme » ; faire croître un arbre afin de remplacer ceux qui furent abattus pour la fabrication des livres interdits ; et, finalement, envoyer un signal fort, un « geste d’ouverture envers les autres communautés présentes dans l’école et notre société », selon Lyne Cossette, porte-parole du CSCP. Un projet à encourager auprès des autres minorités, donc.

La porte-parole a annoncé regretter la collaboration avec une imposteuse, sans pour autant remettre en question l’acte en tant que tel, abominable, de brûler des livres

Qu’est-ce qui, à leurs yeux, justifie cet incendie ? Les personnages autochtones dans les bandes-dessinées telles que Lucky Luke, Tintin en Amérique ou Astérix et les Indiens y seraient perçus comme toujours trop méchants ou exotiques ; les ouvrages de fiction, eux, sont responsables entre autres d’avoir répandu des informations « erronées » ;  le livre d’histoire La Conquête de l’Ouest : les Amérindiens, les pionniers et les colons fut, lui, détruit puisque le mot « Conquête » dans le titre évoquait trop le rabaissement. Plusieurs autres livres au sujet des Indiens ont fait les frais de cette purge tout simplement parce que les auteurs n’étaient pas eux-mêmes autochtones. « Jamais à propos de nous, sans nous », résume madame Kies. [...]

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Affaire Shaïna : Creil – Kaboul, même combat

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Une affaire datant de 2019 a refait surface cette semaine, celle de Shaïna brûlée vive à 15 ans parce qu’enceinte, à Creil, deux ans après avoir été violée dans une « tournante » par un certain Djibril. Et celui qui l’a brûlée vive parce qu’il l’avait mise enceinte ? Il s’appelle Omar et il vient d’être renvoyé devant les Assises par le juge d’instruction. Djibril, lui continue sa petite vie tranquille. D’ailleurs à l’époque du viol, les habitants de la cité l’avaient bien défendu : « c’est une fille facile », « elle fait des problèmes » etc…

Les noms des tortionnaires expliquent le silence toujours aussi assourdissant des féministes. Chez Nous Toutes on préfère parler des violences conjugales, du cyberharcèlement et du vagin de Maëva Ghennam. Oui une influenceuse qui se paye des injections pour « rajeunir son vagin » fait plus de bruit qu’une victime de viol collectif brûlée vive dans une cité.…

Au salon « Désir d’enfant », la procréation en pièces détachées et l’esclavage

Ces 4 et 5 septembre se tenait à Paris, espace Champerret, le salon Désir d’enfant. Le nom seul ne laisse rien présager de bon. On nous parle d’un « lieu d’échange et de partage », ou l'on pourra rencontrer « les principaux acteurs mondiaux de la fertilité ». Ça continue sur un ton familier : « Médecins, experts en médecine douce, cliniques, associations, etc., vous découvrirez les différentes options de traitements disponibles dans le monde, ainsi qu’une large gamme de solutions naturelles, médicales et personnalisées ». Le tout pour « réaliser votre rêve de fonder une famille ».

On est pourtant bien loin d’un salon d’acupuncture et de sophrologie, et même très éloigné de quoi que ce soit de « naturel ». Non, en fait c’est le marché de la procréation artificielle – bien que les organisateurs se défendent de toute démarche commerciale. Sur les sites des sociétés partenaires du salon, on trouve les prix et modalités d’une PMA, d’une FIV – y compris à trois parents comme sur le site d’IVMED où cette méthode est appelée « Transfert pronucléaire », d’une ROPA et bien sûr d’une GPA.

D’abord on nous explique à quel point la « culture des embryons » est soignée dans ces laboratoires. Il y a même des codes-barres histoire de ne pas implanter l’embryon « appartenant » à quelqu’un d’autre. Ensuite on propose de sélectionner l’embryon qui convient le mieux, c’est-à-dire ne comportant aucune anomalie génétique et dont on peut choisir le sexe, comme sur le site de la société Forsa IVF.

Une fois l’embryon sélectionné – les autres, que deviennent-ils ? – on proposera de « choisir » la candidate idéale pour porter le futur enfant. Toujours sur le site de Forsa IVF, les caractéristiques de sélection des mères porteuses sont exposées (il manque tout de même l’état de la dentition). D’autres entreprises partenaires du salon proposent la GPA : Vittoria Vita, Extraordinary Conception, ou encore IVMED Fertlity Centre. Un sympathique espace de vente d’enfant en pièces détachées allant de pair avec le marché aux esclaves gestantes, avec autorisation préfectorale.

Les sociétés présentes au salon se défendent en arguant qu’aucun contrat de vente n’est signé au salon, mais cela ne change rien à la caractérisation du délit d’entremise en vue d’une GPA

Aude Mirkovic porte-parole de Juristes pour l’enfance

L’association Juristes pour l’enfance avait déjà porté plainte l’an dernier pour la première édition du salon. Aude Mirkovic, son porte-parole, explique comment tel évènement a pu se tenir au vu et au su de tous une seconde fois : « Normalement, c’est le travail des procureurs de poursuivre les infractions, surtout lorsque celles-ci sont caractérisées et que les auteurs s’en vantent. Pourtant rien n’est fait ici alors qu’il n’y a aucune difficulté juridique et qu’il existe un délit d’entremise en vue d’une GPA, ce qui est clairement le cas des entreprises qui tiennent leur stand au salon Désir d’enfant. Ces sociétés proposent de mettre en relation les visiteurs du salon avec des mères porteuses américaines ou ukrainiennes, le délit est donc caractérisé et parfaitement assumé ».

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Une Église verte

Du 1 septembre au 4 octobre – fête de saint François – « la communauté chrétienne », selon l’expression désormais consacrée, est invitée à célébrer la saison de la Création, partout dans le monde : « Renouveler l’Oikos de Dieu. Prendre soin de la terre, notre maison commune, et nous, ses habitants, ainsi que les animaux, les végétaux ». Les initiatives inspirées fleurissent telle l’association « Amen-Toi » destinée à évangéliser les campagnes. Ou encore, celle d’une paroisse champenoise qui fait fleurir « un tiers lieu écologique » : potager partagé avec les cinquante migrants du foyer voisin mettant la main à la terre ; formation à la biodiversité ; création d’une boutique de vêtements de seconde main Passeurs de sapes. On trouve même « un troc de graines » ! Ce genre d’initiative contribue, dit le curé, à changer le visage de l’Église.

Peu importe qu’on ne connaisse plus le récit de la Création dans la Genèse : l’important est la création participative. Lors de certaines célébrations, après la bénédiction finale, des animaux abandonnés sont proposés à l’adoption. On ne bénit pas encore les éoliennes, canal privilégié de l’Esprit sous l’action de frère Vent, mais cela ne saurait tarder. Des messes sont également célébrées en pleine nature, suivies d’actions au service de l’environnement. Tout cela est bon, et même très bon. À se demander pourquoi Dieu a tant insisté, dans l’Ancien Testament, pour avoir une demeure à lui : n’est-il pas partout chez lui dans la nature ?

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Le culte du Bataclan

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Le monde d’après l’histoire, c’est bien celui où la commémoration compte davantage que l’événement. C’est bien celui où l’examen perpétuel des traumas prévaut à une quelconque analyse des causes et des contingences. Nous sommes à l’ère du pansement global. L’Occident terrassé par ses « arts du spectacle », comme on dit dans les universités. On risque d’en souper en ce mois de septembre, entre le procès des attentats du Bataclan et les 20 ans du 11 septembre. Les ravalements de sanglots et les silences dignes sont à prévoir, entre deux « vous norez pas ma hène ».

On aurait pourtant tort de s’arrêter aux signes extérieurs de cette pornographie mémorielle, qui dresse en face de la menace terroriste de nouveaux colifichets gentiment profanes : bougies flottantes, marches blanches, ours en peluche cloués sur des planches comme des poupées vaudous, hashtags et autres pâmoisons collectives et connectées.…

Rentrée littéraire alternative à Nancy

Comment est née l’idée de ce « contre-salon » ?

L’idée nous est venue suite à l’absence de réponse des organisateurs du « Livre sur la place », le salon officiel qui a lieu chaque année à Nancy, quant à notre demande d’y proposer un stand avec la maison d’édition du Verbe Haut, ou la libraire. Comme la Lorraine est une terre d’auteurs, nous avons sondé nos amis comme Jean-Marie Cuny ou Laurent Schang, et avons lancé l’idée.

Lire aussi : Sylvain Durain : « Acheter sur Amazon, c’est tuer les librairies, mais aussi les maisons d’édition et les auteurs »

Concrètement, qu’y trouvera-t-on ?

Pour cette première année, nous tiendrons salon dans la librairie elle-même et recevrons sur trois demi-journées six auteurs qui nous font l’amitié de leur participation, à savoir : pour le samedi 11 septembre matin, Fabien Niezgoda ; pour le samedi après-midi, Laurent Schang et Jean-François Thull ; et, pour le dimanche 12 après-midi, Stanislas Berton, Jean-Marie Cuny et Gilles Van Grasdorff.…

Crop top ou burkini ?

L’ombre présidentielle plane sur le nombril des lycéennes en cette rentrée 2021-2022, depuis qu’en juillet Emmanuel Macron a jugé bon de clore une interview fleuve au magazine féminin Elle par quelques lignes réacs sur le crop top : « À l’école, je suis plutôt “tenue décente exigée” ». Quelques mots terriblement révélateurs de la conception qu’a le Président du fameux « art de vivre à la française » qu’il cite si souvent et auquel il ne comprend rien ; mots qu’il convient de mettre en parallèle avec la détermination de plusieurs membres de la majorité présidentielle, de membres du gouvernement même, à légitimer le port du voile dans l’espace public et du burkini dans les piscines.

Lire aussi : Henda Ayari « Le voile est un marqueur de la propagation de l’islamisme »

Le mois de juin a été à ce titre un mois de victoire de la civilisation islamique sur la France. Premièrement, par une image si symbolique qu’on ne se lasse pas de la regarder : Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement National, émargeant aux élections régionales face à un assesseur entièrement voilée. Marlène Schiappa, la sous-ministre de l’Intérieur, aussi aveugle qu’on peut l’être face à cette éminente question civilisationnelle, a jugé bon de s’emparer du sujet et de clamer haut et fort au sein de l’Assemblée nationale la légitimité de cet islam allogène et invasif en approuvant le port du voile par l’assesseur, favorisant ainsi, sans même en avoir conscience, l’islamisation des valeurs républicaines, préalable indispensable à l’islamisation prochaine des institutions. La justification de la ministre ? « Avec plus de femmes comme elle, la démocratie se porterait mieux... » Après avoir fait entrer massivement des contingents de travailleurs islamiques dans l’unique but de les sous-payer pour qu’ils accomplissent les tâches auxquelles les Français se refusaient pour des salaires de misère, les sociaux-libéraux donneurs de leçon ont manifestement entrepris d’aller plus loin et de résoudre de la même manière la désaffection électorale, en accueillant des contingents de républicaines voilées et de républicains barbus, ce qui leur évitera d’avoir à questionner le système politique prétendument démocratique qu’ils portent à bout de bras et que les Français méprisent de plus en plus largement. [...]

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